J'ai oublié de le précisé dans l'ancien chapitre, mais monsieur Durens et monsieur Kraus sont à moi également. Ok, j'avoue les avoir créé à l'arrache, mais quand même. C'est comme certains pirates qui apparaitront (notamment dans ce chapitre), si vous ne les connaissez pas, c'est juste qu'ils viennent de mon imagination.

Pardon, je l'avoue, j'ai un peu la flemme de noter tous leurs noms... Gomenasai ! m(_ _)m *courbette*

Sinon, je remercie vraiment Az Sharane et Portgas. pour leurs reviews qui m'ont très franchement touchée ! Merci beaucoup beaucoup ! Je suis heureuse que mon personnage vous plaise (faut dire qu'elle a fait l'objet de beaucoup de modifications depuis le temps que je l'ai créée).

Et je remercie aussi tous ceux qui me suivent, et tous ceux qui me lisent tout simplement ! Rien que de le savoir m'encourage vraiment, alors je vous suis vraiment reconnaissante ! Merci beaucoup !

(PS : si ce chapitre est arrivé rapidement, c'est parce que j'avais pris de l'avance avant ! J'avais presque fini quand j'ai posté le premier chapitre. Le troisième mettra plus de temps, je suis désolée...)

UNE RENCONTRE -

Il est actuellement onze heures et douze minutes. Le soleil est bien plus brillant que lorsque j'étais à Earthsea, il n'y a pas de doute. Le ciel sans nuage était immense, tout comme l'océan. J'avais déjà vu des paysages comme ça en photo, mais jamais en vrai. C'était... grandiose.

Et puis il faisait chaud aussi. Je retirai ma veste en jean que j'avais gardé sur moi au cas où. Elle était toute moite de sueur, c'était dégoûtant. Heureusement que j'ai pensé à en prendre une autre de rechange. Mais même en débardeur blanc (il paraît que les couleurs sombres gardent la chaleur), je ne mis pas longtemps pour recommencer à transpirer. Bah, les marins ne sont pas les gens les plus propres du monde, je m'y ferais.

Comme j'en prenais l'habitude désormais, je vérifiais le cap que prenait le bateau. Bien que je n'ai pas de destination précise, c'était important pour moi de savoir où j'allais. Errer ne veut pas dire se perdre, n'est-ce pas ? Une fois tout en ordre, je me dirigeai vers l'avant du bateau, dans l'ombre de la grande voile. Je sentis mon esprit dériver au vent comme les oiseaux. J'étais loin des ombres... ça suffisait à mon bonheur actuel.

À l'heure qu'il était, si je n'étais pas partie, je serais sans doute en route vers Marineford accompagnée de monsieur Durens et monsieur Kraus... Rien que d'y penser, un frisson d'effroi me parcourut le long du dos.

― Mine de rien, fis-je à moi-même, ce bateau m'a sauvé la vie !

Je redescendis mon regard du ciel pour admirer l'horizon avec au premier plan la pointe de mon « sauveur ».

― Il va falloir que je te donne un nom, hein ? Alors que dirais-tu de Water Road ? Bon ok, ce n'est pas terrible, mais c'est le premier truc à quoi je pense. Et puis je ne suis pas une spécialiste des noms ! Alors ce sera Water Road !

D'un air décidé, je pris mon sac et en tirai un canif. Puis, je me dirigeai vers le devant de Water Road en gravant sur la rambarde le nom que je lui avais donné. Ainsi, il sera unique. Sur cette satisfaction, je m'endormis sur le pont, à l'ombre, la légère brise de la mer caressant doucement ma peau...

... oOo ...

Quelque part en mer, le célèbre Moby Dick continuait son voyage naval. Ce navire connu pour être le vaisseau amiral du fameux Barbe Blanche, a déjà vécu bon nombre d'aventures et en connaitra bien d'autre encore. De toute façon, ce pirate est réputé pour être le plus puissant d'entre tous ce n'était un petit équipage de semi pirates qui allaient lui faire la loi !

De toute façon, il n'y avait pas beaucoup de danger pour lui car il avait quitté Grand Line, la route de tous les périls (la voie navale la plus dangereuse, la plus grande, mais la plus extraordinaire de toute) pour s'aventurer – ou tout simplement refaire des provisions – dans une ville portuaire non loin d'ici.

Barbe Blanche, grand et imposant, était comme à son habitude assis sur son immense siège, à déguster une coupe de saké proportionnelle à sa grande taille.

― Paternel, vous allez vous assassinez le foie si vous continuez à boire autant, lui reprocha gentiment un de ses fidèles fils.

