Manga : Bleach

Auteurs : Jimi et Loli

Genre : révolution, jalousie et rock n' roll. AR léger (notamment au niveau de la chronologie)

Rating : M (autant prévoir)

Statut : en cours

Pairing : olala, quel suspens...

Spoil : léger spoil pour les capitaine des divisions 3, 5 et 9, pour ceux qui ne suivent pas scan.

Disclaimer : Tite Kubo est le maître et possesseur unique et absolu de Bleach (mais vu ce qu'il en fait ces derniers temps, on pourrait aussi bien s'en emparer et le transformer en manga yaoi, ça serait pas du gâchis). Et en plus on est pauvres, même si on écrit de belles conneries sur nos shinigamis chéris.

LA THEORIE DE L'EQUILIBRE GENERAL


Partie I

Atomicité des acteurs


La difficulté n'est pas de comprendre les idées nouvelles mais d'échapper aux idées anciennes.

J.M. Keynes


Kyoraku étouffa un bâillement. Bon sang ! Convoquer une réunion des capitaines en pleine nuit, il fallait bien un malade psychorigide comme Kuchiki pour faire cela. Ukitake lui fila un coup de coude dans les côtes, et toussota pour couvrir le son rien moins que bruyant que faisait son collègue.

« Un peu de tenue.

- À deux heures du matin, y'a pas de tenue qui vaille.

Le capitaine de la treizième division secoua la tête en signe d'impuissance.

- Écoutez, capitaine commandant, je ne suis pas complètement en désaccord avec Shunsui, à quoi rime tout cela ?

Le chef du Gotei 13, qui, lui aussi, dormait à moitié sous ses yeux mi-clos (plus clos que mi en fait), hocha la tête avec gravité.

- L'heure est grave (ben oui, avec gravité on a dit).

Il réunit ses mains sous son menton et fixa son regard sur l'assemblée des capitaines.

- Le capitaine Kuchiki vient de m'informer d'une menace même pour l'existence du Seireitei.

Un silence mitigé salua la nouvelle. Ce qui peut se comprendre. Quand on vous sort le couplet du « notre monde est menacé de disparition », soit vous avez envie de pleurer, soit vous avez envie de rire il va sans dire que ça ne se fait pas de ricaner bêtement en pleine réunion des capitaines et pourtant y'en qui en auraient envie. Et le silence dura tranquillement jusqu'à ce que Zaraki décide d'apporter sa pierre à l'édifice.

- Et pendant qu'il trouve des menaces, Kuchiki, son abruti de vice-capitaine se balade à poil dans les couloirs de ma baraque.

Cette fois, les quelques ricanements eurent bel et bien lieu, ce qui est parfaitement compréhensible. Ce qui ne fit pas frémir Byakuya qui, comme chacun le sait, a une bonne réponse à toute chose.

- Le règlement disciplinaire du Gotei 13 attribue à chaque capitaine le maintien de l'ordre dans les locaux et terrains alloués à sa division. Faudrait-il que je vienne faire la police dans votre division, capitaine Zaraki ?

Cette fois Hirako émit un véritable ricanement pas du tout discret, suivi de près par Kyoraku et Rose. Quant à Ukitake, le léger sourire sur ses lèvres masquait à peine l'hilarité qui l'envahit.

- Ah ben fallait le dire. La prochaine fois, il va s'en prendre une belle le morveux ! Ras les clochettes qu'il passe sa vie à perturber mes officiers.

- Renji est fort pour perturber, murmura Hitsugaya qui avait encore en travers de la gorge une « petite fête » lancée dans sa capitainerie à l'instigation de Rangiku et Renji.

Byakuya sentit une vague de haine brûlante envers son vice-capitaine. Même absent, il fallait qu'il fasse parler de lui, et pas en bien.

- Ce que font mes hommes hors de leurs heure de travail réglementaire n'est pas de mon fait. Et c'est à vous de faire régner l'ordre au sein de vos divisions. Peut-on aborder le sujet qui nous amené ici ?

- Mais tout à fait, fit Kensei qui, lui non plus, n'aimait pas se faire réveiller en pleine nuit pour rien. Bon alors, c'est quoi ce danger qui nous menace ?

- Nan, c'est une menace qui nous met en danger, corrigea Kyoraku avec bonne humeur.

- Silence ! Trancha Yamamoto. Capitaine Kuchiki, exposez la situation.

Avec un air plus qu'hautain, Byakuya se redressa, leva son cul de sa chaise et haussa le menton, histoire de pouvoir regarder tout le monde d'en haut (sauf Komamura, mais de toute façon, personne n'a envie de regarder de haut un renard de trois mètres de haut).

- Un de mes hommes s'est fait attaquer à son poste de surveillance sur terre, par un groupe d'individus non identifiés qui ont délibérément emmené avec eux le hollow dont ce shinigami s'apprêtait à s'occuper.

- Comment vous savez ça alors ?

Byakuya s'interrompit quelques secondes avant de comprendre le sens profond de la question de Zaraki.

- Il s'en est sorti vivant, il est en état de témoigner depuis ce matin.

- Tapette.

- Oui, c'est sûr qu'à la onzième, c'est plutôt du genre « la victoire ou la mort », revenir vivant après avoir perdu un combat, c'est la honte. Normalement, on revient surtout mort, ou au pire, mourant mais jamais en état de témoigner.

- Parfois il faut savoir préférer la quête d'information à l'héroïsme, proverba sagement Rose.

