Disclaimers : C'est connu, les perso appartiennent à notre chère et tendre J.K.R. sans qui toutes ces fic n'existeraient pas...
Couples : HP/DM #forever
Rating : Ceci est clairement une fic de rating M !
Fleur d'automne
Chapitre 1
L'oncle Vernon arrêta la voiture. La route était bouchée, ou plutôt finie, un panneau indiquant qu'il fallait continuer à pied au-delà de ce point. Harry n'hésita pas une seconde, il descendit sans se soucier d'où atterrirait la valise de son horrible cousin, prit son sac et partit devant. Hors de question qu'il ne se traine quelque bagage qu'il soit que sa famille adoptive avait bien évidemment rempli plus que nécessaire.
Il marcha en avant des Dursley qui soufflaient comme des bœufs derrière lui. Ils franchirent une grande prairie dont l'herbe haute de chaque côté du chemin était parsemée de fleurs, puis décrivirent un grand arc-de-cercle vers la gauche en gravissant la colline.
Harry qui filait en avant s'arrêta quelques instants en haut de montée. Il frissonna lorsqu'une légère brise parcourue le paysage, juillet avait beau être à peine commencé, il faisait frais. En effet, un voile nuageux couvrait maintenant le soleil qui était déjà bas dans le ciel et le vent qui continuait de souffler semblait amasser les nuages. Malgré tout, le Gryffondor fut incapable de cacher le sourire naissant sur ses lèvres, il ouvrit les bras pour embrasser l'air pur de la campagne et inspira à plein poumons.
L'instant fana lorsqu'il crut déceler une trace de magie dans l'air. Etait-ce son imagination ou… ? Ou avait-il vraiment décelé les traces d'un ancien sortilège ? Il scruta alors les alentours et repéra rapidement un manoir au loin. Probablement l'origine de ce sort, après tout, les manoirs appartenaient souvent à de vieilles familles de sorciers.
Il fut tiré de ses pensées lorsque son cousin le bouscula en ricanant :
« Qu'est-ce qui t'arrives, Harry ?! T'as été piqué par une mouche ? »
Puis il éclata d'un rire gras, riant seul à sa blague. Le brun soupira en lui jetant un regard noir puis repartit en tête. Quoi que ce fût, l'étrange sensation qu'il avait eue quelques instants auparavant avait disparu. Inconsciemment, sa main trouva le chemin de sa poche, là où sa baguette se trouvait.
Il leur fallut quelques minutes de plus avant d'atteindre le village de l'autre côté de la colline. C'était un petit hameau de baraques en bois, les plus hautes d'entre elles ne dépassant probablement pas un ou deux étages, mais les rues de terre battue étaient relativement larges et le fléchage qui orientait les randonneurs était impressionnant.
Bien qu'il ne sache toujours pas si la sensation qu'il avait perçue venait d'ici, Harry était au moins certain d'une chose : une magie noire avait été pratiquée dans les environs. Le sol portait encore par endroit de grosses traces de brûlures et une poignée de maisons semblaient avoir été comme soufflées. Il reporta rapidement son attention sur le village en lui-même, les sens étrangement en aguet, mais lorsqu'il remarqua au combien le village ressemblait à Pré-au-Lard en moins sorcier peut-être, il sentit sa tension le quitter.
L'oncle Vernon arriva dans son dos, sa respiration toujours sifflante lui chauffant presque les oreilles, puis il annonça d'un air satisfait en jetant un œil autour de lui :
« Nous y voilà ! Nous allons résider quelques temps dans l'hôtel qui se trouve là-bas. (Il pointa de ses doigts grassouillets un bâtiment sur deux étages dont la pancarte indiquait que c'était bel et bien un hôtel.) D'ici nous pourrons aller marcher et découvrir les joies de la nature anglaise. »
Pétunia regarda alors autour d'elle, son air pincé laissant place à une expression presque offusquée, et Dudley fit immédiatement la moue à la mention du mot « sport ». Vernon les ignora tous les deux et entra dans l'hôtel pour sonner au guichet.
Harry le suivit en silence, inspectant toujours les alentours à la recherche d'un signe quelconque indiquant que des sorciers étaient toujours dans le coin. Sorcier ou pas, il remarqua que l'hôtel était de toutes évidences le centre de l'activité du village, servant aussi de bar à en juger par la fumée, l'odeur d'alcool et les rires qui provenaient de la pièce juste à côté du hall d'entrée. Un homme émergea finalement du bar et se plaça derrière le comptoir.
« Bonsoir, que puis-je pour vous ?
- Nous avons trois chambres réservées au nom de Dursley.
- Dursley… Ah oui, ça me revient ! Une chambre double et deux simples. Vous avez fait bonne route ? »
Harry perdit rapidement le fil de la conversation, son attention étant attirée ailleurs. Quelqu'un dans une cape noire avec capuchon couvrant son visage se tenait seul(e ?) à une table à l'écart des autres. Etrangement, cette personne semblait le dévisager, immobile. Soudain, elle se leva, jeta quelques pièces sur la table et se dirigea vers Harry. Le brun ne bougea pas, attendant sur ses gardes et espérant que la capuche qui cachait son visage glisse, en vain. La personne le dépassa sans un mot, semblant simplement l'ignorer, mais leurs mains se touchèrent au dernier moment.
