Chapitre 2 : Dans un songe
« Nev ? J'ai une question : qu'est-ce que tu comptes faire exactement ? »
« Ce que je compte faire ? Tu parles contre Harsia ? Pas mal de choses mais je sais aussi que ça ne s'arrêtera pas aussi facilement que ça. On a beaucoup à accomplir, énormément de choses à remplir… peut-être trop. »
« Quoi donc ? Tu peux nous le dire ? » demande alors Migacirpy après les paroles que j'ai données à Niny. Ce qu'elle veut ? Hum, oui, je peux lui répondre.
« Alors c'est bien simple en fait. Je comptais tout simplement mettre une raclée aux deux femmes qui ont essayé de me tuer, rien que ça. »
« AH OUI ! Papa ! Tu parles de quand maman t'a sauvé, n'est-ce pas ? »
Grumpf. Non, ce n'est pas aussi simple que ça. D'ailleurs, le sourire de Giréléna, je n'aime pas ça. Qu'elle ne croit pas vraiment que je vais me laisser faire, pas du tout.
« Ce n'était qu'une erreur de ma part, mais si je devais compter toutes les fois où Giréléna m'a abandonné, je serai mort depuis longtemps. Elle a juste voulu se donner le bon rôle pour cette fois mais je ne tomberai pas dans le piège, je ne lui ferai pas confiance. »
« Papa … Pourquoi est-ce que tu n'aimes plus maman ? Je ne comprends pas. Vous êtes toujours en colère entre vous deux, c'est vraiment très triste ça. »
« C'est des affaires de grandes personnes, Gilitée. »
« Oui mais même comme ça, ça reste triste. Papa, fais un bisou à maman, s'il te plaît ! »
Je ne vois pas pourquoi cette … histoire. Pourquoi est-ce que je ferai ça ? Je me tourne vers Giréléna, fronçant les sourcils. Elle fait de même. Cela lui déplait grandement ? Ben comme ça, nous sommes deux. Je me rapproche pas à pas, étant à quelques centimètres d'elle.
« Essaies de jouer le jeu, je n'ai vraiment pas envie de le faire. »
« Et tu crois que j'en ai envie ? Recule ta tête et … »
Pas besoin d'avoir son accord ! Je l'empoigne par les cheveux et l'embrasse avec ferveur. Je n'hésite pas et j'y plonge ma langue dans sa bouche. Des plus choquées, elle tente de se me mouvoir puis abandonne. Après quelques secondes, je retire ma langue et fait un sourire :
« Voilà, Gilitée. Est-ce que cela te convient ? Papa et maman se disputent un peu mais ce n'est rien de bien dramatique, pas du tout, d'accord ? »
« Oui, c'est vrai ! Maman semble radieuse ! Plus que radieuse ! Hahaha ! C'est vrai que vous vous disputez souvent mais tant que vous vous aimez. »
Giréléna semble radieuse ? Je me tourne vers la femme-Giratina, remarquant l'air radieux qu'elle a au visage. Tant que ça ? Si elle se voyait ? Humpf, je ne me fais pas d'illusions.
« Bon, ne perdons pas plus de temps en fait, c'est mieux. »
Je ne veux pas regarder plus longtemps Giréléna. Je n'aime pas voir son visage parfait et son corps divin. Je me fais du mal … trop de mal pour ce que je viens d'accomplir. Cela me donne même envie de vomir tellement c'est …
« Hum, vraiment ? Giréléna ? » dit Migacirpy, s'approchant de la femme-Giratina, celle-ci retrouvant finalement son visage coincé et sévère. Elle se tourna vers la femme-Leviator :
« Je peux savoir ce que tu fais ? Toi et moi, on n'est pas amies, je tiens à te le rappeler, ok ? »
« Oh, comme si je voulais être ton amie, et puis quoi encore ? »
La réplique avait été sévère et rude, pour bien prouver que les deux femmes-pokémon étaient des plus inamicales l'une envers l'autre. Niny, quant à elle, s'approche de Gilitée, venant la soulever avant de pousser un grand rire et de dire :
« De toute façon, ton papa, il aime tout le monde ! Tu sais qu'il était aussi mon papa ? Enfin, il l'est toujours quand même hein ? »
« J'ai pas tout compris. Pourquoi est-ce qu'il est aussi ton papa ? Alors que tu es aussi âgée que lui ? C'est vraiment très très bizarre ! » demande Gilitée, regardant Niny. La femme-Apireine la fixe de ses yeux rubis avant de lui répondre :
« Car en fait, j'ai grandi vraiment trop vite. »
« Tu sembles vraiment triste quand tu dis ça. »
Elle l'est mais elle ne veut pas le montrer. Elle a grandi trop vite … et elle n'a pas pu apprécier son rôle d'enfant. Mais le peuple des femmes-insectes avait besoin d'une reine. Elle était la nouvelle reine … et elle devait alors jouer ce rôle. Je m'approche de Niny et lui caresse doucement sa chevelure blonde.
