Bonjour, Bonsoir! Tout d'abord je remercie toutes les personnes qui suivent cette fiction. Merci à SherlockSteph et à Stephanie1206 pour m'avoir laissé un commentaire. J'ai été surprise d'avoir des réponses aussi vite donc merci infiniment ça me motive à écrire la suite. Merci aussi aux lecteurs anonymes même si je préférerais mettre un nom sur des chiffres de vues :) Ensuite, ce chapitre est petit peu plus court que le précédent mais n'en reste pas moins bien je l'espère! *croise ses petits doigts de toutes ses forces* J'ai pris beaucoup de plaisir à l'écrire en tout cas. Bonne lecture.

Deux semaines plus tard, Molly faisait son premier stage à l'hôpital et elle en était très fière. Comme elle avait été dans les premières de sa promo l'année précédente, elle avait pu choisir elle-même où elle allait passer le prochain mois. Tandis que certains avaient choisi la neurologie et la cardiologie, elle avait préféré la morgue. Lorsqu'elle l'avait annoncé à la secrétaire de sa faculté, la tête de la femme s'était décomposé, elle la croyait folle mais Molly n'en était rien : elle n'avait jamais été plus heureuse pendant ce dernier mois. Elle était de garde à l'hôpital et avait pour mission de surveiller les morts, vérifier qu'aucun intrus ne s'introduise dans la salle. Ou tout simplement d'attendre qu'une nouvelle victime arrive et Molly avait pour devoir d'appeler son médecin supérieur pour le prévenir. Une tâche qui s'avérait bien ennuyante, et lugubre. Elle avait eu le temps de faire deux fois le tour de la pièce, ranger le bureau de son supérieur quatre fois et de lire tous les rapports des victimes. Elle en avait profité pour prendre des notes sur la façon dont ils étaient rédigés. Il était maintenant 2 heures du matin et elle ne savait plus quoi faire pour se divertir : Molly était du genre patiente –elle écoutait tous les soirs sa mère parler de ses chiens d'amour, des histoires qui se répétaient sans cesse !- mais elle était là depuis 22H et commençait sincèrement à devenir folle. Elle priait presque pour qu'une de ses amies l'appelle pour lui tenir compagnie, ou lui envoie une de ses chaînes débiles par sms. Elle s'ennuyait tellement qu'elle était rendue à lire les instructions de sécurité de l'immeuble.

Tout à coup, elle entendit un bruit sourd dans le couloir qui la fit sursauter. Son cœur s'arrêta un instant pris de peur alors que des bruits de pas retentissaient sur le carrelage. Molly se voyait déjà morte dans un coin de ruelle avec un mot plaqué sur la poitrine "Au mauvais endroit au mauvais moment.", peut-être qu'elle lisait trop de livres policiers. Les bruits devinrent de plus en plus forts, tout comme son cœur qui semblait courir un 100 mètres. Elle pouvait presque entendre le journaliste de télévision annoncer sa mort en direct sur la BBC. Elle laissa échapper un soupir de soulagement lorsque les pas s'éloignèrent après avoir passé la porte de la morgue : cela devait être un des analystes de garde qui venait chercher un résultat pour un patient, les laboratoires étaient proches. Molly retourna à sa lecture en relisant le paragraphe sur les incendies et les issues de secours. Elle sursauta en manquant de tomber de sa chaise lorsque quelqu'un frappa à la porte, faisant résonner le bruit dans toute la pièce. Tremblant de toutes ces forces, Molly posa avec précaution son ouvrage sur le bord du bureau, pris une batte de baseball, placée sous le bureau –oui son médecin responsable était légèrement parano et elle l'en remerciait au ciel pour ça- et s'avança à pas de velours vers la porte d'entrée. Heureusement qu'elle était fermée à clef. Il frappa à nouveau à la porte avec moins de patience cette fois-ci. « Je vais mourir ce soir » pensa Molly en armant la batte devant elle, prête à s'en servir.

- Qui est-ce ? demanda doucement Molly, cherchant à avoir l'air sûre d'elle mais elle était trahie par ces tremblements.

- Sherlock, faites-moi entrer.

