Note de l'auteur :
Hello dear readers, tout d'abord merci à ma revieweuse anonyme qui a eu la gentillesse de commenter le premier chapitre de manière assez juste. En effet, je conçois tout à fait qu'il n'est pas grand-chose à dire sur le premier chapitre dans la mesure où il ne se passe pas grand-chose. Le style n'étant rien sans une intrigue bien ficelée ) . Nous dirons qu'il s'agissait d'une petite introduction. Le deuxième chapitre servira à poser le cadre général de la fiction.
Par ailleurs, je sais que le topic Gundam Seed n'est pas l'un des plus actifs en français, aussi je m'empresse d'y remédier. Pour information, il y a de très bonnes fictions écrites en anglais sur le sujet et qui sont assez accessibles. Ce qui explique parfois qu'un ou deux mots d'anglais trainent par ici. Je change fréquemment de langue de lecture, ce qui peut occasionner des anglicismes.
Concernant l'intrigue, les péripéties se dessinent clairement et je tiens la fin. Ainsi, il ne me reste plus qu'à bien agencer tout ça. Cette fic comprendra très certainement dix chapitres voir plus.
Ce chapitre sera assez long afin de ne pas vous faire languir trop longtemps et ne pas vous ennuyer avec des considérations diplomatiques. Cependant, la longueur des chapitres équivaudra généralement à quatre pages word, ce qui me semble correct pour vous mais également pour moi.
Note de la Beta :
Proserpine : Un grand merci à Tar-Celebrian ma Beta Reader qui a accepté avec enthousiasme ce projet. Nous serons au moins deux à nous « amuser » sur cette fiction ^^.
Tar-Celebrian : Découvrir une fic Gundam de l'ampleur de celle-ci fait toujours plaisir ! C'est l'excitation de démarrer quelque chose de nouveau malgré la vieillesse du fandom ! C'est avec plaisir que je servirai de bêta :)
Musique écoutée lors de la rédaction du chapitre : Seize the Day, Wax Taylor
Chapitre : My own responsibilities
Les choses ne semblaient guère avoir évolué en cette matinée. La représentante Athha était une nouvelle fois assise à cette table de travail qui constituait une fois de plus son détestable quotidien.
Kisaka l'assistait comme il le pouvait sur les sujets militaires mais force était de constater que cela ne constituait qu'environ 25 % du travail de Cagalli. Celle-ci étant de nature méfiante, elle refusait catégoriquement l'aide de ses ministres et conseillers.
Kisaka se sentait quelque peu amer face à cela. Il pensait véritablement que Victoria de Castille aurait été une personne digne de confiance. Cependant, il avait oublié la souffrance de celle-ci et son ressentiment face au dédain du gouvernement et de la Nation d'Orb elle-même. Sur ce sujet, il souhaitait s'amender, jugeant cela plus que nécessaire.
C'est ainsi qu'il pénétra dans le bureau de la gouvernante afin de l'éclairer sur la nécessité d'honorer la mémoire des personnes ayant péri pour la survie de la nation. Le devoir de Mémoire ne pouvait être négligé, symbole des erreurs passées et garant d'un futur plus serein.
Cagalli releva la tête de ses dossiers pour afficher un pâle sourire à Kisaka. Malgré son accaparement, celle-ci savait qu'elle pouvait entièrement lui faire confiance. Levée depuis six heures du matin, une petite pause ne pouvait être que bienvenue.
- Bonjour Kisaka, que puis-je pour toi ? Lui demanda la voix fatiguée mais néanmoins chaleureuse de Cagalli.
- Bonjour princesse. Je me suis permis de constater que malgré tous nos efforts nous avons omis un point important dans notre programme de reconstruction énonça calmement Kisaka.
- Et quel est-il ? lui demanda Cagalli, l'air soucieux.
- La construction d'un monument pour la mémoire des personnes qui se sont sacrifiées pour la survie de notre Nation. Une visite récente m'a permis de réaliser ce manquement.
Kisaka marqua un temps d'arrêt en se remémorant les paroles à la fois sèches et justes de Victoria.
- En effet, quelle peut être la confiance des générations qui ont été touchées par la perte d'un proche, si nous ne leur apportons aucune considération ? reprit Kisaka.
- Tu as bien raison mon ami, cela est essentiel. Je ne veux pas créer de sentiment d'incompréhension et de rejet dans notre politique lui répondit doucement Cagalli. Je suis tellement absorbée du matin au soir dans cette paperasse, que j'en oublie l'essentiel. C'est tout simplement impardonnable.