- Et puis c'est pas comme si on pouvait se permettre de sacrifier des shinigamis tous les deux jours. C'est que ça coûter cher ces bestioles !

- Si on peut... mais dans un but scientifique seulement, corrigea Kurotsuchi qui s'était déjà vu reprocher le fait de faire un peu trop de dégâts au niveau cobayes.

- Et donc... des gars ont débarqué, latté ton homme et sont repartis avec un hollow sous le bras ? Résumé Kyoraku, qui trouvait cette histoire de plus en plus burlesque.

- Exactement.

- Vous m'excuserez mais je ne vois pas trop en quoi ça met en danger notre existence. Enfin, pas dans l'immédiat.

- Il apparaît que ce phénomène s'est déjà produit. Certains d'entre vous s'en souviennent probablement ?

Unohana secoua la tête.

- Avec tout le respect que je vous dois, capitaine commandant, je suis la plus ancienne ici avec Shunsui et Yushiro et je ne me souviens d'aucun épisode semblable.

Byakuya, qui était toujours debout, et qui aimait vraiment bien ce sentiment de dominer toute l'assemblée des capitaine, reprit la parole.

- J'ai mis aussi quelques moments (une journée entière de recherches) pour trouver une corrélation. C'était il y a près de trois cent ans, un groupe non identifié a commencé à détourner les âmes des morts du Seireitei pour les conduire ailleurs après leur existence terrestre.

- Oh, ouais. Je m'en souviens maintenant.

- Capitaine Hirako ?

- Ouais, on avait mis du temps à s'en rendre compte parce que les études sur les équilibres d'énergie spirituelle étaient encore à leurs débuts.

- Ben ouais, pendant ce temps la division scientifique faisait mumuse avec le Hogyoku.

- Hem... capitaine Soi Fon, un peu de tenue.

- À deux heures du matin...

- Bref... donc on n'a pas compris tout de suite, mais en fin de compte on a trouvé cette bande de gars redirigeaient les âmes des morts ailleurs.

Ukitake hocha la tête.

- C'est vrai. À l'époque le problème avait été réglé de manière assez... expéditive. Nous avions envoyé deux escadrons de la douzième division pour s'occuper de ces personnes.

- Et ? Demanda Hitsugaya que toute cette histoire commençait à intéresser.

- Et ils se sont entre-tués. Tous. Jusqu'au dernier.

- C'est ce détail qui nous permet de faire la correspondance entre les deux événements. Le shinigami blessé a été laissé pour mort, mais volontairement épargné. Il n'aurait pas été difficile à tuer s'il l'avait fallu. Ces gens, quels qu'ils soient, ne tuent pas.

- Tafioles.

- Oui, merci Kenpachi, ça fait avancer les choses, c'est fou.

- Shunsui !

- Jushiro ! Fit le capitaine en singeant le ton outré de son ami.

Heureusement, un coup de pied sous la table de leur vieille amie les calma un bon coup tous les deux.

- Ils ne tuent pas. C'est ce qui vous fait penser qu'il s'agit des mêmes individus ?

- C'est rare.

Hirako eut un sourire narquois qui indiqua à tout le monde qu'il allait dire un truc con.

- Ichigo non plus ne tue pas... pas beaucoup.

- Et qu'est-ce qu'il pourrait bien foutre d'un hollow de compagnie Ichigo ? Le coupa Kensei.

- Je sais pas. Il aime bien faire ami-ami avec n'importe qui.

- C'est le cas de dire, murmura Kuchiki, pas assez fort pour que ça soit vraiment entendu, mais bien assez pour que tout le monde en comprenne l'idée générale. Et il continua à haute et intelligible voix. Ce n'est pas tout. Les modes opératoires sont les mêmes : ils s'attaquent à des shinigamis seuls dans des zones peu fréquentées, les laissent pour mort sans les tuer, et emportent vifs des êtres qui sont normalement pris en charge par nos troupes.

- La fois précédente il s'agissait des âmes des défunts, cette fois-ci, c'est un hollow. Comment expliquer cette différence ? Intervint Kensei.

- La dernière fois nous n'avions jamais découvert ce qu'il advenait des âmes humaines mortes qui auraient dû atterrir à la Soul Society, se rappela Kyoraku. Ceci dit, je n'ai pas souvenir qu'on ait cherché longtemps.

Tous les regards se tournèrent vers Yamamoto qui hocha la tête.

- Nous avions d'autres priorités sur le moment.

- Tu m'étonnes.

- Shunsui !

- Oh ça va. Avec un peu de chance, ces âmes défuntes ont passé trois siècles à moisir dans un monde parallèle aussi réjouissant que le hueco Mundo si ce n'est pire et avec encore un peu plus de chance, ils nous en veulent à mort !

Et comme une partie des capitaines présents regardait Kyoraku sans comprendre, Ukitake vint à son secours en secouant la tête tristement.

- C'est exact. Notre mission de shinigamis est de s'assurer que les morts connaissent le sort qu'ils méritent. Quand nous échouons, leur destin est perdu par notre faute.

Hitsugaya secoua la tête. C'est pas possible d'inventer des discussions aussi relou à presque trois heures du matin.

- Comment ça « quand nous échouons » ? Les âmes rejoignent le Seireitei. Et quand elles deviennent des hollows, nous nous chargeons soit de les ramener à leur état d'âmes pures, soit de les expédier en Enfer. Y'a pas d'autre solution.

