The Face of an Angel de Brokendisguise
LE VISAGE D'UN ANGE
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CICATRICES
Bella
La torture continua et je pouvais sentir qu'elle commençait à s'ennuyer. J'étais sur le point d'être relâchée dans le monde.
- Tu es restée avec moi huit ans, tu t'es habituée et tu n'es plus amusante maintenant. Pourquoi ne hurles-tu plus comme avant pour moi?
Je refusai de lui répondre. Elle ordonna aux hommes de faire ce qu'ils voulaient avec moi et se dirigea vers la porte qui s'ouvrit brutalement sur deux vampires blonds qui l'empêchèrent de s'échapper. La femelle regarda tour à tour dans ma direction et dans celle des hommes qui s'approchaient de moi. Elle dit quelque chose à voix très basse à son compagnon. Elle affronta Victoria tandis que lui affrontait les quatre hommes. Le bruit de métal qui grince ricochait sur les murs alors qu'ils arrachaient des membres et les jetaient dans un brasier en flammes.
- Il pourrait y en avoir plus, prends ses membres, je prends son corps. Nous allons l'emmener dans un endroit sûr avant de lui remettre ses bras et ses jambes, dit l'homme.
Je ne savais pas de qui ils parlaient et je grognai à son intention quand il s'approcha de moi. Je ne pouvais pas l'empêcher de me prendre dans ses bras et de me caler contre son torse quand il partit en courant avec moi.
Ils coururent avec moi pendant ce qui me sembla une éternité, sautant dans une rivière et nageant avec difficulté contre le courant à cause de mon corps. Quand finalement ils s'arrêtèrent, nous étions sur la terre ferme à nouveau. Ils firent le point sur la situation. L'homme m'appuya sur un rocher, tendit la main vers l'arrière et la femme lui donna une de mes jambes.
-Si je remets tes bras et tes jambes en place, je t'interdis de me blesser, d'accord? dit-il doucement.
Je ne répondis pas. J'étais terrifiée et confuse, mon instinct hurlait différentes choses dans ma tête et je ne savais pas quoi faire.
- Mon nom est Peter, voici ma femme et compagne Charlotte, je te promets qu'on ne te veut pas de mal. Sa voix était un doux murmure. Il mit ma jambe en place sur mon corps pour qu'il puisse guérir je grimaçai de douleur mais ce n'était rien comparé à ce que j'avais subi entre les mains de Victoria.
- As-tu un nom? me demanda la femme en s'agenouillant pour tenir mon autre jambe en place. Je savais que je n'allais pas les attaquer, mais j'étais prudente. Je cherchai dans mes souvenirs, il y avait des visages, mais pas de nom. Je secouai de la tête solennellement.
- Nous avons entendu ce qu'elle t'a dit. Elle t'a tenue captive pendant huit ans. Te rappelles-tu de quoi que ce soit avant ça? me demanda l'homme toujours avec un murmure velouté.
Encore une fois, je secouai la tête.
- Elle a l'air si innocent. Si on se base sur son apparence, elle était à peine plus qu'une enfant quand elle a été transformée. La femme tendit la main et me caressa la joue, je tressaillis au contact et grognai.
- Elle est peut être innocente Char, mais sa peur ne l'empêchera sûrement pas de te mordre les doigts et de les avaler si tu l'effraies. Rappelle-toi, tu as vu ce qui se passait là-bas. Les hommes étaient furieux. Je suis désolé que nous ne soyons pas arrivés plus tôt, me dit-il.
Il s'affaira méthodiquement à remettre en place mon bras gauche et sa compagne fit la même chose avec le droit. Je sentis le venin me brûler et je regardai les cicatrices commencer à se former.
- Tu seras mieux dans quelques jours, physiquement j'entends.
- Peter, ne dis pas des choses comme ça! dit la femme dans un cri strident.
- Charlotte, regarde-la, elle est brisée. Mentalement, je ne suis pas sûr qu'elle soit assez stable pour voyager seule, je ne suis pas sûr qu'elle soit stable du tout.
- Alors nous allons l'aider. La femme était têtue et elle me regardait avec quelque chose que je ne reconnaissais pas. Regarde-là, c'est une végétarienne.
- Nous ne savons pas si c'est par choix ou si c'est la rousse qui la forçait à cette diète pour la garder plus faible.
