C'était la première fois depuis longtemps que Watson sortait seul le soir pour diner au Royal. Il avait l'habitude de s'y rendre aux côté de son vieil ami, mais Holmes était exceptionnellement en voyage pour une enquête, il rentrerait bientôt, quelques semaines tout au plus, mais durant cette période, il prenait bien soin d'envoyer une lettre au médecin pour le tenir au courant de l'évolution de son enquête. D'ailleurs, il avait apporté sa dernière lettre avec lui au Royal pour la lire au cours du diner.

Avec le temps, Watson avait apprit que Holmes ne faisait rien par hasard, il savait que le détective donnait des détails précis sur le cours de ses travaux pour l'aider à écrire ses livres puisque pour une fois il était partit sans lui. Il savait aussi que la fréquence régulière de ses lettres étaient aussi pour le rassurer, lui prouver qu'il était encore en vie. Plus d'une fois, Watson s'était demandé si Holmes n'avait pas écrit toutes ces lettres d'un coup, puis en échange de quelques livres, avait demandé au postier de lui apporté des lettres, avec évidemment un ou deux jour de différence avec la date inscrite comme date d'envoi. C'était un plan assez tordu pour venir du détective excentrique de Baker Street, qui, s'il lui demandait si cela serait possible s'offusquerait en disant que jamais, au grand Dieu jamais il ne serait capable de telle fourberie.

Le médecin sourit à cette scène qu'il imaginait. Il l'immortaliserait surement dans un de ses livres. Malgré cette image amusante qui le fit sourire, elle lui rappela ce pourquoi Holmes se sentait obligé de lui écrire ses lettres lorsqu'il partait. Il ferma les yeux un instant, déglutissant avec grande difficulté alors que l'image de son ami, se battant avec Moriarty puis tombant dans le vide lui revenait en tête. Il avait crut voir là devant ses yeux les derniers instant de Sherlock Holmes.

Il se passa une main sur le visage. Dieu seul savait à quel point il avait put s'en vouloir de n'être resté que simple spectateur, durant trois ans il avait eut des cauchemars atroce où il revivait ce moment fatidique, encore à ce jour il lui arrivait de repenser à cet instant, mais aussi à tout ce qu'il avait vu avait entrainé.

Il avait apprit ce jour là à quel point le coeur d'un homme blessé peut-être cruel. Ce jour là et bien d'autre, alors qu'il était transi de solitude, le reflet qu'il voyait dans le miroir n'était plus celui de l'homme qu'il avait été. Il avait apprit à ses dépend qu'à force de contempler les abysses de son âme, la noirceur de ceux-ci peuvent vous engloutir et vous ronger. Qu'un homme, un gentleman à qui tout destine une vie simple et heureuse, peut se transformer en un homme froid, distant, colérique et même cruel.

Il s'était aussi rendu compte à cet instant à quel point Holmes pouvait compter dans sa vie. Lorsqu'il l'avait crut mort, toutes ses bases, son monde s'était écroulé sous lui. Combien de fois s'était-il dit que s'il pouvait revenir en arrière il lui aurait dit à quel point il était important et jamais ne serait partit de leur foyer ? Il était impossible d'imaginer à quel point cet homme avait put lui manquer à chaque minute de chaque jour. Il était aussi impossible d'imaginer tout ce qu'il avait put ressentir dans cet appartement dont il avait crut qu'il serait abandonné jusqu'à sa destruction lorsqu'il avait revu Holmes, debout devant lui et Mrs Hudson, souriant. L'émotion avait été si forte, si intense qu'il s'était tout simplement évanoui. La surprise, le soulagement, mais aussi l'horreur qui l'avaient frappé lui avaient fait perdre connaissance. Lorsqu'il avait retrouvé conscience, le visage de Holmes n'avait pas disparut, prouvant qu'il était bien là, en vie, devant lui.

Malgré tout, ni ce jour là, ni aucun autre, il n'avait réussit à trouver le courage de lui dire tout ce qu'il pouvait penser. Il était resté à ses côtés certes, il lui exprimait plus d'affection aussi, mais il n'était pas facile de parler sérieusement de sentiments humains et profonds face à un homme qui les tourne en ridicule et semble s'en moquer. Même lorsqu'il tentait de parler du coeur avec Holmes, celui-ci ne pouvait pas s'empêcher de le corriger "le coeur métaphorique, car le coeur est un organe pompant le sang et non un organe sentimentale, les sentiments sont une réaction chimique du cerveau dont le fonctionnement est encore inconnu". C'était le même homme qui pourtant avait laissé un message sur la tombe vide à son nom que Watson venait souvent visiter "Ne regardez pas ma tombe en pleurant. Je ne suis pas là, je ne suis pas mort". Le médecin avait crut à un canular, il ne pensait pas que de tels mots pouvaient venir de son ami, mais celui-ci le surprendrait toujours.