- Dans le cas de ces âmes là, si, puisqu'elles ont disparues. »

Un silence inconfortable s'installa, le temps que chacun réalise exactement ce que cela impliquait.


« Hmmm... Renji, vire ton bras, il fait chaud.

- Grumpf.

Ikkaku se retourna, et repoussa sans ménagement le bras musclé et velu qui s'accrochait obstinément à son torse.

- Et te colle pas.

- Gnumf.

Mais comme un Renji endormi n'a pas d'oreille, il lui fila un bon coup de coude dans la figure, histoire de le décoller de lui.

- Gnaaaargh. »

Et le Renji endormi se retourna désespérément, les bras tendus à la recherche d'un autre corps à attaquer... enfin, auquel s'attacher. Heureusement, il était bien entouré et s'agrippa automatiquement à Yumichika qui ronronnait paisiblement de l'autre côté.

Ce dernier, réagissant presque instinctivement au contact des bras autour de son torse, se resserra contre le corps derrière lui et inclina sa tête contre la clavicule de Renji pour s'appuyer confortablement. Réagissant à son tour, l'invité surprise resserra ses bras, et posa son menton sur l'épaule de Yumichika qui ronronna de plaisir.

« Oh ! »

Sourd à la désapprobation de leur compagnon de lit, les deux jeunes gens continuèrent à se coller l'un l'autre et caler soigneusement leur corps, lové tendrement l'un contre l'autre. Et puis Yumichika posa ses fesses contre l'entrejambe de Renji, à la recherche de LA position intéressante. Ce dernier réagit le plus humainement du monde et avança son bassin, désireux lui aussi de trouver LA position qui prouve que la nature est bien faite et que les gens sont façonnés pour s'encastrer en file indienne.

« Oh vous deux ! » Insista Ikkaku qui, bien que souhaitant dormir en paix, ne pouvait s'empêcher de remarquer qu'il était le seul à vouloir dormir.

Les deux en question inventèrent un semblant de ronflement style « on dort et nos corps bougent tout seuls », et continuèrent leur petit manège. Hop, LA position est trouvée, adoptée et travaillée durant quelques looongues secondes (et c'est bon dis donc). D'un discret « splirt » au creux de sa main, Renji trouva juste assez de ressource salivaire pour rendre la chose relativement agréable pour tous les deux. Relativement, parce que d'un côté Yumichika avait les pieds qui commençaient à sortir du lit et de l'autre, Renji avait Ikkaku en train de lui agripper l'épaule pour faire cesser cette étreinte au nez et à sa barbe (inexistante par ailleurs).

Et pendant que les mains de Renji se perdaient entre la taille et les cuisses de son compagnon de lit, celles de ce dernier exploraient leur zone de contact qui devenaient de plus en plus... tropicale. Autrement dit : chaude, humide, propice à l'exploration et aux missionnaires.

D'ailleurs, en parlant de missionnaire, Renji se dégagea de la poigne de son aîné et renversa doucement Yumichika sur le dos pour se frayer un chemin entre ses jambes.

Ses lèvres se posèrent dans son cou mais restèrent incroyablement sages. Car Renji est un sage qui sait que quiconque s'aventure à faire un suçon à Yumichika Ayasegawa est suicidaire.

Et s'ensuivit une séance de câline-mi et câline-moi sont dans un bateau... etc. Jusqu'à ce que Renji sente une main calleuse sur sa taille à lui, une main qui n'appartenait pas à Yumichika, parce que les mains de Yumichika étaient occupées ailleurs.

« Tu voulais pas dormir toi ?

- Vous êtes bruyants.

- C'est juste qu'on est trop bons pour se retenir.

- Bruyants... comme des adolescents. »

Et comme pour lui donner raison, Renji laissa sortir un gémissement rauque et sexy lorsqu'une paire de doigts se glissa entre ses fesses.

S'ensuivit une nouvelle session de câline-mi et câline-moi, suivit de très près par l'inévitable « baise-mi et baise-moi sont entre les draps ». Tout le monde devinera sans peine qui a gagné à la fin, surtout les occupants des appartements les plus proches, à savoir le capitaine et son vice-capitaine.

Et autant dire que le capitaine en question n'appréciait que très modérément se faire réveiller par les « oh oui baise-moi » de Renij et les « encore, plus fort, plus fort vas-yyyy » de Yumichika. Déjà qu'il venait de flinguer une nuit de sommeil à écouter les conneries de Kuchiki en conseil de capitaines jusqu'à s'en donner mal au crâne, alors si en plus il fallait se taper (c'est le cas de dire) les cris de ses officiers en chaleur, ça allait mal aller.

Mais comme il était le seul maître à bord dans sa capitainerie, il décida d'user de son pouvoir pour une fois et vint frapper à la porte de la chambre du troisième siège. Frapper... au sens propre, jusqu'à ce que la pauvre porte qui n'avait pourtant rien faire se retrouve par terre, brisée et mourante.

« Abarai ?

Ce dernier releva la tête de là où l'avait et avala ce qu'il avait dans la bouche, car on ne parle pas la bouche pleine comme chacun le sait.

- Oui capitaine ?

- Dehors.

À l'instar de tous les autres capitaine, Zaraki avait une face-qui-tue-rien-qu'à-la-regarder, et il la sortit en grand pour l'occasion. Yumichika tira le drap sur lui pour dissimuler l'excitation bien légitime qu'une telle manifestation de sauvagerie provoquait en lui, Ikkaku esquissa le début d'un sourire carnassier et Renji se redressa en sentant tous les poils de son corps se hérisser.

