Bonjour à tous

Me revoilà donc pour la suite des aventures de notre chère Mort. Si il savait ce qu'il l'attendait ...

Je tenais à remercier encore une fois Sana et Bébec pour leur super travail de bêta ET leurs reviews, je suis gâtée avec vous les filles.

Merci aussi à Clairaice : tu vois, il y a une suite. A Nagron : un peu de patience, tu vas vite savoir. Et à Lou : enfin un chapitre inédit pour toi.

Vous allez rencontrer plein de connaissances dans ce chapitre, profitez en bien !

Bonne lecture


4 mai 2012

Il fallut très exactement deux cent sept jours pour que le nom de Steve Rogers réapparaisse. La Mort ne savait pas pourquoi il était étonné, ce n'était pas comme si l'homme n'avait pas pour habitude de flirter avec le danger.

Ce qui était plus inquiétant était que son nom était en tête d'une liste impressionnante de personnes qui allaient perdre la vie à New York aujourd'hui. Et qu'il était accompagné d'autres noms inscrits en bleu : Natalia Romanova, Clint Barton, Thor Odinson et Tony Stark. Et aucun d'entre eux n'était inscrit ce matin, il en était certain.

Fronçant les sourcils, il appela Marcus qui était en train de ranger des dossiers sur son bureau.

« Oui, Thanatos ? »

De tous les noms qu'on lui avait donné, celui-ci était l'un de ses préférés. Sûrement parce que de tous les peuples qui avaient créé des légendes autour de lui, les grecs et les romains étaient les seuls à voir son rôle tel qu'il était. Sans lever les yeux du livre, il parla au passeur :

« Va chercher Neela. Nous avons un changement de programme. »

Vu le massacre qui allait bientôt se produire, il serait très probablement convoqué sur les lieux dans peu de temps et il avait peu de chances d'y résister. Il n'appréciait pas d'être transporté de force à chaque fois que de nombreuses victimes perdaient la vie simultanément, mais l'appel des âmes était trop fort pour lutter contre cette attraction.

Neela entra dans la pièce, suivie de Marcus, à peine quelques minutes après que ce dernier soit sorti.

"Quel est le problème, Voo'cha ?"

Il ne répondit pas tout de suite et lui fit signe de s'approcher. Il montra du doigt la liste à rallonge et l'observa. Il vit les sourcils de la passeuse se froncer et elle leva les yeux vers lui :

"Ça n'y était pas ce matin. Il va falloir appeler plusieurs équipes supplémentaires."

Elle fit une petite pause et regarda à nouveau le livre.

"Il ne fait jamais de changements de cette envergure si peu de temps avant l'événement. Qu'est ce qu'il Lui a pris ?"

C'était une bonne question et il n'avait pas la réponse. Il préféra se concentrer sur la tâche qu'ils avaient à effectuer :

"Je vais me rendre à New York. Je vous laisse gérer la logistique de ce côté. Rejoignez-moi dès que tout est en ordre."

Il sentait déjà de nombreuses âmes l'appeler et il se laissa guider par elles, se matérialisant au centre d'un immeuble effondré. Au milieu des gravas et de la poussière, il vit plusieurs dizaines de personnes sous les décombres. Certaines âmes avaient déjà quitté leur enveloppe charnelle et le regardaient avec une crainte non dissimulée. Il vit, avec soulagement, que Steve n'était pas de celles-là.

Certains des vivants, assez proches de la fin pour le voir, tendaient des mains désespérées vers lui, quémandant de l'aide. Il ne pouvait rien pour eux, pas pour l'instant du moins et il attendit que les premiers passeurs arrivent avant de se mettre au travail. Les âmes se perdaient facilement et il était très difficile de les emmener vers leur lieu de repos si on ne le faisait pas dans les minutes qui suivaient leur séparation.

Il entendait non loin de là des explosions et des cris. À travers une énorme fissure dans le mur, il vit plusieurs personnes courir, les yeux écarquillés par la peur et fuyant visiblement quelque chose.

