Titre : La nuit où tout est permis
Pairing : AreKan
Genre : Drama
« Nul ne peut atteindre l'aube sans passer par le chemin de la nuit » de Khalil Gibran.
« Bonjour, j'ai entendu beaucoup de bien de votre père. C'était un homme d'une grande sagesse. Je suis désolée pour votre perte, mais il faut que vous sachiez que votre père n'est pas mort par accident. Si vous voulez savoir qui est le meurtrier de votre père, rejoignez-nous. Il était un membre important dans cette famille. Au revoir ». Il n'y avait qu'un numéro, pas de nom ni d'adresse. Est-ce qu'enfin, il allait savoir ce qui s'était passé pour de bon ?
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Tout avait commencé comme une blague de mauvais goût. C'était une soirée comme les autres. Une soirée banale, une fête banale, de l'alcool, de la musique, des voisins insupportables. Tout était parfait selon les dires des dernières personnes qui ont pu voir l'aube se lever. Elle était assise sur une chaise dans une salle d'interrogatoire. Elle était nerveuse, anxieuse. Tout autour d'elle tournait.
– Vous allez bien ?'' demanda un policier qui venait d'ouvrir la porte. Il était habillé tout en noir, il avait un dossier sous son bras gauche. Il referma la porte et s'assit à côté de son collègue.
– J… J'ai l'air bien'' dit-elle sarcastique tout en bégayant. Elle était horrible, elle avait un coquart, ses lèvres étaient enflées. Ses jambes étaient pleines de petites coupures alors que ses bras avaient les traces de couteaux.
– Excusez mon collègue'' la policière lui sourit avant de poursuivre,- nous allons vous poser quelques questions avant de nous intéresser à notre affaire'' elle hocha la tête,- je voudrais avoir votre nom ainsi que votre âge pour qu'on puisse vous identifiez.
– Je m'appelle Lenalee Lee, j'ai 24 ans. S'il vous plaît, ne dites pas à mon frère que j'ai bu de l'alcool'' elle cria les derniers mots.
– Calmez-vous jeune fille, vous savez que vous avez le droit de boire.
– Je sais… mais vous savez mon frère est un vrai maniaque du contrôle, il a ce qu'on appelle une adelphophilie effrénée communément appeler le sister complex et vous savez lorsqu'on est avec nos amis, on ne pense pas trop'' Lenalee respira un bon coup avant de reparler,- je n'aurais pas dû boire à cette soirée. J'étais tellement perdue lorsqu'ils étaient rentrés dans le manoir, j'étais tellement en colère que dès les premiers coups de feu, j'ai tenté de sauver ma vie au lieu de lui apporter secours. J'aurais pu le sauver…'' dit-elle en pleurant. Elle regrettait de ne pas avoir fait plus.
– C'est une réaction tout à fait compréhensible, madame Lee'' dit le policier en écrivant ce qu'elle disait. Il y avait une caméra qui enregistrait tout ce qu'ils disaient dans cette pièce.
– C'était mon petit ami même si on a eu une terrible dispute avant le drame » elle se reprit, elle sécha ses larmes, sa voix était rauque,- je lui ai dit des choses méchantes pour lui faire du mal. J'aurais aimé lui dire, je t'aime au lieu de lui dire je te hais » elle éclata d'un rire sec rempli d'amertume,- je suis désolée, je crois que mes nerfs commencent à lâcher.
– Ne vous excusez pas » dit la policière calmement en compatissant avec elle,- nous allons vous mettre quelques photos devant vous et vous allez identifier les personnes que vous connaissez.
Lenalee hocha la tête, elle ne voulait pas voir les corps étendus sans vie. Le policier posa six photos sur la table en direction du témoin. Elle regarda bien les images, elle reconnut quelques-uns. Ses sanglots étaient durs à supporter pour les deux policiers, mais ils devaient faire leur travail.
– C'est mon petit ami, Lavi Bookman et les autres » elle pointa la photo à gauche du corps sans vie du roux,- Road Kamelot. C'est la demi-sœur d'Allen Walker et Tyki Mikk, l'oncle de Road. Pour les trois autres, je ne sais pas qui ils sont » elle fit une pause pour reprendre ses larmes,- est-ce que vous avez trouvé Allen et Kanda. Ils étaient les seuls à sortir.
– On ne les a pas encore trouvés » Lenalee la coupa la parole.
– Peut-être qu'ils sont coincés dans cette immeuble, après tout, vous avez réussi à trouver des survivants après l'effondrement'' elle dit désespérément,- ce sont mes meilleurs amis. Mon dieu, je veux les revoir, je veux voir Lavi » elle perdait les pédales, elle le sentait. La pièce tournait, elle avait cette satanée migraine qui ne voulait pas la quitter. La policière lui tendit un verre d'eau qu'elle prit volontiers,- merci » sa voix était plus calme.
– Respirez si c'est trop dur, on peut faire une pause.
– J'ai l'air pathétique » murmura-t-elle,- non je veux continuer s'il y a encore une chance que Allen et Kanda soient en vie, je ferais tout en mon pouvoir pour vous aider.
– Merci » dit le policier,- vous êtes prête ?!
Elle hocha la tête. Elle devait se souvenir. Chaque détail était important mais se souvenir de ce qu'il s'était passé il y a une semaine était impossible pour elle. Elle avait trop bu et elle avait peur de dire des bêtises. Il y avait quelque chose en elle qui l'empêchait de voir la vérité peut-être le remord de ne pas avoir eu le courage de les aider ou peut-être de ne pas dire à Lavi un dernier je t'aime. Ce n'était pas possible : comment tout avait pu basculer en une fraction de seconde ? Elle regarda les deux policiers et commença le récit du terrible drame. Elle raconta depuis tout le début comment elle avait rencontré Lavi ainsi que les autres.
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La dernière fois que tout le monde s'était réuni, c'était le réveillon du Nouvel An. C'était aussi, il y a trois ans où elle avait rencontré l'homme de sa vie. Un coup de foudre sans saveur alors qu'elle apprenait que Lavi n'était pas célibataire. C'était un goût amer, rempli d'amertume. Il était devenu l'ami idéal, il aimait ce qu'elle aimait : les films fantastiques, les livres policiers, les chansons classiques. Lavi avait tout pour plaire, mais il était déjà pris mais pas pour longtemps. Après la rupture avec sa copine, leurs amis en communs avaient commencé à les pousser l'un vers l'autre et, au fil des semaines, l'idée fit son chemin. Il la comprenait et elle le comprenait, ils étaient faits l'un pour l'autre. Les débuts étaient magiques, d'autant plus qu'il s'agissait de sa première « vraie relation » : ils étaient tellement semblables, il était toujours là pour elle, et lui rendait bien des services. C'était une époque heureuse où elle aimait se voiler la face mais au grand jamais, elle n'aurait souhaité la mort de son pire ennemi.
Et cette soirée, elle était tellement contente d'y aller rejoindre ses amis. Elle avait eu vent de la relation que son ami Allen entretenait avec Kanda depuis des mois. C'était peine à y croire. C'était tellement irréaliste. Ces deux-là se disputaient pour un rien, chacun avait tort qu'importe la raison. Si un regard pouvait tuer, ils seraient morts depuis longtemps, mais elle était heureuse pour eux. Quand même, le couple qu'elle avait essayé à mainte reprise de mettre ensemble. Elle avait hâte de les voir à la fête de ce soir. Elle s'était réveillée assez tôt pour préparer ce qu'elle devait emmener, la soirée se déroulerait dans une grande maison appartenant à la famille Noah qui était la famille adoptive d'Allen Walker. Elle avait acheté une robe magnifique multicolore : le haut du corps c'était un jaune vif avec une veste noire, en bas un bleu marine avec des petits pois blancs accompagner dès chaussures noires.
Elle sursauta en entendant la sonnette de la maison. Elle sortit de sa chambre, à mesure qu'elle avançait, elle entendait deux personnes criées l'une envers l'autre et un bruit assourdissant la fit courir. Elle ouvrit en trombe pour voir Allen et Kanda prêt à s'entre tuer. Comment ils avaient fini ensemble ? Le mystère de la vie. Au coin de l'œil, elle remarqua des hématomes violets sur le cou du brun ainsi qu'à son visage droit. Le japonais la regarda en remettant son écharpe en place et en couvrant la partie droite.
Elle ne savait quoi penser, c'était peut-être des disputes qui avaient mal tourné.