- À vos ordres capitaine. »

Et Zaraki s'en fut, content de lui, tout en ôtant la main de devant les yeux de Yachiru, perchée sur son épaule. Ce n'était pas une scène pour les petites filles.


Byakuya Kuchiki est un sage. Enfin, il passe pour être relativement sage par rapport au reste des shinigamis. Et par rapport à son vice-capitaine, y'a pas photo, Kuchiki, c'est Confusius. Aussi la fin de la réunion de cette nuit lui laissait comme un arrière goût d'insatisfaction. Les décisions prises avaient été tout sauf sages.

En gros, ça avait donné ça :

« Nous allons les traquer, les trouver et...

- Les exterminer !

- … et découvrir ce après quoi ils en ont.

- Et puis les exterminer.

- Si cela semble nécessaire, oui.

- Ah ! »

La traque avait été confiée conjointement aux divisions six, treize et deux. Et l'extermination à la onzième, au cas où il faudrait exterminer. Tout le monde avait râlé, parce que c'est pas juste que ce soient toujours les mêmes qui s'amusent à exterminer.

Byakuya avait passé la fin de la nuit à étudier les différentes possibilités qui s'offraient à eux et il ne comprenait pas. Pourquoi enlever un hollow ? Pour faire de l'élevage ? Aussi saugrenue cette hypothèse pût-elle être, elle eut le don de filer un vilain coup de cafard au capitaine. Est-ce que ça se reproduit au moins les hollows? Et si oui, ça ressemble à quoi un bébé hollow ? Nan, ça Kuchiki s'en foutait comme de son premier cadavre. Et pourquoi ne pas tuer le shinigami ? Pourquoi laisser délibérément vivant quelqu'un qu'on peut tuer, et qu'on a intérêt à tuer ? Ça le dépassait. Pourquoi ne pas finir le travail, ne pas l'achever, vérifier son état ? De l'amateurisme ? Byakuya tourna cette idée dans tous les sens : des bleus, des amateurs qui en sont à leur coup d'essai ?

Qui laisse son ennemi vivant ? L'image d'Ichigo lui traversa l'esprit. Les gens qui ont des principes moraux incrusté dans la peau laissent leurs adversaires vivants, ne tuent que si c'est absolument nécessaire et inévitable.

Et une autre image se superposa. Celle de Renji, s'écroulant à ses pieds dans une gerbe de sang. Pourquoi l'avait-il laissé en vie déjà ? Parce que « qu'il vive ou qu'il meure cela ne faisait pas de différence » ? Non, ça c'était la version officielle. Kuchiki tenta de se remettre dans l'état d'esprit qu'il avait connu à cet instant. Il savait que Renji était encore en vie, et qu'il avait une chance de s'en sortir. Et la raison... pourquoi il ne l'avait pas achevé ? La raison...

L'espoir secret qu'il se rallie à lui et rejoigne ses rangs.

Quand on a une raison d'espérer que l'adversaire puisse se rallier à soi, alors on lui laisse une chance. Une chance infime, microscopique, invisible à l'œil nu.

Le capitaine se leva et fit un petit tour dans son bureau avant de s'arrêter à la fenêtre pour contempler la nuit claire.

Ils laissent les shinigamis en vie, parce qu'ils pensent pouvoir nous rallier à leur... camp ? Ils nous voient comme des adversaires mais pas des ennemis. Des alliés potentiels. Ce qui veut dire qu'il ne suffira pas de les traquer et les trouver, il faudra négocier, discuter, parlementer. Avant de les exterminer au besoin.

Alors que cette idée faisait son chemin sous son crâne, Byakuya fut tiré de sa réflexion par un bruit sourd. La porte d'entrée qui vient de se refermer, identifia-t-il. Et puis de légers craquements, et des grincements caractéristiques du plancher qui craquer sous un pas qui essayait de se faire discret.

Un visiteur ?

Byakuya palpa l'atmosphère et reconnu sans peine le reiatsu du visiteur. Renji. Une partie de son cerveau lui rappela qu'il devait être mécontent de Renij, mais il ne parvint pas à se souvenir de la raison de ce mécontentement. Il devait lui en vouloir... Il avait... fait une connerie ? Un reproche... d'un autre capitaine ? '' son abruti de vice-capitaine se balade à poil dans les couloirs de ma baraque''. Tout lui revint. Et le mit dans une rage folle. Renji n'avait pas le droit de lui pourrir la vie comme ça. Aussi, dès que ce dernier parvint à la hauteur de la porte du bureau du capitaine, Byakuya ouvrit tranquillement la porte et se tint dans l'embrasure, les bras croisés.

Que fais-tu là ?

Renji, encore un peu étourdi par la nuit qu'il venait de passer, se trouva brutalement projeté de la chaleur humaine à la froideur kuchikiesque.

« Capitaine ?

- Réponds.

- Ben... je rentre.

- Que faisais-tu à la onzième division ?

Renji haussa les épaules, il ne cherchait même plus à savoir comment Kuchiki savait ça.

- Je me reposais.

Ce qui était parfaitement vrai.

- Le capitaine Zaraki a eut à redire à ton attitude.

Le vice-capitaine haussa les épaules. Qu'est-ce qu'il en avait à foutre du jugement de valeur d'un timbré notoire ? Et qu'est-ce que ça pouvait bien foutre à Kuchiki ?