Un bruit sourd lui parvint depuis les étages supérieurs - du moins la partie encore debout - et de nouveaux débris tombèrent sur le sol. Plusieurs des personnes enfermées dans ce qui devait être initialement le hall de l'immeuble poussèrent des cris d'alarme. La Mort vit une portion du plafond encore attachée vaciller avant de se stabiliser. Plusieurs personnes étaient en dessous, essayant de libérer une jeune femme brune des décombres.

Avant qu'ils n'y parviennent, une énorme masse sembla traverser de part en part le bâtiment plusieurs étages au dessus d'eux. De lourds pas résonnèrent, entraînant de nouvelles chutes de béton et placo. Après un coup particulièrement violent - on aurait dit qu'un éléphant était en train de sauter à pieds joints - la partie de plafond qui tenait encore s'effondra, ensevelissant les quelques personnes qui n'avaient pas réussi à s'écarter à temps.

La poignée d'hommes et de femmes encore en état de bouger se précipitèrent vers les gravats, mais La Mort savait que leurs efforts étaient vain : de nouvelles âmes avaient déjà rejoint celles qui attendaient depuis son arrivée.

Les premiers passeurs choisirent cet instant pour apparaître à ses côtés. Ils étaient tous, comme lui, habitués des scènes de ce genre et ils se mirent immédiatement au travail. Le détachement dont ils faisaient tous preuve était nécessaire, aucun d'entre eux ne pourrait aider ces âmes s'il était en pleine crise de nerfs, mais le vide qui l'habitait actuellement était différent. Dernièrement, pratiquement plus rien ne semblait l'atteindre.

Presque mécaniquement, il s'occupa de toutes les âmes attendant dans la pièce. Il monta ensuite aux étages supérieurs, croisant de petits groupes de survivants et parfois une âme à libérer. Il semblait que le gros des dégâts se soit limité au rez-de-chaussée, à une exception près : le septième étage.

Plusieurs fenêtres étaient brisées sur le flanc ouest, laissant un trou béant ouvert vers l'extérieur et toutes les cloisons, pylônes, bureaux et chaises entre cet orifice et son jumeau à l'autre extrémité du bâtiment étaient détruits. Un rapide coup d'oeil à travers les vitres brisées lui apprit que l'immeuble en face avait subi le même sort.

Laissant les passeurs s'occuper des victimes de ce bâtiment, il retourna au rez-de-chaussée et pénétra dans la rue. Il connaissait bien la scène qui se déroulait sous ses yeux, il l'avait vue des milliers de fois à travers les âges et les lieux : des gens fuyant la menace, recouverts de sang et de poussière, des véhicules abandonnés, des débris de toutes sortes, brûlés pour certains, des cris et des pleurs, des détonations et des secousses.

Par contre, il y avait une chose qu'il n'avait jamais vue.

Et même plusieurs de ces choses. Il regarda avec curiosité les espèces de soldats qui envahissaient les rues de New York. Légèrement plus grands qu'un homme et se tenant sur leurs jambes, ils ressemblaient à un mélange d'humain et de reptile. La couleur de leur peau oscillait entre le vert et le gris et ils portaient un genre de pagne/armure ainsi qu'une lance qui tirait des boules d'énergie bleue.

Ils n'étaient, bien évidemment, pas de cette planète, issus d'un monde aux confins de l'univers, où une autre entité était chargée de sa tâche.

Il vit passer devant lui un groupe de trois monstres, prêts à tirer sur un petit attroupement d'hommes et de femmes un peu plus loin dans la rue, tous complètement pétrifiés par la peur. Il entendit le sifflement produit par une des armes et, à l'instant où la créature commencait à appuyer sur la détente, une flèche lui traversa le crâne.