Elle laissa échapper un soupir de soulagement et ne pus s'empêcher de se sentir bénie par les dieux. Elle n'ouvrit pas la porte cependant, elle avait des ordres à respecter : "personne à part toi n'entrera dans cette salle jusqu'à ce que je revienne ici ". Il avait été très clair. Elle s'adossa à la porte, l'effet de l'adrénaline dans son sang s'atténuait progressivement.

- Que voulez-vous ? Vous m'avez fait peur !

- J'ai besoin de voir un corps, c'est urgent.

- Et vous ne pouviez pas attendre demain matin ? rétorqua Molly légèrement agacée.

- Ils ne me laisseront pas passer.

- Vous n'avez aucun droit d'entrer dans cette pièce, elle est réservée au personnel médical.

- Molly Hooper …

Sa voix était persistante et douce à la fois : mélange assez étrange mais ça donnait vraiment envie à la jeune femme de lui ouvrir cette porte. Non ! Non, elle n'en avait pas l'accord. Et si jamais son supérieur le savait, elle aurait un très mauvais rapport de stage et ce n'était pas du tout ce qu'elle souhaitait. Mais il n'était pas impératif qu'il soit au courant. Elle pouvait lui rendre ce petit service après tout. Elle ne lui en dirait rien, rien du tout. Molly s'empressa d'ouvrir la porte de la morgue pour laisser entrer son nouvel ami. Sherlock se jeta presque dans la pièce et referma vivement la porte, personne ne semblait savoir qu'il était là. De mieux en mieux ! Il laissa échapper un soupir de soulagement et se retourna vers Molly d'un air surpris :

- Que faites-vous avec une batte de baseball ? lui demanda-t-il en la pointant du doigt.

Elle baissa les yeux vers la batte en fer qui pendait de sa main droite : elle avait oublié qu'elle la tenait toujours aussi fermement. Elle s'empressa de répondre d'une voix douce et chevrotante :

- Au cas où vous soyez un voleur de cadavre ou un fétichiste … J'ai heu …

- Si j'étais en effet un voleur ou un fétichiste, je n'aurais pas frappé à la porte, s'amusa-t-il en se dirigeant vers le bureau.

Molly se sentit tout de suite un peu stupide mais elle se reprit bien vite : il aurait très bien pu s'agir d'une ruse pour l'amadouer et lui faire ouvrir la porte. D'un coup, une image peu réconfortante arriva dans ses pensées : elle voyait le jeune homme aux cheveux bouclés l'assommer avant de voler un des cadavres … Elle décida de garder tout de même son arme en main, juste au cas où. Sherlock prit le registre dans les mains et parcouru la liste des yeux avant de la reposer sur le bureau avec hâte. Tandis qui se dirigeait vers l'endroit où étaient disposés les corps, il sortit son téléphone portable et commença à tapoter dessus avec une vitesse incroyable.

- Qu'est-ce que vous voulez au juste ? s'inquiéta Molly.

- Voir Mlle Beatrice Amington.

- Hm … Pour ? Vous la connaissez ?

- Oui, nous étions amis d'enfance, répondit Sherlock en se tenant devant le box numéro 17.

- Oh je suis vraiment désolé. Toutes mes condoléances.

Il la regarda du coin de l'œil en pinçant les lèvres comme pour contenir un sanglot. Molly avait assisté à son autopsie effectuée quelques heures auparavant, elle avait été frappée par une bande d'étudiants soul en rentrant de son travail. Heureusement, son visage si angélique avait été épargné des coups mais elle avait tout de même eu trois côtes cassées et avait fait une hémorragie interne. Les secours étaient arrivés trop tard pour la sauver : une tragédie, vraiment. Molly prit la clef du box correspond sur le bureau et se dirigea vers Sherlock qui tenait ses mains tendues sous son menton, comme s'il se concentrait. Cela devait être terriblement difficile et elle ne pouvait pas l'empêcher de la voir une dernière fois. Elle enclencha l'ouverture de la porte et sortit le corps de la jeune femme.

- Vous êtes sûr que c'est une bonne …

- Bien sûr ! la coupa-t-il en la regardant avec des yeux étonnés. C'est essentiel !