– K… Kanda » elle le regarda mais le regard meurtrier de son ami la fit taire.
– Salut, Lenalee » dit Allen joyeusement en la prenant dans ses bras,- tu nous as manqué durant cette semaine.
– Allez, rentrez » elle les laissa passer,- comment c'était votre semaine de vacances ?'' elle demanda en les invitant à s'asseoir. Dehors, la neige couvrait les maisons d'un voile blanche.
– C'était merveilleux. Il faisait chaud en Argentine, j'ai envie d'y retourner » dit le blandin en boudant. Elle sourit,- mais vous nous manquiez trop, pas vrai Kanda » assura Allen en regardant son amant tout en souriant, il y avait juste un "Tch" qui résonna dans le salon de la famille Lee,- tu vois.
– Oh vous deux, toujours aussi têtu et amoureux » dit-elle en sachant pertinemment que Kanda allait râler.
– Comme le premier jour » dit Allen en prenant la main de son amant,- je suis toujours aussi fou de lui » sa voix avait baissé d'un cran, c'était plus cynique, plus sombre. Kanda lui jeta un regard miroité avant de repousser sa main.
– Moyashi » murmura sombrement le brun.
– Ok » dit Lenalee pour les calmer un peu,- quelqu'un veut quelque chose à boire ?
– Volontiers, un thé s'il te plaît » dit Allen en regardant dans son sac.
– Tu veux toi aussi, Kanda » demanda la brune poliment.
– Non, merci…
– Yuu, c'est pas poli de refuser un thé aussi délicieux que celui de Lenalee. Tu fais un thé délicieux, ma chère amie » dit-il en la charmant, la brune rougissait. Elle aimait être complimentée même si c'était pour un malheureux thé,- fais le lui aussi.
– Hey, j'ai mon mot à dire non…'' se renfrogna le brun en maudissant le maudit de tous les noms.
– Apparemment non » murmura Allen en retrouvant ce qu'il cherchait,-tiens Lenalee un petit cadeau pour toi.
– Il ne fallait pas » elle tendit la main et se retrouva avec des petites babioles magnifique,- c'est ravissant.
– Merci, j'ai un autre cadeau pour toi mais dans la précipitation, je l'ai oublié chez nous » dit-il en s'excusant.
– Ce n'est pas grave, demain tu me le donneras.
Il hocha la tête, Lenalee partit dans la cuisine pour faire du thé. Elle mit de l'eau à bouillir, prit trois tasses qu'elle mit sur un plateau ainsi quelques biscuits et attendit que l'eau se chauffe. Côté salon, elle entendait mal la discussion que les deux amants se livraient. Ces deux-là étaient comme chien et chat, c'était quasi impossible de les voire sans une minute à essayer de s'entre-tuer. La voix d'Allen lui fit froid dans le dos, c'était glacial, cynique, effrayant. « C'est pas bien d'écouter au porte, ma chère Lenalee » dit sa conscience, mais elle n'écouta pas.
Elle colla son oreille droite sur la porte, elle entendait mal. C'était des murmures. Des brides de phrases chuchotés par peur d'être entendu.
– Tu me fais mal » la voix du brun était endolorie.
– Désolé, je n'ai pas voulu » dit le blandin mais Lenalee n'entendit pas la suite, c'était comme si Allen s'était rapproché de Kanda pour lui murmurer à l'oreille.
Elle ne savait pas ce qui se passait, mais elle avait un mauvais pressentiment vis-à-vis des deux. C'était comme de l'eau qui dormait et qui une fois réveillée, ça fera des dégâts.
– On va bientôt rentrer » la voix douce d'Allen fit tiquer quelque chose en elle mais ne savait pas pourquoi. Elle se reprit et est allé regarder si l'eau était chaude. Elle prépara le thé qu'elle versa sur les tasses. Elle renversa par terre en entendant un cri d'horreur venant du salon. Elle se précipita et trouva, le front ensanglantait du blandin. Kanda se tenait à côté de lui essayant d'arrêter le saignement. Elle se précipita dans la salle de bain pour trouver la trousse de secours.
– Je s… suis désolé » elle entendit la voix du brun en revenant sur ses pas. Elle ouvrit et sortit quelques bandages ainsi de quoi arrêter le saignement.
– Vous faites un tout pour rien, je vais bien » dit Allen en souriant,- si Lavi était là, le pauvre, il aurait fait un crise cardiaque à la vue de tout ce sang.
Lenalee étouffa son rire :
– Ce n'est pas drôle » dit-elle,- mais, il se serait sans doute évanoui » termina la brune en rigolant avec Allen sauf Kanda qui ne partageait pas leur enthousiasme. Il termina de nettoyer le front de son amant,- qu'est-ce que ? Toi aussi, tu t'es fait mal, Kanda'' observa la brune.
– Ce n'est rien » sa lèvre était en sang, il se leva en aidant le blandin. Il regarda Allen qui comprit tout de suite. Ils n'avaient pas besoin de se parler, ils se comprenaient tous les deux.
– On va rentrer » dit Allen.
– Et le thé » elle était un peu déçue, elle voulait un peu de compagnie. Son frère travaillait jusqu'à tard. Elle espérait juste qu'il allait arriver à l'heure pour qu'il puisse l'accompagner au réveillon du nouvel an.
– Pour une prochaine fois » Allen lui sourit en la prenant dans ses bras,- désolé, je t'ai tâché.
– Ce n'est rien, on se voit ce soir.
– Oui, on va y aller aussi » dit-il sarcastique,- après tout c'est ma maison.
Lenalee sourit par tant de bêtise venant de son ami de long date.
– Au revoir, Kanda.
– Au revoir…''dit le brun en sortant de la maison.
– Mon amour soit un peu plus poli » dit Allen et il reçut immédiatement un coup sur la tête,- aieuh…'' se plaignit-il les larmes aux yeux, il vit Kanda partir désespéré,- mais K… Kanda attend moi » cria-t-il,- à plus Lenalee » il fit un dernier au revoir tout en courant pour rattraper le brun. Lenalee les regarda partir. Ces deux-là étaient vraiment faits pour être ensemble. En y pensant, ils n'ont jamais voulu raconter leur premier rencontre.
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La nuit était tombée. Elle posa la carte de vœu que sa famille avait reçu de la famille Noah. Ses parents ne pouvaient pas venir, ils étaient déjà partis pour le passer dans leur pays d'origine. Son frère allait le passer avec elle. Elle mit sa robe. Sa coiffure était des plus simples, elle s'était bouclé les cheveux.
– Lenalee, tu es prête » dit son frère en frappant dans sa chambre.
– Oui » elle ouvrit,- tu as mis les petits fours ainsi que les plats dans le coffret de la voiture.
– Oui,
– Parce que je n'ai pas envie de revivre le réveillon de l'an passé'' elle dit en prenant sa veste ainsi que son sac à main. Komui rigola un peu.
– Ce n'était pas si catastrophique…
– On va prendre Lavi en chemin » elle dit en fermant la porte de la maison.
– Je l'avais complètement oublié. Il peut aller à pied » dit Komui morose.
– Grand frère, on a déjà parlé de ça. Lavi est mon petit ami que cela te plaise ou non.
– Lenalee » pleurnicha Komui outré du comportement de sa sœur,- j'ai juste envie de te protéger. C'est un vrai pervers, tu ne le vois même pas.
– Nissan » cria-t-elle en japonais,- tu es un vrai gamin. Si tu vas créer un scandale, tu peux appeler quelqu'un pour qu'il te ramène à cette fête.
– T'es méchante, ma Lenalee est méchante avec son grand frère » dit-il en pleurant tout en la suivant. Elle soupira en rentrant dans la voiture, côté conducteur. Son frère était un vrai drama queen. Elle mit le contacte et démarra en écoutant son frère dire des absurdités sur son petit ami. Elle arriva en avance chez Lavi, elle sonna à la porte attendit plusieurs minutes. Il n'était pas parti sans elle quand même. Elle allait lui faire sa fête si c'était le cas.
Son frère était resté dans la voiture pour ne pas faire un scandale mais c'était peu probable. À peine, Lavi avait ouvert la porte, qu'il commença à lui jeter des regards de la mort. Lenalee soupira, ils allaient le rendre dingue. C'était une guerre sans fin avec ces deux-là. Elle avait l'impression d'avoir deux gamins sous les mains.
– Bonsoir, ma chérie » dit le roux en le prenant dans ses bras.