Watson sourit doucement, Holmes resterait toujours Holmes quoi qu'il puisse arriver. D'ailleurs ce vieux grincheux solitaire et rabat joie commençait à déteindre sur lui puisque le bruit agaçant des rires multiple de la table derrière lui commençaient à lui taper sérieusement sur les nerfs, le réveillant de ses pensées. Visiblement il n'était pas le seul, de nombreux raclement de gorge tentaient de faire comprendre aux joyeux convives qu'il serait agréable qu'ils expriment légèrement moins leur joie. A les entendre, il devait y avoir au moins une quinzaine de personne à la table derrière lui. Souhaitant éviter de se faire remarquer en se retournant il fit signe à un jeune serveur de s'approcher.

- Qui sont donc ces personnes bruyantes derrière moi.

- Je l'ignore monsieur, je ne travaille ici que depuis quelques jours. Tout ce que je sais est qu'il n'y avait que trois personnes à cette table en début de soirée, ensuite un homme s'est invité à leur table et de fil en aiguilles, certains curieux sont venus l'écouter. C'est un gentleman très sympathique, il semble faire rire et amusé beaucoup de monde, un parfait homme de société, même s'il me parait tout de même un peu étrange. Il est bien habillé mais son teint, la longueur des cheveux et les bijoux qu'ils portent pourraient laisser à croire qu'il est bohémien. Tout du moins je n'ai encore jamais vu d'homme entrer dans ce restaurant avec autant de bijoux, et surement pas ce qui semble être des boucles d'oreilles à plumes... non j'avoue que cet homme est vraiment très étrange, mais allez savoir, c'est peut-être un Londonien qui revient de vacances aventurières du nouveau monde et qu'il rapporte ses exploits. Maintenant excusez-moi je dois retourner travailler, d'autres tables doivent être servies.

Watson remercia le jeune homme. Il attendit quelques secondes, puis au nouvel éclat de rire suraigu d'une jeune femme, il sentit ses poils se hérisser sur tout son corps. Il soupira une seconde avant de se retourner pour tenter de faire une remarque.

A peine se fut-il retourné que si sa mâchoire inférieure n'était pas accrochée à la supérieure, elle serait tombée à terre. Il n'arrivait pas à en croire ce qu'il se déroulait devant ses yeux. Celui sur lequel se portait toute l'attention était en fait ni plus ni moins que son vieil ami Sherlock Holmes censé se trouvé à bien des lieux de Londres. A ce qu'il pouvait voir, son ami avait prit le soleil, son grain de peau habituellement blanc cireux, presque malade dut au fait qu'il ne sortait que rarement était remplacé par un doré prononcé, ses cheveux avaient toujours cette longueur inégale qui le rendait fou à chaque fois qu'ils devaient sortir. Watson avait même essayé de la brossé lui même mais le résultat était au final encore pire. Par contre il ne comprenait pas que son ami portent des bijoux, jamais il ne l'avait vu avec ce genre de babioles, colliers, bracelets, bagues, non jamais il n'avait porté cela. Et le serveur n'avait pas rêvé il semblait bien y avoir des plumes sur des boucles d'oreilles qu'il portait, d'ailleurs il n'avait jamais eut de boucles, c'était nouveau. Pour couronner le tout il portait le bouc. Le médecin se demandait quel genre de rôle son ami jouait et sur quel genre d'enquête il était si enquête il y avait.

Soudain Watson commença à se demander si son ami ne se fichait tout simplement pas de lui en ce moment même. En plus de ne pas lui avoir dit qu'il était sur Londres, il passait du temps avec des inconnus avec qui il semblait passer du bon temps. Cette image en elle même était étrange, Holmes n'avait jamais été sociable. Il ressentit une forte jalousie à cette image, le détective avait toujours été son ami, pas celui des autres. Il n'avait jamais imaginé cette situation et celle-ci était réellement très désagréable à vivre. Il avait prit l'habitude d'être le seul du côté du logicien et il pensait que celui-ci aimait sa solitude à ses côtés.

Le médecin secoua la tête un instant, Holmes était humain même s'il avait légèrement tendance à l'oublier parfois et il pouvait avoir des amis, il ne lui appartenait pas après tout. Il n'empêchait que cette image était désagréable et qu'il aurait put le mettre au courant qu'il était revenu sur Londres, c'était tout de même la moindre des choses.