Avant qu'il ne touche le sol, ses deux camarades avaient subi le même sort. La Mort chercha l'archer des yeux, allant jusqu'à scruter le sommet des buildings avoisinants, mais il ne le trouva nulle part. Se retournant vers les trois créatures, il vit leurs âmes apparaître et d'un mouvement vif, il sectionna leur lien. C'était dorénavant à la charge des passeurs de trouver où les emmener. Sa Toute-Puissance allait devoir lui envoyer des renforts s'il devait maintenant gérer les âmes des extraterrestres.

Il continua à avancer, libérant toutes les victimes sur son chemin jusqu'à ce qu'un violent coup de tonnerre lui fasse lever la tête. Il scruta quelques instants le géant blond accroché au sommet de l'Empire State Building : lui non plus n'était pas de ce monde, venu d'un univers voisin où il se faisait passer pour un dieu, à l'aide d'éclairs et de foudre. Pour l'instant, le dieu du tonnerre s'évertuait à griller toutes les créatures traversant le portail qui déchirait le ciel. Le dispositif qui gardait le passage ouvert semblait être posé au sommet d'une des plus grandes tours des environs.

Sa curiosité piquée - ce n'était pas tous les jours qu'il croisait des créatures venues d'ailleurs - il se transporta jusqu'à la terrasse où était installé l'appareil responsable de l'invasion.

Dès son arrivée, il sentit une présence dans son dos et il se retourna pour se retrouver face à face avec un homme brun. Grand et élancé, il portait une tenue verte et un sceptre. Ce dernier pulsait d'une énergie que La Mort reconnut. Elle faisait partie de celles lui ayant donné la vie. Comment cet alien était-il entré en possession de cet objet ?

L'homme le regardait, une lueur de malice dans les yeux :

« Je suis désolé de vous donner autant de travail. Mais ce sera bientôt fini et je peux vous assurer que les choses se calmeront dès que j'aurai pris cette planète en main. »

Il n'était pas de son genre de se mêler des actions des hommes ; peu lui importait qui se trouvait aux commandes, tous étaient égaux face à lui, mais cet étranger se trompait lourdement s'il croyait pouvoir asservir les humains.

« Vous n'y arriverez pas. »

L'homme plissa des yeux, l'interrogation - était-il-il un ami ou un ennemi ? - claire dans son regard. La Mort sentit avec intérêt une puissante magie envelopper l'individu. Il était rare de croiser un magicien de cette envergure. C'est avec une nonchalance pourtant trahie par la quantité de magie qu'il avait rassemblée que l'homme répondit :

« Je pense au contraire que j'ai déjà gagné, les quelques héros que cette planète a envoyés ne suffiront pas, même mon frère n'arrivera pas à m'arrêter. Et si vous essayez, je vous détruirai également. »

La Mort leva un sourcil à ces mots. Cet étranger ne manquait pas de courage, à moins qu'il ne soit stupide. Mais il valait mieux mettre les choses au point :

« Vous n'avez pas ce pouvoir. Vous n'aurez pas à m'affronter, je ne me mêle jamais de leur Histoire. Mais ne sous-estimez pas les Hommes, je les côtoie depuis la nuit des temps, ils se battront sans relâche pour leur liberté. »

Il se tourna en voyant deux des hommes-lézards approcher. Son hôte se dirigea vers l'entrée du bâtiment :

« Désolé de vous abandonner, cette conversation était on ne peut plus intéressante, il est rare de croiser un collègue divinité, mais j'ai à faire. »

La Mort ne prit pas la peine de répondre et il se transporta au sol. Il avait du travail et il n'avait pas encore trouvé Steve. Le connaissant, il devait être en plein milieu de la zone de combat.

Il vit passer une énorme masse verte au dessus de lui. La masse avança le long d'un bâtiment, créant ses propres prises dans les murs, avant de se lancer sur un des nombreux véhicules volants qui circulaient à travers le ciel New Yorkais.