– Qu'est-ce qui t'as pris aussi longtemps pour ne pas ouvrir la porte ?'' murmura-t-elle mécontente.
– J'étais sous la douche…
– Mais t'es habillé'' elle dit en levant les yeux au ciel. C'était une bonne blague. « Aller, Lenalee, tu peux y arriver. Ne lui crie pas dessus, ne lui crie pas dessus » pensa-t-elle comme un mantra,- bon, on n'y va.
– Bien sûr, je vais juste prendre ma veste et je reviens » dit Lavi en retournant dans la maison. Elle attendit au pas de la porte, elle n'avait pas envie de rentrer pour rien. Un bruit la fit froncer les sourcils.
– Lavi…'' elle dit en rentrant mais fut coupé par le roux.
– Je suis là…
– J'ai entendu une voix.
– Il n'y a que moi ici » dit-il en essayant d'esquiver la conversation,- on n'y va. On va être en retard.
– Oui, tu as raison.
Ils rentrèrent tous les deux la voiture et elle démarra.
– Lavi » dit Komui stone.
– Komui » dit le roux en souriant.
Il faisait froid depuis quelques jours. La neige ne cessait de tomber mais c'était quand même beau de pouvoir admirer le paysage blanc qui traversait son regard. Elle était calme. En jetant un coup d'œil dans le rétroviseur, elle vit une voiture noire qui la suivait depuis le début mais cela ne voulait forcément rien dire. La route était pour tout le monde, elle vit le clignotant gauche de la voiture qui la dépassa. C'était juste une coïncidence.
Elle était un peu paranoïaque de naissance, elle ne pouvait rien y faire. Elle se méfiait de tout le monde. La brune suspectait les autres de mauvaises intentions à son égard. Elle s'attendait à tout moment, sans raisons suffisantes, à ce que les autres l'exploitent, lui nuisent ou la trompent. Elle restait toujours sur ses gardes et se montrait très attentif à ce qui se passait autour d'elle, elle était suspicieuse. Elle avait cette réticence à se confier à autrui, car elle craignait que l'information ne soit utilisée contre elle.
Ce n'était pas une façon de vivre mais depuis que sa ex-meilleure amie l'avait trompé, manipulé. Elle ne pouvait plus. Elle mettait en doute la loyauté et la fidélité des autres, même de ses proches : de la même façon, elle était souvent jalouse et mettait en doute de manière répétée et sans justification la fidélité de son petit ami. Elle devait travailler sur elle-même, elle voyait un psychologue pour l'aider, mais sa paranoïa lui gâchait sa vie. Il suffisait juste d'un soupçon de tromperie qu'elle faisait des recherches activement sans tenir compte de la situation.
Même si sa chère psychologue lui disait que c'était dans sa tête, elle n'était pas folle. Non la folie, lui faisait compagnie. C'était une bonne amie qui lui permettait de rester encré au sol sans pour autant perdre la raison. Elle savait que quelque chose était en train de se passer. Depuis deux mois, Lavi était distant. Elle savait au fond d'elle qu'il avait fait une connerie, elle devait juste trouver cette preuve. Comme pour tout à l'heure avec la voiture, elle avait eu l'impression d'être suivi, mais elle savait pertinemment que c'était juste son imagination. C'était comme apercevoir des attaques contre sa personne.
Elle ne pardonnerait jamais le roux si elle découvrait qu'il l'avait trompé. C'était l'ultime humiliation. Elle ne pouvait pas pardonner d'être blessée, insultée ou dédaignée. Sa réputation prendra un coup. Elle voulait juste vivre une aventure amoureuse. Elle ne voulait pas être brisée en mille morceaux, c'était hors de question. Elle gara la voiture à côtés des autres.
– Ça va, Lenalee ?'' dit Lavi en fermant la porte.
– Oui, ne t'inquiète pas, je vais bien » elle lui sourit et l'embrassa, mais son petit ami l'esquiva. Ce n'était pas son imagination, pas vrai, elle se faisait des idées.
– Je pourrais avoir un coup de main » cria son frère à l'arrière de la voiture, le coffre était ouvert. Ils étaient partis l'aider après qu'elle est fermée la porte brusquement. D'ici, elle entendait déjà de la musique. Elle allait s'éclater comme jamais et oublier ses petits soucis et oublier que son connard de petit ami le trompait. Elle était venue ici plusieurs fois pour l'anniversaire de son ami Allen. Le manoir n'avait pas changé depuis tout ce temps. Cette famille était la plus riche d'Angleterre.
C'était une bâtisse située en pleine campagne. Allen lui avait raconté qu'en 1702, Noah avait engagé des maîtres maçons pour construire la maison et des sculpteurs pour les statues. Les anneaux d'amarrage de gondoles décoratifs, quoique ridicules, que l'on pouvait voir sculptés dans la pierre sur les murs extérieurs en était la preuve, tout comme l'étaient d'autres éléments architecturaux. On pouvait également constater une trace évidente de l'influence française et néerlandaise.
Le manoir était composé d'un grand hall au centre, entouré de quatre tours. Malheureusement, un feu endommagea la décoration intérieure de certaines pièces situées au rez-de-chaussée qui fut réparé des années après la galerie de la salle principale se trouvaient la plus ancienne horloge du monde. Le plus magnifique selon elle, était ses peintures sur les plafonds ainsi que sur les murs. Juste au-dessus de la salle principale se trouve une « salle d'observation », qui offrait de vastes vues sur le parc. En dessous se trouvait de nombreuses caves, des passages et un puits auquel s'ajoutait une cuve.
Le parc était vraiment remarquable, entouré d'un mur de briques rouges de 11 km. Même si maintenant, la nature hibernait, en printemps, c'était un vrai paradis. Elle eut un sourire lorsqu'elle se rappela du jour où Allen avait fait comme cadeau à son amant, un champ rempli de fleur de lotus. C'était ce qui avait émut Kanda. Il ne s'attendait pas à ça, le jour de son anniversaire. C'était le cadeau parfait. Allen était quelqu'un de vraiment attentionné même si elle avait remarqué qu'il était obsédé par son amant.
Elle monta les escaliers, des gens sortaient et rentraient avec des verres ou des bouteilles d'alcool. C'était le nouvel an, tout le monde se lâchait. Elle tangua un peu lorsqu'un garçon était parti en courant. Elle gémit, au moins, elle n'avait pas renversé le plateau rempli de petits fours qu'Allen avait expressément demandé. Il était fou amoureux de cette nourriture. Il pouvait manger beaucoup qu'elle se demandait comment il pouvait garder encore la ligne. Il était toujours aussi sexy. « Fichu Métabolisme » pensa-t-elle en rentrant.
Lavi lui prit le plateau des mains pour aller le mettre dans la cuisine avec son frère, elle espérait juste qu'ils ne s'entre-tuent pas avant minuit. C'était beau d'espérer. Elle rentra dans la grande salle. Elle n'avait pas de mot, c'était vraiment sublime. Tout était en noir et blanc, les tables étaient rondes : les nappes étaient toutes noires avec une touche de dorée qui faisait contraste à merveille. Les chaises étaient de couleur crème. La brune avait l'impression d'être dans une partie d'échec.
– Salut, Lenalee » dit quelqu'un, elle se retourna pour se trouver nez-à-nez avec Miranda.
– Bonsoir, comment tu vas ?
– Je vais bien, ça fait longtemps qu'on ne sait pas vu » continua Miranda.
– Malheureusement, je crois que tout le monde se voit lorsqu'il y a des grands fêtes. C'était dommage que tu n'étais pas là pour noël.
– Moi aussi » dit-elle maladroitement,- jolie ta couleur de cheveux » elle changea de sujet.
– Merci, ce vert me va parfaitement. C'était sûr un coup de tête mais c'est vraiment ravissant. Tu es sublime dans cette robe Miranda » dit Lenalee. Miranda portait une combinaison noire, avec un collier et un bracelet doré. Des chaussures rouges et ses cheveux étaient lâchés.
– Toi aussi'' elles continuèrent à parler jusqu'à l'arriver du petit ami de Miranda.
– Alors, Lenalee…
– Marie » dit-elle en lui sautant dans les bras. C'était le demi-frère de Kanda. Elle s'entendait super bien avec lui,- tu es élégant.
– Comme toi, alors où sont passé les autres ?
– Je n'ai pas encore vu ton frère ni Allen. J'ai l'impression d'être toute seule. Lavi a disparu, je ne sais où ! Mon frère, j'en suis sûre qu'il prépare quelque chose qui va me mettre en colère mais sinon tout va bien.
