N/A : Bonjour à tous !

Bon euh, en effet, ce chapitre arrive avec un peu de retard (d'accord, c'est un euphémisme). Six mois de retard, c'est un sacré retard ! Donc avec toutes mes excuses, je poste la suite de "Their Paradise". Pour tout vous dire, j'ai été très occupée ces derniers mois. J'ai réalisé un rêve qui me prend chaque jour beaucoup de temps ; je me suis achetée un cheval. Ou plutôt une petite jument de 1 an et demi (deux ans maintenant). Donc voilà, c'est un investissement quotidien dans son dressage qui ne m'a pas laissé beaucoup de temps pour écrire.

Mais vraiment, cette histoire me manquait trop, c'était mon coup de coeur et je ne pouvais pas l'abandonner comme ça. J'espère retrouver certains de mes lecteurs, c'est avec grand plaisir que je m'embarquerai dans une nouvelle aventure avec vous.

Merci à tous ceux qui m'ont laissé des reviews au premier chapitre ; lyylla, Klaroline66, Noctalya, XxKlarolinexDelenaxX, lilith-tw-vd-hp, Klaus' Sweetheart, floriane13, la-plume-du-temps, GilmoreGossip, AllyVM, elo69, laura, Analissa, Kiki, Adeline.L, Elina, robb-jon-stark, Cassandre, Estel'Le-R'M, Tchoupi95, KarismaBella, DameKlarolineForever, AnonymeY, Cassandre, MM, lili69, MiniMichael3, ludivine92, Gulia mikaelson, Guest, laura, klarolineforver, kansasbykeres, ThousandYearsAgo, xXXKlausXXx, mug, klarolinekiss, mariasoleil, Guest et Lili.

Bonne lecture !


Chapitre 2 : Que profonde est votre ignorance

...

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O créatures stupides !

que profonde est votre ignorance !

[Dante's Inferno]

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Lors de sa première nuit à l'appartement, Caroline ne parvient pas à s'endormir. En partie à cause de Klaus et de son apparition inattendue, et en partie parce qu'elle ne sait pas comment faire. Techniquement, elle n'a encore jamais dormi. Dans une sorte d'étrange torpeur, les yeux fermés mais pas encore prête à s'assoupir, elle écoute la conversation entre Klaus et Kol.

Ah les hommes, toujours à faire équipe.

Ils sirotent le whisky que Kol a rapporté de son travail pour célébrer la fin de ses problèmes financiers. Avec deux autres personnes à bord, il peut enfin mettre un peu d'argent de côté. Et vivre seul n'était plus amusant. Klaus et lui semblent plutôt bien s'entendre, remarque Caroline.

- « Qu'est-ce que tu fais dans la vie ? » hoquète Kol.

- « Je peins » répond Klaus en jouant avec son verre presque vide.

Caroline pince les lèvres de colère. Évidemment, ils ont tous les deux cet horrible accent snob. Pfff.

- « Cool. Des murs ou des tableaux ? » Kol se fait fusiller du regard par son nouveau colocataire.

- « Des tableaux. »

- « J'espère que tu vas vite devenir riche et célèbre, et comme ça, tu vas pouvoir m'acheter une belle bagnole pour mon anniversaire » s'esclaffe Kol en remplissant de nouveau leurs verres.

Klaus se met à rire.

- « Pas de souci. »

C'est bien évidemment une fourberie du diable, mais parfois, Caroline pourrait jurer que Klaus rit avec sincérité, sans aucune arrière-pensée.

(Peut-être parce qu'ils sont frères ? Même si l'un d'entre eux l'ignore encore.)

Kol Mikaelson s'était non seulement transformé en un beau jeune homme sans aucun savoir-vivre, mais il était aussi devenu intelligent. Et il a de… Comment appelle-t-il cela déjà ? Ah oui, de l'ambition. Les livres dans sa chambre ne sont pas juste là pour faire beau. Il les lit vraiment. Et pendant qu'il sert un de ses clients ou qu'il regarde un épisode des « Pingouins de Madagascar », Kol rêve secrètement de dominer le monde.

C'est ce qui effraie Caroline. Et c'est ce qui fait la fierté de Klaus.

