Cet OS est écrit pour un jeu du FoF. Il fallait rédiger quelque chose sur le thème "Forgeron" en une heure. Pour plus de précisions, vous pouvez m'envoyer un MP.

Huhu, me voilà vernie pour rédiger une suite :3


Le chemin menant au pied de la falaise était raide et peu praticable. Le vent glacial soufflait en fortes bourrasques de ce côté-ci et la guerrière épuisée craignait de faire une mauvaise chute. De plus, une brume dense s'était formée en quelques minutes à peine, recouvrant toute la vallée d'une épaisse couverture opaque.

Elle avait résolu que c'était bien trop dangereux. Elle avait préféré rebrousser chemin, rejoindre l'emplacement de son précédent feu de camp. Là, au moins, elle pourrait se reposer un peu en attendant que le vent baisse et que la brume se dissipe. La Messagère d'Emeraude. Le Trône. Vendrick.

La guerrière blonde parcourut donc à nouveau la forêt de troncs noirs aux feuillages hauts. Elle ne croisa que peu d'ennemis, dont une bonne partie de charognards venus se repaître des chairs des bêtes abattues lors de son premier passage. Puis, elle fut enfin au pont de pierres blanches couvertes de mousse et d'herbes sauvages.

Elle était au milieu du pont lorsqu'elle aperçut un point lumineux en contrebas. Elle s'approcha du parapet et se pencha en avant pour mieux scruter cette portion de colline. C'était une petite bâtisse au toit de chaume et, elle pourrait en jurer, de la fumée s'échappait de la cheminée pour se mêler presqu'immédiatement aux nuages bas.

Vu son emplacement, il n'était pas surprenant que ça lui ait échappé lorsqu'elle était passée en sens inverse. Il fallait qu'elle aille voir de plus près. Chaque petit endroit pouvait avoir son importance, elle l'avait compris bien assez tôt, et, si on n'était jamais à l'abri d'un piège vicieux, les artefacts et matériaux disséminés çà et là, laissés à l'abandon par leurs précédents propriétaires, en valaient souvent la chandelle.

C'est ainsi qu'elle se retrouva à marcher à pas lents sur un mince chemin de terre qui zigzaguait entre des arbres noueux et des bosquets d'épines. Une carcasse pouvait surgir à n'importe quel moment. La guerrière progressait prudemment, bouclier levé devant elle, prête à frapper le moindre ennemi qui viendrait attenter à sa vie. Et ce faisant, elle continuait à se répéter les mêmes mots. La Messagère d'Emeraude. Le Trône. Vendrick.

Finalement, lorsqu'elle fut sur le pas de la porte, elle n'avait pas croisé âme qui vive. Elle en était si surprise que la terreur de se faire surprendre ne cessait de croitre en elle. Elle s'efforça néanmoins de garder son sang-froid en respirant lentement.

Après avoir vérifié une dernière fois les environs, elle enfonça la porte de bois moisi d'un violent coup de pied. Lorsque la sciure fut retombée, elle tenait en joue un homme gigantesque à la barbe drue impressionnante. Ses yeux caverneux, enfoncés dans leurs orbites, la contemplait avec une surprise teintée d'une forte dose de mélancolie. Il n'avait pas l'air agressif.

La guerrière baissa lentement son bouclier et lui jeta un regard interrogatif. Elle avait trop soif pour seulement essayer de parler.

- Bonjour, fit le géant d'une voix profond et lente en ouvrant ses larges mains, ça fait longtemps que je n'avais vu personne ici. Bienvenue.

Il inclina légèrement la tête et lui désigna l'intérieur de la maisonnette. En un coup d'œil, elle put voir une enclume gigantesque ainsi qu'une palanquée d'outils de forge de taille imposante.

- Je suis Polyf et je suis forgeron, ajouta-t-il. Peut-être puis-je faire quelque chose pour vous ?

Il se leva et frotta son tablier. La guerrière eut l'impression qu'il brossait des années de poussière accumulée. La tête du géant frôlait les poutres de la chaumière alors qu'il se dirigeait vers son atelier. Alors que la femme entrait et s'asseyait sur le siège laissé libre, le Polyf allumait un feu dans la cheminée, à grands gestes lents mais précis.

Le feu ne fut bien chaud que quelques heures plus tard, heures pendant lesquelles le forgeron travaillait ses outils sans un mot. La femme lui en était reconnaissante, elle n'avait pas envie de discuter. Sans cesse, elle se répétait les mêmes mots. La Messagère d'Emeraude. Le Trône. Vendrick.

Elle dormirait ici cette nuit. Demain, elle reprendrait sa route.