« Ne t'en fait pas, tu resteras toujours ma fille aussi. »
« Même si je veux que ça soit plus ? »
Je ne réponds pas à cette question car elle connait la réponse. Même si auparavant, j'étais prêt … à faire le pas, maintenant, je ne sais plus. Maintenant que j'ai Gilitée, je ne peux pas n'importe quoi. Je déclare qu'il va falloir que l'on aille tous se reposer et je vais nous trouver un petit coin où nous pourrons établir le camp.
Je ne tarde pas à trouver une rivière, de petite taille de ce que je peux voir. Un peu entre le ruisseau et la rivière en fait. Rapidement, les tentes sont là et je suis déjà en train de préparer à manger. Comme auparavant, Gilitée est près de moi, me regardant faire, reniflant, un peu de bave s'écoulant de sa bouche. Je ne peux m'empêcher de dire :
« Tu ressembles tellement à ta mère quand cela parle de nourriture. Tu as si faim que ça, Gilitée ? Ne t'en fait pas, je vais en préparer en grande quantité pour toi. »
Elle ne répond pas et ne fait qu'hocher la tête. Elle attend juste que je la serve. Je préviens les autres que je commencerai d'abord par elle et c'est ce que je fais. Le visage radieux et souriant, elle prend le bol que je lui tends avant de mettre un peu de soupe mélangée avec du lard et quelques croûtons. Vu qu'il ne fait plus très chaud dernièrement, je trouvais que ce repas était parfait pour elle. Elle part dans son coin et commence à manger à la cuillère.
« Allez hop … Double ration pour tout le monde ! Enfin, pour celles qui veulent ! »
J'aurai bien dit ceux … mais comme je ne suis qu'entouré de femmes-pokémon, je n'ai pas vraiment la possibilité de parler de la sorte. Bon, le repas se passe paisiblement et pour ces moments, je me montre agréable même envers Giréléna. Je la vois un peu rougir vers moi. Elle doit m'en vouloir à cause du baiser, j'en suis certain mais qu'importe.
Je ne fais pas dans la dentelle et cela ne m'affecte pas. Au moins, la petite Gilitée pense que j'aime toujours Giréléna mais je ne peux pas aimer cette femme-pokémon immonde qui joue avec mes sentiments. Il est donc hors de question que je me laisse amadouer.
« Papa … dis … je peux encore, s'il te plaît ? »
Hein ? Roh ! Elle exagère ! Encore faim ? Elle ne fait que ça ! Je rigole mais je ressers une nouvelle fois la petite demoiselle au long corps cylindrique. Cette fois-ci, elle vient manger dans mes bras, me tournant le dos alors que je souris. Ah … Vraiment.
« Tu as eu assez mon petit amour ? »
« Oui, oui ! C'était vraiment bon ! Dis … euh … tu cuisines depuis longtemps ? Car Maman en fait, elle est juste hooooooooorrible ! »
« Pour la cuisine ? Je m'en doute, ce n'est pas elle qui faisait ça quand elle était avec moi. Bon ! Par contre, ma petite puce, tu ne dois pas veiller trop tard. Tu es encore une enfant. Il est temps pour toi d'aller dormir. »
« Mais j'ai pas sommeil … papa. » marmonne la petite demoiselle alors que je la soulève. Mais si, mais, elle a sommeil mais elle ne le sait pas encore.
« Si tu es gentille, je dors avec toi, je te l'ai promis non ? »
« Oui ! Et tu dois tenir tes promesses, toutes tes promesses, papa ! »
« Alors direction au dodo dès maintenant ! » répond-je alors qu'elle fait une petite moue adorable. Je l'emmène dans la tente et je viens me coucher aussitôt, tendant mes mains vers elle. Elle bondit sur moi, me faisant pouffer de surprise. WOW ! Vrai que les filles-Giratina sont pas légères ! AH KEUH KEUH !
« YOUPI ! Alors je veux bien dormir maintenant, papa ! »
« Tant mieux … tant mieux … Gilitée ! Allez, viens dormir sous la couverture. »
Je la fourre à l'intérieur, la gardant contre moi. Elle fait son poids la petite demoiselle ! Pourtant, je la serre contre mon petit cœur avant de dire :
« Est-ce que ça te convient, Gilitée ? »
« Papa … est chaud … très chaud … Papa. Papa. »
Elle bouge un peu sa tête contre moi, comme pour trouver la position idéale alors que je la laisse se reposer. Lorsqu'elle dormira, je pourrai alors m'en aller pour voir Migacirpy et Niny. Oui, qu'elle fasse un gros dodo, la petite puce.
