Je me réveilla la boule au ventre. Le réveil sonnait et comme il a toujours le beau rôle dans ma journée, il se prit le mur pour la énième fois. Je me demandais comment ça se faisait qu'il soit toujours en vie ? Bref, je me levais, m'habillais, me coiffais, descendais prendre mon petit déjeuner, remontais, pris mon sac et partit à la volée avant que ma mère ne me demande d'emmener Yumi à l'école en chemin. Mon lycée se trouve à proximité de la montagne, car, oui, le relief est plutôt montagneux ici.
Je me retrouvais devant le gros portail du lycée, sauf que ce n'en était pas un. Dans la pierre taillée de l'entrée où quelques élèves s'empressaient d'aller, on pouvait lire : « ACADEMIE CROSS ». Me serais-je trompée ? Pourtant l'uniforme qu'on m'avait envoyé dès mon inscription correspondait aux autres. Donc j'entrai. On pouvait apercevoir un attroupement près d'une grille d'un énorme porche en pierre comme l'entrée. Des panneaux avec des noms étaient inscrits et l'on pouvait entendre des cris de joie ou de déception.
« - On est dans la même classe !
- Oh, non , je suis toute seule ! »
Ce genre de chose. Je m'approchais et aperçu mon nom. J'étais dans la classe C1 et mon prof principal se nommait Monsieur Inari. Je n'en attendais pas plus et rentra dans le plus grand bâtiment où tous les élèves allaient. Je connaissais ma salle, la 102, je pense que c'est au premier étage, non ?
Bingo ! Des papiers étaient scotchés à chaque porte de chaque salle, dessus, il y avait des dessins d'enfants bizarres avec marqué : « Bienvenue, mes chers petits élèves, dans ma chère Académie, j'espère que vous vous amuserez bien et ferez du tout bon travail. Le directeur Crooosss !
PS : Voici la salle 102, avec Monsieur Inari, responsable de la classe C1 »
Ok, alors soit j'ai un proviseur taré soit c'est une blague. J'aimerais pouvoir me dire que ma deuxième suggestion est la bonne.
J'entrais dans la salle, m'installais et restais silencieuse jusqu'à ce qu'un homme blond et de petite taille entra à son tour et nous dit de nous asseoir.
« - Tout d'abord je tiens à vous dire que votre entrée à cette prestigieuse Académie est une chance inouïe tant il est rare d'être accepté. » Commença t-il d'un solennel.
Ah bon ? Moi, j'y étais entré sans aucune difficulté pourtant, enfin je crois. Il faudra que j'en parle à mes parents.
« - L'examen d'entrée est classé parmi les plus dures du Japon et votre réussite fait preuve de votre dur travail. Alors soyez-en digne ! Faites honneur à notre Académie ! »
Quel examen d'entré ?! J'ai rien fait du tout ! Ou la la, ça sent le roussi, pourvu que je ne me sois pas trompé. Non pourtant, j'ai bien vu mon nom sur le tableau d'affichage. C'est quoi cette histoire !
« - Bien, voici votre emploi du temps : Petit déjeuner dès six heures trente, vos premiers cours se dérouleront à huit heures piles, aucun retard toléré ! Pause à dix heures d'une demie heure et pause à midi d'une heure. Les cours se termineront à dix-huit heures et vous devrez immédiatement rentrer dans votre pavillon. Couvre-feu à vingt heures. »
Eh ben , je crois que je vais vite regretter.
« - Et pour les externes, monsieur ? » S'exclama une élève.
« - J'allais y venir, continua le professeur. Pour les externes, ils doivent être présents une demie heure avant la première de cours, rentreront chez eux, le midi et le soir. D'autre questions ? »
Moi, j'en ai une. Qui va me sortir de cet enfer ?
« - Non ? Je vous distribue vos emplois du temps et vous pouvez filez dans vos chambres ou rentrez chez vous. »
Puis il s'en alla.
Je ne rentrai pas chez moi directement, avant je voulais voir le proviseur, enfin le directeur de l'Académie. Je crois que j'ai un petit soucis. Je monta donc à l'étage où se trouvait son bureau et toqua jusqu'à ce qu'une voix me dise d'entrée.
Apparemment il avait l'air normal, je m'attendais à voir un type en costard cravate mais non. Il y avait un autre homme avec lui, beaucoup plus jeune et taciturne, à première vue. Il était grand et avait un visage qui m'était familier. Ridicule, je ne l'ai jamais vu étant donné que je viens de l'autre bout du pays.
« - Bonjour, euh... monsieur le directeur, je ne vous dérange pas ? Demandais-je essayant de caché mon trouble.
- Yuuki ! Absolument pas ! Répondit-il en faisant un grand sourire. »
J'ai le droit de m'inquiéter là ? Comment connaissait il mon nom ? Il ne va quand même pas apprendre le nom de tous ses élèves ! Si ?