Les deux pauvres créatures au contrôle de la barque n'eurent même pas le temps de réagir. L'une d'entre elles fut violemment éjectée et alla s'écraser contre un mur en béton et la seconde fut projetée contre le plancher du véhicule par deux énormes poings.

Cela ne sembla pas calmer l'individu vert et celui-ci s'acharna sur la barque jusqu'à ce qu'elle pique vers le sol. Il la quitta d'un bond avant qu'elle ne s'écrase au sol et n'explose au milieu d'un groupe de lézards. Voilà qui aurait pu expliquer les bruits qu'il avait entendus dans le bâtiment dans lequel il était arrivé.

Il avait commencé à séparer les âmes des extraterrestres quand il vit Neela approcher.

« Tout est prêt, Voo'cha. J'ai organisé les passeurs par équipes de trois et Marcus les a déployés sur la zone. »

Il s'occupa rapidement des deux bestioles calcinées devant lui et se retourna vers elle pour répondre :

« Envoie quelqu'un faire des recherches sur cette espèce, nous allons devoir nous en occuper. »

Neela le regarda, l'air gêné. Elle se balança d'un pied sur l'autre avant de répondre :

« Vous pourriez peut-être y aller ? Vous savez qu'aucun d'entre nous n'aime se rendre là-haut. »

"Là-haut" était l'endroit où vivait Sa Toute-Puissance. Il y consignait l'histoire de l'univers et permettait parfois que l'on vienne y faire des recherches. La Mort n'avait pas du tout envie d'aller s'enfermer dans Sa bibliothèque, il voulait trouver Steve et voir comment allait se terminer cette bataille. Cela faisait tellement longtemps qu'il ne s'était pas intéressé au destin de l'humanité.

« Envoie Verde, il sera ravi d'être un peu plus proche de Sa Grandeur. »

Neela sourit de toutes ses dents - elle n'appréciait pas Verde - et se dirigea d'un pas décidé vers un de ses collègues passeurs. Elle revint quelques minutes après, lui emboîtant le pas.

Ils travaillèrent ensemble pendant un quart d'heure, Neela dirigeant les différentes âmes vers les passeurs qui les suivaient. Ils avançaient au milieu des décombres, libérant toutes les âmes qu'ils croisaient, humaines ou autres. Étrangement, le nombre de victimes à cet endroit lui paraissait bien en deçà de ce qu'il s'était imaginé. Il y avait de nombreuses pertes humaines, mais au vu de la population New Yorkaise et de l'heure, il aurait dû y avoir beaucoup plus de morts à cet endroit.

La raison lui apparut au détour d'une rue : Steve était au milieu de l'avenue, parce que cela ne pouvait être que lui dans ce costume bleu en plein centre de la bataille. La Mort s'arrêta, observant pendant quelques instants l'homme se battre. Ses mouvements étaient précis et rapides, il se débarrassait de ses adversaires en deux ou trois coups bien placés et il savait se servir de son bouclier efficacement.

Cela faisait des siècles que les hommes n'utilisaient plus ce genre d'armes, les ayant délaissées pour des armes à feu, mais lui se souvenait de ces guerriers grecs, tellement aguerris qu'ils étaient capables de renverser le cours d'une bataille avec des choses aussi simples qu'un bouclier ou une lance. Il retrouvait un peu de l'excitation qui le saisissait autrefois lorsqu'il était témoin de ces combats.

Mais une question lui taraudait l'esprit : pourquoi ce costume ? Pourquoi ces couleurs ? Et ce casque… même s'il approuvait la sécurité que ce dernier apportait, il était loin d'être flatteur.

Il fut tiré de ses observations par Neela, qui s'était elle aussi avancée dans l'avenue :

"Ils n'ont pas l'air d'avoir terminé ici, nous devrions revenir plus tard."

Il était réticent à quitter cette zone ; il savait qu'il avait à faire ailleurs, il sentait les âmes l'appeler. Il savait également qu'il ne devait pas intervenir, qu'il ne pourrait rien faire et devrait regarder cet idiot d'humain mourir si tel était son destin. Mais cela ne l'empêcha pas d'avoir les pieds comme cloués au sol.