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Une fois les lumières éteintes et Kol profondément endormi, Caroline quitte discrètement sa chambre et se glisse dans la cuisine sur la pointe des pieds. Elle a cette étrange sensation dans l'estomac, comme s'il se tordait et se comprimait. Et il fait ces bruits, il… gargouille. Tout ce qu'elle sait, c'est qu'elle a besoin d'un cookie. Désespérément.

Elle s'empare d'un paquet dans la réserve de Kol et déchire l'emballage avec impatience. Enfin, les cookies s'offrent à elle et si elle n'avait pas été un ange, elle se serait mise à rire hystériquement (oui, parce qu'elle a des principes).

Caroline a déjà avalé la moitié du paquet de cookies, se délectant de leur goût divin et de la façon dont-ils fondent dans la bouche, lorsque la lumière se met à clignoter et qu'une voix rauque murmure à son oreille :

- « On avait un petit creux ? »

Sans savoir comment, Caroline parvient à s'empêcher de hurler. À lieu de cela, elle fait volte-face et se retrouve nez à nez avec le diable qu'elle a rencontré quelques heures plus tôt. Les mains dans les poches de son jean, il se tient beaucoup trop près d'elle et lui sourit méchamment. Relevant le menton, la jeune blonde adopte une posture défensive.

- « Pourquoi es-tu ici ? » Malgré tous ses efforts pour paraître téméraire et courageuse, son ton trahit sa peur.

Quand il fait un pas en avant et se tient juste devant elle, dominant sa petite silhouette, Caroline frissonne.

- « Pour la même raison que toi. Mon petit frère disparu étant miraculeusement en vie, je suis ici pour célébrer son anniversaire. » Il sourit, mais ses yeux restent mortellement sérieux.

Caroline se demande s'il sait que c'est elle qui a sauvé Kol, mais elle est bien trop effrayée pour poser la question.

- « J'ai bien peur que nous n'ayons pas la même notion d'une célébration » rétorque-t-elle en croisant les bras sur sa poitrine.

- « En effet. » Il s'empare d'un des cookies - ses cookies ! - et d'une seule bouchée, le fait disparaître.

Caroline fulmine en le regardant dévorer le biscuit.

- « Alors qu'est-ce que tu veux ? » insiste-t-elle.

- « Je veux récupérer mon frère. »

D'accord, c'est assez déroutant pour Caroline. Elle fronce les sourcils, ses neurones se mettant à fonctionner à plein gaz.

- « Quoi ? Mais comment ? Tu ne peux pas l'emmener avec toi. Enfin, si tu le veux vraiment, oui, mais après son anniversaire. »

Pendant une seconde, Klaus la dévisage avec étonnement avant d'éclater de rire.

- « Ils ne t'ont rien dit, pas vrai ? »

- « Ils ne m'ont pas dit QUOI ? » se renfrogne-t-elle.

Si les règles continuaient de changer ainsi, ce petit jeu allait vite devenir lassant.

- « Sais-tu pourquoi son vingt-et-unième anniversaire est si important ? » Il hausse un sourcil tout en continuant à rire.

Maussade et désorientée, Caroline secoue la tête.

- « Le jour de son anniversaire, à minuit tapante, je vais lui planter une dague dans le cœur et le renvoyer chez nous. Et, accessoirement, je vais déclencher l'Apocalypse. » Il sourit avec fierté, comme si c'était une sorte d'héritage familial un peu fou.

Le paquet de cookies va heurter le sol, tout comme la mâchoire de Caroline.

- « Tu vas tuer ton propre frère ? C'est complètement dément ! »

- « Quelle mélodramatisme. » Klaus lève les yeux au ciel. « Vois ça comme un retour express à la maison. Il ne mourra pas. C'est le contraire en fait, il va renaître. »

- « Tu sais que je suis là pour le protéger, pas vrai ? » soupire Caroline. « Alors pourquoi tu me dis tout ça ? Ça fait partie de ton plan de taré ? »

Il étudie son visage crispé. Elle est déterminée, c'est une fille courageuse. Une petite chose trop téméraire pour son propre bien.

- « Parce que tu ne m'arrêteras pas. »

Les yeux de Caroline se mettent à briller de rage.