Ils se regardèrent et éclatèrent de rire :
– Ça m'avait manqué » dit Marie avant de continuer,- on va danser en attendant.
– Bonne idée » dit la brune en accompagnant le couple. La musique était à fond, les gens se déchaînaient. Elle commença à danser, elle voulait s'immerger pour ne plus penser. Son corps suivait le son. Le rythme était rapide, elle dansait comme si elle était possédée. Ses pas étaient précis, rapides, sensuels. Elle voulait tout donner. Un corps se colla contre elle. Elle connaissait ce parfum. Comment pourrait-elle oublier ? C'était une tentation qu'elle n'aurait pas aimé amener jusqu'au bout, mais elle ne faisait qu'un avec cette personne.
– Toujours aussi, belle » une voix sensuelle murmura sur son oreille alors que son corps se mouvait plus lentement. Elle savait qu'elle aurait dû le repousser mais c'était juste une danse innocente, rien de plus rien de moins et puis, cette personne la faisait oublier le roux. Elle voulait juste s'éclater et boire jusqu'à oublier son nom.
– Et toi, toujours aussi beau parleur » dit-elle en se retournant vers lui. Ses mains enlacèrent le cou de l'autre danseur. Elle lui sourit.
– Vas-tu encore me repousser ?'' dit-il amusé.
– Hélas, tu ne lâches jamais rien, pas vrai » elle posa sa tête sur son épaule,- tu ne sais pas ce que ça veut dire non !
– Non ma chère, Lenalee''dit-il en la faisant tourner,- je ne perds jamais espoir que tu quittes un jour, Lavi.
– N'y compte même pas…''elle le lâcha lorsque la musique changea de rythme,- en tout cas merci pour cette danse.
– Je n'allais pas laisser une si jolie femme seule sur la piste de danse. Ton petit ami ne sait pas ce qu'il rate » dit-il sérieusement sous le regard amuser de la brune. Elle lui fit au revoir de la main.
– Je pensais que vous alliez jamais venir » dit Lenalee en prenant ses deux amis dans ses bras.
– Moi aussi mais notre voiture est tombée en panne au beau milieu de la route'' dit Allen en sirotant son verre de whisky,- on a essayé d'appeler un dépanneur, mais nos portables ne captaient pas, heureusement, qu'il y a une femme qui nous a pris en stop.
– Si tu m'avais écouté pendant le trajet lorsque je t'ai dit de mettre de l'essence'' dit Kanda en le grondant,- mais non, monsieur était dans ses pensées en imaginant quand il allait pouvoir manger'' il termina en frappant Allen qui souriait comme un idiot.
– Yuu, c'est plus fort que moi, tu ne me comprends pas » dit-il excédé.
– Ne me fais pas un baka usagi » dit Kanda en contrôlant sa voix. Il avait juste envie de le prendre par le cou et de le jeter en bas des escaliers. Un étage n'allait rien faire, pas vrai.
– Attends, baKanda » dit Allen en prenant sa main droite pour le pousser vers lui,- c'est aussi de ta faute si monsieur n'avait pas eu l'envie soudaine de vouloir méditer, je ne sais où ?
– Mais j'en pouvais plus de t…'' il fut coupé par le baiser de son amant. Celui-ci le serra fort dans ses bras pour ne pas recevoir un coup. Il avait l'habitude. Kanda le repoussa en fulminant. Allen avait l'impression de voir de la fumée sortir de ses oreilles mais ses joues étaient rouges, tellement mignon » pensa-t-il.
– En tout cas, vous êtes beau tous les deux » dit Lenalee pour couper court à leur engueulade. Allen était habillait en noir et blanc tandis que le brun était tout en noir. Ils étaient très beaux et assorti.
– Merci, Lenalee » dit Allen tout en continuant, il reprit la main de son amant qui essayait par tous les moyens de la retirer,- on va descendre dans la salle de réception, je crois qu'il y a un jeu.
– Après c'est moi qui n'écoute pas'' murmura le brun en colère.
– T'as dit quoi, baKanda » dit Allen en descendant les escaliers tout en obligeant son amant à le suivre.
– Rien Moyashi…
« Ok, c'est reparti » pensa la brune en soupirant. Ils n'allaient pas changer du jour au lendemain ces deux-là. La musique s'arrêta lorsque le Comte millénaire prit la parole en annonçant que tout le monde devait rejoindre la salle de réception. Elle ne comprenait toujours pas comment le chef de cette maison pouvait s'appeler comme ça. Il fallait être riche à ce qui paraît. Un ego démesuré, tu veux dire » dit sa conscience.
– Bienvenue dans notre demeure comme chaque année, vous savez qu'il y a toujours un jeu et cette fois » dit-il amusé,- c'est le jeu Alice aux pays des merveilles,'' la salle toute entière fut couverte par les voix joyeuses des personnes qui avaient hâte de commencer,- il y a des petits cadeaux qui sont cachés dans la maison ainsi que dans le jardin donc si tout le monde a respecté les critères en ramenant des cadeaux pas chers, amusants, pas forcément utiles et unisexe, il y a deux semaines de cela'' il fit une pause avant de reprendre la parole,- pour gagner un cadeau, il faut jouer à des jeux que ma famille a organisé pour vous jusqu'à minuit. Il y a le Karaoké et le jeu de rôle pour essayer de trouver des indices.
– L'année dernière j'ai eu que deux malheureux cadeaux''dit Lenalee alors que le Comte continua à parler,- cette fois-ci, je suis bien préparée.
– Et moi » dit le blandin,- cette année, je crois qu'il y a un gros cadeau pour celui qui le trouve.
– T'es sûr que tu ne fais pas parti de cette famille » dit Kanda en le regardant.
– Pourquoi tu dis ça ?
– Tch » dit le brun en réécoutant le Comte.
– Alors pour le jeu de rôle, il y a des petites fiches qui sont dans ce saladier » dit-il en les montrant,- ses cartes décrivent chacune des traits de caractères. Vous allez tirer au sort et vous allez rester avec votre trait de caractère jusqu'à ce que minuit ne sonne et ceux qui auront réussi aura une belle surprise'' termina le Comte.
– On se retrouve, je vais juste chercher mon billet » dit Lenalee.
La musique se reprit, chacun allait où ils étaient le plus fort. Lenalee était parti directement au Karaoké tandis qu'Allen poussait le brun qui avait envie de tuer cette femme qui avait renversé son verre de vin sûr lui dans la précipitation.
– Qu'est-ce que ?'' demanda Kanda en voyant son amant revenir après qu'il y est pioché dans le saladier, il le tendit une carte,- je n'ai pas.
– Haha, tu connais les règles.
– Va te faire voir » dit Kanda en le frappant pour avoir choisi pour lui. Allen lui sourit en ouvrant sa carte, le brun fit de même. Il pâlit. C'était pas vrai, c'était une blague.
– Alors, Kanda. Dis-moi qui tu es ?
– Plutôt mourir…
Allen s'approcha de lui avec un regard de prédateur. Il le prit dans ses bras :
– Tu sais que tu es mignon comme ça…
Il allait le tuer, mais il ne pouvait pas, il devait respecter les règles. Fichu réveillon » pensa-t-il alors que Lenalee était revenu depuis longtemps. Elle aussi voulait savoir leur personnage, mais elle devait attendre ou peut-être le découvrir jusqu'à minuit.
– Alors, les gars, vous êtes prêt » dit Lenalee.
– Oui » dit Allen toujours en tenant le brun dans ses bras,- il est où Lavi ?
– C'est vrai, il est passé où ce crétin » dit aussi Kanda.
– J'en sais rien.
– Est-ce que ça va entre vous deux ?'' demanda Allen concerné.
– Oui ne t'inquiète pas'' elle s'efforça à rester calme. Elle ne voulait pas imaginer son petit ami avec quelqu'un d'autre.
– Bon on n'y va » dit le brun en n'en pouvant plus. Ce trait de caractère allait le tuer.
– Kanda soit un peu plus gentil.
– Ce n'est rien, il faut que j'aille récolter quelques informations.
– Nous aussi'' dit le maudit en le souriant,- on se retrouve pour le dîner.
– Oui, c'est une bonne idée.