Molly ne chercha pas plus loin et ouvrit le sac qui la conserverait intacte jusqu'à son enterrement –ou plutôt jusqu'à ce que l'enquête permette à la famille de la récupérer. Elle n'ouvrit le zip que jusqu'au cou, pensant que les proches d'une victime ne voudraient pas voir son corps meurtri de coups mais Sherlock semblait très différent. Lorsqu'elle recula pour lui laisser l'intimité nécessaire, il ouvrit le sac en grand, absolument pas perturbé par tant de violence physique. Sherlock observa quelques secondes le corps sans vie de la jeune femme avant de s'attarder sur son visage, il émit une expression de surprise puis sortit des accessoires de son manteau : une loupe, une pince, une seringue ... Quoi ?! Molly était de plus en plus septique sur les intentions de ce jeune homme. Elle continua de l'observer sentir ses cheveux et analyser chaque pore de sa main. Tout ça était tout de même très étrange.

- Êtes-vous sûr d'être un ami de Mlle Amington, finit par demander Molly en resserrant son étreinte autour de sa batte de baseball.

- Absolument pas, répondit-il du tac au tac sans lever les yeux vers elle.

- Quoi ?! Mais pourquoi m'avez-vous … Je … Vous êtes …

- M'auriez-vous laissé voir le cadavre si je n'avais pas été un proche ?

- Non.

- Très bien. Nous sommes d'accord, répliqua-t-il en souriant.

- Mais vous m'avez …

- Manipulé ? Bien entendu. Comme vous êtes perspicace.

Elle sentit une pointe de mépris à peine dissimulé et ça l'énervait beaucoup. Molly avait envie de le frapper de toutes ses forces, et même plus encore. Personne ne la manipulait. Personne n'en avait jamais eu besoin et personne ne pouvait. Elle était assez gentille et ouverte d'esprit pour permettre aux gens d'avoir ce qu'ils voulaient d'elle, dans les limites du raisonnable. Molly sentit une montée d'adrénaline parcourir sa colonne vertébrale, elle se plaça juste en face de lui pour lui limiter les bienfaits de la lumière et lui demanda de partir. Mais sa réponse la découragea assez vite.

- Non, Molly Hooper je ne quitterais pas Mlle Amington avant d'avoir terminé.

- Pourquoi mais oh pourquoi devez-vous l'examiner de la sorte ? demanda-t-elle en trépignant du pied.

- Éloignez-vous de là et je vous le dirais. Peut-être.

Elle hésita quelques instants à sa requête mais elle finit par se reculer et aller prendre une chaise pour se poster devant eux, sans gêner Sherlock bien entendu. Elle l'observa tapoter sur son téléphone portable puis retourner à l'étude du corps de la jeune femme. Alors qu'il effectuait une prise de sang sur elle, il finit par rompre le silence :

- Toutes mes condoléances, Molly Hooper.

- Pardon ?

- Vous avez perdu quelqu'un récemment n'est-ce pas…

- Oui, mais comment …

- Par où commencer. Ah oui ! Alors tout d'abord, vos yeux sont rouges et gonflés, je les ai vite remarqué en arrivant, la coupa-t-il sans quitter les yeux du corps. Vous avez donc longuement pleuré aujourd'hui. En plus de ça, le col de votre manche gauche est recouvert de trais de mascara, ce qui indique que vous assez tenté de sécher vos larmes avec, à plusieurs reprises. 3 ou 4 reprises pour être précis en regard des variations de couleur. Et tout ça dans la nuit car je suppose, à juste titre, que vous ne pouvez pas porter cette veste de labo chez vous. Je vous conseille d'ailleurs de laver vos manches avant que votre supérieur vous retrouve : la veste sale est très mauvaise pour un médecin légiste à part si votre but ultime est de détruire des preuves et donner une mauvaise image aux familles des victimes. Ensuite, vous ne portez que des vêtements sombre depuis deux semaines lors de notre première rencontre où aujourd'hui, vous êtes donc en deuil ou profondément penché sur le rock et vous portiez une affection particulière sur le noir. Ou alors vous avez une tendance à la dépression mais j'ai éliminé cette hypothèse puisque les poils se situant sur le bas de votre jean m'indique que vous avez un chat et vous ne laisseriez jamais votre chat seul avec votre mère n'est-ce pas ? Bien sûr que non. De plus, j'ai aperçu votre cahier de cours l'autre fois et les couleurs flashies ne me laissent pas penser une seule seconde que vous êtes une fan de l'univers gothique. Maintenant pour répondre à la question "qui est décédé ?" j'ai dû faire un travail de recherche très rapide sur internet il y a quelques instants. J'ai cherché dans le journal local et dans la rubrique nécrologie j'ai trouvé un certain Baptiste Hooper j'en déduis, vu l'âge, qu'il s'agissait de votre père.