- « Oh, je peux t'assurer que je vais t'enfoncer ce trident dans le… »

- « Non, tu n'en feras rien. » Il ramasse le paquet de cookies. « Tu ne peux pas, love. J'ai deux mille ans, je suis plus âgé que le plus âgé de tes saints là-haut, dans le ciel. Et toi, tu n'es qu'un bébé ange ; jeune, inexpérimentée et même un peu perdue, il me semble. Tu ne peux pas me battre. En fait, je suis vraiment déçu qu'ils t'aient choisi pour cette mission. »

Le visage de Caroline prend une couleur rouge betterave. Elle est furieuse, indignée et offensée. Ils ne l'ont pas choisie, elle s'est choisie toute seule ! Mais si elle lui dit la vérité, si elle reconnaît que personne n'est au courant et qu'elle est seule ici, il la tuera sans hésiter.

- « Eh bien » se reprend-elle, les dents serrées, « tu pourrais être surpris. »

- « Je l'espère. » Il hausse les sourcils d'un air amusé et dévore un autre cookie.

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En plus de ses problèmes surnaturels, Caroline se retrouve confrontée à une autre difficulté ; elle n'a rien à se mettre. Sa robe blanche n'est pas très confortable et apparemment, sur Terre, les gens changent de vêtements tous les jours. C'est un tout nouveau concept pour un ange qui a passé sa vie entière dans la même robe.

Tout à coup, une mélodie résonne dans la chambre.

The moment I wake up, before I put on my make-up, I say a little pray for you!

Caroline plisse les yeux. Qu'est-ce que…

While combing my hair now, and wondering what dress to wear now, I say a little prayer for you!

Puis elle le remarque. Posé sur son lit, un téléphone portable rose retentit joyeusement. S'en emparant avec précaution, elle touche du pouce la bulle verte sur l'écran.

- « Caroline ! » La voix d'Elena attaque ses oreilles avant qu'elle ne puisse prononcer un mot.

- « Elena ? Sérieusement ? » grimace-t-elle.

- « Quoi ? Il faut vivre avec son temps ! »

Elena explique à Caroline qu'elle a glissé une carte de crédit (peu importe ce dont il s'agit) dans son portefeuille. Qui est à l'intérieur de son sac. Qui est posé sur son lit. La carte est rose, tout comme le sac. Caroline sent qu'il est temps pour elle d'avoir une grande conversation avec Elena.

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Caroline découvre les jeans slim. Et les minijupes. Et les talons hauts. Heureusement, elle ne voit pas le visage horrifié d'Elena lorsqu'elle s'achète une énième paire de chaussures. Dix sacs de shopping dans les mains, Caroline marche sous le soleil et se sent plus optimiste et positive que jamais.

Il est presque midi, Kol se repose avant d'aller travailler et Klaus lui tient compagnie. Vêtue d'une robe d'été colorée (et plutôt courte), la jeune blonde entre d'un pas dansant dans l'appartement. Quand elle arrive dans le salon en fredonnant « La Isla Bonita », Kol renverse son verre et Klaus s'étrangle avec sa bière. Ce dernier n'avait encore jamais vu de telles jambes. En fait, Caroline est d'une incroyable beauté. Ses boucles blondes tombent en cascade sur ses épaules et brillent comme de l'or pur.

Soudain, il sent quelque chose de sauvage s'éveiller dans son corps maléfique.

- « Quoi ? » se renfrogne Caroline. Toutefois, elle retrouve rapidement son sourire angélique. « Il fait vraiment un temps magnifique, vous ne trouvez pas ? »

Et elle va dans sa chambre, ses hanches se balançant au rythme d'une mélodie connue d'elle seule.

- « Euh » lâche Kol.

- « Ouais » acquiesce Klaus.

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- « Je n'arrive pas à croire que je suis assise dans une voiture avec toi. » La jeune blonde fait une moue dégoûtée tandis que Klaus se laisse tomber sur le siège près du sien.

- « On vit sous le même le toit. Quelle est la différence ? » rétorque-t-il. Il pointe l'évidence et Caroline décide de se taire.

