Heeeey :3

Voici -enfin- la suite de cette fic…

Tout d'abord, je vous présente vraiment toutes mes excuses pour le temps que ce chapitre a mis à arriver, mais j'ai vraiment bloqué dessus xD Vous savez ce que c'est le pire ? C'est que je l'avais déjà à moitié rédigé quand j'ai posté le premier chapitre. Mais en fait c'était du caca. Donc je l'ai supprimé. Et réécrit. Et re-supprimé. Et re-réécris. Bref, au final, je compte plus toutes les versions que j'ai de ce chapitre xD Et celle-ci, la dernière, m'a bloquée pendant un long moment… Mais je l'ai enfin terminée ! Et je trouve que c'est moins du caca que mes tentatives précédentes, j'espère que ce n'est pas qu'une idée que je me fais q_q

En tout cas, toutes vos gentilles reviews m'ont vraiment fait chaud au cœur q_q Je les relisais pour me donner du courage, quand j'avais passé la soirée à écrire, effacer, écrire, effacer… Merci, j'espère vraiment de tout cœur que ce second chapitre ne vous décevra pas q_q

Enfin, bonne lecture :3


C'est une histoire de regards.

Mais, étrangement, c'est aussi une histoire d'obscurité.

Le décor a changé.

C'est une histoire en trois tableaux. Voici le deuxième. Un awesome tableau, bien qu'un peu flou.

Il y a pleins de choses. Ce qu'il n'y a pas, c'est quelque chose pour indiquer l'heure.

Il y a un escalier de pierre. Il y a les marches qui disparaissent dans l'obscurité. Il y a de la lumière venant de la fête en haut. Il y a les arbres aux contours flous tout autour. Il y a des bouts de ciel étoilé au-dessus. Il y a un peu de musique qui filtre à travers la végétation. Il y a un épais brouillard qui recouvre le tout et qui étouffe les sons. Il y a le décor qui tangue étrangement sous un corps mal assuré. Il y a une rampe de métal, froide sous la main. Il y a des idées vagues, des pensées-éclair, des lubies étranges, des yeux hagards. Il y a la langue pâteuse et le corps trop chaud. Il y a la nuit. Il y a l'ivresse.

Il y a deux jeunes hommes.

Et une histoire de regards.

Nous avons Gilbert. Un jeune homme sûr de lui et exubérant. Un jeune homme qui aime attirer l'attention. Un jeune homme qui se définit en un seul mot. Awesome. Il a passé la soirée à boire avec ses deux meilleurs amis, et maintenant il ne sait plus vraiment qui contrôle son awesome corps. Il a dansé, chanté, fait l'idiot, il a bu, fumé, mangé, dragué, il s'est amusé, il s'est bagarré, il a fait la fête. Et quelque part, dans son esprit embrumé par l'alcool, est née une étrange envie de descendre les escaliers disparaissant dans la pénombre. Juste pour voir ce qu'il y a en bas et que l'obscurité dissimule, juste parce que le chalet a perdu son intérêt, juste parce ses amis se sont effondrés sur une table... Moui, non, c'est juste comme ça, en fait. Une lubie sans origine, une pensée sans racine, un électron libre.

Un reste de raison lui crie qu'il n'est pas en état de descendre, que le sol tangue beaucoup trop, qu'il va tomber. Mais même quand il est sobre, Gilbert n'a pas pour habitude d'écouter l'infime partie raisonnable de son awesome cerveau.

Alors il descend, une marche après l'autre, la main crispée sur la rampe en fer, seule chose tangible dans ce monde de brouillard. Tout son esprit tendu vers un seul objectif, un seul but : ne pas tomber. Il est trop awesome pour tomber.

Ne pas tomber.

Ne pas tomber.

Ne pas…

Il est tombé.

Mais ce n'est pas grave, il ne s'est pas fait mal… La pierre est agréablement rafraîchissante et bizarrement confortable. Même le bord de la marche qui s'enfonce dans ses côtes ne le dérange pas. Il bouge un peu pour poser sa joue contre la surface dure et froide, et pousse un soupir de contentement. On ne lui a jamais dit qu'on pouvait se sentir aussi bien, affalé sur la pierre… C'est un awesome lit, en fait ! Mais il ne faudra le dire à personne, pour qu'on ne vienne pas piquer son escalier…

Mais ce n'est pas une histoire d'escalier.

C'est une histoire de regard.

Non pas qu'il y ait grand-chose à regarder, avec la pénombre qui règne. Un peu de lumière venue du chalet plus haut, la forme vague des arbres, la rampe de l'escalier qui se découpe dans l'obscurité…

Et une silhouette. Une silhouette humaine, assise deux marches plus bas, retournée vers lui, se fondant presque dans les ombres.

Mais bel et bien là.

Cet escalier-lit est donc déjà pris… Ah, mais l'awesome lui n'est pas d'accord, il est trop bien pour bouger. L'autre n'a qu'à s'en aller, et s'il ose venir le faire chier… Gilbert est peut-être bourré, mais il est sûr de pouvoir mettre une rouste à…

À qui ?

Qui est-ce, là, assis sur l'escalier ? L'obscurité est reine. On ne distingue que vaguement les contours de la silhouette, elle n'est qu'une ombre sans visage, sans identité. Au fond, peut-être que ce n'est même pas une véritable personne, peut-être que ce n'est qu'une vision surgie d'un esprit embrumé. Peut-être que Gilbert est seul sur son escalier, seul avec ses pensées dénuées de sens, son haleine chargée d'alcool, ses divagations d'homme ivre, et cette silhouette, ce fantôme qui n'existe peut-être pas.

Mais ce n'est pas une histoire de peut-être.

Et le fantôme, l'illusion, l'ombre se lève et commence à remonter doucement les marches, vers la lumière, vers les bruits, vers la fête. Et Gilbert le suit du regard, paresseusement, rêveusement, il se demande vaguement si l'ombre va se dissoudre en atteignant la lumière.

Et l'ombre atteint la lumière.

Mais elle ne disparaît pas.

Ce n'est pas une histoire de disparition.

La lumière la révèle, l'éclaire, et le fantôme n'est pas un fantôme, ce n'est pas quelque chose, c'est bien un quelqu'un. Un quelqu'un qui lance un dernier regard derrière lui, et Gilbert peut distinguer son visage, ses cheveux blonds, ses yeux violets, à travers les brumes de l'alcool.

Et une nouvelle certitude naît dans cet esprit engourdi. Il le connaît.

Il le connaît, il le sait, il le sent. Mais pourquoi ce visage lui semble-t-il à la fois étranger et familier ? Et qui est-ce, d'ailleurs, à qui appartiennent-ils, ces traits qui le perturbent ? Quel est le nom de l'ombre qui est devenu quelqu'un ?

Gilbert fronce les sourcils, il n'aime pas ne pas se souvenir. Oublier, ce n'est pas quelque chose d'awesome.

C'est un prénom en M… Manfred ne va pas. Moritz ne sonne pas comme il faut. Max semble étrange. Markus aussi. Mathis… Mathis évoque quelque chose. Mathis… Matt... En fait, ce n'est sûrement pas un prénom allemand. Matthieu ? Non…

Mais au fond, peu importe, ce n'est pas une histoire de prénom. C'est une histoire de regard.

Et le regard de Gilbert continue de suivre cette ombre qui n'en est pas une jusqu'à ce qu'elle soit avalée par la lumière.


Bon, voilà, j'espère que ce second chapitre aura été à la hauteur de vos attente :S

Encore toutes mes excuses pour le temps de parution, je vais faire mon possible pour ne pas reproduire la même chose avec le troisième et dernier chapitre è_é