- Ses membres manquants l'affaiblissaient déjà suffisamment. La femme grogna, je grognai en réponse. Si les choses tournaient mal, je voulais être en mesure de me défendre. Je me souvenais de ce que j'avais vu quand ils se battaient en désavantage numérique j'allais me défendre mais j'allais sûrement mourir.
-Shh, Dove, nous n'allons pas te faire de mal. Peux-tu te lever?
Elle me tendit sa main, elle était petite et avait l'air fragile. Sous l'impulsion, je la pris et me levai. Cela me prit un instant pour sentir mes membres à nouveau. Je les étirai et me remis sur pied.
- Voilà, il y a des vêtements là dedans, tu peux prendre ce que tu veux. L'homme me tendit un sac, je l'ouvris, en sortis des vêtements et les enfilai.
- Veux-tu chasser? me demanda-t-il quand je fus habillée.
J'inhalai profondément et grondai quand la première petite chose avec un battement cardiaque m'appela. Je bus un énorme ours avec avidité. J'entendis quelqu'un arriver quand je finissais la dernière goutte de son sang. Je lâchai l'ours et sautai sur mes jambes. Je grognai à l'intention de la personne qui m'avait interrompue.
- Doucement, c'est juste moi. Je ne veux pas t'interrompre, me dit l'homme toujours avec sa voix douce comme s'il parlait à un enfant.
- Il y a des humains dans les parages, elle aurait pu les sentir et les prendre pour des ours, c'est une végétarienne par nature, je pense.
- Est-ce que ça pourrait être par choix? demanda la femme.
- Je ne le pense pas, elle est beaucoup trop bestiale pour peser le pour et le contre. C'est dans son instinct de chasser les animaux, elle est un genre de vampire très différent, dit l'homme en riant.
- Viens avec nous Dove, on va s'occuper de toi. Tu as besoin de te reposer et prendre soin de toi maintenant. Peter va téléphoner et voir si tu peux rester avec nous pendant un petit moment. Nous avons un ami qui a une maison dans le Tennessee et il n'y vit plus depuis un moment. Elle me tendit la main et je la pris, la tirant vers le sol pour la sentir et voir son visage. Elle sentait le lilas et les jacinthes. Je m'assis à côté d'elle, me cachant de l'homme derrière ses cheveux.
Je le vis prendre un téléphone de sa poche et appuyer sur quelques touches. Je pouvais clairement entendre la conversation.
- Hey mec! dit la voix de l'autre côté.
- Salut, j'ai une faveur à te demander.
- Demande toujours.
- Est-ce que Char et moi pourrions utiliser la maison dans le Tennessee pour un moment? On en a vraiment besoin.
- Bien sûr, y a pas de problème, vous avez finalement décidé d'essayer ma façon de vivre? Il y eut un ricanement de la part de l'autre homme.
- Pas exactement, nous avons besoin d'un endroit où notre nouvelle amie se sentirait en sécurité. Elle a été torturée, pire que ce que Maria nous faisait pour nous garder dans ses rangs. Sa tortionnaire a commencé à s'ennuyer et allait la détruire. Il y a quelque chose à propos de cette fille. Il fallait que je la sauve, mais elle est sauvage, détraquée et je pense qu'elle ne reviendra jamais à la normale.
- Vous allez la laisser en vie même si elle est instable?
- Char et moi prenons l'entière responsabilité de cette fille. Mon frère, elle a le visage d'un ange, je ne pourrais même pas la tuer moi-même si je le voulais. Nous avons juste besoin de la calmer et lui faire comprendre qu'elle est en sécurité. Ensuite nous pourrons partir et on tentera de l'aider avec le reste.
- Avez-vous besoin de moi pour autre chose? Je peux vous rejoindre si vous voulez.
- En ce moment, un autre mâle non familier serait une mauvaise idée. Char semble être la seule personne en qui elle ait confiance.
- Si tu as besoin de moi, tu sais quoi faire.
- Je t'appelle. Merci pour la maison, oh et mon frère?
- Ouais?
- C'est une végétarienne. C'est étrange. C'est une impulsion chez elle de chasser les animaux et pas les humains. Elle n'a pas l'habilité de prendre des décisions selon ce qui est bien et ce qui est mal. Il me semble qu'elle est attirée naturellement par les animaux plus que par les humains.
