Notes d'auteur : Merci beaucoup. Contente que ce passage t'ait plu. Je me suis bien amusée à l'imaginer.

Disclamer : Les personnages de la série Private Practice ne sont pas ma propriété mais celles de leurs auteurs et ABC. Cependant le personnage de Alejandra Vargas m'appartient.

Chapitre 2 : Celui où Alan ne lâche pas prise

La veille au soir, Violet avait subi un gros coup de blues lorsqu'elle était tombée sur la vidéo du Noël dernier. Une soirée avait été organisée par le Ocean Wellness Center avec ses collègues et invités. Bien évidement il y avait tout le monde, y compris Alan. Elle s'était repassée en boucle le passage où la caméra avait saisi un baiser volé. Cette nuit restait gravée dans sa mémoire. Tout était si merveilleux dans sa mémoire. Elle était heureuse en couple. Les tensions entre Sam et Naomi commençaient à s'estomper. Elle et Cooper étaient encore les meilleurs amis du monde.

« Allo Coop', c'est moi…Apparemment, tu n'es pas chez toi. Je me demandais si tu voulais passer à la maison. On pourrait se louer des vidéos et s'empiffrer de pop corn. Appelle-moi. »

C'était samedi soir. Il ne l'avait pas appelé. De tout le week end. Autant dire que le lundi matin, elle était assez fâchée contre lui. Déjà la semaine dernière, il s'était montré froid et distant. Et voilà que maintenant il passait au stade de l'ignorance totale. Et dire qu'elle était psy : elle ne savait pas pour autant ce qu'il lui passait par la tête.

Elle salua Dell au passage et rejoignit Naomi et Addison dans la salle de réunion comme tous les jours pour se concerter avec l'ensemble des praticiens. Elle joua avec son stylo et prit joyeusement part à la discussion avec ses collègues féminines portant sur le meilleur film de fille. Naomi ne démordait pas :

« Ghost est le meilleur. Rien que pour vous convaincre, il me suffit d'un seul mot : poterie. »

Addie secoua la tête :

« Non, non, non, non : Dirty Dancing. Je ne fais que porter les pastèques. On ne laisse pas Bébé dans un coin. Ca c'est du culte. »

Elles se tournèrent vers Violet pour qu'elle tranche la question :

« Thelma et Louise. »

Les jeunes femmes poussèrent des cris en lui lançant leur stylo. Elle ne réglait pas du tout le problème. Elle ne faisait que l'empirer. C'est le moment que choisirent les garçons pour entrer un à un. Addison se redressa et les interpella pour qu'ils tranchent l'épineuse question qui les tiraillait depuis une bonne dizaine de minutes. Sami prit le parti de faire semblant de rien avoir entendu et tira sa chaise pour s'asseoir. Pete demanda un joker et Cooper…Cooper laissa sa tête retomber sur la table sans dire un mot. Il ne semblait pas au meilleur de se forme. Violet se redressa et se pencha à travers la table pour lui demander :

« Ca va ? »

Il leva la tête légèrement, retirant les lunettes de soleil qu'il n'avait toujours pas enlevé et se malaxa les yeux alors que la lumière des halogènes venait l'agresser de leur éclat. Sans qu'il ait rien eu besoin de demander, Dell lui apporta un verre d'eau dans lequel pétillait une aspirine. Pete et Sam lui prêtèrent à peine de l'attention alors que Cooper engloutissait le liquide amer. Visiblement les garçons savaient quelque chose que les filles ignoraient mais avant que Violet, Naomi ou Addie se risquent à demander à vif, Sam ouvrit le carnet de rendez-vous et la réunion débuta.

Quelques minutes après, ils en signèrent la fin et Cooper battit en retraite dans son bureau. Violet attrapa Pete par le bras et l'interrogea à voix basse :

« Qu'est ce qu'il a ?

« Gueule de bois, ça se voit nan ? »

La jeune femme roula des yeux vers le ciel. Bien sûr que ça se voyait mais pourquoi ?

« J'en sais rien. C'est pas moi le psy de la clinique. »

Il s'éloigna d'elle et accueillit sa cliente, une charmante jeune femme blonde qui avait des problèmes de dos. Il chuchota à Violet juste avant de rentrer dans son officine :

« Ma théorie c'est qu'il a fait un peu trop la fête ce week end… »

Elle fit une petite moue et se décida à aller confronter Cooper mais il n'était déjà plus dans son bureau. Elle le trouva dans la cuisine, effondré dessus. Sans un mot, elle s'approcha du frigo, l'ouvrir et en sortit une poche remplie de glaçon qu'elle lui tendit ensuite pour qu'il l'applique sur son crâne. Ca atténuerait la douleur en attendant que l'aspirine fasse effet. Elle sortit également des navets, carotte, betterave, poireau et un demi citron. Elle broya les légumes dans le mixer, provoquant des gémissements de la part de Cooper, à demi-mort avec sa poche de glace sur la moitié du visage. Elle le glissa sur la table vers Cooper qui ouvrit un œil suspicieux.