Molly ne répondit pas mais restait là choquée, à regarder les manches de sa veste salie qu'elle avait retroussée à l'instant même où il lui en avait fait la remarque. Comment avait-il fait ? Elle avait envie de se cacher dans un trou de souris et de ne plus jamais en ressortir. Sherlock, quant à lui, laissa exploser un soupir de joie en se relevant : il devait avoir fini ses observations sur cette pauvre femme. Il ferma le zip de la bâche qui la recouvrit totalement avant de la pousser dans son box et de fermer la porte à clef, sachant que Molly le fera mais beaucoup plus tard. Il se dirigea vers la sortie mais s'arrêta avant d'atteindre la porte.

- Et pour répondre à votre première question, commença-t-il en s'approchant de quelques pas, je l'examine parce que la police est dans la mauvaise direction. Ils pensent à tord qu'une bande de jeune s'est attaqué à elle pour lui voler son argent et qu'elle était juste au mauvais endroit au mauvais moment. Sauf que si ces gens ne la connaissaient pas, ils n'auraient pas pris la peine d'épargner son visage, de plus il ne s'agissait même pas d'un vol ! Il n'y a aucun signe qu'elle s'est accrochée à son sac lors de l'agression, elle devait donc être inconsciente quand ils le lui ont enlevé. Mais pourquoi ce n'est pas un vol ? Et bien revenons-en au visage. Il est intact, étrange enfin c'était ma première impression mais après tout, pas tant que ça. Pourquoi l'avoir laissé intact si on déteste une personne ? Je pense que l'agresseur est un proche de la victime, très proche, il l'aime d'un amour profond c'est ce qu'il faut pour ne pas détruire son visage. Mais pourquoi la tuer ? Peut-être que son attention première n'était pas de la tuer mais de lui faire peur. Je pencherais pour un ex avec un gros problème de self-contrôle plutôt qu'un groupe d'inconnu j'enverrais un mot anonyme à un petit bleu policier du nom de Lestrade pas sûr que vous le connaissiez il est assez stupide. Je lui tends une sacrée opportunité de progresser dans cette carrière. Maintenant, veuillez m'excuser mais je dois partir, ajouta-t-il en se dirigeant vers la porte de sortie.

- Mais qui êtes-vous ? finit par demander Molly sans bouger, en le regardant s'éloigner d'elle.

Il s'arrêta un instant, regardant son téléphone portable puis se retourna vivement dans sa direction. Molly était complètement chamboulée par son charisme et toute l'assurance qu'il dégageait. Elle était aveuglée par son intelligence si extraordinaire.

- Mon nom est Sherlock Holmes, je suis le seul et l'unique détective privé consultant. J'ai inventé le poste. J'aide la police quand ils sont à court de pistes.

- Et ils sont au courant que vous les … Assistez.

- Pas toujours. Mais il ne s'en plaignent jamais, conclut-il en lui faisant un clin d'œil.

Ah les déductions ! Que c'est difficile à écrire ! Une preuve que Mark Gatiss et Steve Moffat sont des génies. Voici ce deuxième chapitre j'espère qu'il vous aura plût. J'ai adoré écrire celui-là en tout cas et j'espère que ça se voit. N'oubliez pas de m'écrire une petite review même minuscule. J'y répondrais avec plaisir. Et dites-moi les conseils que vous pourriez me donner pour que cette histoire devienne meilleure, je prend tout! Sherlolly shippers rendez-vous au prochain chapitre!