- Je ne tolère pas, articula ce dernier en détachant soigneusement chacun des syllabes, que tu jettes le discrédit sur ma division.

Renji recula malgré lui, alors même que son capitaine n'avait pas fait un pas vers lui.

- Tiens ta place. »

Et il lui fit signe de s'en aller, avant de retourner s'enfermer dans son bureau. Tout en vérifiant que le reiatsu de l'officier s'éloignait sans demander son reste, Byakuya se rassit et inspira profondément en prenant son visage dans le creux de ses mains. La fatigue, ça devait être la fatigue, normalement, il ne se serait pas énervé ainsi, pas pour un motif aussi futile.

En désespoir de cause, il rangea ses quelques notes dans un tiroir fermé et alla se coucher pour les quelques heures qui restaient avant le lever du jour.

Renji s'affala sur son lit de mauvaise humeur. Dire que la nuit avait si bien commencé. Pourquoi fallait-il qu'il gâche tout ? De plus en plus... non, pas de plus en plus, mais de plus en plus souvent, de plus en plus fréquemment, Renji finissait par se demander ce qu'il y avait avec lui. Quel est le problème ? Quoi que je fasse, il trouve un prétexte pour m'emmerder, et me faire passer un pour moins que rien. Je m'en fous remarque, je me fous de ce qu'on pense ou de ce qu'on dit de moi. Mais dans ce cas, pourquoi m'avoir fait vice-capitaine si c'est pour me descendre dès qu'il en a l'occasion ?


La nuit qui doit habituellement porter conseil, porta surtout son lot de cernes sous les yeux et de bâillements pour tous ceux qui avaient passé une très courte nuit. Même Kuchiki n'y échappa pas et dut se frotter les yeux plusieurs fois pour voir clairement ce qu'il y avait d'écrit sur son premier rapport de la journée. Une réunion plus des heures de cogitations sans fin avaient eu raison de son attention. Et puis comment se concentrer sur le rapport d'activité des missions courantes quand on a des voleurs de hollows lâchés dans la nature ? Comme toujours, le plus gros problème a le don de masquer les plus petits, et de rendre tout effort pour les régler parfaitement dérisoire comparé à l'épreuve que représente le gros problème. En gros, c'est l'arbre qui cache la forêt. Et après avoir passé une nuit à se concentrer sur l'arbre, Byakuya sentait ses paupières tomber dès qu'il voulait s'occuper de la forêt.

Aussi le capitaine eut-il un sursaut, alors qu'il était sur le point de s'assoupir à son bureau, lorsque la porte de son bureau s'ouvrit à toute volée.

« Bonjour capitaine, désolé, j'ai pas pas laissé mon sabre d'entraînement ici hier matin ?

Rapidement, le capitaine força ses neurones à se reconnecter pour analyser la scène : Renji, à moitié nu (?), qui déboule SANS FRAPPER, dans mon bureau. Normal. Normal ?

- Renji, que signifie ce...

- Navré capitaine, je m'occupe de l'entraînement des nouveaux là. Mais vous auriez pas vu mon sabre ?

D'un geste méfiant, Byakuya désigna la table basse à laquelle ils prenaient le thé d'habitude, et plus précisément, le sabre d'exercice en bois qui se trouvait sous la table.

- Ah ! Merci ! Bonne journée, à bientôt capitaine.

Le capitaine en question se remit doucement à réfléchir, la connexion des neurones étant enfin suffisante pour cela.

- Ta tenue ?

Renji s'immobilisa entre deux pas.

- Ah ouais, désolé capitaine, je me suis aperçu que j'avais pas mon sabre seulement dans les vestiaires. Mais ça va, j'ai le bas ! Fit-il en désignant son hakama encore accroché à sa taille.

Byakuya hocha la tête. Tout cela avait quelque chose de surréaliste, mais il avait eu l'impression étrange de voir quelqu'un d'autre. Quelqu'un qu'il aurait connu longtemps auparavant. Quelqu'un de toujours pressé...

- Où vas-tu ?

- Ben... au terrain d'entraînement, répéta Renji en évitant soigneusement de faire remarquer qu'il l'avait déjà dit. »

Le capitaine était plutôt... endormi ce matin, et cela lui allait parfaitement. Il n'avait jamais testé le capitaine Kuchiki endormi, mais apparemment, la fatigue le rendait moins cassant et moins maniaque sur des détails de discipline, et ça plaisait bien à Renji.

« J'y vais capitaine, bonne journée. »

Et avant que Byakuya recouvre totalement ses esprits et puisse lui faire remarquer à quel point tout en lui était une insulte à son rang, Renji prit la fuite en courant, laissant son capitaine en train de se frotter les yeux. Cela n'avait duré qu'une seconde, et pendant une seconde, il avait cru voir quelqu'un d'autre. Il n'aurait su dire quoi, mais il avait un autre homme à travers Renji.

C'est la fatigue, se persuada-t-il en reprenant le feuillet sur lequel il avait commencé à s'endormir, bien décidé à aller au bout de son boulot. Mais bon, vous savez ce que c'est, on est crevé, on croit qu'on va travailler, on y croit tellement fort qu'on commence à travailler, et puis finalement, la dure réalité prend la main et en moins d'un quart d'heure, Byakuya Kuchiki bavait sur le rapport concernant le nouveau classement des archives.

