Voici le deuxième chapitre : First Date.

Il est un peu moins "mignon" que le premier, parce que quoi qu'il arrive, Alex reste Alex, c'est à dire un poil violent sur les bords.

Enjoy !


« First date »

La patience est une vertu des Assassins, et Desmond l'appliquait en ce moment même. Il ne comprendrait jamais. Son copain était capable de voler, de courir sur les murs, de sauter à des distances impossibles et de battre n'importe qui à la course, Usain Bolt compris. Et pourtant, il arrivait toujours en retard à leurs fichus rendez-vous ! Expliquez l'intérêt de pouvoir traverser Manhattan en deux heures s'il ne se débrouillait jamais pour être là à temps ?

On se calme. La patience est primordiale, Desmond ne doit pas s'énerver, se retenir de donner un coup à Alex quand il arrivera. Et aussi arrêter de fulminer tout seul parce qu'il va finir par se faire remarquer.

C'est alors qu'il entendit une voix juste derrière lui.

« Je ne suis pas trop en retard ? »

...

Le rendez-vous avait été fixé près du Strawberry Field, à Central Park. Il y avait suffisamment de monde dans les environs pour que ni l'Assassin ni le bioterroriste ne se fassent repérer par leurs ennemis.

Desmond s'était laissé tomber dans l'herbe en attendant son copain. Quand celui-ci arriva enfin, il retint ses commentaires désagréables et lui fit simplement remarqué son retard. Le virus s'excusa et vint s'asseoir à côté de Desmond.

L'Assassin s'allongea complètement et le virus resta assis. Assez timidement, Alex pris la main de Desmond. Ce dernier la sera contre lui et sourit. Alex n'était pas très physique dans ses relations. Ça ne rendait ces contacts que plus précieux.

Il se passa de longues minutes de silence. Alex ne bougeait pas. Il était tellement perdu dans ses pensées que le Capitaine Cross aurait pu passer en chevauchant un poney rose semant des étoiles arc-en-ciel sans aucune réaction de sa part.

Alex Mercer pensait à quelque chose que personne n'aurait pu imaginer. Il pensait à son couple. Plus précisément, Alex se remémorait leur premier rendez-vous, même si à cette époque ni l'un ni l'autre n'aurait osé l'appeler ainsi.

...

C'était au septième jour de l'épidémie. Alex et Desmond s'était rencontré à peine deux jours avant. Ça paraitra sûrement cliché à en mourir, mais le virus n'arrivait pas à oublier ce moment. Cet homme encapuchonné à qui il avait sauvé la vie. Son côté rationnel lui disait de l'oublier, qu'ils ne se reverraient jamais. Tout faux. Moins de 48 heures plus tard, ils se retrouvèrent. Alex combattait alors une dizaine de soldats du Blackwatch. Il en avait déjà éliminé la moitié, et alors qu'il découpait proprement deux militaires d'un coup, il vit une silhouette en blanc poignarder dans le dos un autre gars. Le temps de reconnaitre l'homme de l'autre fois, celui-ci en avait tué deux autres, se jouant de leurs armes sophistiqués et de leurs protections renforcées.

Lorsque le combat cessa, Alex fit face à son allié (?) Ledit allié essuyait sa lame sur l'uniforme d'un soldat. Elle se rétracta dans un chuintement dans le brassard du jeune homme.

«-Je peux savoir qui tu es et pourquoi tu m'as aidé ?

-On s'est déjà croisé. Il y a deux jours. Tu m'as sauvé la vie. Alors je te le rends. »

-Pourquoi ? Je veux dire, je suis un terroriste et tout ça…

-Tu n'es quand même pas aussi méchant qu'ils le disent, non ? »

Là, pour le coup, Alex était stupéfait. Est-ce que ce type venait de le prendre pour un gentil gars ?

«-Je veux dire, les gens qui font des trucs vaguement illégaux parce que les temps sont durs, et qu'on désigne comme ennemi public n°1, j'en ai déjà vu. Alors…

-Alors tu es venu voir toi-même ce qu'il en est ?

-C'est ça. »

Alex vit alors une troupe du Blackwatch qui arrivait. Il secoua la tête, puis se reconcentra sur le type en blanc.

« Retrouve-moi à l'entrée principale du Rockefeller Center ce soir. Tu verras par toi-même si je suis aussi mauvais qu'ils le disent. »

Puis Alex se retourna et se mit à courir.

...

Voilà. Ça, c'était comment Alex Mercer en était arrivé à donner un rendez-vous à Desmond Miles. Pas très romantique, mais le rendez-vous en lui-même fut encore pire.

...

Rockefeller Center était ouvert, mais vide. Les consignes de sécurité distribuées par les autorités et le manque de ravitaillement empêchaient le commerce de bien fonctionner. Desmond s'assit tranquillement à côté des portes et attendit.

Alex Mercer arriva quelques minutes plus tard. Sans un mot, il fit signe à l'autre de le suivre. Ils marchèrent le long des rues, ne croisant que peu de monde. Alex s'étonna que l'autre, dont il ne connaissait même pas le nom, soit si détendu. Il marchait avec un bioterroriste à moitié arme chimique, quand même !

«-Qu'est-ce que tu sais de moi, au final ?

-Ce que disent les infos et ce que j'ai appris tout seul.

-C'est-à-dire ?

-D'après les infos, tu es un bioterroriste, le responsable de l'épidémie qui s'est abattue sur New York. Tes motivations sont inconnues, et tu élimines sans pitié les soldats qui te traquent. Ils s'acharnent à te décrire comme le pire salaud du siècle. C'est la méthode habituelle. Trouver un bouc émissaire et le décrédibiliser au maximum.

