Laurence se fit aussi discret que possible, évitant de faire craquer les planches de bois du ponton.
L'assassin d'Alice, un sourire satisfait et un air à la limite de la contemplation, admirait le corps de la jeune femme qui s'enfonçait lentement dans le lac, ses spasmes incontrôlables craquant la surface de l'eau.
La saveur terriblement amère du dégoût envahit les sens du commissaire. Aveuglé par une haine sans nom, il ne fit plus attention aux bruits de ses pas.
L'assassin l'entendit alors et tourna la tête. Trop tard. Laurence lui assena un violent coup sur le crâne. L'homme gisait à présent sur les planches, assommé, en sang. Mais c'était le dernier de ses soucis.
"ALICE ! cria Laurence. La situation devait-elle être à ce point désespérée, chaque fois, pour qu'il daigne prononcer le prénom de la jeune femme ?"
Mut par la peur de perdre Alice, pour de bon, il plongea à son tour dans les eaux sombres et glacées. Il était difficile d'y voir, une fois sous la surface, mais par chance - s'il on veut, les rayons du soleil se réfractaient dans l'onde et là, à quelque distance, capturèrent un reflet orangé. Reconnaissant les cheveux d'Alice, Laurence fonça vers elle et la tira vers lui.
Usant d'un rocher pour se donner de l'élan, il donna un coup de pied et nagea jusqu'à la surface.