Lenalee les laissa, elle partit dans la salle de karaoké pour aller chercher des indices. Elle chantait faux, elle savait, mais elle avait envie d'avoir beaucoup de cadeau. Elle était repartie en montant les escaliers. Elle a eu un indice très maigre mais comme elle connaissait déjà cette maison. Ce n'était pas très difficile de comprendre. Il trouvait son cadeau dans la chambre de l'oncle de Road.
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– Euh…'' elle se bloqua, elle ne voulait pas revivre cette soirée.
– Vous allez bien madame, Lee'' dit la policière.
– Est-ce que je suis obligée de tout raconter même s'il n'y a aucun rapport avec le massacre ?!
– Oui, tout détail est très précieux.
Elle soupira avant de reprendre, elle ne voulait pas paraître froide mais c'était impossible à ce moment.
– Comme je vous ai dis, je suis allée dans la chambre'' elle prit une longue respiration avant de dire ces mots qui lui arrachaient le cœur même maintenant,- j'étais tellement contente d'avoir trouvé le premier cadeau que je n'étais pas préparée à ce que j'allais voir. J'ai vu mon petit ami avec Tyki en plein ébat amoureux. J'étais paralysée parce que j'avais raison, Lavi me trompait et je les vois encore en train de se payer ma tête lorsqu'ils restaient seuls dans la maison de son grand-père'' ses larmes coulaient, elle n'avait que faire pour le moment,- Je me suis sentie trahi, sali et par-dessous tout brisé. Je n'ai jamais ressenti autant d'h…'' elle s'arrêta d'un coup de parler, qu'est-ce qu'elle racontait ? Elle devait se reprendre et dire l'essentiel, c'était ce que les deux policiers voulaient entendre,- désolée, j… je suis partie en courant alors que j'entendais Lavi crier après moi. J'étais perdue et en colère que je n'avais pas remarquée les premiers coups de feu. Les gens criaient, je vois encore cet homme qui a été piétiné par la foule qui voulait s'enfuir loin du danger. Je me suis cachée alors que les coups de feu pleuvaient. Il y avait tellement de sang et à ce moment, je ne pensais qu'à moi et à ma survie.
Lenalee les regarda en essuyant ses larmes :
– Je n'ai pas pensé à mes amis qui étaient en bas en train de se cacher ou déjà peut-être mort. Je n'ai même pas pensée à mon frère, je pensais qu'à moi. J'ai tellement honte.
– Non, vous ne l'êtes pas. C'est très compréhensible. Vous avez eu peur pour votre vie. Votre instinct vous l'a dicté'' dit le policier,- et puis qu'est-ce que vous pouvez faire ? Ils étaient armés et vous, rien du tout.
– Je suis qu'une égoïste.
– Même si c'est horrible à entendre pour vous, votre égoïsme vous a sauvé'' continua la policière,- il y a des gens qui ont fait bien pire pour survivre.
La policière savait qu'elle ne devait pas s'entremêler des affaires des autres ni donner d'avis mais voir cette jeune femme si brisé lui faisait mal au cœur mais en même temps son instinct lui dictait qu'il y avait un élément qui l'échappait.
– Qu'est-ce que vous pouvez nous dire d'autre ?'' continua le policier.
– Pour tout vous dire je ne sais pas ce qui c'est passé, comment je me suis trouvée dehors saine et sauve. J'ai encore dû mal à l'expliquer, mais je vois encore ces cadavres sans vie alors que j'essayais de sortir de cette maison.
Les deux policiers se concertèrent avant que l'un deux ne reprit la parole :
– Merci encore pour votre témoignage.
– Si je peux encore aider, vous pouvez…
– Merci, vous avez asses fait. Encore merci » dit la policière en se levant pour la guider en dehors de la salle. Elle revint,- il y a quelque chose qui nous échappe. Est-ce qu'on a encore d'autres témoins ?
– Oui, il y a deux témoins qui ont vu les ravisseurs prendre la salle en otages. Nous allons les interrogés » dit le policier.
– Cette journée n'en finit pas. On a encore aucun indice sur cette fusillade qui pourra nous ramener aux meurtriers.
– Je sais mais notre boulot est de le trouver » il sourit, un autre témoin rentra dans la salle,- vous êtes Chaoji Han.
– Oui'' dit-il en s'asseyant. Il grimaça de douleur. Son épaule droite lui faisait encore mal et son visage était gonflé.
– Quand vous êtes prêt, vous pouvez commencer » dit la policière en lui souriant pour le réconforter. Elle savait que ce n'était pas très facile.
– Au début, je ne devais même pas aller à ce réveillon, mais mon amie Rohfa m'a obligé, car son grand amour était à cette fête comme chaque année. J…'' il fut coupé par le policer qui lui demanda plus de détails,- oh c'est d'Allen Walker, mais il était déjà avec Kanda Yuu » dit Chaoji le sourire aux lèvres surtout en prononçant le nom du brun. Il commença à raconter.
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Sa voix était enrouée, ses pieds lui faisaient mal. Il n'avait pas encore réussi à trouver un seul indice. Ses amis l'obligeaient à rester. C'était des démons. Il n'en pouvait plus alors que Rohfa, Shifu étaient dans le jardin en train de trouver les cadeaux. Pauvre de lui, il n'était pas doué pour la chasse au trésor, mais il faisait de son mieux. Il arriva enfin à trouver ce qu'il était venu chercher. Cette famille était vraiment dingue. Il vit Kanda en train de monter les escaliers avec un cadeau dans les mains. Chaoji avait l'impression qu'un seul pas, le brun allait tomber. Il se précipita pour aller l'aider. Kanda sentait l'alcool. Ses joues étaient rouges. Le japonais ne le repoussa pas, il était éméché qu'il n'arrivait pas à mettre un pas sans tanguer. C'était bizarre qu'Allen n'était pas là, pensa Chaoji. D'habitude, Kanda n'était jamais tout seul, il était toujours accompagné du blandin. Il ne comprenait pas l'amour que le brun portait à ce dernier.
Chaoji savait que l'amour était un sentiment merveilleux, qui permettait à deux personnes de ne faire qu'une. Mais, pour certains comme Allen, l'amour devenait une obsession. Il l'avait bien observé. Cette façon de contrôler les faits et gestes de Kanda. Être constamment à ses côtés. C'était crée un désir maniaque de le posséder. Il avait même pu observer les moyens que le maudit utilisait pour le suivre à la trace. Il était un bon observateur, leurs amis ne se rendaient même pas compte du jeu dangereux que ces deux-là jouaient.
Kanda n'avait même pas la force de le repousser tant que sa tête lui faisait mal. Allen l'avait obligé à boire. Il ne se rappelait même plus pourquoi il avait fait ça. Peut-être une menace par rapport à quelque chose qu'il tenait temps. Il ne savait pas s'il devait avoir peur de ce côté contrôleur de son amant. Il l'avait vu mainte fois faire des choses horribles juste pour le mettre en sûreté. Le brun ne savait pas quand il avait commencé à laisser le contrôle à son compagnon. Penser à ça, lui faisait mal au crâne. C'était un miracle que cet abruti l'avait laissé seul pour quelques instants pour aller chercher d'autres indices. Il mit une main sur la bouche.
– Ça va, Kanda » dit Chaoji.
– Vomir » c'était la seule phrase qu'il arriva à dire. Son corps était lourd, il avait l'impression de gravir une montagne tant que les pièces tournaient autour de lui. Ils arrivèrent enfin dans la salle de bain. Chaoji l'aida en lui tenant les cheveux. Kanda allait le tuer, pourquoi il l'avait écouté ? Il n'arrivait même plus à penser correctement et la main posée sur son dos prenait un virage dangereux. Il n'avait pas la force de le repousser ou de lui crier dessus.
Chaoji sentit son cœur s'emballer comme à chaque fois en présence du brun. Ses mains moites tremblaient par appréhension. Il a eu le coup de foudre brutal pour cet homme, c'était sans appel. C'était l'amour fou au premier regard en sachant pertinemment avec qui le brun était. Il ne pouvait se résoudre à ne pas tenter sa chance. Il avait appris le mot détester à le savourer pour mieux vomir. Allen avait ce qu'il ne pouvait pas avoir. Depuis qu'il avait posé les yeux sur le japonais, il ne vivait, ne respirait que pour lui. Chaoji savait, qu'il n'existait pas de carte indiquant l'endroit où se cachait son âme sœur, car le but était de justement la trouver quand on s'y attendait le moins. Il plaqua Kanda contre le mur. Celui-ci gémi de douleur.
