J'ai extrêmement de retard je le sais mais je n'ai pas oubliée cette fic: Elle devrai compter 3 ou 4 partie grand maximum. Je remercie les personnes qui m'on laissées des review. Bonne lecture !
Déterminé, Lestrade poussa la porte. A première vue, la pièce semblait déserte, mais dans le noir il n'était sûr de rien.
« Sherlock ? John ? J'ai eu votre message ! … Il y a quelqu'un ?! » Seul le silence lui répondit.
Ses yeux s'habituant à l'obscurité il remarqua une forme sombre, suspecte, qui se découpait à la clarté du dehors et qu'il n'avait pas remarquée auparavant. Il dirigea le faisceau dessus et retint une exclamation de surprise.
La forme était une fine silhouette humaine, vêtue de noir et assise dos à l'inspecteur. La silhouette d'une personne qui n'avait pas réagi à son arrivé. Qui n'avait pas ouvert la bouche, restant simplement là, repliée sur elle-même.
Lestrade repoussa dans un recoin de son cerveau l'angoisse qui l'oppressait ainsi que toutes les questions qu'il se posait, et il fit ce qu'il savait faire de mieux : agir.
« Vous allez bien ? Vous m'entendez ? »
Il posa une main ferme sur l'épaule de l'inconnu et le fit se retourner. Il y avait quelque chose de terriblement familier chez cette personne. Peut être les boucles qui se détachaient dans l'obscurité ou bien le manteau, mais l'angoisse qui avait quitté Greg quelques instants plus tôt refit soudain surface. Une pensée commençait à se former dans son esprit, qu'il repoussa aussitôt. Ce n'était pas ça, ce ne pouvait pas être ça !
L'appréhension lui nouait la gorge lorsqu'il dirigea sa torche vers le visage baissé de l'inconnu.
Face à lui, deux yeux gris le traversaient, le regard complètement vide.
« Sherlock ? Répond-moi ! »
Son cri sembla tirer Holmes de sa torpeur, il fixa ses yeux sur lui. Une main toujours sur son épaule, Lestrade le sentit trembler. Bénissant ces longues heures passées à lire des bouquins de psychologie pour essayer de rendre son travail plus humain, le Détective Inspector prit la parole d'une voix apaisante.
« Sherlock, où est Watson ? Vous pouvez vous lever ? »
Le brun se crispa et ferma les yeux. Il murmurait une litanie. Désolé, désolé, désolé, désolé, désolé…
« Désolé ?! Bon sang, Sherlock ! Qu'est-ce qui s'est passé !? »
Le génie hésita, se perdant dans ses souvenirs.
oOoOo
En quittant Scotland Yard, Holmes était énervé.
Pour qui se prenaient-ils tous ?! C'était lui le génie ! Lui que l'on appelait en cas de problèmes. Lui qui résolvait les enquêtes en quelques heures là où il aurait fallu des semaines. Lui encore, qui stupéfiait John par son intelligence et sa perspicacité sans égales. Toujours lui qui ne se trompait jamais, le seul qui percevait les solutions là où les hommes nageaient dans le brouillard !
Mais là… Il s'était entêté. Il avait dérivé… C'était John qui avait eu l'idée, John !
Bien sûr, à force de vivre avec lui, il commençait à comprendre les ficelles de cet Art… Mais il avait trouvé avant lui !
Et il y avait pire, se rendit soudain compte Sherlock, installé dans le taxi. Le pire, c'était qu'il lui en avait parlé et lui, le sociopathe de haut niveau -jamais auparavant il n'avait autant mérité cette appellation- il n'avait rien trouvé de mieux que de mépriser l'idée. Et il avait insulté John…
Bien sûr, ils avaient déjà eu des disputes -notamment celle de Baskerville- mais elles avaient toujours eu un sens. Ce n'était pas des espèces de crises de jalousie comme celle qu'il venait de faire.
Holmes posa la tête contre la vitre. Il ne savait pas ce qu'il avait ces jours-ci : Il était devenu facilement irritable, agressif. John lui aurait dit que c'était le manque de sommeil et lui, il aurait rétorqué que c'était le manque d'action.
Il fut interrompu dans ses pensées par un brusque coup de freins du taxi. Ce qui lui fit réaliser une chose : il parlait de Watson comme s'il n'allait plus jamais le revoir. C'était idiot, il fallait juste qu'il trouve le courage de s'excuser et l'incident serait vite oublié. S'excuser…Voilà bien un terme que Sherlock n'aimait pas. Mais pour son ami, il pouvait bien faire une exception.
Le taxi s'arrêta devant le 221B et Sherlock en descendit.
Il marcha jusqu'à la porte en pensant qu'offrir quelque chose de rare pouvait faire office d'excuses silencieuses. Il pourrait peut-être aller chercher le lait, ranger un peu, faire plaisir à Watson en dormant davantage… Nombre de petits gestes qui lui montreraient qu'il l'écoute, qu'il pouvait faire des progrès. S'il le fallait, il enlèverait même ses bouts de cadavre du réfrigérateur ! Il pénétra dans l'appartement tout en s'interrogeant sur son attachement envers John.
Voyons… John Watson était courageux, ça il ne pouvait le nier. Bizarrement loyal envers lui. Assez intelligent pour un homme normal… Honnête -mais ça, il n'était pas sur de pouvoir le mettre en tant que qualité…
Mais tout ça ce n'était rien, Sherlock n'avait aucune raison de mettre en péril ses expériences ou de gâcher son temps avec lui, il avait toujours été seul et s'en portait très bien.