Il vit la jeune femme rousse qui combattait à ses côtés s'éloigner de quelques mètres, avant de courir vers Steve et de se servir de son bouclier pour atteindre une des nombreuses barques volantes qui sillonnaient le ciel. Elle disparut en quelques instants de leur vue, partie poursuivre le commandant en chef de ces lézards.

Cela laissa Steve seul pour affronter les hordes d'envahisseurs et à protéger les quelques civils piégés dans les bâtiments autour de lui. Sans s'en rendre compte, La Mort s'était approché du combat, le poing serré. Il sentit son pouvoir circuler en lui, prêt à répondre à la moindre de ses sollicitations.

La voix de Neela l'arrêta, elle semblait inquiète :

"Voo'cha ?!"

Il secoua la tête, reprenant ses esprits. Après un dernier regard vers Steve, il fit demi-tour et rejoignit l'équipe de passeurs qui travaillaient dans une rue perpendiculaire, Neela sur les talons.

Il refusa de répondre à son regard interrogateur et s'attela à sa tâche, se concentrant sur ce qu'il avait à faire plutôt que sur l'homme blond en train de se battre un peu plus loin.

Une dizaine de minutes plus tard, un sifflement lui fit lever la tête et il vit une armure rouge et or passer dans le ciel. Elle se dirigea vers le portail, un missile sur le dos, et y disparut rapidement. À peine était-elle passée de l'autre côté que toutes les créatures s'écroulèrent au sol, leurs âmes sortant les unes après les autres de leurs corps.

Le portail se referma peu de temps après, laissant passer de justesse le pilote et son armure, et La Mort poussa ses sens dans toutes les directions, cherchant la présence du magicien. Il se transporta à ses côtés et ne put retenir un sourire en le voyant.

La pauvre créature semblait avoir fait une rencontre avec le monstre vert : il était actuellement allongé, inconscient, dans un trou au sol. La Mort s'éloigna de quelques pas et observa les différents combattants approcher les uns après les autres. La première fut la femme rousse qu'il avait aperçue plus tôt, suivie de près par le dieu du tonnerre. Ce dernier jeta un oeil inquiet dans sa direction avant de s'approcher de l'homme allongé au sol et de vérifier qu'il était toujours vivant.

Il se releva, murmurant quelques mots à la forme prostrée au sol :

"Loki, mon frère, qu'as-tu donc fait ?"

"Je ne suis pas là pour lui. Il vivra. Pour cette fois, du moins."

Avec un simple hochement de tête, le géant blond se plaça aux côtés de la rousse, s'enquérant de sa santé. Il furent vite rejoints par un homme châtain de corpulence moyenne et portant un arc et un carquois. Il devait être l'archer qui s'était occupé des extraterrestres lors de son arrivée.

La jeune femme s'approcha de lui et vérifia qu'il n'était pas blessé avant de le prendre brièvement dans ses bras. Ils s'écartèrent tous rapidement quand le monstre vert arriva en bondissant. Après plusieurs grognements, il s'installa à bonne distance de ses associés. Il fut presque immédiatement suivi par l'armure rouge qui avait également amené Steve. La Mort dut bien s'avouer ressentir un certain soulagement à le voir arriver, blessé mais en vie.

Il observa la scène alors que l'équipe s'installa à quelques pas du pauvre bougre encore inconscient. Une chose était certaine : le réveil allait être désagréable. Il ne le plaignait pas, il n'avait que ce qu'il méritait, mais La Mort désirait vérifier certaines choses avant de les quitter. Si Steve allait devoir affronter des armées venues d'ailleurs ou des magiciens, il fallait qu'il le sache.