Celle-ci ne put s'empêcher de songer à la politique qu'elle essayait tant bien que mal de conduire. Tant de choses à ne pas omettre, tant de sujets à aborder sans heurter les sensibilités. Les quelques heures de sommeil qu'elle s'accordait ne lui permettaient pas de tout gérer. Elle le devait cependant. Car « une représentante se doit à son pays et encore plus à soi-même », pensa-t-elle amèrement.
Cagalli allait ajouter quelque chose quand elle fut interrompue par l'arrivée de sa secrétaire.
-Madame la Représentante, Victoria de Castille demande audience auprès Votre Altesse, lui apprit la secrétaire en s'inclinant légèrement.
Cagalli haussa un sourcil d'incompréhension. Jusque-là, aucune famille noble ne s'était manifestée de cette manière. Par ailleurs, elle ne connaissait en rien cette de Castille, ce qui pour elle constituait un motif de méfiance supplémentaire. Elle s'apprêtait d'ailleurs à refuser cette demande qui lui semblait être une perte de temps.
Kisaka, quant à lui, ne put dissimuler sa surprise. Ainsi, malgré tout son ressentiment, Victoria était venue ! Il savait qu'il devait quelques explications à Cagalli et que celle-ci ne serait certainement pas ravie de son action. Néanmoins, l'occasion d'alléger la charge de travail de Cagalli était trop belle, il ne pouvait se permettre de la laisser passer.
- Faites prévenir Madame de Castille que la Représentante la recevra d'ici un quart d'heure, répondit Kisaka à la secrétaire qui attendait.
La secrétaire acquiesça et sortit prestement. La parole de Kisaka équivalait à celle de Cagalli.
- Kisaka, qu'est-ce que cela signifie ? Je ne connais en rien cette femme et je n'ai pas de temps à perdre au cas où tu ne l'aurais pas remarqué, s'énerva-t-elle. La fatigue accumulée par ses derniers jours harassants n'aidait en rien à apaiser sa contrariété.
- Les choses ont été plus vite que prévu, je m'en excuse. Je voulais t'en parler, et j'ai été pris de court. Cagalli, je t'en conjure, accepte de recevoir Madame de Castille sans détour. Elle dispose d'une expérience certaine en terme de gouvernance et pourra te soulager dans tes tâches et te seconder au mieux, se justifia difficilement Kisaka, conscient du mécontentement naissant de Cagalli.
- Comment puis-je accepter de l'aide d'une personne que je ne connais même pas ? De quel droit oses-tu te mêler de cette manière de la gestion des affaires d'Orb et surtout, de quel droit oses-tu choisir les personnes qui doivent m'entourer ? Ne suis-je donc pas assez digne de confiance ? Je n'en fais donc pas assez ? S'emportaCagalli, avec une colère non dissimulée.
- Cagalli, avant que tu ne te mettes encore plus en colère, sache que Madame de Castille est une personne digne de confiance.
Cagalli s'apprêtait à répliquer quand Kisaka la coupa :
- Ton père l'appréciait énormément et tenait compte de ses avis, ainsi que de ceux des membres de sa famille.
Cet argument la prit de court un instant dans sa réplique. Evoquer Uzumi Nara Athha était en effet toujours douloureux pour la jeune fille qui n'avait plus grand monde sur qui compter.
C'est cet instant que choisit Victoria pour pénétrer dans le bureau de la Représentante. Elle se présenta devant Cagalli et s'inclina avec respect devant elle.
Cagalli fut tout d'abord surprise par cette marque d'attention. En effet, si le personnel de son armée effectuait le salut militaire classique, aucun de ses ministres et conseillers ne lui témoignait un respect similaire, la considérant d'emblée comme leur égale.
Cagalli fut également étonnée par la jeunesse de Victoria. Kisaka la lui avait présentée comme une femme d'expérience, or celle-ci ne semblait pas très âgée. Vêtue d'une longue robe bordeaux et d'une veste marron, ses cheveux tirés en un chignon austère lui donnaient néanmoins un air sérieux.
Le silence était assez gênant. En effet, Cagalli n'avait rien à dire à Victoria et Victoria ne pouvait engager la conversation sans y avoir été invité. Règle que Cagalli semblait ignorer, pensa Victoria en souriant intérieurement.