La personne qui venait de parler n'était autre que Marco le Phœnix, commandant de la première flotte de celui qu'il considère comme son père.

― Ha ha ! Ne t'inquiète pas pour moi, fils ! rigola-t-il gaiement de sa voix grave. Et où en sont les préparatifs ?

― Eh bien l'équipe sensée débarquer pour acheter de quoi tenir quelques mois sera bientôt prête. De toute façon, avec le peu de vivres qu'il nous reste, on ne pourra pas attendre jusqu'à la prochaine ville.

― Tout de même, j'aurais préféré ne pas nous arrêter dans une ville où la Marine est aussi présente. D'ailleurs comment s'appelle-t-elle ?

― Earthsea, paternel. Et concernant le pourquoi du comment, faudra s'en prendre à Ace ! Il bouffe pour deux ce gars !

― Ce gamin a de l'appétit, ça fait plaisir à voir ! Ha ha ha !

Marco préféra ne rien répondre. Ace avait toujours eu un appétit d'ogre, mais cela a un impact considérable sur la quantité de vivres qui ne fait que diminuer à vive allure ces temps-ci. Enfin, quand il estima que l'équipe était prête, le Phœnix se décida d'aller leur rappeler deux ou trois choses avant de partir. Descendant rapidement les escaliers menant à l'embarquement d'où sera envoyé le petit bateau de reconnaissance, il faisait dans sa tête une liste de tout ce qu'il devait demander à l'équipe. Des vivres, c'était chose connue mais quelques outillages ne seraient pas du luxe... et puis si possible quelques matériaux en cas de fuite d'eau ou autre...

― Marco ? Eh Marco ! Oh ! M'ignore pas, vieux ! râla une voix que le concerné identifia sans problème après être sorti de ses pensées.

― Quoi ?! Qu'est-ce qu'il y a encore, Ace ?

― Tu pars avec nous ?

― Avec vous ? Comment ça « vous » ?

― Ben j'ai demandé à participer à l'expédition. J'ai besoin de me dégourdir les jambes !

― Fais comme tu veux, mais débrouille-toi pour qu'on ne se fasse pas repérer. J'ai pas tellement envie que la Marine nous remarque dès maintenant.

― Ne stresse pas, ça ira. Bon, il va être l'heure. (il se retourna vers les trois hommes qui allaient l'accompagner) Allez on y va ! Ne trainez pas !

― Hai ! répondirent aussitôt les hommes.

Et ils s'activèrent aussitôt. En deux temps trois mouvements, tous les préparatifs étaient finis, il ne manquait plus que le chef d'expédition. Avec un sourire satisfait, Ace se tourna vers Marco et lui fit :

― Let's go !

Il ne laissa même pas le temps à son compagnon de répondre que déjà, il avait embarqué et avait été lâché en mer avec ses hommes. Le Phœnix les regardant au loin fit demi-tour en pestant.

― Imbécile...

... oOo ...

― Bon, planifia Ace devant ses hommes qui attendaient ses ordres. Il faut qu'on ait fini avant la nuit donc une fois là-bas, on chôme pas ! Le premier qui a des problèmes avec la Marine m'appelle immédiatement.

― Commandant ? Et si on est le deuxième ?

― Même scénario.

― Et le troisième ?

― Vous faites chier, les gars.

Le petit groupe éclata brièvement de rire, puis tout le monde redevint sérieux. Chacun se dirigea vers le poste qui lui était attribué : la chasse aux provisions allait bientôt commencer.

Quelques minutes passèrent dans le silence. Le port n'était toujours pas en vue dans la longue-vue. Ace savait bien que c'était plus prudent d'envoyer le petit navire de loin par rapport à la destination, mais à chaque fois, il râlait de l'attente.

Tout à coup, l'homme chargé de surveiller à la longue-vue eut un rictus de surprise qui n'échappa pas au commandant de la deuxième flotte.

― Qu'est-ce qu'il y a ? demanda-t-il alors.

― Ben... je ne sais pas trop, commandant.

― Comment ça, tu sais pas trop ? Qu'est-ce que tu vois ?

― Il y a une sorte de bateau devant nous... mais ce n'est pas la Marine.

― Peut-être un pêcheur des environs, hasarda un autre posté à l'arrière.

― Ce n'est pas possible, répondit l'homme à la longue-vue. Ce bateau n'est pas assez gros pour faire de la pêche en pleine mer comme ici.

― Bon alors c'est quoi ?

― Qu'est-ce que j'en sais, moi ?! Je suis là pour vous prévenir s'il y a quelque chose de bizarre, et il y a quelque chose de bizarre !