« Remède de grand-mère. »

Elle lui sourit et il accepta de boire son cocktail en fronçant le nez. Pas très bon.

« Tu es sorti hier soir ? »

Il reposa le verre après l'avoir terminé et l'observa un certain moment avant de prendre le parti de tenir la conversation, même dans son état :

« Ouais.

« Pourquoi…Tu as reçu mon message ? »

Il secoua négativement la tête.

« Je l'ai reçu que ce matin. Je n'étais pas chez moi. Et plus de batterie.

« Oh. C'est pas grave de toute manière. Tu as passé un bon week end ?

« Ouais, ça a été. Répondit-il, un sourire pas mystérieux pour un sou sur les lèvres.

« Et toi ?

« Je suis retombée sur la casette de la soirée de Noël l'an dernier.

« Violet…, le prévint-il, bien que c'était sans doute trop tard.

« J'y pouvais rien ! C'était devant moi puis dans ma main, puis dans le magnétoscope. »

Cooper secoua négativement la tête, retrouvant un peu de sa consistance grâce au remède de Violet ou l'aspirine de Dell, il ne saurait dire lequel. Il mettait sa main au feu qu'elle avait passé sa soirée à la regarder en boucle en regardant toutes les larmes de son corps. Et le regard qu'elle lui lança en haussant les épaules le lui confirma. Il se leva et la prit dans ses bras, lui chuchotant dans le creux de l'oreille :

« Tu vas me faire le plaisir de me la ramener demain et on la découpera ensemble, d'accord. »

La jeune femme acquiesça lentement de la tête, comme si elle ignorait encore si elle en était capable. Il lui sourit, passant ses mains sur ses joues pour sécher ses larmes qui n'étaient pas tombées. Ils restèrent sans bouger à s'observer durant quelques secondes avant que Cooper ne détache ses mains du visage de la jeune femme et ne les mette dans les poches de son pantalon.

« Violet…j'aurai quelque chose à t'avouer… »

Les yeux bleus de la jeune femme se remplirent d'interrogations alors que Cooper se passait la main sur la nuque. Visiblement les mots avaient du mal à sortir :

« En fait, j'aurai dû le faire depuis longtemps maintenant mais… »

Il haussa les épaules. Elle lui sourit et posa sa main sur son bras pour l'encourager. A cet instant, Dell arriva dans la cuisine :

« Docteur Turner ? Il y a quelqu'un pour vous.

« Qui ? Un patient ?

« …C'est Alan.

« Alan… ? Mon Alan ? »

Elle ne portait plus la moindre attention à Cooper et s'approcha à toute allure de la vitre, se penchant pour observer sans être vue Alan qui faisait les cents pas dans la salle d'attente. Cooper poussa un soupir et lui attrapa la main pour la faire revenir à la raison :

« Oh juste deux minutes.

« Violet…

« Je vais pas lui parler longtemps.

« Violet…

« Juste savoir ce qu'il veut. »

Elle se dégagea de l'étreinte de Cooper et se précipita avant de reprendre une démarche plus pondérée en arrivant devant son ancien petit ami. Le pédiatre échangea un regard désespéré avec Dell avant de baisser les bras et de se retirer dans son bureau. Ca fait rien. Il le lui avouera plus tard. Ce n'était pas pressé de toute manière.

« Qu'est ce que je peux faire pour toi ? »

'Stupide ! Stupide ! Pas la bonne question. Ne plus se définir par rapport à lui.'

Mais comment ne pas fondre lorsqu'il se leva et lui sourit de cette manière qui la faisait craquer ?

'Aaaah je le déteste ! Je le déteste ! Je le déteste ! Embrasse moi.'

Qu'est ce qu'il faisait-là de toute manière ? Elle lui avait bien dit qu'elle ne voulait plus jamais entendre parler de lui. Elle ne voulait plus jamais lui adresser la parole. Mais voilà, elle n'arrivait toujours pas à tirer un trait sur lui.

« On peut aller dans ton bureau ?

« Oui, bien sûr. »

Elle se secoua la tête et lui fit signe de la suivre même s'il savait pertinemment où se trouvait son bureau. Elle se souvenait même d'une fois où ils avaient fait plus que parler dans ce même bureau…

'Arrête de penser à ça ! C'est terminé.'

En chemin, ils croisèrent Cooper qui salua assez rapidement Alan pour ne pas avoir l'air mal poli plutôt que par réel besoin de se socialiser. Violet referma la porte derrière eux et clôtura les stores pour se donner un peu d'intimité. Elle attendit qu'il s'installa sur le sofa et attrapa son bloc avant de s'asseoir sur le fauteuil en face.