« - Euh... Je voulais vous parler de...
- Viens ! Viens t'asseoir ! Me dit-il en désignant un siège devant son bureau. »
Je ne me fis pas prier. L'autre homme était debout, je n'osais pas le regarder. Il ne disait rien.
« - Je t'écoute !
- Euh... je crois qu'il y a un problème avec mon inscription.
- Tiens ? Et quoi donc ?
- Eh bien, mon professeur principal nous a parlé d'un examen d'entrée que je n'ai pas fait et d'une inscription difficile, or je ne me souviens pas d'examen et je ne pense que mes parents se seraient cassé la tête pour une simple inscription à un lycée et pire encore, une Académie.
- J'ai ici une inscription spéciale pour toi » affirme t-il en prenant dans sa main un dossier qu'il me donna.
Je le feuilleta et découvrit qu'en effet, quelqu'un avait facilité mon inscription. Je relevai ma tête vers lui.
« - Qu'est ce que ça veut dire ? Demandais-je.
- Ça veut dire qu'un de mes amis t'a à la bonne, répondit-il tout sourire.
- C'est ridicule, monsieur le directeur » souffla le garçon avant de passer la porte et de s'en aller.
C'était étrange, c'est vrai, mais je me demandais bien qui ça pouvait être.
« - Qui est -ce ? Lui demandais-je alors. Est ce que je pourrais le voir ? »
Le directeur eu une moue contrit.
« - J'en doute, à mon avis il viendra vers toi de lui même.
- Est ce que je le connais ?
- Oui, bien sur ! Mais tu verras je n'en dit pas plus. Maintenant sors j'ai du travail. »
Je me levai, m'inclinai puis partis.
Plus tard dans la nuit, le directeur entra dans la pièce noire.
« - Bonsoir ! Salua t-il. »
L'homme se retourna et le fixa d'un air sombre.
« - Cesse de crier, grommela t-il. On entend à des kilomètres.
- J'espère bien ! Ria le directeur. Toujours aussi de bonne humeur à ce que je vois ! »
L'autre ne répondit pas.
« - Ça tombe bien je viens t'apporter de bonne nouvelle !
- Je t'écoute.
- Yuuki est entrée à l'Académie ! Elle s'est doutée de quelque chose, évidemment, et elle voudrait te rencontrer ! C'est pas génial ?! S'exclama le directeur.
- Non, ce n'est pas génial du tout. Si elle cherche me voir. Tous ces souvenirs vont resurgir.
- Ce n'est pas ce que tu souhaites ? »
Une fois de plus, il ne répliqua pas et contenta de se tourner vers la seule et unique fenêtre de la pièce, pour admirer la pleine lune. Ce qui lui fit revivre des souvenirs heureux et nostalgiques.
Flash back
« - Regarde grand frère, la lune est magnifique ! S'écria une jeune fille. »
Il s'approcha de la fenêtre où elle était et prit sa sœur par la taille afin de l'avoir tout contre lui.
« - C'est vrai. Comme le jour où tu es née, déclara t-il.
- Vraiment ?! Raconte-moi, s'il te plaît grand frère ! »
Il lui sourit. C'était tellement rare quand il souriait. Elle en profita pour l'embrasser tendrement puis il débuta le récit de sa naissance.
« - C'était une nuit comme celle-ci, calme et lumineuse. La nuit où tes parents m'ont donné la plus belle étoile que je n'ai jamais vu, la nuit de ta naissance. »
Elle sourit à son tour et ne cessait de le fixer des milliers d'étoiles dans les yeux tellement, elle l'aimait.
« - Je venais d'arriver au manoir, lorsqu'on m'annonça que ma sœur était née et que je pouvais aller la voir. Je ne me fis pas prier et monta quatre à quatre les escaliers jusqu'à la chambre de ta mère encore exténuée et couverte de sueur mais elle souriait, heureuse de t'avoir dans ses bras. Quand je suis arrivée, quand ton regard s'est posée sur moi, je n'ai pas pu résister à l'envie de te prendre dans mes bras et tu m'as sourit, comme tu le fait maintenant. Tu étais mirifique, tu l'es et tu le seras toujours. »
Une larme coula sur le visage de sa sœur, touchée et heureuse. Ils s'embrassèrent encore et encore, ne cessant de profiter de leur éternité, ne sachant de quoi était fait l'avenir, ils passèrent leur plus belle nuit ensemble.
End of flash back
Et il ne cessait de penser à elle. Toutes les nuits, toutes les heures et à chaque secondes, il se remémorait les souvenirs qu'il avait d'elle. Et c'était comme ça depuis plus de dix ans, depuis qu'on lui avait enlevé de force.
