Deuxième jour ! Merci d'être encore là !

Je viens de rebaptisé le calendrier pour faire une subtile référence littéraire. Très subtil. Les L comprendront *coughcoughwiatingforgodotcoughcough*

Prompt : Tu découvres une librairie avec la biographie de tout le monde sur Terre. Pendant que tu lis la tienne, tu remarques que quand quelqu'un est mentionné, il y a une note en bas de la page qui dit où se trouve leur biographie. C'est étrange comme quelqu'un qui a seulement une phrase dans ton livre a tout un chapitre pour toi.

On part encore sur du yuri, mais cette fois pas d'angst comme hier. Je le trouve juste un peu triste. Le prompt m'a fait énormément réfléchir en vrai…

Bonne lecture !


Une ligne, c'est pas beaucoup

Tu feuillettes le livre et tu commences à te souvenir. C'était la professeur remplaçante que tu avais croisé au CDI une fois. Blonde, des vêtements simples.

Comme tu ne l'avais jamais eu en cours, ni toi ni tes amis d'ailleurs, tu avais fini par l'oublier. La ranger dans un coin de ta tête. Eh, c'était il y a bail quand même !

Tu avais dix-huit à ce moment-là, elle vingt-six. Pendant qu'elle faisait cours à des élèves, tu essayais de convaincre Sora et Riku de sécher avec toi. Un grand écart, huit ans d'écart.

Et tu n'arrives pas à comprendre pourquoi est-ce que l'un de ses chapitres porte ton nom. Tu es curieuse, tu l'as toujours été. C'est pour ça que tu es allée chercher son livre d'ailleurs, le nom de Naminé ça ne te disait rien.

Même maintenant tu ne te souviens que vaguement de son visage. Souvenir trop flou, pas gardé en mémoire. Tu sais juste qu'elle avait l'air gentille. Mais voilà, ça n'a pas chamboulé ta vie. Mais il semble que tu aies chamboulé la sienne.

Tu hésites vraiment. L'ouvrir ou pas ? Lire ou pas ? On ne va pas se mentir, tu en as très envie. Mais en même temps tu as l'impression de voler son intimité. Oh et puis, ce n'est pas comme si elle allait l'apprendre ! Tu en sais même pas comment tu es arrivée ici !

Tu ouvres le chapitre au hasard, plus vers la fin. Tu lis deux-trois phrases avant de revenir en arrière. Puis tu avances un peu, et tu recommences. Tu picores ici et là. Tu n'as pas la patience de tout lire, tu veux juste voir l'idée globale. Qui tu étais pour cette autre qui n'a qu'une phrase dans ta vie.

Et peu à peu, tu commences à comprendre.

Tu as été une remise en question, celle de sa sexualité. Aimer quelqu'un du même sexe et l'apprendre à cet âge, ça l'a choquée apparemment. Elle s'y attendait pas. Puis surtout, t'étais jeune comparée à elle. Et ça non plus elle l'avait pas prévu.

Tu lis le coup de foudre, l'amour doux et discret celui qui est hésitant. Une amour difficilement acceptable mais qui se fait lentement une place. Quelque chose qu'on apprend à accepter parce que ça fait partie de nous. Quelque chose de fragile, comme une fleur au bout d'une branche.

Elle n'a jamais osé te parler. Jamais osé t'aborder. Jamais osé tout court. Elle t'a regardé de loin, admiré de loin. Ce n'était pas un amour qui se partageait.

Et toi, toi tu te retrouves conne à avoir les larmes aux yeux dans cette librairie vide. Parce que ça te fait plaisir d'avoir autant compté pour quelqu'un. D'avoir aidé quelqu'un, même indirectement. D'avoir fait naitre un sentiment si beau. Ça t'émeut, ouais, ça t'émeut.

Tu te dis que c'est triste quand même, qu'elle n'ait été qu'une ligne dans ton histoire, alors que tu as tant compté pour elle. Parce que votre histoire aurait peut-être pu exister, et elle aurait peut-être pu être belle.

Mais voilà, c'est comme ça. L'amour n'a été qu'à elle du début à la fin.