Alors voilà le chapitre 2! Vous ferez la connaissance d'un OC qui sera très très important pour la suite des choses. On va aussi retrouver le club de Seigaku et je pense vous réserver quelques surprises (en tout cas Hazue lui en aura xD).
Bonne lecture!
Une trop longue journée (partie 1)
Lundi matin. Hazue avait déjà les yeux ouverts quand son réveil sonna : pour être plus exact, il n'avait pas dormi. Il se leva de son lit, s'étira et se demanda un moment s'il arriverait à passer à travers la journée. Un coup d'œil au miroir n'aida en rien sa cause : il avait les yeux injectés de sang et un air hagard sur le visage.
Pourtant, après sa douche, il avait déjà meilleure allure, et, quand il se souvint qu'il commençait le collège, il retrouva le sourire. Il était encore stressé, mais il avait surtout hâte de voir son idole – il y avait plus d'une demi-année qu'il l'avait vu.
Son frère était déjà parti courir et ses parents n'étaient pas encore réveillés. Hazue, qui avait prévu le coup, engloutit rapidement son petit déjeuner et sortit dans l'air encore frais du matin. Il savoura un moment le vent sur son visage et s'avança, son sac de tennis sur l'épaule.
Lorsqu'il arriva face à son collège, son cœur battait la chamade et ce n'était pas l'effort. Il avait énormément d'avance : il se dirigea vers les courts de tennis et vit que certaines personnes y étaient déjà. Il se cacha derrière un arbre et essaya d'identifier les gens, mais il ne les connaissait pas – mis à part son grand frère.
Au bout d'un moment, il se retourna et se dirigea vers le gymnase. Selon le papier qu'il sortit, il y aurait la cérémonie d'ouverture et après on le dirigerait vers sa classe. Il était tellement occupé dans sa vérification qu'il ne regardait pas où il allait et, bien qu'il n'y ait personne à cette heure, il s'arrangea quand même pour foncer dans une personne.
Le garçon en question, un peu plus grand que lui, ne semblait pas porter attention non plus, de telle sorte qu'ils se retrouvèrent tous deux sur le sol. À genoux devant celui qu'il avait fait tomber, Hazue tenta de s'excuser d'une petite voix et se releva prestement. Il donna sa main pour aider l'autre, mais celui-ci ne la prit pas et préféra se lever par lui-même. Le nouveau ne fit pas de cas jusqu'au moment où l'autre leva les yeux.
Echizen Ryoma. Il venait tout juste de foncer dans son idole et de le faire tomber sur le sol! Un peu paniqué, Hazue s'excusa une fois de plus, mais le plus vieux préféra faire un son impossible à interpréter et s'en aller sans un mot de plus. Le garçon resta un long moment immobile : c'était tout? Il venait de rencontrer son héros d'une manière aussi banale et l'autre s'en allait sans lui avoir même demandé son prénom?
Hazue ne connaissait pas vraiment Echizen. Son frère n'en parlait jamais et il ne l'avait vu jouer qu'une fois. Tout ce qu'il avait retenu de lui, ça avait été son magnifique jeu et son jeune âge. Il savait aussi qu'il avait grandi, puisqu'il avait maintenant plusieurs centimètres de plus que lui, mais le reste de son physique n'avait pas changé. Cependant, sa personnalité restait pour lui un mystère.
Le son d'une cloche le ramena dans la réalité et Hazue sursauta. L'heure de sa montre confirma ses soupçons : il était en retard. Lui qui avait pourtant pris tellement d'avance pour éviter ce genre de situation!
Il courut jusqu'au gymnase et entra alors que le directeur récitait son discours. Il put se diriger jusqu'à sa place sans trop de problèmes et soupira de soulagement. Jusqu'au moment où on l'amena à sa classe – la troisième –, il ne réfléchit qu'à son senpai et leur rencontre improvisée du matin. Il souhaitait que cela les rapproche un peu; qui sait, il pourrait peut-être même lui demander d'être son mentor!
L'ombre d'un sourire ne quitta pas ses lèvres de la journée. Voilà, il y était : que quelques heures de plus et il serait un membre du club de tennis! Il pourrait enfin tenir sa raquette et jouer avec de vraies balles contre de vraies personnes. Il avait hâte de mettre en pratique ce qu'il n'avait toujours vu qu'en théorie. Il espérait vraiment être un bon joueur dès le départ – il pourrait peut-être même impressionner Echizen!
Sur l'heure du midi, il sortit son bento et commença à manger à sa place. Son regard fit le tour de sa classe et s'attarda sur le garçon à ses côtés, qui se tourna tout de suite vers lui et lui fit un gros sourire. Il avait les cheveux plus pâles que Hazue, d'un châtain surement teint, et ses yeux étaient marron. Sa coupe, malgré la couleur, était plutôt normale et il n'avait pas l'air d'un délinquant, bien au contraire.
Hazue ne se souvenait pas de son nom, mais apparemment ce n'était pas le cas de l'autre, parce qu'il lui demanda :
- Hazue-kun, est-ce que tu l'as fait toi-même? Ton bento?