Si elle tolère la présence de Klaus, c'est pour une seule et unique raison ; Kol les a invité dans la boîte de nuit où il travaille pour leur présenter ses amis, apprendre à les connaître, faire la fête et s'amuser. Et de toute façon, elle doit garder un œil sur le méchant Prince de l'Enfer. Par conséquent, Caroline a passé trois heures à feuilleter des magazines, à la recherche de conseils pour sa tenue de soirée. Elle doit ressembler à une fille ordinaire. Finalement, elle s'est décidé pour un jean slim, des talons hauts et un bustier. Elena est probablement en train de mourir de honte cachée quelque part entre les nuages, pense Caroline avec une surprenante satisfaction.

La boîte s'appelle le « Paradise Lost ». Simultanément, l'ange et le diable lèvent les yeux au ciel. À l'entrée, ils montrent les cartes que Kol leur a données, et - avec l'impression d'être des VIPs - ils entrent dans le club. Il fait terriblement sombre à l'intérieur. La musique est assourdissante et des lumières colorées clignotent dans toutes les directions possibles. Klaus se sent aussitôt chez lui. Quand à Caroline, elle est incroyablement mal à l'aise dans cet antre du péché. Et cette musique infernale lui déchire le cerveau.

Kol les attend derrière un des quatre bars et à cette distance, tout ce que Caroline peut voir ce sont deux hommes qui tournent le dos à la foule dansante (si on peut appeler ainsi des corps en sueur qui se frottent les uns contre les autres).

- « Je vous présente mes deux amis, Matt et Tyler. On joue au basket ensemble » dit Kol en indiquant les deux hommes au bar.

L'un d'entre eux est blond, avec - si elle n'est pas trompée par toutes ces lumières - des yeux bleu vif et un adorable sourire. Le genre de garçon plutôt ordinaire. L'autre homme a des cheveux noirs, des yeux bruns et des lèvres séduisantes. Lui, il est plutôt du genre dangereux, en conclut-elle. Klaus leur serre la main tandis qu'elle se contente de sourire timidement tout en s'asseyant près du comptoir, juste à côté de Klaus.

La jeune blonde pense que quelque chose ne tourne pas rond chez elle. Elle éprouve toutes ces… sensations. Comme cette folle envie de cookies. Et cette peur. Et ce différent type de bonheur qui l'a envahie quand elle est allée faire du shopping. Rien qu'à cet instant, elle mourait pour une tasse de café.

Klaus lui donne un petit coup de coude pour la tirer de sa réflexion.

- « Qu'est-ce que tu veux boire ? »

Tous ses compagnons la regardent d'un air curieux. Est-ce qu'elle leur semble si étrange ?

- « Un café, s'il te plaît. Un double expresso avec lait demi-écrémé. »

Leurs visages ne tiquent même pas ; ils la dévisagent d'un air figé. Ouais, elle doit être une extraterrestre. Caroline cligne des yeux.

- « On ne sert pas de café ici, Caroline » lui explique Kol comme s'il adressait à une fillette de neuf ans voulant confectionner un gâteau avec de la cocaïne à la place de la farine.

- « Pourquoi ? » se renfrogne-t-elle.

- « Parce que tu es dans une boîte de nuit et que dans ce genre d'endroit, les gens boivent de l'alcool en général. » Kol semble perdre patience, mais il se contient.

Caroline prend le temps d'y réfléchir, les plis de son front indiquant à l'assemblée qu'elle tente d'assimiler l'information.

- « Je vais rester sur le café » lance-t-elle, et c'est une déclaration tout autant qu'un ordre.

Tyler cache son sourire narquois dans la paume de sa main.

- « Double expresso, lait demi-écrémé » répète Caroline avec insistance.

Kol lève les yeux au ciel, Klaus se retient de se frapper le front, et Matt et Tyler se contentent d'observer la jeune femme d'un air intéressé.

La soirée allait être longue.

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Bien après minuit, elle se retrouve au centre de la piste de danse avec le type brun - Tyler ? Oui, Tyler, c'est ça ! - à se mouvoir sur un slow. Il la tient par la taille tandis que ses mains à elle reposent sur ses épaules.

(Kol a ajouté beaucoup de sucre à son café. Oui, c'est ça, ce doit encore être le sucre.)