Il ne voulait plus attendre que son nom apparaisse dans son livre. Il y avait quelque chose chez cet homme qui l'intriguait, qui lui donnait à nouveau envie de faire partie du monde. Cela faisait des siècles qu'il ne s'était plus mêlé à l'humanité, rien ne l'y attirait et il s'en était détaché au point de plus s'intéresser à rien.

Au final, il dut retourner à sa tâche sans avoir le temps de parler avec la pseudo-divinité. Même si le nombre de victimes humaines était inférieur à ce qui aurait pu arriver, il y avait tout de même encore une importante quantité d'âmes à accompagner. Sans compter qu'il restait l'épineux problème des créatures d'un autre monde qu'il devrait bien évidemment gérer.

6 Mai 2012

Ce ne fut donc que deux jours après la bataille de New York qu'il eut le temps de rendre une petite visite à Loki. Il était enfermé au sous-sol d'une base ultra-secrète et son frère lui tenait compagnie autant qu'il le gardait.

Les deux hommes levèrent les yeux quand il apparut au milieu de la cellule, le regard fixé sur le prisonnier. Thor, il avait appris son nom entretemps, se leva et se plaça devant son frère, avec l'intention de le protéger du nouveau venu. Avec impatience et un peu de raillerie dans sa voix, le magicien le sermonna :

"Ce n'est qu'une visite de courtoisie, mon cher frère. Il n'est pas là pour me donner la mort, ce n'est pas son rôle."

"Ne prend pas ce ton avec moi, Loki. Je sais très bien qui il est."

"Et si tu avais suivi les cours de mythologie, tu saurais qu'il n'est là que pour séparer les âmes et les accompagner dans l'au-delà. Il n'est responsable de la mort de personne."

Son sourire devint sinistre :

"Du moins de presque personne."

Thor ne semblait pas calmé pour autant. Il s'approcha de la Mort, tournant le dos à son frère. Il y avait une part de désespoir dans ses yeux :

"Je sais que ce que mon frère a fait est impardonnable. Il mérite un châtiment à la hauteur de ses crimes. Mais laissez-moi le ramener à Asgard, vous n'aurez plus jamais à vous soucier de lui."

"Père m'enfermera dans un cachot jusqu'à la fin de mes jours."

Thor se retourna, visiblement exaspéré par les propos de son frère :

"Mais tu seras vivant. Tu as attaqué une planète sous notre protection, tu dois faire face aux conséquences de tes choix."

"À la différence de toi. Quand as-tu jamais payé le prix de tes actes ? Tu as toujours été le favori de Père."

Il était évident que cette conversation avait déjà eu lieu maintes et maintes fois. Les deux hommes semblaient avoir complètement oublié sa présence. C'était quelque chose d'assez rare pour l'étonner, il avait tendance à attirer toute l'attention d'une pièce. Mais il n'avait pas de temps à perdre, ils pourraient régler leur différend familial à un autre moment.

« Je ne suis pas là pour l'emmener. Mais je veux savoir qui l'a envoyé. »

Loki pâlit visiblement et il se plaça derrière son frère. Il était évident qu'il n'avait aucunement l'intention de répondre.

La Mort se transporta dans son dos :

« Vous ne pouvez pas m'échapper. Même si vous n'étiez pas retenu ici. Dites-moi qui vous a envoyé. »

« Je ne dirai rien. J'ai déjà échoué. Ignorez-vous ce qu'il adviendra de moi si jamais je venais à le trahir ainsi ? ? »

Il avait assez perdu de temps. Il voulait des réponses et il les voulait maintenant, il avait besoin des ces informations avant de prendre sa décision :

« Et vous, ignorez-vous vous donc ce dont je suis capable ? »

Loki pâlit encore plus, se cachant derrière son frère à nouveau. Roulant des yeux - comme si cela pouvait l'aider - il croisa le regard de Thor. La position de ce dernier était rigide, mais il semblait lui aussi trouver la réaction de son frère amusante. Il prit la parole à son tour :

« Je vous saurai gré de ne pas violenter mon frère. J'ai promis à Père de le ramener en un seul morceau. J'ai votre réponse : il s'agit du titan Thanos. »

Les titans étaient des être puissants, d'anciennes créatures qui comme lui parcouraient l'univers depuis le commencement. Mais il était loin et ne pouvait rien contre La Mort. Ayant sa réponse, il prit congé d'un signe de tête et retourna chez lui.