Et pourtant…
Arrivé en haut des escaliers, il entra dans le salon et s'installa dans son fauteuil. John n'était pas là.
Sans chercher à ôter son manteau, il prit son violon et improvisa un morceau, bien décidé à l'attendre.
La musique était calme, l'archer effleurant langoureusement les cordes.
Sherlock était depuis quelque temps constamment sur les nerfs et, seules la paix et l'harmonie du morceau l'empêchaient de lancer la porcelaine contre le mur.
Il était minuit passé quand il entendit la porte d'entrée s'ouvrir et les pas de John grimper les marches. L'homme avançait sur la pointe des pieds, s'arrêtant à chaque grincements -piètre tentative de passer inaperçu.
Arrivé dans le salon, il eut une légère grimace envers son colocataire -il avait surement espéré, en vain, qu'il se soit déjà couché, John était parfois si naïf- et il accéléra le pas.
« Quelle tête de mule ! » pensa Sherlock, comment pouvait-il s'excuser si l'autre le fuyait ?
« John, écoute… » commença-t-il en posant son violon. L'homme en question se retourna brusquement et croisa les bras, visiblement contrarié.
« Que j'écoute quoi Sherlock !? Tes pseudo-excuses où tu finis par dire qu'après tout c'est ma faute !? Tes ''raisonnements logiques'' où tu me démontre par a plus b que je suis un crétin !? Car tout le monde est un crétin face au grand Sherlock Holmes ! Je ne sais même pas pourquoi tu me supportes ! Je te serais bien plus utile si j'étais un chien de garde ! »
Sherlock profita d'une inspiration de John pour lui répondre d'une voix posée.
« Apparemment ta ballade le long de la Tamise ne t'a pas vraiment aidé à te calmer.
Sache tout d'abord, John, qu'un chien de garde me serait totalement inutile et ne nous apporterait que des ennuis. Tu es, la plupart du temps, d'une compagnie… agréable.
Ensuite, je pensais m'…, m'excuser, pour mon attitude plutôt jalouse de tout à l'heure. Mais bon, si ça te gène tant…
- Vas-y, je t'écoute.
- Je, hum… me suis comporté comme un idiot. » lâcha-t-il du bout des lèvres, les yeux fixés dans le vide au dessus de la tête de John.
« Ça on peut le dire… J'attends toujours tes excuses.
-Tu avais raison pour le profil du tueur, je me suis laissé emporter, alors que je manquais de connaissances sur les relations maternelles…
- Donc ?
- Je n'aurais pas du m'emporter devant Lestrade, je suis désolé. J'ai agit d'une manière peu adulte.
- Comme un gamin en pleine crise de jalousie, oui ! »
Sherlock ouvrit la bouche pour protester mais la referma vivement devant le regard peu amène qui lui lançait John. Celui-ci jeta un ''Je monte'' entre ses dents et laissa Sherlock seul, planté au beau milieu du salon.
Il était en train de se dire qu'après tout, cela aurait pu moins bien se passer, lorsque Watson redescendit, un sac à l'épaule.
« Tu sors. » Cela sonnait plus comme une constatation que comme une question.
« Vraiment ? Excellente déduction. Laisse-moi passer, j'ai besoin de prendre l'air. »
Holmes sursauta. Il ne pouvait pas partir comme ça ! Sur un simple coup de tête !
« Où ?
- À l'hôtel.
- L'hôtel ?... » répéta-t-il inutilement « Comment est-ce que ?... »
John répondit, évitant sciemment son regard gris.
« Je l'ai croisé en sortant de Scotland Yard. Il a baissé la vitre et m'a donné la carte du Flemings Hotel en disant qu'il y avait une réservation à mon nom et que j'avais besoin de répit. Il se trouve qu'il a bien raison ! »
Sherlock sentait la colère monter en lui.
Il ne lui suffisait pas de le faire surveiller, de vouloir à tout prix lui donner des conseils. Non ! Il fallait en plus qu'il envenime la situation entre lui et John !
Car Sherlock savait très bien qui était ce il, le gouvernement britannique et son parapluie noir : Mycroft Holmes !
Comment osait-il lui pourrir la vie encore une fois ?! Cette espèce de vieil hibou incapable de rester en dehors de son existence !
Un voile de fureur rouge tomba devant ses yeux. Il fit un pas en avant, obligeant ainsi John à reculer vers la table basse.
« Donne-moi cette carte. » Sa voix était froide, glacée comme une fine couche de neige recouvrant du magma en fusion.
John fronça les sourcils et secoua fermement la tête.
« Non. Je ne me mêlerai pas de tes histoires avec ton frère. Si tu lui en veux tu n'as qu'à l'appeler et en discuter avec lui. Vous êtes des adultes Sherlock, agissez comme tel ! On m'offre une chambre dans un hôtel de luxe, je serais idiot de refuser. Et, avec un peu de chance, tu seras peut être plus sociable à mon retour. »
John essaya d'avancer mais fut bloqué par Holmes.
« Sherlock, cesse de te comporter comme ça et laisse moi sortir ! »
Devant le mutisme de son colocataire, il tenta de passer de force et le bouscula.
Le brun, aveuglé par la rage -Oh non, il ne partira pas comme ça !- le poussa violemment en arrière.
oOoOo