« Que se passe-t-il ?

« C'est…assez délicat. »

Violet fronça les sourcils quelques instants avant de faire aller sa main :

« Allons. On est passé à autre chose, tous les deux. On est adultes. Je suis une professionnelle. Tu peux tout me dire.

« Non, c'est vraiment difficile.

« Allan, reprit-elle en posant une main sur son genou. Ne t'inquiète pas : je suis passée à autre chose. Pas plus tard que la semaine dernière, je suis sorti avec un charmant informaticien. Et il me plaît bien. »

Bon c'était un peu faux parce qu'elle s'était ennuyée toute la soirée, imaginant ce qu'elle aurait été si elle s'était retrouvée avec Alan ou Cooper. Au moment de se quitter, elle avait même évité le baiser qu'il voulait lui prodiguer en faisant semblant d'éternuer. Et elle ne l'avait pas rappelé depuis et ne comptait pas le faire sous peu. Alan se prit la tête entre es mains soupirant profondément :

« Ma mère est morte. »

Violet ouvrit de grands yeux mortifiés et en fit presque tomber son bloc par terre. Mince, elle qui était persuadé qu'il venait lui parler d'eux. Elle s'était mise le doigt dans l'œil jusqu'au coude. Elle posa sa main sur celle de son ancien petit ami et tenta de le consoler :

« Toutes mes condoléances.

« Tout part. Maman. Toi. Cami. »

Elle fronça les sourcils à ces propos.

« Comment ça ?

« Cami veut divorcer. »

Les lèvres de la jeune psy formèrent un 'o' silencieux, la démangeant de demander pourquoi. Il releva le regard dans celui azur de celle qui avait partagé si longtemps sa vie et sur lequel il n'avait pas pu tiré un trait même s'il le pensait.

« Oui… »

Ses yeux se baissèrent vers la main de Violet toujours sur la sienne et il commença à la caresser :

« Elle se rend compte que…je ne t'ai pas oublié. Que je n'arrive pas à t'oublier. »

Dans le bureau à côté, Cooper fixait le téléphone depuis quelques minutes, n'osant le décrocher. Finalement, il le saisit avant de le reposer immédiatement. Il tourna la tête, posant son menton sur son coup, l'observant le narguer du coin de l'œil. Il renouvela l'opération en composant le numéro cette fois-ci mais en le raccrochant avant qu'une éventuelle sonnerie retentisse. Il redressa l'oreille en entendant son portable résonner et se leva pour le prendre, décrochant sans faire attention à l'appel entrant.

« Dr Cooper Freedman.

« Oh ça fait très sérieux ça. »

Il éclata de rire en reconnaissant la voix d'Alejandra. Hier soir, il était sorti avec elle. Mercredi et vendredi soir aussi. Le premier soir, ils s'étaient quittés d'un chaleureux au revoir. Le deuxième, une simple poignée de main. Hier soir, ils s'étaient finalement embrassés. C'était la première fois que ça ne lui était arrivé depuis longtemps. Prendre le temps de connaître l'autre. Mettre en place une cour assidue. Sans finir directement au lit. Ca lui plaisait cette approche. Violet avait raison : il devait sortir avec des femmes de son âge, réelles. Et Alejandra était une de ces femmes. C'était ce qu'il voulait annoncer fièrement avec Violet. Il avait enfin trouvé quelqu'un même si ce n'était pas vraiment officiel entre eux deux. Et qu'ils n'étaient pas allés plus loin qu'un chaste baiser sur le pas de la porte de la jeune femme d'origine brésilienne. Oui, c'était étonnant ce qu'on pouvait apprendre en discutant. Alejandra venait du Brésil, avait toute sa famille restée au pays, travaillait comme assistante maternelle, adorait le jazz. Ils avaient beaucoup de choses en commun.

« C'est un peu cavalier de ma part. Je sais qu'on a passé la soirée d'hier ensemble et que normalement on attend quelques jours pour proposer un autre rendez-vous. Mais voilà…

« Tu viens manger à la maison ce soir ? la coupa Cooper, ravi.

« C'est très mal poli ce que tu viens de faire !

« Mais non, je venais à ta rescousse.

« C'est vrai que tu es un chevalier en armure scintillante sur un destrier blanc prêt à sauver la moindre demoiselle en détresse.

« C'est tout à fait moi, en effet. »

Il ne pouvait s'empêcher de sourire quand il parlait avec elle. Etrange qu'une rencontre au hasard, enfin pas complet hasard quand même, puisse déboucher sur quelques chose de sérieux. Quelque chose qu'il commençait à peine à se rendre compte.

« Chez moi, 20h ? reprit-il.

« Chez toi 20h. A ce soir.

« A ce soir. »

Le sourire ne se détachant pas de ses lèvres, il raccrocha son portable en jetant un regard complice au téléphone sur son bureau.

TBC…