― C'est bon, t'énerves pas, trancha Ace. On va voir ce que c'est, si ça te rassure.

― Eh ! J'ai absolument pas peur de ce truc !

― C'est ce qu'on dit... Bon, on y jette un coup d'œil vite fait, et ensuite, on fait ce qu'on a à faire !

― Hai ! répondirent les pirates tous en chœur.

... oOo ...

Depuis le navire amiral, Marco surveillait à l'aide d'une longue-vue les avancements. Voyant que le bateau commençait à changer de cap, il ne pouvait pas s'empêcher de pester tout bas, jusqu'à ce qu'il voit ce qui attirait cette bande irrécupérable – à ce moment précis, le groupe d'Ace et lui-même éternuèrent sans raison –. Quelques dizaines de mètres plus loin, il y avait une sorte de petit voilier qui ressemblait davantage à une barque où l'on avait posé un abri dessus. Mais que faisait-il ici ? Il était bien trop petit pour être ainsi en haute mer, seul avec les courants marins souvent cruels. Ça, c'était vraiment bizarre.

... oOo ...

Le bruit des vague me réveilla doucement. Bon d'accord, la faim y est aussi pour quelque chose. je n'avais rien mangé depuis... piufff ! Un bon petit moment ! Ainsi, toujours un peu endormie, je me levai, cherchant des yeux mon sac que je n'avais toujours pas défait – d'un côté, il n'y a aucune armoire ou tiroirs quelconques dans Water Road –.

C'était d'ailleurs à ce moment-là que je vis, à l'horizon, quelque chose qui se rapprochait rapidement. Je n'arrivais pas à voir très clairement ce que c'était : l'intensité du soleil me gênait encore. C'était la Marine ? Monsieur Durens ou monsieur Kraus ? Ils m'avaient déjà retrouvée ? Non, hors de question ! Ce n'est pas la peine de venir me chercher pour me sermonner et tenter de me raisonner, je n'irais pas à Marineford !

Réagissant au quart de tour, j'oubliai mon endormissement et me précipitai vers... euh... le machin qui tourne pour changer de direction (d'accord, ça se voit que je n'ai jamais été sur un bateau de ma vie). Et pour aller vite, il faut aller dans le sens du courant, non ? Je ne sais plus... mais je n'ai pas l'intention d'aller demander à ce truc qui arrivait ! Tant pis, je me mis en direction du courant, vers le nord-est ! Puis, je redressai les voiles pour que le vent appuie plus dessus. Il fallait que je prenne de la vitesse, même si Water Road n'était pas fait pour ça.

... oOo ...

― Commandant ! Le bateau non-identifié vient de changer de cap et il prend également de la vitesse.

― Hein ? Mais qu'est-ce qu'il fait, cet ahuri ?! pesta Ace en allant sur le pont pour voir de ses propres yeux. Mais quel idiot ! Son rafiot ne pourra pas suivre s'il continue comme ça !

― Comment ça ?

― T'as pas remarqué ? La coque est moitié bouffée par des moisissures qui ont la même couleur que le bois. Mais dans l'eau, ces saloperies prennent une teinte violette. S'il s'arrête pas vite fait, il va se retrouver dans l'eau !

― Mais c'est idiot, commandant ! Pourquoi est-ce que ce type aurait pris ce bateau qui était déjà sur le point de couler ?

― J'en sais rien, c'est un abruti fini. Allez, bougez-vous le cul, faut le rattraper avant qu'il fasse la pire connerie de sa vie – si ce n'est déjà fait – !

― Ok ! Rey, prend la barre ! Sam occupe-toi des voiles !

― Mais Royld, intervint le-dit Rey. Tu fais quoi toi ?

― Je supervise, crétin ! lui répondit-il avec des airs supérieurs et fier de lui.

― C'est moi qui supervise ! l'envoya bouler Ace en le poussant du pied.

Sans oser répondre, Royld se dépêcha de trouver quelque chose à faire qui pourrait être utile à tout le monde – autre que se taire –. Sa longue-vue toujours entre les mains, il surveillait les agissements de leur « cible ». Pour l'instant, il semblerait que l'individu (ou les individus, il ne savait pas encore) se préoccupe davantage d'augmenter la distance entre eux et lui que de s'occuper de la barre. Était-il nécessaire qu'il l'en informe le commandant ? Après un regard interrogateur en sa direction, Ace lui répondit avec un regard mitrailleur qui voulait subtilement dire « me prend pas pour un imbécile et bosse ! ». Sans demander son reste, Royld s'exécuta. Ace n'était le commandant de la seconde flotte de Barbe Blanche pour rien, ça se voyait.