À peine était-il entré dans son bureau que Neela apparut sur le pas de la porte. Elle franchit la distance les séparant d'un pas décidé et se planta devant lui, les poings sur les hanches :

« Ou étiez-vous ? Je vous ai cherché partout. »

Il lui jeta un regard noir, espérant lui faire assez peur pour qu'elle laisse tomber le sujet.

« Je ne crois pas avoir de comptes à te rendre, Neela. »

« En effet, mais je m'inquiète pour vous. Il n'y a personne pour prendre soin de vous, même pas vous, il faut bien que quelqu'un le fasse. »

Neela avait toujours été une des passeuses les plus empathiques et maternelles, mais elle avait toujours gardé ses distances avec lui. Elle n'avait fait preuve de gentillesse à son égard qu'à de très rares occasions. Et cela le mettait mal à l'aise. Il n'était pas une personne, il n'avait pas besoin que l'on s'inquiète pour lui. Elle ne sembla pas se rendre compte de la légère gêne que ses mots provoquaient et elle continua :

« Cela faisait longtemps que je voulais vous en parler. Vous vous détachez de plus en plus de ce qui vous entoure. Et d'un seul coup, vous disparaissez. Et l'autre jour, à New York, vous sembliez dérangé par quelque chose. »

Elle était assez perspicace et elle le connaissait trop bien pour qu'il tente de lui mentir :

« Je pensais aller passer quelques temps sur terre, cela fait longtemps. »

Il ne lui dit pas que son objectif était de surveiller Steve d'un peu plus près. Elle ne verrait pas d'un bon œil qu'il s'immisce dans la vie d'un humain en particulier. Elle plissa les yeux, le fixant suspicieusement.

« Cela fait plusieurs siècles que vous restez à l'écart des vivants. Je vous en ai parlé il y a moins d'une décennie et vous m'avez rembarré. Pourquoi maintenant ? »

« C'était il y a dix ans, les choses ont évolué et j'ai changé d'avis. »

« Vous êtes l'être le plus têtu et immuable que je connaisse. Un siècle n'est pas suffisant pour modifier votre opinion sur n'importe quel sujet. Cela a un rapport avec l'homme en costume que nous avons vu à New York ? »

Il sentit tout son corps se raidir ; elle était décidément bien trop perspicace. Et à en voir le petit sourire amusé qu'elle esquissait, elle savait qu'elle l'avait percé à jour. Elle se renfrogna pourtant rapidement.

« Voo'cha. Vous savez que vous ne devez pas vous attacher aux humains. »

« Qui parle de s'attacher ? Je suis juste curieux. Sa Sainteté lui a donné plus de chances qu'à n'importe qui d'autre, je veux comprendre ce qu'il a de si spécial. »

« Ce n'est pas une bonne idée. Je sais que je vous tanne pour que vous vous intéressiez un peu plus au monde autour de vous, mais ce n'est vraiment pas une bonne idée. La lueur que vous aviez dans les yeux à New York, quand vous le regardiez, ce n'est pas bon signe du tout. »

Cette conversation commençait à l'agacer. Il appréciait beaucoup Neela, mais il refusait de laisser qui que ce soit lui dicter ce qu'il pouvait faire.

« Je ne vois pas du tout de quoi tu parles. Et je ne t'ai pas demandé ton avis. »

Il était encore hésitant en revenant de sa visite avec les deux frères asgardiens, mais il était maintenant décidé. Il ne lui restait plus qu'à trouver quel rôle il voulait jouer.