Et quand quelques heures plus tard, Renji revint de sa session d'entraînement, ce fut ainsi qu'il le trouva. Le vice-capitaine s'immobilisa brutalement, comme on le fait lorsqu'on se retrouve face à un animal sauvage en pleine forêt et qu'on ne veut ni le faire fuir, ni attirer son attention.

Du bout du pied, Renji referma la porte du bureau derrière lui, serrant les dents lorsqu'elle grinça bruyamment. Il posa sans bruit son sabre d'entraînement contre le mur et s'avança. À chacun de ses pas, le plancher émettait des petits couinements et il se promit de faire appel à un shinigami de la quatrième division pour remédier à cela. Sans quoi, il ne pourrait plus jamais contempler son capitaine endormi à son bureau. Loin de lui l'idée que ça puisse se reproduire de sitôt, mais au cas où, on n'est jamais assez prévoyant. Il esquissa un petit sourire, et puis se ravisa. Ce n'était pas drôle. Ou si. Et il sourit franchement de toutes ses dents. C'était pas drôle, c'était pire que drôle, c'était mignon, c'était touchant, et puis aussi un peu effrayant... pas qu'un peu, beaucoup. Et doucement, Renji se décida à reculer, lentement, vers la porte, car si jamais le capitaine découvrait qu'il avait été vu dans une telle attitude, à ronfler paisiblement sur son bureau au lieu de bosser, il n'y aurait aucun trou assez profond, aucune contrée assez inconnue, aucun monde assez lointain pour sauver Renji de la colère de son chef.

Une fois de plus, le plancher craqua sous ses pas. Une fois de trop car Byakuya entrouvrit un œil. Renji déglutit, devinant l'œil morne et sévère qui allait se poser sur lui sous peu, et il prit le parti de ne pas en rajouter et d'inverser le mouvement. Il reprit naturellement sa marche pour s'asseoir à son bureau, rajustant son bandana, puis relevant ses manches pour se mettre au travail, il fit racler bruyamment sa chaise sur le sol ce qui réveilla le capitaine pour de bon.

« Gné ? Fit Byakuya et Renji déglutit, faisant semblant de n'avoir rien entendu.

- Renji ? Ajouta-t-il, un peu mieux réveillé.

- Capitaine ? »

L'officier se tourna à demi pour faire à moitié face à son supérieur et attendit qu'il lui dise quoi faire.

Byakuya lui lança un regard plus que mauvais, un regard que Renji était plutôt habitué à voir chez les mafieux qui venaient racketter les petits commerçant du Rukongai. Mais le regard s'évanouit aussi vite qu'il était venu.

« Ah oui, désolé pour tout à l'heure. Mais j'ai fait gaffe, personne ne m'a vu dans les rues.

- Bien. »

Et un silence de plomb retomba sur les deux hommes alors qu'ils se remettaient chacun au travail. Et Renji regretta amèrement d'avoir réveillé son capitaine. Au moins lorsqu'il dormait, il n'était pas si froid, indifférent et chiant. C'est vrai, réalisa-t-il, durant les courtes minutes où il l'avait vu dormir, Renji avait vu le côté le plus attachant et sympathique de son capitaine. C'est quand il dort qu'il est le plus sympathique en fait. Putain, j'imagine pas l'enfer qu'à dû vivre Rukia.

Ils travaillèrent ainsi une petite heure durant, Byakuya qui tentait d'effacer à jamais l'épisode « trouvé-endormi-au-bureau-par-son-vice-capitaine » de sa mémoire, et Renji qui peinait à respirer à cause de l'atmosphère terriblement lourde. Il vit l'heure du déjeuner arriver avec un réel soulagement et bondit de sa chaise dès qu'il sut qu'il pouvait s'esquiver sans que cela paraisse suspect.

« Je vais chercher notre repas, capitaine.

- Hm. »

Rarement le lieutenant avait été si heureux de pouvoir fuir le bureau. Dès qu'il passa la porte, il eut l'impression d'enfin respirer convenablement, comme si un poids s'ôtait de sa poitrine.

Putain. Ce gars est capable de tuer par sa simple présence ! Fit-il, à bout de souffle, comme s'il avait retenu sa respiration durant toute l'heure.

Il se précipita vers les cuisines de la division pour chercher leur petit plateau repas. C'était arrivé comme ça, sans qu'ils parviennent à se l'expliquer, ils avaient pris l'habitude de déjeuner ensemble presque chaque jour. Chaque jour en fait. À tel point qu'il faisait attention à prévenir son capitaine si d'aventure il devait manger avec ses potes ou ses officiers ailleurs. Et réciproquement. Un jour Renji avait entendu Kuchiki lui annoncer très calmement qu'il avait promis à Rukia de déjeuner avec elle ce jour-là, et qu'il ne serait pas à la capitainerie. Il avait hoché la tête et sourit en coin avec un « bien capitaine » à peine murmuré. Et donc, ils déjeunaient ensemble et il ne pouvait pas échapper à ce rituel. Tout en vérifiant qu'il n'avait rien oublié sur le plateau, Renji réalisa que, jusqu'à ce qu'il découvre son capitaine endormi et sympathique, c'était à l'heure des repas qu'il parvenait à établir les meilleurs rapports avec lui. Il inspira profondément et sourit au jeune homme qui lui tendait deux paires de baguettes.

« Tout va bien vice-capitaine ?

- Ouais, merci.

- Vous souhaitez autre chose ?

Il hocha la tête.

- Ouais, allez, rajoute un peu de riz. On a bossé dur ce matin.