Watson se leva donc de sa chaise pour se diriger vers la foule et surtout de son ami étrangement déguisé pour le regarder avec insistance alors qu'il approchait, un air passablement énervé sur le visage. Lorsqu'il fut juste à côté se son ami, il se racla la gorge bruyamment, ce qui attira enfin l'attention du détective qui le toisa du regard avant de le dévisager. Le médecin sentit son sang bouillonner en remarquant que Holmes semblait n'avoir que faire de sa présence.

- Vous désirez ?

- Puis-je vous enlever à votre auditoire pour en parler en privé quelques instants ?

- Quel fou oserait décliner une si délicieuse proposition d'un si charmant gentleman ?

Et à présent il se moquait de lui, Holmes semblait décidément chercher à avoir des problèmes pour une raison inconnu. Il se leva néanmoins pour suivre Watson dans un coin tranquille de la pièce. Le médecin tourna les talons d'un coup sec pour être face à son ami avant de tout simplement commencer à le disputer.

- Alors vous... "Je pars en voyage pour une enquête", je vous ficherais ! D'abord, vous ne me dites pas quand vous revenez, si vous êtes partit un jour, qui sait, ma présence vous déplait peut-être ! En plus vous osez me trahir dans notre restaurant, à vous faire remarquer avec ces étrangers juste sous mon nez ! Et déguisé d'une manière incongrue... avec toutes ces babioles et ce bouc.

Touchant un boucles en plumes puis la barbe que son ami portait pour illustrer ses paroles sous les yeux ébahis et le sourire très amusé de celui-ci, Watson continua sur sa lancée.

- Alors Holmes, tentez-vous encore une fois de vous faire passer pour un espion Irlandais auprès des Allemands ? Ou est-ce simplement une ruse si infantile que même moi, esprit inférieur, ai put déjouer selon vous, dans le but de m'éviter ?

Le sourire de Holmes s'agrandit un peut plus, il cligna des yeux quelques instants en s'appuyant sur le mur d'un bras avant d'avoir un léger rire et répondre à Watson.

- Croyez-moi vous êtes loin d'avoir l'air d'un "esprit inférieur", vous me semblez agréable autant à regarder que pour discuter mais le problème cher monsieur est que je ne vous aie jamais vu de ma vie... et croyez-moi si j'avais connu un homme au moins à moitié comme vous... jamais je n'aurais put l'oublier.

Le médecin se tut net. Il était totalement perdu, il ne comprenait plus rien. Alors qu'il commençait à bafouiller, tentant de commencer une phrase pour tenter de s'expliquer ou de comprendre ce qu'il se passait, l'homme face à lui sembla avoir un éclair de génie.

- Mais... vous êtes le docteur Watson !

Plus les secondes passaient, moins le médecin comprenait ce qu'il se passait, l'homme lui attrapa la main en lui adressant un très large sourire qui donnait l'impression qu'il était aussi futé qu'un renard, si large et sincère que ses yeux semblaient sourire eux aussi.

- Quel bonheur, quel plaisir d'enfin vous rencontrer ! Vous êtes l'homme que mon frère ne veut absolument pas que je rencontre ! Je crois qu'il tuerait même pour que ce moment ne ce soit jamais produit ! Je suis enchanté ! Sherringford Holmes, je suis le jumeau de Sherlock.


Oui je m'ennuie encore et j'avais envie de continuer, enfin j'avais surtout envie d'écrire ce chapitre depuis le temps que je l'ai en tête. Je vous laisse avec ça pour le moment, surement bourré de fautes si grosses que j'aurais envie de me pendre ou d'oublis mais il est tard et moi j'suis claqué et pas très clairs donc c'est quand même un exploit d'avoir put écrire ça x)... j'ai l'impression de m'être un peu lâché d'avoir écrit un peu n'importe quoi, j'ai dut craqué à un moment et je vous évite le pire j'ai pas mal effacé de connerie mais quand vous avez Boston Justice en fond... voilà quoi x)

Merci encore de me suivre, du soutient, ça fait plaisir d'avoir des avis en tout cas x).

Au passage, on va faire une entorse à l'histoire et dire que sa mission d'espion Irlandais boucu était dans sa jeunesse, parce que si on suit la chronologie, il avait 60 ans lors des faits et que j'ai pas envie d'écrire sur un Sherlock du troisième age donc on lui donne la petite quarantaine dans l'histoire x)... et faut que je relise encore "Son dernier coup d'archet" que je ne retrouve pas... donc si j'ai fait une erreur ou veut ajouter un truc sur la pseudo mort un peu suicidaire à mon gout de Sherlock Holmes, ce sera pour plus tard.