– Dégage » menaça le brun en tentant de ne pas sombrer dans le vide. Sa vision se broyait de plus en plus. Rien n'était égale à son malheur. Il frappa Chaoji mais celui-ci ne recula pas. Comment pouvait-il ? Kanda n'avait même pas de force alors que l'alcool le faisait planer comme jamais.
– Je ne peux pas'' dit Chaoji sinistrement,- j'arrive pas. Enfin, je t'ai pour moi pour quelques minutes, je ne vais pas laisser passer cette chance.
Il se cala au brun qui arriva enfin à lui mettre un coup de tête. Ce n'était pas une bonne idée mais qu'est-ce qu'il pouvait faire de plus ? Il n'allait pas laisser un gamin prendre le dessus. Kanda perdit l'équilibre lorsque son ravisseur le gifla fortement. Il sentit comme si sa lèvre était déchirée.
– Connard…''cria le brun, ce n'était pas dans ces habitudes de dire ce genre de mots mais pour l'instant, il pouvait se le permette. Chaoji prit ses deux mains et les ramena au-dessus de sa tête. Il n'y avait que ce corps qui l'empêchait de tomber au sol.
– Je t'aime, tu comprends ça'' dit Chaoji en colère, il avait plein d'amertume,- te voir avec cette erreur de la nature. C'est un monstre, comment peux-tu vivre avec lui ? Avec son bras gauche répugnant qu'il a, ses cheveux blancs. Je ne saisis pas, comment tu peux perdre ton temps avec lui ? Comment tu oses coucher avec lui ?
S'en était assez pour Kanda. Il n'en pouvait plus d'entendre ce genre d'ineptie. Il supportait très mal les gens qui jugeait que sur le physique. Il priait pour tous les dieux que son Moyashi n'entende pas ça. Avec la force qu'il lui restait, il mit un coup de pied entre ses jambes. Il l'entendit gémir, c'était l'occasion de s'échapper mais ses jambes étaient faibles.
– Tu ne vas nulle part » dit-il en colère en frappant Kanda contre le mur. C'était certain pour le brun, il allait bientôt s'éteindre. Il le prit par ses longs cheveux bruns,- je ne veux que toi, comment peux-tu ne pas comprendre, je t'aime » cria-t-il en le retournant. Le brun avait le front en sang tandis que sa main droite avait une entorse par la force de ce morveux. Comment pouvait-il être impuissant devant cet homme qui n'était rien pour lui ? Comment il n'arrivait pas à le pousser ? L'alcool n'était pas en cause, son amant était le fautif. Il en était sûr. Il l'avait mis quelque chose dans son verre.
Chaoji commença à déshabiller Kanda qui avait trop chaud. Son corps était en effervescence, il avait l'impression d'être dans un sauna. Il n'avait plus conscience de la réalité.
– Tu es vraiment magnifique, Kanda. Tes cheveux, tes yeux, ton nez, ta bouche, ta peau crémeuse,''il fit une pause avant de dire,- j'ai envie de toi.
Alors que ses mains parcourraient le corps du japonais, Chaoji sentit son corps partir en arrière.
– Ne le touche pas » dit une voix menaçante,- comment peux-tu mettre tes sales pattes sur lui, connard.
– Mo… ya… shi » arriva à peine à prononcer Kanda lorsqu'il vit son amant se jeter sur Chaoji. Le premier coup était parti tout seul. Allen frappait fort et précis. Il allait punir cette personne qui avait osé poser les mains sur son amant. Ses mains partaient et revenaient toutes seules, il n'avait qu'un objectif le tuer. Lui faire du mal. Lorsqu'il était rentré et avait trouvé son amant coller à ce bâtard, son sang ne fit qu'un tour.
Il frappa encore et encore, ses mains étaient pleines de sang. Il prit le bras de Chaoji et le brisa. Il n'était plus lui-même, il voulait voir le sang couler, voir cette merde mourir sous yeux. Cette chose qui avait osé poser les mains sur ce qui lui appartenait. Lorsqu'il ne pouvait plus avec ses mains, il utilisa ses pieds. Chaoji ne faisait que crier de douleur en essayant de ne pas trop souffrir mais c'était peine perdue, Allen était enragé et il n'y avait qu'un moyen pour qu'il se calme, le battre à mort.
Son coup de pied partit dans les parties intimes de sa victime. Celui-ci cria en implorant le pardon. Allen ne parlait pas, il regardait et battait. C'était monotone, jouissif. Il voulait voir et savourer ce qu'il faisait. Sa main droite prit le couteau suisse qu'il avait dans sa poche. Il était prêt à en finir mais fut vite arrêté par une main.
– A… arrête » dit Kanda essoufflé, il avait réussi à marcher jusqu'ici.
– Ne t'en mêle pas'' dit Allen agressif, son geste brusque frappa la joue du brun,- désolé, je ne voulais pas » dit-il en se retournant vers lui.
– Je vais bien » dit Kanda à bout de souffle.
– Je veux le voir mort…
– Tu ne veux plus me voir c'est ça » dit Kanda en connaissance de cause. Lorsque son amant était comme ça, il n'y avait qu'un seul moyen de le raisonner, c'était de le menacer indirectement de se séparer de lui.
– Qu'est-ce que tu racontes ?
– Tu veux aller en prison et me laisser seul » le brun savait qu'il y avait qu'un seul moyen de lui faire revenir à lui. C'était cette obsession que son Moyashi avait pour lui. Allen l'avait embrouillé l'esprit. Il ne se souvenait plus comment ils s'étaient rencontrés. Au début, ils ne se supportaient pas, ils se voyaient à peine en tant qu'ami. C'était un grand mot pour rien dire. Au fil du temps, il s'était épris dans sa toile. Ils étaient devenus complices, se comprenaient, s'écoutaient, s'intéressaient l'un à l'autre.
Le monde ne tournait qu'au tour d'eux. Ils étaient comme perdus dans cette vague nouvelle qu'aucun d'eux ne connaissait. Et, tout à coup, cette amitié qui portait tous les mots d'insultes qui pouvaient exister sur cette Terre, s'était transformé en quelque chose d'ambiguë. Leurs regards avaient changé, le désir s'était installé. C'était à cet instant que leur monde avait prit une nouvelle tournure. L'idéalisation qu'ils se faisaient l'un de l'autre coïncidait avec celui où ils se croyaient s'aimer.
Cette intuition donnait envie de se laisser aller à des sentiments amoureux, ce que le brun avait fait. Il s'était plongé corps et âme dans tout ça. C'était des sentiments jusque-là inhibés par un manque de confiance aux autres. Cet amour s'était transformé en poison. L'excitation alternait avec la peur, le désir physique était insatiable. Ils étaient devenus dépendant l'un de l'autre. Ils se fermaient les yeux pour ne pas voir leurs erreurs commises. Leurs repères étaient bousculés, ils se perdaient dans leur conviction de ce que c'était de vouloir partager. C'était un état où Kanda s'était plongé et qu'il n'arrivait plus à s'en sortir.
Il était prisonnier de lui-même ainsi que de son amant. Il avait fermé les yeux sur beaucoup de chose tel que les activités illégales de son petit ami. Allen était bel et bien obsédé par lui. Il ne pouvait pas marcher sans l'avoir sur le dos. Il avait essayé de lui parler de ça mais la conversation ne s'était pas bien terminé pour aucun d'eux. Ils vivaient intensément leur relation qui les empêchaient de s'éloigner l'un de l'autre.
– Tu ne seras jamais séparé de moi, mon ange » dit Allen en caressant la joue du brun avec conviction.
– Alors, lâche ce couteau » dit doucement Kanda, ce n'était pas dans ses habitudes mais s'il disait quelque chose de travers, son amant allait tuer sa victime. Il ne se préoccupait pas de cet être par terre mais d'Allen. Le brun savait que le blandin n'était pas vraiment stable. Il avait un problème psychologique à régler, mais il se refusait de croire à ses balivernes. Kanda ne savait pas combien de fois, il avait obligé au maudit d'aller voir un psychologue.
Allen lâcha le couteau et serra son japonais dans ses bras :
– BaKanda, tu ne te débarrasseras pas de moi, jamais » dit-il en essuyant le sang sur les lèvres de son brun,- tu resteras toujours avec moi qu'importe ce qu'il va se passer.
Kanda fronça les sourcils en entendant ses mots. Ses pensées furent vite oubliées lorsque des lèvres douces touchèrent les siennes. C'était doux, agréable. Le baiser fut approfondi jusqu'au manque d'air. Le brun passa ses mains sur le cou d'Allen.