Bien malgré lui, Renji ricana un peu en se souvenant de l'image de Kuchiki endormi sur son bureau, la bouche entrouverte et les cheveux décoiffés. Ça, c'est du boulot !

- Vice-capitaine ?

- Désolé, je pensais à un truc sympa. Merci pour le repas. Bonne journée les gars.

- Bonne journée vice-capitaine, répondirent les cuisiniers et commis qui travaillaient là. »


Dès que Renji était sorti de son bureau, Byakuya avait poussé un soupir de soulagement dont lui-même s'étonnait. Bon, d'accord, il avait été surpris en train de dormir par son subordonné mais il fallait considérer qu'il avait travaillé toute la nuit. Et là, tout de suite, la honte était moins grande. Mais en fait non, Byakuya ne pouvait pas faire passer la honte en se dissimulant derrière un tel prétexte. Et le pire c'est qu'il devait admettre que Renji n'était pas à blâmer pour cela, bien au contraire, il avait agi avec le détachement approprié à la situation. Et pas seulement à la situation, à lui, Byakuya Kuchiki, à son sens très personnel de l'honneur et des convenances. Renji avait agi comme jamais il n'aurait agi avec un autre. Byakuya inspira profondément. Je suppose que je dois simplement lui être reconnaissant de ne pas m'avoir plongé dans l'embarras, se dit-il avec un sentiment désagréable de devoir quelque chose à son subordonné.

Un léger coup frappé à la porte le tira de ces cogitations peu agréables.

« Oui ?

- Capitaine.

Une jeune femme entra, et Byakuya se souvint qu'elle officier dans sa division et qu'il l'avait déjà vue la veille. De là à se souvenir de son nom, il ne fallait pas pousser non plus.

Lieutenant Katsumi, monsieur. Je suis venue vous présenter les résultats de mes recherches sur l'attaque de Matsuri.

- Allez-y, fit Byakuya sans aucune illusion.

- Les archives sont muettes sur de tels événements, et je n'ai rien trouvé qui me permette de recouper des données à ce sujet.

Le capitaine hocha la tête. Oui, ça il le savait déjà.

- Cependant, j'ai trouvé une coïncidence troublante.

Sans attendre la réaction de son capitaine, elle poursuivit.

- Je me suis permise de recouper les données que collecte la treizième division sur l'activité de l'énergie spirituelle dans le monde des humains avec les circonstances de l'agression de Matsuri. Il apparaît qu'il s'est produit une perturbation de très grande ampleur dans les flux d'énergie spirituelle quelques minutes avant l'attaque de Matsuri et quelques minutes après. Entre les deux perturbations, l'équilibre spirituel a changé en faveur du monde des humains, pour ensuite revenir à la normale. La trace spirituelle du hollow a disparu, comme cela aurait eu lieu s'il avait été purifié par l'un des nôtres. Nous pouvons en conclure que...

- Qu'il a été purifié, merci officier.

Byakuya fixa la jeune femme dans les yeux. Elle tenta de ne pas rougir. Il faut dire aussi qu'elle n'avait pas l'habitude d'être fixée dans les yeux, habituellement, les gens commençaient par remarquer son opulente poitrine et sa taille de guêpe avant de chercher son visage. Et puis habituellement, le capitaine Kuchiki ne regardait pas ses hommes dans les yeux, il ne les regardait pas tout court, il les toisait.

- Excellente initiative.

Elle rougit carrément et puis toussota.

- Pour être honnête, c'est Renj... le vice-capitaine qui m'a conseillé de jeter un coup d'œil sur les relevés de reiatsu.

Byakuya fronça les sourcils. Vraiment ? Renji pouvait faire preuve d'une telle présence d'esprit ? Ça faisait déjà deux fois dans la même journée qu'il le surprenait. Trop peut-être pour celui qui était censé être le primate de sa division.

- Bien. Autre chose ? Fit-il d'un ton involontairement cassant.

- Heu... non capitaine. Je... »

Avant qu'elle ait pu articuler un mot de plus, la porte s'ouvrit à la volée derrière Katsumi.

« Chaud devant ! Ah Katsumi, t'es là.

La jeune femme se tourna vers Renji qui entrait, le bras chargé de son plateau, trop heureuse de se retrouver face à un interlocuteur à sa portée.

- J'ai fait ce que vous m'aviez demandé, et je suis venue présenter les résultats.

- Okay. Alors ?

- Vous aviez raison, il y a une très forte corrélation entre les flux d'énergie spirituelle et l'apparition de ces ennemis.

- Merci Katsumi. »

La jeune femme salua ses deux supérieur d'un geste un peu raide et sortit du bureau tandis que Renji plaçait le plateau sur la table basse, et installait les deux coussins qui leur servaient de sièges. Et bientôt, ils furent tous les deux à table, face à face,

séparés uniquement par une petite table en bois et des petits bols de riz et de légumes.

Rapidement, le silence pesant s'installa, un peu comme d'habitude, et tout aussi rapidement, Renji en eut marre de ne partager que des bruits de mastication avec son capitaine. Aussi lança-t-il la conversation aussi sérieusement qu'il le put.

« C'est intéressant cette histoire d'énergie spirituelle.

Même si personnellement j'y ai jamais rien pigé.

- Ces informations seront transmises à la douzième division pour analyse. Ce n'est plus de notre ressort.

- Ah ? »

Voilà, ça c'est fait. Tentative de conversation 1 : epic fail.