Caroline n'a jamais été aussi proche de quelqu'un, elle n'a jamais touché et dansé ainsi. Le Paradis est un lieu de paix et de quiétude, il n'est pas propice aux démonstrations d'affection. Et à cet instant, elle peut sentir le cœur de Tyler tambouriner dans sa poitrine - ou peut-être est-ce le sien ? Depuis qu'elle a commencé à vivre sur Terre, Caroline se sent différente. Maintenant, elle peut ajouter une nouvelle sensation à sa collection. C'est une sensation de… d'excitation, oui. Elle la ressent chaque fois que Tyler la touche, et ça la rend folle. Puis Matt se joint à eux, et elle a l'impression d'être sur le point d'exploser. La chaleur des deux corps qui l'emprisonnent sur la piste de danse lui fait tourner la tête. À présent, son estomac semble faire des triples sauts périlleux. Sa respiration s'alourdit et devient laborieuse tandis que son esprit se vide.

Elle ne comprend pas.

Elle appréhende ce qui pourrait lui arriver si elle ne quitte pas la foule dansante.

Brusquement, comme si elle avait été frappée par la foudre, la jeune blonde repousse les deux hommes et, à bout de souffle, prise de panique, se précipite vers les toilettes des femmes en bousculant plusieurs personnes sur son passage.

Une paire de bras forts se referme sur elle et la tire hors de la foule. Sans comprendre comment, elle se atterrit sur un canapé en cuir rouge dans une pièce faiblement éclairée. Elle remarque les lettres « VIP » sur la porte, puis il y a un claquement de doigts et le battant se referme.

Klaus se tient au-dessus d'elle, secouant la tête d'un air mécontent.

- « Tu deviens folle ou quoi ? »

Caroline se redresse sur le canapé en s'appuyant sur ses deux mains pour ne pas défaillir. Son regard erre distraitement dans la pièce.

- « Peut-être bien » répond-elle en déglutissant difficilement.

Elle reste silencieuse un moment, tentant de reprendre ses esprits. Elle est pâle, et si Klaus ne se trompe pas, elle est en train de paniquer. Alors, il s'appuie contre le mur rouge et attend.

Et attend.

Elle continue de regarder dans le vide.

Alors il attend encore.

Finalement, Caroline se reprend et lève les yeux vers lui.

- « Tu les as ressenti aussi ? »

- « Ressenti quoi ? » Il incline la tête.

- « Toutes ces… sensations ! » Elle lève les bras au ciel. « Comme la faim. Et comme ces frissons quand quelqu'un te touche. »

Son regard le transperce dans l'attente d'une réponse.

- « Tu avais raison » lance-t-il. « Tu parviens à me surprendre. »

Caroline lui adresse un faible sourire, mais il se met à soupirer.

- « Par ta stupidité. »

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- « Elle est très sexy. » Tyler avale son verre d'un trait.

Matt hoche la tête avant de l'imiter.

- « Elle est très bizarre » grimace Kol en prenant leurs verres pour les remplir d'un alcool plus fort.

- « Mais elle est sexy. »

- « D'accord, sexy ET très bizarre. »

- « Elle est célibataire ? » L'Inquisition Lockwood se poursuit ; Tyler ne semble pas du tout découragé par la bizarrerie de Caroline.

- « Je ne sais pas. » Kol hausse les épaules. « Elle n'arrête pas de faire du shopping, de me voler mes cookies et de parler au téléphone avec une certaine Elena, bien que je n'aie aucune idée de qui est cette fille. Mais c'est tout. »

- « C'est une proie facile alors » s'esclaffe Matt.

Tyler lui tape dans la main.

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- « Comment ça, c'est un TRUC D'HUMAINS ? » Caroline écarquille les yeux, et elle jurerait être en train de suffoquer.

- « Quand tu quittes ton territoire naturel et que tu voyages dans une autre dimension, tu changes. Tu es toujours un être surnaturel, mais ton pouvoir s'affaiblit. Ici, il est limité. Et en même temps, comme tu es entourée d'humains, tu deviens similaire à eux. Appelle ça le kit de survie de la Nature. »

- « Je ne comprends toujours pas. »

- « Et moi, je ne comprends toujours pas pourquoi ils ont envoyé une bleue ici » grogne-t-il.

Quand Caroline reste silencieuse et se contente de bouder, Klaus prend une profonde inspiration et explique :

- « Tu connais le proverbe ; à Rome, fais comme les Romains ? »

- « Non. Je n'ai jamais été à Rome » marmonne-t-elle.