Finalement, Cagalli rompit le silence de manière assez abrupte :
-Puis-je savoir pourquoi vous êtes là ?
-Votre Altesse, il semblerait que le Général ici présent ait jugé bon de recourir à mes services, répondit-elle avec un sourire.
Comment une dirigeante pouvait-elle entamer une conversation de manière si peu conventionnelle ? Cela dénotait d'une inexpérience certaine dans les affaires diplomatiques et surtout d'un manque de tact. Par ailleurs, les cernes présentes sous les yeux de Cagalli ne trompèrent pas Victoria.
- Et bien, moi, je n'ai rien jugé de tel et je ne vois pas pourquoi je vous ferais confiance, répondit impulsivement Cagalli.
Kisaka grimaça. Cette petite tête de linotte allait gâcher son unique chance de se faire aider par une personne de confiance, ce qui était devenu chose rare. Il se devait d'intervenir.
- Cagalli, Madame de Castille est une personne tout à fait digne de confiance et je suis certain…commença-t-il avant d'être interrompu par Victoria.
- Général Kisaka, il serait peut-être bon que vous laissiez la Représentante se faire sa propre idée sur les personnes qui l'entourent. Par ailleurs, je vous rappelle que le protocole ne vous autorise ni à l'interrompre ni à l'appeler aussi familièrement. Enfin, il semblerait que le protocole soit le dernier souci de la Princesse au vu de son état de fatigue, répliqua sèchement Victoria.
En effet, Kisaka qui veillait à la sécurité de Cagalli depuis qu'elle était toute petite venait d'outrepasser ses droits. En effet, il n'aurait jamais dû se permettre de la tutoyer en présence d'une autre personne. Cependant, l'inquiétude qu'il éprouvait envers Cagalli lui fit se comporter plus familièrement.
Cagalli fut assez impressionnée par la manière froide et à la fois polie par laquelle Victoria s'exprimait. Victoria avait exprimé l'une des choses qui tenait le plus à cœur à Cagalli, à savoir de pouvoir exprimer sa propre opinion. Chose que ses conseillers et ses ministres prenaient un malin plaisir à remettre constamment en question. Elle vit un instant en Victoria une potentielle alliée et un précieux soutien.
- Votre Altesse, la famille de Castille a fidèlement servi la famille régnante depuis maintenant des générations. Le but de ma visite était de vous apporter mon soutien et mon expérience. Cependant, celui-ci ne dépend que de votre volonté. Je m'en remets à votre choix et me tiens à votre disposition, acheva Victoria en s'inclinant.
Victoria avait volontairement effacé son ressentiment dès qu'elle avait vu la fatigue et la détresse dans les yeux de Cagalli. Elle avait en effet compris que celle-ci était avant tout perdue et manquait de repères dans ce monde complexe et à la fois exigeant qu'était celui de la politique. Son ressentiment devait passer après les intérêts de la Nation d'Orb. Malgré elle, Victoria ne pouvait aller à l'encontre des préceptes de sa famille. Ainsi, Victoria s'apprêtait à partir lorsqu'elle fut retenue Cagalli.
- Je vous en prie, ne partez pas lui répondit Cagalli en la retenant par la manche de sa veste. Je sais que je manque d'expérience et je ne sais encore si je peux vous faire confiance mais au moins vous semblez avoir une petite considération pour mon opinion.
Cagalli ne put s'empêcher de songer amèrement à Asran qui prenait toujours le temps de l'écouter et de la conseiller malgré les heures tardives auxquelles elle l'avait habitué. Ce sentiment d'amertume et d'impuissance lui fit monter les larmes aux yeux, ce qu'elle s'efforça tant bien que mal de dissimuler.
Victoria n'était pas dupe et voyait en Cagalli une jeune fille perdue à laquelle échouaient des responsabilités beaucoup trop lourdes pour elle. Ainsi, elle prit doucement la main de la jeune fille et s'inclina de nouveau devant elle afin de lui témoigner son respect.
- Je serais heureuse de vous aider, Altesse. Si vous me le permettez, je ferai le nécessaire pour que vous n'ayez pas à regretter votre décision. Sachez que votre opinion est celle qui prévaudra toujours pour moi, dans le cadre de notre travail. », lui répondit Victoria en souriant.
Cette notion de « nous » plut à Cagalli qui lui offrit un véritable sourire, comme personne n'en avait vu depuis bien longtemps.