Oui … gros … dodo … Ah … Zut, j'ai sommeil aussi. J'entends le petit sifflement caractéristique du sommeil de Gilitée et je cherche à me relever sans y arriver. Visiblement, je crois que je suis fatigué moi aussi. Je commence à sombrer dans le sommeil, une voix me disant avec lenteur, une extrême lenteur même :
« Fais dodo … mon petit Nev. Fais dodo … t'auras du repos. »
« Qu'est-ce que … Dyrkri ? Qu'est-ce que ça veut dire ? Tu fais quoi là ? Je … »
« Je t'emmène tout simplement au pays des songes, rien de plus, rien de moins. » murmure doucement la voix féminine alors que je m'endors. Pourtant, la conversation ne s'arrête pas pour autant et elle reprend sur le même ton : « Alors ? Finalement heureux ? »
« On peut dire ça comme ça. J'ai une fille, je ne devrai pas être heureux ? »
« Tu en as même trois … dont deux légitimes … encore que vue la façon dont chacune a été conçue, on ne peut pas dire ça soit vraiment la joie, n'est-ce pas ? »
« Je ne vois pas ce qui te fait dire ça. Pourquoi ça ne serait pas joyeux ? Je les aime toutes, qu'importe ce qu'elles sont et … »
« Même cette Tyaunev que tu ne connais pas du tout ? Et qui est pourtant ton enfant ? »
« Même si je ne la connais pas, même si elle veut me tuer, elle reste quelqu'un que j'ai enfanté … sans même le savoir, sans même le comprendre. Si elle a mon sang, il est hors de question que je la fasse souffrir même si je ne comprends pas. »
« Tu es beaucoup trop gentil … ou trop stupide, beaucoup penseront le second point. » murmure la voix féminine en moi.
« Qu'importe ce que je suis tant que je sais ce que je fais, voilà tout. »
« Des paroles bien banales … mais bon, rien n'est plus étonnant venant de ta part hein ? »
« Je n'ai pas demandé ton avis. Est-ce que je peux me réveiller ? S'il te plaît ? »
« Que tu sois poli ne changera rien à ma réponse qui est … non. » murmure la femme-Darkrai bien que je ne pouvais toujours pas la voir. De toute façon, cela ne m'intéresse pas. Elle doit être tout simplement laide et affreuse, de se cacher autant sans chercher à se montrer.
« J'espère que tu peux lire dans mes pensées car ça serait dommage sinon. »
« Lire dans les pensées d'un enfant turbulent ne m'intéresse pas le moins du monde. Je n'ai pas de temps à perdre avec de telles inepties de ta part. »
« Héhéhé, c'est dommage pour toi, vu tous les compliments que je te faisais pour te remercier de tout ce que tu as fait pour moi. »
Aucune réponse de sa part. Cela ne l'embête pas ? Etrange. Mais bon, je commence à penser de façon assez mauvaise sur elle avant d'être pris une violente migraine.
« Espèce d'imbécile ! Je ne te permets pas de m'insulter de la sorte ! »
AIE ! Visiblement, elle est en train de lire mes pensées contrairement à ses dires. Je ne sais pas si je peux considérer cela comme une victoire personnelle … mais qu'importe, ça fait mal et c'est douloureux alors que je suis dans mon rêve. Je n'aime pas ces endroits.
« Que tu les aimes ou non, cela, je m'en contrefous, d'accord ? »
« Je n'ai pas besoin de ton avis non plus, que je sache. »
Je lui rétorque cela. Ça se finit toujours ainsi, de toute façon, entre elle et moi. Je ne cherche pas à avoir raison, je ne cherche pas à avoir tort. Je veux juste pouvoir dormir paisiblement. Je crois que Migacirpy et Niny m'en voudront un peu demain mais bon … pas grave.
Finalement, je crois que Dyrkri me laisse tranquille car j'arrive à retrouver le sommeil. Je ne pensais pas qu'elle me laisserait ainsi mais bon. Pouvant enfin dormir, je ne vais pas m'en priver. Je sais que je serrer Gilitée contre moi, de tout mon cœur.
Le lendemain matin, lorsque je me réveille, je sens une poitrine derrière moi. Sans trop bouger, je sens qu'elle déverse un peu de liquide … Niny. Migacirpy elle aussi, a réussi à se coller à moi. Comme Gilitée est sur mon ventre, les côtés sont disponibles.
« Au moins, qu'elles en profitent et … »
J'ai mon sang qui se glace alors que je ressens une présence des plus terrifiantes. Deux yeux saphir m'observent avec rage à l'entrée de la tente avant de disparaître. Qu'est-ce que … GIRELENA ! Si c'est elle, ça va vraiment chier ! Je ne me laisserai pas faire !
« Mais bon, ça attendra qu'elles se réveillent toutes. Je ne vais pas m'emmerder à cause d'elle non plus. Faut pas pousser. »
« Hmmm papa … Papa ! » marmonne la petite fille-Giratina sur moi, ouvrant faiblement ses yeux avant de me voir. Son visage devient radieux puis elle me saute au cou, m'embrassant partout sur le visage avant de dire : « Papa, tu es toujours là ! »
« Où est-ce que tu voudrais que je sois, ma fille ? » demande-je avec tendresse. Elle me chuchote qu'elle a toujours peur que je ne sois plus là quand elle se réveille. J'ai vraiment une fille … adorable. Je ne me répèterai jamais assez cela.