Klaus pousse un grognement de frustration.

- « Tu es sur Terre, donc ton corps s'adapte au monde humain. Tu commences à éprouver toute une palette d'émotions, comme par exemple le bonheur terrestre et la tristesse. Tu ressens aussi des choses banales et physiques telles que la faim et la soif. »

- « Mais le truc que j'ai ressenti en dansant avec ces types, ce n'était pas une faim normale. »

Caroline frissonne à la pensée de leurs corps contre le sien…

- « Evidemment. C'était de la luxure. »

- « QUOI ? » Elle manque de tomber du canapé. « Comme LA luxure ? »

- « Ouaip. »

- « Oh non » gémit la jeune femme. « Comment tu le sais ? »

- « Contrairement à toi, je suis venu préparé » répond-il sur le ton de l'évidence. Et soudain, il comprend. Évidemment ! « Attends une minute. Jusqu'ici, tu n'avais jamais quitté le Paradis ? »

- « Non. »

- « Donc tu n'as jamais ressenti toutes ces choses ? »

- « NON » soupire-t-elle. Quelque chose lui dit que Klaus n'est pas exactement en train de s'inquiéter pour elle.

Et elle a raison - son regard s'illumine d'un air mauvais tandis que ses lèvres s'étirent en un sourire de prédateur.

- « Donc tu n'as jamais eu de relations sexuelles. »

Scandalisée, Caroline sursaute.

- « Bien sûr que non ! Pour qui tu me prends ? Je suis un ange ! »

Les gloussements frénétiques de Klaus rebondissent sur les murs, et plus il se moque d'elle, plus l'indignation de Caroline augmente. Dans un silence colérique, elle croise les bras sur sa poitrine et attend qu'il s'arrête.

- « Tu as fini ? » crache-t-elle.

Le diable la regarde, examinant minutieusement sa silhouette. Une novice envoyée sur Terre dans le but d'empêcher l'Armageddon de se produire. Une fille qui ne sait pas que son premier contact avec le monde humain va avoir sur elle des conséquences choquantes. Pendant les premiers jours, avant que son corps ne se soit complètement adapté, elle ressentira tout avec dix mille fois plus d'intensité.

Tout. Y compris la torture que son corps endure lorsqu'elle est à proximité d'un homme.

Klaus s'approche d'elle et, posant les mains sur le dossier du canapé, se penche en avant. Paralysée par la peur, elle est forcée de se reculer et de s'enfoncer dans le cuir rouge. Son visage n'est plus qu'à quelques centimètres du sien. Elle étudie chaque détail de ses traits ; son nez bien dessiné, ses yeux d'un bleu profond, ses lèvres pleines et la légère toison qui recouvre sa mâchoire. Oui, cette barbe naissante qui lui donne un air si…

Caroline secoue la tête. Qu'est-ce qui ne va chez elle ? Cependant, la proximité de leurs corps continue de la faire frissonner.

Son visage se rapproche encore, et elle ferme instinctivement les yeux, s'attendant à un coup ou à une morsure. Mais c'est alors qu'elle sent sa barbe naissante lui érafler la joue. Une seconde plus tard, son souffle chaud lui chatouille l'oreille alors qu'il murmure :

- « Tu n'imagines pas à quel point cela va être drôle de te regarder lutter contre tes émotions terrestres, sweetheart. »

Klaus n'a jamais été aussi amusé. Elle va être sa principale source de divertissement jusqu'à la fin du monde (qui, au cas où vous l'auriez oublié, aura lieu le mois prochain).


N/A : J'espère que ce chapitre vous a plu ! Personnellement, j'ai pris beaucoup de plaisir à travailler dessus, j'adore le côté fun et léger de cette fic qui me change énormément de "A travers le temps".

Vous avez maintenant plus d'explications sur les intentions de Klaus. Qu'en avez-vous pensé ? Et de la soirée ? Notre pauvre Caroline est complètement perdue et Klaus prend un malin plaisir à la taquiner.

Je pense poster le prochain chapitre assez rapidement, mais il est vrai que quelques reviews m'aideraient à me motiver :-) N'hésitez pas à me faire part de vos impressions sur ce chapitre.

À bientôt !