Il retourna à son bol de riz vinaigré et observait du coin de l'œil son capitaine qui plongeait ses baguettes dans le plat de légumes.

Seconde tentative.

« Et hem... capitaine ?

- Oui ?

- Vous allez bien ?

- Bien sûr. Qu'est-ce qui te fait dire que je ne vais pas bien ?

- Ben... vous étiez fatigué ce matin. »

Le regard meurtrier qui se posa sur lui l'incita fortement (et c'est un euphémisme, bien sûr vous avez deviné juste!) à ne pas en rajouter.

Tentative de conversation 2 : danger de mort.

« A ce sujet, reprit Byakuya, le capitaine Zaraki s'est montré mécontent de ta présence dans les locaux de sa division la nuit dernière.

- Je rendais juste visite à des potes.

- Je ne veux pas le savoir. On ne se loge pas dans une capitainerie sans en avertir le capitaine, c'est la moindre des courtoisies. Par ailleurs, tu as une chambre ici à notre capitainerie.

- Ouais, mais ici je suis seul, là-bas, y'a mes potes.

Byakuya eut un blanc et décida de traiter l'affaire comme un simple cas de discipline interne.

- Il n'est pas interdit aux officiers disposant de leur propre chambre de les occuper en étant accompagné. Dans les limites de ce qui peut porter atteinte à l'image de la division.

- Ouais, je sais, pas de prostituée.

- Renji !

- C'est bien ça que ça veut dire ?

- Entre autres.

- Qui seraient les autres ? »

Byakuya haussa les épaules et s'abstint de répondre, signifiant par là que la discussion était close. Renji eut un petit sourire. Y'a pas à dire, ça le changeait de leurs relations de travail qui étaient exécrables.

En fait, depuis leur combat contre Aizen et les Arrancars, l'atmosphère s'était même allégée il y avait eu un temps où Renji n'aurais même jamais utilisé le mot « prostituée » devant son capitaine. Après mûre réflexion, Renji était parvenu à la conclusion que prononcer le mot « prostitué » face à son supérieur, sans crainte de sa réaction (possiblement violente) constituait une espèce de succès en matière de relation.

Il servit le thé sans ajouter un mot. Le problème c'est que depuis qu'il avait réalisé que son capitaine n'était pas qu'un bloc de béton armée et puisqu'il n'avait rien de mieux à faire, il passait beaucoup de temps, beaucoup trop de temps, à s'interroger sur la manière de se comporter avec lui. Et le moins qu'il pouvait en dire, c'est que c'était plus facile lorsque Kuchiki était un bloc de béton armé.

Il tendit le bol de thé à son capitaine et soudain des coups résonnèrent à la porte Renji se releva brusquement pour ouvrir. Là, un messager de la première division lui tendit un pli cacheté avant de le saluer.

« Merci, murmura Renji. »

Il commença lentement à ouvrir le message, défaisant le papier à la main.

« Renji.

- Mmh, c'est adressé au commandement de la division, capitaine.

- Donne-moi cette lettre. »

Renji retourna s'asseoir et croisa le regard sévère de son capitaine. Il ne tendait pas la main pour prendre le papier, mais tout dans son attitude trahissait l'envie d'arracher la lettre des mains de son second. Ce dernier baissa les yeux et parcouru la lettre du regard, sans lire dans les détails. Il ne retint que l'essentiel : mission, terre, deux hommes de la sixième division. Il hocha la tête et puis tendit le message au capitaine qui l'attrapa d'un geste sec, sans regarder Renji en face.

« Une équipe sera envoyée sur terre pour repérer les voleurs de hollows, une autre guidera les opérations depuis le Seireitei. La mission est de repérer l'ennemi et de collecter des informations, ce n'est pas une mission offensive, il faut découvrir ce après quoi ils courent. Nous devons fournir deux hommes, un avec chaque équipe. »

Renji hocha la tête.

« Je me...

- Je t'interdis de te porter volontaire.

- Pardon ?

- Tu m'as parfaitement entendu, tu n'es pas volontaire, tu restes ici à gérer la division.

- Dois-je en déduire que vous participez à la mission ?

- Sur terre, oui.

- Capitaine...

- Il n'y a rien à discuter. »

Lentement, Renij hocha la tête et serra les poings. Ah oui, vraiment, on allait l'empêcher d'aller foutre le souk sur terre ? J'aimerais bien voir ça, se dit-il intérieurement. Rapidement, il entassa les bols et les tasses de leur repas et attrapa le plateau en se relevant. Byakuya fronça les sourcils devant une soumission aussi rapide, qui n'était pas vraiment le fort de son officie.

« Renji ?

- Oui capitaine ?

- Je t'interdis de te porter volontaire pour cette mission à mon insu.

- J'ai bien entendu capitaine. »

Byakuya inspira doucement. Normalement Renji ne désobéissait pas aux ordre directs. Normalement.

En sortant avec le plateau, Renji se tourna à demi.

« Capitaine, je vais continuer le travail d'entraînement avec les nouvelles recrues. Faites-moi appeler si vous avez besoin de moi. »

Le capitaine acquiesça sans un mot. Il avait rarement besoin de Renji. Tout au plus avait-il l'obligation professionnelle de le tenir occupé huit heures par jour.

Renji esquissa un sourire mauvais en sortant de la pièce. Parfois son capitaine était d'un naïf, ça faisait presque peine à voir. Comme s'il n'y avait pas mille et une façons de désobéir à un ordre direct sans en avoir l'air !


A SUIVRE...

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