- C'est une bonne chose. Peut-être qu'un jour on pourra la rencontrer.
- Tu sembles fatigué, comment vont les choses?
- Difficile, c'est le moins qu'on puisse dire. Les émotions sont encore douloureuses et négatives, mais on s'en sort tranquillement.
- Je ressens toujours la douleur de votre famille, la perte que vous avez vécue est immense. Et puis il y a ta femme en plus de ça.
- Elle s'est remariée. On n'était pas des vraies âmes sœurs, tu savais ça, Peter. Je suis heureux qu'elle ait trouvé un certain réconfort et ensemble, ils vont de l'avant.
- Je ne comprends toujours pas.
- Tu n'as pas à le faire, l'autre homme ricanait.
- Merci encore mon frère
- C'est pas un problème.
Il raccrocha le téléphone et se tourna vers nous avec un sourire.
- Nous sommes tous là. Alors, allons-y.
-Viens Dove, nous allons à la maison.
La femme se leva, tenant toujours ma main dans la sienne. Nous commençâmes à courir vers la maison et je me sentis un peu plus confortable avec eux. J'étais toujours incertaine à propos de l'homme, mais la femme était douce avec moi et je ne voyais pas d'émotions fausses dans ses yeux. Elle ne faisait pas semblant et ne planifiait pas de me trahir.
Les jours passèrent tandis que nous voyagions et nous arrivâmes finalement à notre destination. C'était une grande maison vide. Elle était meublée et avait tout ce qui pourrait être utile. Je me changeai dans des vêtements propres et cherchai une chambre pour m'y cacher.
Je me dérobai et grognai à chaque son dans la maison silencieuse. J'étais toujours nerveuse et je ne savais pas quoi faire. La seule personne qui pouvait entrer dans ma chambre était la femme. Elle me dit que l'homme était triste que je ne lui fasse pas confiance mais m'assura qu'il n'était pas en colère. Il savait que ça prendrait un peu de temps.
Il y avait un sofa dans la chambre que j'avais choisie. Elle venait parfois m'y retrouver roulée en boule et s'asseyait avec moi, faisant courir ses doigts dans mes cheveux. Elle me parlait de tout et de rien. Elle essayait juste de me faire sortir de ma coquille.
A un moment , elle évoqua la journée où elle m'avait sauvé la vie, et je ne pus empêcher les sanglots de ravager mon corps à cause de ce qu'on m'avait fait subir. Elle s'assura que je savais que les choses n'étaient pas censées être comme ça. Que j'avais été capturée par une femme cruelle et sans cœur qui était dérangée mentalement. Quand elle me parlait du moment où elle m'avait sauvée ou de ce que je savais de la vie, elle faisait courir ses doigts sur la cicatrice sur ma gorge. Parfois, elle traçait les marques de morsure sur mon épaule.
Environ un mois après que nous soyons arrivés à la maison, elle me trouva devant un miroir, portant une blouse à manches longues avec des boutons qui s'attachaient jusqu'au cou. J'avais choisi ce vêtement pour cacher mes cicatrices. Celles-ci la rendaient triste et je n'aimais pas la voir triste. Je n'aimais pas voir le venin lui monter aux yeux à cause de la douleur que j'avais endurée.
- Oh Dove, c'est l'été, dit-elle dans un soupir. Pourquoi portes-tu des manches longues?
Je ne dis rien, je ne disais jamais rien, je n'avais jamais besoin de le faire.
- Oh ma chérie, tu n'as pas à les couvrir. Il n'y a pas à en avoir honte. Elle alla devant moi et me fit un câlin. Elles sont une partie de qui tu es.
Je regardai le reflet de mon visage et soupirai, si seulement je savais qui était cette personne dans le miroir…
- Dove, vas-tu sortir de ta chambre aujourd'hui?
Je secouai la tête.
- Allez, il est temps pour toi de connaître Peter et de réaliser que tu n'as pas à avoir peur de lui. Tu ne peux pas passer l'éternité cachée.
Je vis dans ses yeux à quel point elle y tenait. Je commençai à retrouver ma raison. Je n'étais toujours pas capable d'aller au-delà mes peurs, mais j'étais capable de penser de manière rationnelle et j'étais en mesure de prendre des décisions conscientes.