Ils n'avaient fait que se frôler pourtant Harry avait senti un frisson lui parcourir la totalité du bras, comme un choc électrique, ne lui laissant aucun doute possible : cette personne était un sorcier ou une sorcière et, à l'évidence, pas des moindres. Dudley choisit ce moment précis pour faire une de ces merveilleuses preuves d'intelligence à Harry, brisant la concentration du brun qui dut se retenir de frapper son cousin.
Une fois installé dans sa chambre, il fut forcé de constater que son bras fourmillait encore du contact avec la personne à la capuche. Pourquoi lui faisait-elle autant d'effet ? La question trottina dans la tête d'Harry pendant qu'il ouvrait la main pour voir ce que l'inconnu y avait glissé. Ce fut avec surprise qu'il y découvrit un petit papier sur lequel il était griffonné quelques mots : « Prends garde, Potter. Ce n'est pas un lieu sûr pour toi. »
Il observa l'écriture fine et penchée pendant un moment, se disant que ces courbes délicates étaient étrangement familières sans qu'il puisse mettre le doigt dessus pour autant. En regardant le papier de plus près, il reconnut la texture d'un parchemin de haute qualité. A l'évidence, ce sorcier savait qu'Harry était là et qui il était réellement et le brun avait le sentiment de le connaître en retour mais il ignorait s'il pouvait le considérer comme un allier. Ce sentiment d'incertitude ne fit que grandir lorsqu'un habitant l'interpella un peu plus tard dans la soirée :
« Hey, gamin. Tu ne devrais pas rester ici, tu sais. Il se passe des choses étranges en ce moment…
- Etranges ? Demanda Harry essayant d'en apprendre plus sur les racontars du coin car les moldus n'étaient jamais bien loin de la vérité.
- T'as bien vu les brûlures dehors ? (Harry hocha la tête.) Ce n'est clairement pas normal, crois-en mon expérience de pompier.
- Et comment sont-elles arrivées si ce n'est pas un feu ? Interrogea le brun.
- Il n'y a pas plus d'une semaine, un gros orage à éclater, expliqua l'homme derrière le bar. Quelque chose d'énorme comme on n'en a jamais vu. La foudre est tombée à plusieurs endroits dans le village à moins de quelques minutes d'intervalle. Ça non plus, ça n'était jamais arrivé et encore moins en aussi peu de temps.
- Et dire que ça a cramé toutes ces maisons ! Enchaîna un homme à la table juste derrière lui.
- Les pauvres gens qui étaient dedans avec, conclut son voisin.
- J'aimais bien les Varmeney… Un nom peu courant mais de braves gars, ils étaient là depuis une dizaine d'années déjà. De bons voisins.
- Ouais, bizarres et distants parfois mais des chics types… Et ce n'était pas les seuls. »
Le silence suivit l'annonce des morts. Harry ne savait pas quoi en penser, orage ou magie, il ne saurait dire sans avoir plus de réponses à ses questions mais il respecta leur silence. Finalement, quelqu'un reprit la parole :
« Il y a une rumeur qui coure comme quoi on entendait rire dans la tempête.
- Ouais, un rire à vous glacer le sang.
- On dit que c'est ce qui était à l'origine de la tempête.
- Un homme ? S'empressa Harry, dont l'opinion penchait de plus en plus pour une catastrophe de type magie.
- Dur à dire, j'étais bien trop occupé à garder ma cave au sec. Mon voisin dit que ce n'était pas humain.
- Moi je dis que ça cherchait quelque chose… Ou quelqu'un. »
Et il a trouvé, réalisa soudainement Harry. Dans une des lettres qui lui étaient adressées, Hermione avait appris le décès d'une famille d'amis qui étaient eux aussi sorciers : les Varmeley. Il avait mis un moment à retrouver mais maintenant il se souvenait. La brunette lui avait dit que ses amis avaient disparu depuis plusieurs années déjà, fuyant apparemment les mangemorts. Le Gryffondor songea que les autres morts devaient également être des sorciers ou sorcières qui se cachaient de Voldemort, ne laissant aucun doute quant au fait que des mangemorts étaient venu ici.
« Une dernière question, commença prudemment le brun.
- Oui, jeune homme ?
- Qui était la personne encapuchonnée de tout à l'heure ? »
Harry avait enfin posée la question qui lui brûlait le plus les lèvres. Un silence confus s'en suivit puis quelqu'un finit par hausser les épaules avant de répondre :
« A vrai dire personne ne sait vraiment. Il s'est pointé avec son manteau noir peu après la tempête. Il commande à quelques verres à boire puis repart à moitié saoul. La plupart du temps, il ne dit pas un mot.
- Il pourrait très bien être un proche des familles pour tout ce que j'en sais.
- On a bien essayé de demander ce qu'il faisait réellement ici mais il nous a envoyé prêtre avec une froideur et une classe superbe.
- Tout ce que je peux en dire, répondit finalement le barman. C'est que ton inconnu est un homme, jeune d'à peu près ton âge à en juger par sa voix. »
Harry s'apprêtait à retourner dans sa chambre, pensif, lorsqu'un homme l'interpella à nouveau :
« Quoi qu'il en soit, gamin, ne t'approche pas trop du manoir en haut de la falaise, là-bas. (Il pointa par la fenêtre l'ombre du manoir qui se trouvait en effet en haut d'une petite falaise.) Le peu de personnes qui arrivent à s'en approcher perdent la mémoire lorsqu'elles finissent par revenir… Ou ne reviennent pas du tout. »