- Merci Victoria, mais ce n'est pas la peine de faire toutes ces cérémonies et de me vouvoyer comme ça. Je n'ai que 19 ans et tu peux me tutoyer, énonça Cagalli, gênée devant la révérence de Victoria.
Victoria fronça les sourcils devant les éclats de rire que retenait Kisaka à grande peine, le tout ajouté à la spontanéité de Cagalli.
- Votre Altesse, je pense qu'avant de nous attaquer aux dossiers en cours, quelques notions de protocole s'imposent, lui répondit Victoria en souriant.
Plant, Aprilus One
Seul dans son bureau, Asran ne cessait de contempler la photo qu'il conservait habituellement dans son tiroir, à l'abri des regards de tous. Celle-ci représentait Cagalli lui souriant tendrement. Combien il était difficile de vivre aussi loin d'elle ! Tous deux partageaient les mêmes idéaux et les mêmes aspirations, alors comment expliquer qu'ils en soient réduits à ce silence et à cette incompréhension ? Tant de questions qui demeuraient sans réponses et qui le rongeaient intérieurement. Lui manquait-il seulement ? Il avait l'espoir fou de croire que oui. Comment pouvait-il en être autrement après ce qu'ils avaient vécu et leur rupture difficile ?
Flash-Back
Base militaire d'Orb, 6 mois plus tôt :
- Cagalli, oublions tout. Oublions que tu es la princesse d'Orb, oublions ce qu'il s'est passé durant cette guerre et pensons à nous. Je t'en prie ou plutôt je t'en supplie, l'implora Asran, les larmes aux yeux.
- Je ne le peux Asran. Tu sais parfaitement que tu es le seul et que tu seras toujours le seul, mais les intérêts d'Orb passent avant ceux de leur dirigeante, répondit Cagalli en détournant ses yeux et en ravalant ses larmes. Je ne puis t'offrir ce que tu mérites. Je ne suis pas digne de toi. Cet horrible mariage en est la preuve. Oublie-moi.
Ce furent les derniers mots que Cagalli prononça avant de s'enfuir en courant. Trop éprouvée par la trahison des émirs et encore trop fragile suite à son faux mariage avec Yuna, Cagalli ne se sentait pas de taille à gérer une relation avec Asran. Elle avait trop peur de le décevoir et de le blesser à nouveau. Se maudissant pour sa lâcheté et la peine qu'elle infligeait à celui qu'elle aimait, elle préféra se jeter corps et âme dans le travail de reconstruction de la Nation d'Orb.
Asran renonça à la poursuivre et retourna sur les Plants. Il fut accueilli chaleureusement par Lacus et Kira qui ne commentèrent pas son retour, supposant une incompréhension avec Cagalli.
Ainsi, depuis 6 mois, Asran tentait d'occuper son esprit en travaillant sur un projet de désarmement militaire entre Zaft et Orb. Cependant, il savait pertinemment qu'il ne parviendrait jamais à oublier Cagalli.
Conclusion du chapitre :
Je conclus sur une note de pathos afin de combler les attentes de mes éventuels lecteurs. En tout cas sachez que rien ne sera simple pour Cagalli et Asran. Je n'aime pas les intrigues ou tout se dénoue en trois chapitres. Ne comptez pas sur le topos de la rencontre éclaire et de tout est bien qui finit bien.
Non, il y a bien eu une rupture et cela ne sera pas aisé pour Cagalli et Asran de retrouver un niveau de confiance mutuel. Les sentiments sont certes encore présents mais cela ne suffit pas. Cagalli a des responsabilités et pour le moment, elle est incapable de gérer de front une relation avec Asran et ses devoirs de dirigeante. Néanmoins, je n'ai écrit nulle part qu'ils ne se retrouveraient pas.
Concernant l'OC : Victoria de Castille va jouer un rôle important, mettant en exergue un autre personnage de Gundam Seed. Cependant, elle ne sera certainement pas une Mary Sue. Vous allez voir qu'elle a une histoire bien à elle qui pourra vous surprendre et surprendre les autres personnages de Gundam Seed. Concernant Lisbeth Sallander, je lui ferai jouer un rôle important, sachant que c'est un personnage riche et complexe à la fois.
Si vous avez des petites envies particulières n'hésitez pas. En effet, malgré le fait que j'ai la trame, je peux toujours creuser davantage selon vos souhaits.
Bien à vous Proserpine.
Remerciement à ma Béta Reader qui a dû relire ce pavé indigeste ^^