L'interpelé eut un regard vers son repas et revint à son collègue, qui était un brin plus grand que lui, pour répondre :
- Non, c'est ma mère. Et toi, euh...?
- Kitahara Kei. Tu peux m'appeler Kei, Monsieur j'ai-aucune-mémoire~!
Et ce, dit avec un clin d'oeil et le sourire étiré jusqu'aux oreilles – Hazue déduisit qu'il ne l'avait surement pas offusqué et préféra donc continuer :
- Kei-kun, tu as un bento?
Le plus ou moins blond sortit une sandwich de son sac et rétorqua :
- Nan, mes parents sont de vrais boulets en cuisine, et je te parle pas de ma grande sœur! Je suis le seul qui arrive à rien bruler, mais au niveau du gout c'est pas encore ça, alors je me rabats sur des trucs achetés. Je peux gouter dis?
Il afficha un air de chien battu et Hazue lui tendit son plat avec un petit sourire – aussi bien être sympathique s'il voulait se faire des amis. Kei lui prit ses baguettes sans lui demander et lui piqua une saucisse, la partie préférée de son plat. Hazue eut un tic nerveux, mais ne dit rien – il n'était pas son grand frère, il n'allait pas se fâcher pour si peu.
Le voleur s'exclama que c'était super bon et qu'il rêvait d'avoir des repas dans le même style. Finalement, il s'installa directement à son bureau et tous les deux discutèrent de tout et de rien jusqu'à la fin de la pause.
Pendant le premier cours de l'après-midi, son nouvel ami lui envoya un papier pour lui demander :
Au fait, tu vas intégrer quel club? Tu t'es décidé?
Hazue sentit son cœur battre plus fort. En pensant à Echizen, il lui répondit honnêtement :
Celui de tennis. Et toi?
Kei lui fit un gros sourire après avoir lu son message et lui envoya sa réponse :
Moi aussi! Je fais du tennis depuis que j'ai 5 ans! C'est génial, on va s'amuser! ^w^
Hazue eut un sourire lui aussi, quoique moins grand que celui de son futur coéquipier, et laissa son regard divaguer vers les courts – par chance, il avait un pupitre à côté de la fenêtre. À cette heure, ils étaient vides, mais il songea que ce ne serait plus le cas d'ici peu de temps.
D'ailleurs, le reste de la journée passa plutôt rapidement. Kei lui envoya encore quelques messages et, pendant la pause de l'après-midi, lui donna son numéro de téléphone. Jamais encore Hazue ne s'était aussi bien entendu en une journée avec quelqu'un et il était plutôt content qu'il fasse partie du même club que lui.
De fait, ils se rendirent ensemble jusqu'aux courts. Le cœur de Hazue reprit un rythme effréné : c'était l'heure de vérité. Son frère allait enfin savoir qu'il faisait du tennis, son idole saurait enfin son nom. Il tiendrait enfin une raquette dans ses mains.
Il se changea difficilement et Kei commença à se plaindre qu'il était long. Quand il referma enfin son casier, le plus grand passa un bras autour de ses épaules pour le trainer vers les terrains. Hazue se défit de son étreinte pour faire une entrée un peu plus digne.
Ils avaient tous deux leurs papiers d'inscription à la main, dument remplis. Ils se fondaient parmi les premières années – ils étaient plus d'une dizaine. Pourtant, ce ne fut pas long que son grand frère le remarqua : Hazue le sut tout de suite quand il vit son expression passer de son air perpétuellement fâché à une surprise incommensurable. Automatiquement, il se dirigea vers lui, bousculant au passage et sans s'excuser quelques premières années. La première chose qu'il lui dit, d'un ton brusque, fut :
- Hazue? Qu'est-ce que tu fous là?
Son visage était très drôle et Hazue se sentit l'envie de rire. Néanmoins, il garda son sérieux et répondit plutôt :
- J'ai décidé de me mettre au tennis, Kaoru-nii-san.
Kei, tous les premières années et la plupart des senpais s'exclamèrent de surprise. Un grand adolescent qu'il ne connaissait pas s'avança et demanda à son frère :
- Mamushi, tu avais un petit frère?
Le plus jeune, qui ne connaissait pas encore le surnom, émit un petit rire timide et commenta :
- «Mamushi»... ça te va bien, Nii-san.
Ce dernier siffla pour le contredire – ce qui, bien franchement, prouvait plutôt son point –, mais ne lâcha pas le morceau et préféra continuer à le questionner :
- Je croyais que tu détestais le tennis.
Hazue baissa le regard et tenta de trouver une réponse – il n'avait pas prévu qu'il poserait cette question –, mais il n'eut pas le temps. Echizen, qui venait d'arriver, dit plutôt d'un ton ennuyé :
- Kaidoh-senpai, on devrait pas commencer l'entrainement?
Le senpai qui avait sorti le surnom commenta :
- Echizen, Mamushi est ton capitaine maintenant, tu devrais l'appeler «buchou».
Le grand frère se fâcha et le cadet observa la scène avec un certain malaise.
- Et toi, la stupide pêche, t'as pas pensé à m'appeler buchou peut-être?
- Moi c'est pas pareil, se défendit-il, je suis vice-capitaine!