-Hum. Tu as l'air de t'y connaitre.

-J'ai vu d'autres personnes, à d'autres endroits, à qui il arrivait la même chose.

-Ah bon… Et ce que tu as appris par toi-même ? »

Desmond aurai dû se méfier. On ne plaisante pas avec ce type. Mais il parla sans réfléchir.

« Tu t'appelles Alexander John Mercer. Avant, tu travaillais dans une boite… Gentek, je crois. Tu faisais des recherches sur un virus et… »

Alex plaqua d'un coup Desmond contre un mur, l'étranglant à moitié.

« Tu en sais des choses, dis-moi. Je peux savoir d'où elles te viennent ? »

Il desserra légèrement sa prise, permettant à sa victime de respirer.

« Je… J'ai vu… ta carte de Gentek… Un jour où on s'est croisé… Avant l'épidémie… »

Alex lâcha Desmond, le laissant tomber à genoux, se tenant la gorge et tentant de respirer.

«-Hhh… T'étais pas censé… me prouver que t'es un type bien ?

-Je ne suis pas un type bien. Et je déteste qu'on découvre mes secrets. »

Desmond ne dit rien. Il se releva, les mains toujours sur la gorge. Son instinct d'Assassin lui hurla de se barrer. Il ne bougea pas. Pour s'être déjà retrouver face à un ours (merci Connor), il savait que le mieux à faire devant un animal sauvage est de ne pas bouger. Et Alex Mercer était un animal très sauvage.

«-Tu vas me tuer ?

-Ça n'a pas l'air de t'inquiéter.

-T'es sûrement plus fort que moi, mais si tu essayes de me tuer, crois-moi je saurai me défendre. »

Alex eu un léger sourire, découvrant ses dents dans une attitude de sadique. Alors comme ça ce type pensait pouvoir lui faire face ?

« Je ne suis pas sûr… que tu puisses faire grand-chose contre moi. »

Tout en parlant, il modifia son bras gauche, créant la lame acérée qu'il avait l'habitude d'utiliser. Desmond eu un mouvement de recul, mais se reprit très vite et s'avança d'un pas.

« J'ai vu des trucs plus étranges avec la Pomme. »

Alex n'avait aucune idée de quelle Pomme il parlait et honnêtement, il s'en fichait. Il était déjà plus surpris par sa réaction. Ni peur ni dégoût. Juste une concentration sans faille. Dans un éclair de pensée, Alex comprit que son adversaire était un combattant, un vrai, bien plus qu'il ne le sera jamais lui-même.

Avec lenteur, le virus rétracta sa lame.

«-T'es courageux, toi. La plupart des gens s'enfuient en courant en voyant quel genre de monstre je suis.

-Je me répète, mais j'ai déjà vu pire. Et puis, franchement, je crois qu'il y a des gens 100% humain qui se comportent bien plus mal que toi. De ce que j'ai vu, tu combats les monstres créés par l'infection ?

-Ouais.

-Bon… (Desmond se passa une main sur la gorge) On pourrait discuter de la manière dont tu traites les innocents, mais finalement, t'es pas le destructeur du monde qu'ils décrivent.

-Merci… »

Alex haussa les épaules. Il ne savait pas pourquoi, mais les paroles de Desmond l'apaisaient. Lui qui ne s'était jamais soucié de l'avis de qui que ce soit, sauf peut-être de celui de Dana, ressentait l'envie d'entendre quelqu'un approuver sa conduite.

S'il avait été parfaitement honnête, il se serait avoué qu'il avait envie que ce soit Desmond, et personne d'autre, qui l'approuve. Oui, il ne l'avait pas côtoyé plus de trois heures et il ne connaissait même pas son nom. Et alors ?

«-Il se fait tard, murmura le virus en se détournant. Tu devrais rentrer chez toi.

-Attend ! »

Desmond saisit le bras d'Alex pour le retenir. Celui-ci se figea. Il détestait les contacts physiques, sauf quand ils venaient de sa sœur, et la main de l'Assassin sur son bras lui était insupportable. Il se dégagea brutalement.

« Pardon… murmura Desmond d'un air piteux.

L'autre ne lui répondit pas.

« Bon, ben… Si on jamais se revoit… À la prochaine, alors. »

Alex se retourna, pour dire au revoir ou pour s'excuser d'avoir été si sec, il n'en savait rien. Mais il n'eut pas le temps de dire quoi que ce soit. Desmond était déjà en train de grimper à un mur avec l'aisance d'un chat. En moins d'une minute, il était hors de vue. Perplexe, Alex resta une seconde à fixer le mur, avant de hausser les épaules et de s'en aller.

...

Desmond dormait à moitié quand Alex s'allongea à son tour dans l'herbe. Il se réveilla pour voir que son copain ne lui avait pas lâché la main, et qu'il pensait perdu dans ses pensées.

«-À quoi tu penses ?

-Hm ? Oh, à un truc très bête. Le jour où je t'ai donné rendez-vous au Rockefeller Center. Pourquoi est-ce que tu es parti en montant sur les toits ? »

Desmond eu un petit rire. Il se rapprocha d'Alex et lui expliqua.

«-C'était pour te montrer que tu n'étais pas le seul à avoir des capacités spéciales.

-Et c'est tout ?

-C'est tout. »

Alex soupira. Son copain était vraiment irrécupérable. Ledit copain ne s'embarrassa pas de l'exaspération du virus et retourna dormir dans l'herbe. Il n'avait pas lâché la main d'Alex.


Je dénigre toute responsabilité en cas de suicide psychique de ceux qui ont tenter d'imaginer Cross sur un poney rose qui sème des étoiles arc-en-ciel... ^^

Prochain chapitre : First kiss.