– J'arriverais pas à vivre sans toi, Kanda » dit Allen tranquillement en caressant son dos, il l'embrassa de nouveau.
– Je sais'' dit le brun en refermant ses bras autour de son cou.
– Tu sais que je ne vais pas le laisser partir comme ça » sa voix était sombre tandis qu'il repoussa doucement son compagnon,- sors de cette salle de bain.
– Moyashi…
– Tu as ma parole'' Kanda hocha la tête, l'embrassa avant de partir tant bien que mal. L'innocence même d'Allen à ce moment fit frisonner le brun en sachant pertinemment ce qu'il allait faire à Chaoji.
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– Qu'est-ce qu'il vous a fait ?'' demanda la policière calmement.
– Je ne comprends pas pourquoi vous me demandez, alors qu'il est peut-être mort maintenant'' dit Chaoji fier de lui.
– Répondez aux questions ?'' dit durement le policer.
– Il m'a torturé jusqu'à ce qu'on entende les premiers coups de feu. J'étais inconscient, la douleur ne me faisait plus rien. Je n'avais plus conscience de mon environnement.
– Pourquoi il vous a fait ça ?''
– Il est fou, j'ai juste aidé son petit ami et il me remercie en me battant. Il m'a vu un peu coller à Kanda. Je n'ai rien compris sur le moment. C'était quelqu'un de très possessif, dangereux et qui battait son petit ami.
– Vous êtes sûr, vous avez des preuves'' continua la policière.
– À quoi bon, cela ne servirait à rien maintenant. Avec tout ce qu'il vient de se passer, vous allez trouver que leurs cadavres » dit-il. Il était heureux que ce monstre était mort mais Kanda, il aurait aimé qu'il survive. Il aurait bien pris soin du brun à sa guise.
– Qu'est-ce qui s'est passé ensuite ?
– Lorsque j'ai entendu un cri, je m'étais relevé. J'ai marché jusqu'à la porte qui était à moitié ouverte. Au coin de l'œil, j'ai vu un homme en cagoule ramener Kanda inconscient. Il saignait beaucoup. Je n'ai pas vu Allen, il a peut-être fui en le laissant'' dit-il, « c'était un pauvre type qui avait eu la chance d'avoir Yuu » pensa-t-il avant de continuer,- je voyais du monde courir à toute allure. J'étais pas vraiment maître de mon corps lorsque je suis sorti de la salle de bain. Il y avait des cadavres allongés sur le couloir, je ne connaissais pas cette maison, mais je me suis éloigné au plus vite pour pouvoir sortir. C'est là que j'ai vu une jeune femme partir avec un pistolet dans les mains. Elle saignait, pleurait. Je ne l'ai jamais vue.
– Est-ce que vous pouvez me la décrire'' dit le policier alors que sa partenaire prenait des notes.
– Il faisait sombre et puis ma vue se brouillait. Elle était habillée si je m'en souviens dans une robe des années 60. C'était jaune je crois, j'étais plus pressé de sortir de là que de rester pour voir qui c'était.
– Je comprends » dit le policier,- j'ai encore une toute petite question.
Le témoin hocha la tête et attendit en pensant aux mensonges qu'il venait de dire mais c'était impossible qu'ils les découvrent puisque ce monstre et Kanda étaient morts.
– Pourquoi avoir menti si vous ne saviez pas ce qui s'était passé dans la salle de bal ?'' demanda-t-il.
– Il fallait que je vous ouvre les yeux sur certaines personnes comme Allen Walker'' il savait qu'il s'acharnait sur un mort qui ne pouvait rien contre lui.
Ils hochèrent la tête sans dire quoique se soit, Chaoji était parti.
– Encore une perte de temps » dit le policier.
– C'est vrai, mais on a un élément nouveau. Une jeune femme habillée en jaune.
– Oui peut-être mais si ce n'était rien à voir avec les ravisseurs. Si c'était un crime quelconque. Si cette personne avait juste profité de la confusion pour tuer des gens.
– On va bientôt le découvrir » dit la policière,- il faut qu'on aille visionner les vidéos qui vient de nous être envoyées'' en fermant son portable. Son partenaire hocha la tête et ils étaient sortis de la salle pour aller dans une autre qui était équipé d'ordinateur.
– Oh salut, Link, Sarah » dit l'informaticienne en voyant les deux policiers rentrer.
– Bonjour, comment tu vas ?'' demanda Sarah.
– Je vais bien…
– Alors, ces vidéos'' dit Link, pressé de voir la vidéo.
– Pas de bonjour, Link » dit-elle en tapant sur son ordinateur,- toujours aussi coincé à ce que je vois » dit-elle, Sarah essaya de cacher son rire,- bon, voilà la vidéo. Cette famille à une bonne résolution pour surveiller toute la maison ainsi que le jardin.
– Montre-nous » dit Link en s'asseyant, Sarah s'assit de l'autre côté de l'informaticienne,- alors qu'est-ce que nous avons là ?!
Hevlaska, l'informaticienne lança la vidéo. Ils regardèrent chaque recoin de la maison. Les gens allaient et venaient sans se douter ce qui allait se passer ensuite. C'était une habitation qui combinait le style gothique et baroque. D'après l'information qu'ils avaient eu, le bâtiment a été détruit durant un séisme qui avait ravagé la campagne. La demeure familiale était équipée de panneaux solaires qui fournissaient en énergie non polluante. De l'intérieur du Manoir, les caméras surveillaient la salle de réception, les bureaux de la famille ainsi que les tableaux au format impressionnant sur les murs dans chaque recoin de la maison. C'était une vraie forteresse.
Le Manoir était étroitement surveillé et protégé par des caméras un peu partout sauf les chambres, les salles de bains, mais ce n'était pas rare que la maison se fasse cambrioler. Ils avancèrent dans la vidéo jusqu'à ce que les premiers coups de feu retentissent. Les ravisseurs étaient rentrés en scène. Les gens courraient pour leur survivre.
– Si vous ne voulez pas être tué, restez tranquille » dit l'un des ravisseurs en voyant, un homme d'une trentaine d'années s'échapper. Il fit un mouvement de tête à l'un de ses compagnons qui était parti le chercher. Ils entendirent un coup de feu et un cri horrible. La victime était blessée lorsque le ravisseur le ramena dans la salle de réception. Il prit un couteau dans sa bouche et dit :
– Voilà ce qui vous arrivera si vous essayez de vous échapper'' il prit le cou de la victime et l'égorgea, des cris effroyables se firent sentir – on n'est pas ici pour rigoler. On veut juste nous amuser un peu » dit-il en rigolant tandis que les otages essayaient de rester calme dans cette situation. Leur regard était posé sur le cadavre qui venait à peine de mourir. Le sang coulait jusqu'à eux. D'autres étaient grièvement blessés par balle. Les autres ravisseurs se partageaient la tache de voler tout ce qu'il y avait de précieux.
– Vous avez hâte de jouer à un jeu que j'ai concocté spécialement pour vous'' dit l'un des ravisseurs,- ça va être génial mais avant tout je dois vérifier quelques trucs.
Les policiers regardèrent parler avec les autres tout doucement, ils ne pouvaient rien entendre.
– Voilà, les règles du jeu, vous êtes trente personnes ici présent, je vais désigner 15 aux hasards pour jouer avec nous franchement, les autres resteront ici. Vous savez ce qui est amusant, on va jouer au cache-cache, vous ne trouvez pas ça merveilleux'' dit-il, amusé,- les autres qui vont rester ici, c'est un gage de notre foi. À chaque personne qu'on trouvera, un de vous qui restera dans cette maison sera libéré sur certaines conditions que nous vous dirons plus tard'' il rigola,- je ne me suis jamais autant amusé de ma vie.
Ils regardèrent les ravisseurs prendre quinze personnes au hasard. Ils commencèrent à courir alors que trois ravisseurs étaient déjà prêts à attaquer, leurs fusils dans les mains prêtes à tirer sur tout ce qui bouge. Hevlaska avança la vidéo, les gens se faisaient tuer l'un après l'autre, le pire c'était les gens qui étaient restés dans la maison. Chaque personne devait lutter pour leur survie. Il y a eu tellement de mort alors qu'ils regardèrent les ravisseurs regarder les spectacles qui s'offrait à eux.
