Kalas1209 : Merci beaucoup pour ce commentaire. J'espère que la suite continuera à te plaire, et je suis ouverte à toute suggestion pour l'améliorer !

Chapitre 2

Les deux hommes se dirigèrent chacun vers leur chambre. Ils revêtirent rapidement les costumes de cérémonie posés sur leurs lits et se rendirent dans la salle du Conseil.

Quand les Conseillers se levèrent à leur entrée, Aragorn sentit plus fort que jamais leur ressentiment envers son Intendant et lui; il lui sembla qu'en même temps qu'eux se levait un mur invisible, qu'il devrait s'efforcer de briser.

Comme d'habitude, mais avec une ambition à peine voilée, les Conseillers exposèrent tour à tour leurs revendications. Aragorn, qui commençait à être rompu à cet exercice, répliqua calmement en invoquant la loi et les devoirs qui leur incombaient; mais intérieurement, il bouillonnait.

Quand un Conseiller se leva pour demander une hausse des taxes sur le froment, prétextant un improbable déficit du trésor royal, Aragorn jeta un oeil vers Faramir, qui n'avait pas encore parlé. A sa surprise, il remarqua que le jeune homme était très pâle, le regard fixé sur un point à ses pieds.

« Seriez-vous souffrant, mon ami? » demanda le Roi en lui posant une main sur l'avant-bras.

Faramir sursauta, comme sous l'effet d'un coup; il se leva d'un bond et s'éloigna vivement du Roi, faisant tomber sa chaise. Sur son visage se lisait une expression imprévue: la terreur. Aragorn pensa à un cerf acculé par des chiens après une longue traque.

Se forçant au calme, il fit un pas en avant et ouvrit la bouche; mais ses paroles apaisantes moururent sur ses lèvres quand, avec un cri inarticulé, Faramir se jeta sur lui.

Aragorn esquiva la charge furieuse, mais, d'un mouvement étonnamment souple, Faramir fit volte-face et lança ses mains vers la gorge du Roi. Celui-ci se retrouva plaqué contre le mur, les mains agrippées aux poignets de Faramir. Il regarda avec un douloureux étonnement le beau visage de Faramir à quelques pouces du sien, le souffle court, les yeux écarquillés, fou de peur.

Oui. Il était fou.

La prise d'Aragorn céda soudain quand Faramir fut violemment tiré en arrière par deux Conseillers, qui avaient saisi ses épaules. Avec un cri, l'Intendant se débattit furieusement et tomba à terre, entraînant ses deux adversaires. Un garde, qui était sans doute entré dans la pièce en entendant le vacarme, les aida à le maintenir au sol.

Aragorn s'agenouilla doucement. Il n'y avait aucune colère, aucun désir de tuer dans le regard de Faramir; seulement la peur qui saisit tout homme en prise avec des personnes désireuses de lui nuire, et le pousse à défendre sa vie.

L'Intendant tressaillit violemment quand Aragorn posa la main sur son front, mais peu à peu ses mouvements désordonnés se calmèrent et il ferma les yeux. Le silence était absolu, uniquement rompu par les halètements rauques de Faramir.

Enfin, après un moment qui sembla interminable, il ouvrit les yeux et regarda le Roi. Toute peur avait disparu de son regard, qui n'arborait plus qu'une immense confusion.

« Mon seigneur, murmura-t-il, qu'est-ce que…? »

Mais avant qu'Aragorn ne puisse prononcer une seule parole, le Premier Conseiller, l'un des trois restés à distance s'avança et pointa Faramir du doigt.

« Cet homme est coupable d'une tentative de régicide! Il mérite la mort! »