- Ça te donne pas tous les droits pour autant!
- Kaidoh-buchou, Momo-fukubuchou, intervint un autre troisième année (qui avait d'ailleurs la veste de titulaire), il faudrait peut-être prendre les formulaires des premières années, vous croyez pas?
Le capitaine acquiesça et, après lui avoir donné un regard lourd de sous-entendus, il reprit sa place devant tous les plus jeunes et leur fit un petit speech :
- Si vous voulez faire partie du club de tennis, vous devez être prêts à travailler fort! C'est pas un camp de vacances! Notre objectif cette année est de devenir numéro un au Japon, comme l'année dernière. Si vous vous sentez capable de supporter l'entrainement difficile, donnez-moi votre inscription.
Il y eut une hésitation parmi la foule, mais Kei se dirigea sans s'y prendre à deux fois vers l'effrayant capitaine et tous suivirent. Hazue ne reconnaissait personne d'ailleurs, il faudrait qu'il apprenne leurs noms. Son grand frère lui fit l'expression la plus effrayante qu'il possédait quand ce fut à son tour de lui remettre le papier, mais le plus jeune évita habilement son regard.
Après, ce fut une pluie d'ordres et tous les joueurs se dispersèrent. La coach, Ryuzaki, prit en charge les plus jeunes et les guida dans leurs étirements. Kei et Hazue les effectuèrent ensemble et le premier demanda au second :
- Kaidoh-buchou est vraiment ton grand frère?
Un peu déçu de la tournure que prenaient les évènements – après tout, Echizen ne lui avait toujours pas parlé, et il n'avait toujours pas de raquette en main – Hazue répondit simplement :
- Oui.
- C'est vrai que vous vous ressemblez, physiquement du moins, ajouta son sociable ami. N'empêche, je comprends que tu veux jouer! Je parie que tu es aussi bon que lui! Tu dois bien t'y connaitre d'ailleurs, non? Tu savais qu'il a une technique qui s'appelle le Boomerang? C'est vraiment fou comme coup! Ah c'est vrai, c'est ton frère, tu dois bien le savoir!
Hazue, bien content que l'autre monologue, le laissa parler en acquiesçant de temps à autre. Sincèrement, il trouvait les échauffements un peu difficiles, et il réalisait enfin qu'il n'avait pas pensé à cette partie de l'équation. Il avait tellement été pris par la compréhension du sport qu'il en avait oublié que c'était un sport justement, et il redoutait que son manque d'exercice physique ne paraisse.
Kei, lui, ne semblait pas du tout fatigué. D'ailleurs, quand ils purent enfin prendre des raquettes, il avait toujours un grand sourire sur le visage. Plusieurs deuxièmes années les approchèrent et un titulaire à l'allure plutôt douce les informa :
- Je m'appelle Katou. Pour aujourd'hui, moi et les deuxièmes années allons vous aider à comprendre les bases. Qui ici connait les règles?
Hazue et Kei furent les seuls à lever la main. Le plus vieux ne se découragea pas pour autant et la coach leur fournit des feuilles explicatives. Pendant ce temps, il continua :
- Vous aurez en devoir de lire ces feuilles.
Tous s'exclamèrent de mécontentement, sauf les deux qui avaient levé leur main. Hazue ne dirait jamais non à plus d'information et Kei semblait étonnamment sérieux. Quand le silence se fit, il leva la main pour demander :
- Est-ce que les premières années auront une chance de devenir titulaires cette année, comme l'année dernière?
Katou sembla hésiter et c'est un autre deuxième année, qui n'avait pas la veste des titulaires, qui répondit sur un ton présomptueux :
- C'est Kaidoh-buchou qui va décider! Mais si on avait un première année comme Echizen, surement qu'il lui laisserait essayer.
Kei, un sourire qui commençait à devenir un peu effrayant sur les lèvres, enchaina :
- Et comment on gagne cette chance?
Tous les plus vieux hésitèrent et finalement Echizen, qui se tenait derrière, s'avança pour dire, toujours aussi nonchalamment :
- Il suffit de l'impressionner. Si tu me bats, peut-être qu'il y pensera.
Katou se tourna vers lui et lui dit :
- Ryoma-kun, tu n'es pas sérieux, il n'a aucune chance!
Le petit prodige fixa son regard sur le première année et dit avec un rictus :
- Évidemment, je perdrai pas. Tu aurais plus de chances avec Kaidoh-buchou ou Momo-fukubuchou.
Un autre deuxième année tenta d'intervenir en gémissant :
- Ryoma-kun!
Mais Kei fut plus rapide et dit avec un air de défi :
- Tu m'iras très bien, Echizen-senpai.
Hazue, pendant tout ce temps, regardait la scène sans mot dire. Lui qui avait voulu faire impression... finalement, on lui volait la vedette. Echizen ne l'avait même pas remarqué, personne d'ailleurs, et la seule chose qu'on savait de lui à ce stade, c'était qu'il était le petit frère du capitaine.
Venait-il de perdre une demi-année de temps et d'argent pour rien? Pour la première fois de la journée, Hazue se demanda sérieusement ce qu'il était en train de faire.