Le sang était partout, les cris étaient abominables, tant de blessés. C'était chacun pour sa peau. Les deux policiers regardèrent aussi, les jeux tordus qu'ils jouaient avec les cadavres par terre mais aucun moment, ils ne virent ni Allen ni Kanda.
– D'après nos sources, ils nous manquent que deux personnes à trouver, Kanda Yuu et Allen Walker. Il y a un témoin qui a vu un Kanda blessé et inconscient, traîné dans les couloirs. Pour monsieur Walker nous n'avons aucune piste'' dit Sarah monotone.
– Il y a eu que peu de survivant'' dit Link en regardant le dossier dans ses mains,- il y a eu un vrai carnage. Tu as dit qu'il y avait quelque chose qui te chiffonnait, Sarah.
– Ah oui, c'est pour les meurtres de Lavi Bookman et Tyki Mikk.
– Pourquoi cela, les ravisseurs tiraient dans tous les sens.
– Comment leurs corps étaient placés dans ce lit, on aurait dit un crime passionnel. Les balles tirées vers les deux victimes étaient violentes comme pour les faire souffrir car d'après les analyses, ils sont morts après quelques minutes d'agonie.
Elle fut interrompue dans ses propos par des brouhahas qui venait de l'autre côté de la porte. Elle ouvrit pour savoir ce qui se passait.
– Les secouristes viennent de trouver Allen Walker » dit un policier.
– C'est pas vrai, comment ?
– D'après nos sources, il a été enseveli bien profond lorsque la maison était partie en fumée.
– Merci, il faut qu'on y aille » dit Sarah à Link,- Walker vient d'être trouvé vivant. Nous devons lui poser quelques questions avant qu'il ne s'informe de lui-même.
Link hocha la tête et ils étaient partis.
– Ce gamin était resté plusieurs jours ensevelis, je n'imagine même pas ce qu'il a du enduré''dit Link alors qu'ils montèrent dans la voiture.
– Moi aussi… être seul, en pensant que les gens l'avaient oublié.
Après deux heures de routes, ils étaient arrivés enfin dans l'hôpital de la congrégation de l'ombre. Ils montrèrent leur badge, les infirmiers les laissèrent passer. Lorsqu'ils arrivèrent au niveau six, ils sortirent de l'ascenseur pour aller directement dans la chambre. À l'extérieur, il y avait beaucoup de journalistes qui attendaient un scoop.
– Vous ne pouvez pas rentrer » dit une infirmière.
– On est des policiers, nous voulons interroger Allen Walker » en montrant leur insigne.
– Je comprends mais pour le moment, il est en train de dormir. Venez plus tard, laissez-le se reposer ordre du médecin'' dit-elle.
– Je comprends mais ne laissez personne venir l'interroger » l'infirmière hocha la tête et ils étaient partis. Elle souffla en rentrant dans la salle où le patient était en train de dormir.
– Comment vas-tu ?''demanda-t-elle.
– Oh ça peu aller'' répondit Allen en ouvrant les yeux.
– Je suis désolée…
– Je n'avais pas prévu tout ça juste eux…
– Je sais, mais ceux que tu as engagé n'étaient pas des amateurs.
– Je sais
– Ils n'ont laissé aucun indice qui pourrait être relié à toi.
– Je me vois encore assit sur mon canapé en train de lire la lettre que tu m'as envoyé sur le meurtrier de mon vrai père, mais ils ont tué des innocents.
– Tu sais bien que non, Allen. Chacun avait quelque chose à se reprocher. On a bien étudié ceux que tu as convié pour cette soirée. Personne ne pourra te relier.
– Je sais, comment va Lenalee ?
– Elle va bien, elle a juste dit ce que nous lui avions dit de dire.
– Elle a eu ce qu'elle voulait.
– Oui, le châtiment d'une femme meurtrie dans son amour propre est de la plus terrible. Je n'ai jamais vu une soif de vengeance telle que la sienne, mais elle doit régler encore quelques affaires, d'après notre taupe dans la police, il y a un témoin qui l'a vu sortir de la chambre de Tyki mais la police n'a pas encore pu relier cette personne et ces deux meurtres. Ils pensent tous que ce sont les ravisseurs qui les ont tués.
– Qui sait ?
– Je ne crois pas que cela te plaira, Allen''dit-elle en s'asseyant à ses côtés. Le maudit le regarda durement, – C'est Chaoji Han.
Le regard meurtrier d'Allen la fit frissonner.
– N'y pense même pas…
– Dit à Lenalee que je m'occupe de son cas » dit-il en s'asseyant correctement,- merci pour la mise en scène.
– C'est ce que fait notre organisation'' elle fit une pause avant de reprendre,- alors, tu as décidé de nous rejoindre cette fois-ci comme ton père.
– C'est tentant et je vous remercie pour tout ce que vous avez fait pour moi durant ses dernières années pour aboutir à ma vengeance. Vous êtes comme ma famille mais pour l'instant je veux juste régler mes problèmes avant de décider de vous rejoindre.
– Je comprends, prend tout ton temps » dit-elle en marchant vers la porte,- ah, oui des policiers viennent t'interroger.
– Je sais et comment va Kanda ?!
– Il est en lieu sûr, mais tu sais que tu ne pourras pas le voir tant que les choses ne se seront pas calmées.
– Je sais, Madame.
– Au plaisir de ne plus te revoir » dit-elle, amusée.
– Moi aussi'' elle était partie en le laissant seul.
Il ne s'était jamais senti aussi vivant qu'aujourd'hui. Cette rancune qu'il avait conservée durant toutes ces années en restant avec cette famille. Conserver sa rancune, c'était entré dans un rapport de force : de ne pas plier devant les événements, continuer à refuser ce qui s'est passé. Cette animosité qui lui avait servi d'essence pour pouvoir continuer. Cette tristesse, qui ne le quittait pas, enfoui sous sa colère, de l'injustice d'avoir enlevé son père trop tôt. Il avait souffert de cette profonde désillusion qui était de revoir son père une dernière fois.
Les sentiments, depuis tout petit, s'étaient installés en lui, il n'arrivait plus à distinguer. La première qui était stable tandis que la seconde était plus vivace qu'il pouvait réveiller et entretenir à tout moment. C'était ce qu'il lui avait permis de rester dans la réalité. Quoi qu'il en soit, l'une et l'autre constituaient la majeure partie de sa vie. Il sourit en pensant à ce que lui avait dit son psychologue, il n'était pas loin de la vérité que la rancune et le ressentiment était une émotion toxique pour lui dont les mécanismes prenaient racines dans son enfance lorsque son père a été tué devant ses yeux.
Ce n'était pas quelque chose de sain de voir son père se faire tuer devant ses yeux. C'était cette force qui lui servait à maintenir la colère émotionnelle de cette expérience passée. Il était un temps, où cette expérience négative lui maintenait dans une position de fermeture aux autres et de l'interdire tout nouveau contact qui pourrait être réparateur mais à l'arriver de Kanda tout s'était accéléré. En quelque sorte, son cœur s'était réparé mais la dépression, les troubles, le stress, les maux de têtes et les troubles du sommeil qu'il avait ressenti durant toute sa vie n'allaient pas effacer sa vengeance pour autant.
Le pardon, son psychologue lui avait demandé de pardonner à ce meurtrier qui avait tué son père. C'était la goutte de trop. C'était un procédé tout simple mais impossible pour lui. C'était une force émotionnelle fantastique qu'il ne voulait pas quitter. C'était son point de départ, de garder toujours la flamme de colère allumée même si son couple en avait pâtis. Il ne se remémorait plus les fois où ils se disputaient ou les choses allaient trop loin ou les mots se transformaient en coups de poing. Allen avait peur de lui durant ces échanges où il prenait un malin plaisir de réparer un peu l'injustice de ce qu'il avait vécu même s'il savait pertinemment que son amant n'y était pour rien.
Allen avait passé durant ces années à se comporter comme le dernier des crétins, comme un fils modèle, une vie exemplaire. Rien ne pouvait lui échapper sauf sa relation amoureuse qui était des plus compliquées. Il aimait son cher et tendre Kanda. Cet être froid qui avait un cœur en or lorsque les gens s'approchaient de lui pour mieux le comprendre. Allen avait Kanda et pour rien au monde, il n'allait pas encore le perdre pas cette fois-ci. Il était tout ce qui lui restait maintenant, il devait attendre avant de le retrouver. Il avait accompli sa mission, il avait vengé son père.
Comme on dit tout vient à point à qui sait attendre…
Fin