― Commandant ! l'appela d'un coup Sam. On est plus rapide que lui, on le rattrapera dans pas longtemps !

― Parfait. On va enfin savoir ce que cet abruti fini avait en tête.

― Mais je me demandais...

― Quoi ?

― Ben... Et si c'était un piège ? Genre la Marine qui nous fait croire la plus grosse énormité...

― Ce n'est tout simplement pas possible. La Marine a une saleté de fierté mal placée, elle n'aurait pas recourt à un truc comme ça, je suis sûr. Et puis elle n'est pas assez stupide pour prendre un bateau qui est à deux doigts de lâcher.

― Si tu le dis... mais j'ai quand même un mauvais pressentiment.

― T'inquiète pas comme ça, tu vas nous porter malheur.

― Commandant, intervint Rey. On est plus qu'à une vingtaine de mètres !

... oOo ...

Mais c'est pas vrai ! C'est qu'ils ne me lâchent pas en plus ! Et merde, voilà que j'ai les mains qui tremblent... ce n'était vraiment pas le moment ! Ils se rapprochent de plus en plus, et je ne pense pas que ce soit pour pêcher pile à l'endroit où je suis... non, ils en ont clairement après moi ! Dans ce cas, ça ne peut être que la Marine, non ? Mais il est passé où leur fichu drapeau ?

Oh et puis, je ne suis pas là pour savoir qui me poursuit. Ah je pue la sueur, je déteste ça ! Ça veut dire que j'ai peur, c'est ça ? Je suis sans doute en train de paniquer, je n'arrive pas à garder de la distance entre moi et les autres. Pourquoi ? Mais pourquoi donc ? Tandis que je me concentrais à augmenter ma vitesse sans cesse, je n'entendis pas la coque craquer, s'enfoncer quelques millimètres dans l'eau à chaque seconde qui passait. Je m'en rendis compte peu après, quand je remarquai que le niveau de la mer était différent de tout à l'heure.

Je... coulais ? Impossible, j'avais pourtant vérifié sur le port si Water Road était capable de naviguer, et j'étais certaine de mon résultat ! C'est quoi le lézard ? Elle était où l'arnaque ?

Une sorte de secousse s'empara de Water Road... Sa cause de semblait pas venir de quelque chose de l'extérieur, aucun projectile n'avait été lancé... alors quoi ?

Quelques planches, expulsées par la secousse, se détachèrent du bateau violemment et tombèrent à l'eau pour aussitôt remonter à la surface. Water Road s'enfonçait de plus en plus dans l'eau, et de plus en plus vite.

― Eh ! hurla un voix derrière elle – elle venait du bateau qui la poursuivait –. Eh toi ! Ne bouge plus ! Pas un geste où tu vas couler !

Par réflexe, je me retournai, interdite. Mes poursuivants étaient plus proches que je ne le pensais. Je ne voyais pas distinctement leur apparence, mais je devinais plus ou moins leur position. D'ailleurs, un des hommes avait grimpé sur quelques cubes de bois – des caisses, sans aucun doute – et tenait fermement dans sa main une sorte de cylindre qu'il utilisait sûrement pour faire entendre sa voix.

― Ton bateau est infecté de moisissures qui bouffent le bois ! continua-t-il. Fais pas le héros et arrête-toi pour qu'on puisse t'aider !

Sans que je comprenne pourquoi, mes yeux étaient de plus en plus humides. J'avais peur... très peur... Sentir sous mes pieds le plancher instable qui allait céder sous mon poids dans quelques instants sans doute était une impression vraiment désagréable. J'étais comme paralysée, je ne savais pas quoi faire. Je paniquais...

Water Road ne semblait pas s'avouer vaincu. Il continua sa course comme si de rien n'était. C'est vrai que je n'avais rien fait pour qu'il s'arrête. Plusieurs secousses me rappelaient tout de même l'inévitable.

― Arrête-toi ! Arrête-toi, je te dis !

Ce n'était pas la peine de crier ainsi, je ne pouvais pas bouger de toute façon. Mon corps refusait complètement de m'obéir... Et mes mains tremblaient toujours, et des larmes chaudes dégoulinaient sur mes joues. J'étais vraiment morte d'angoisse.

... oOo ...

― Merde, il réagit pas ! pesta Ace, toujours debout sur la caisse.

― T'as qu'à hurler plus fort, non ?

― Ce sera pareil ! Il est mort de peur, pas besoin de voir son visage pour le savoir.

― On fait quoi alors ?

― On y va, quelle question !

D'un bond très maitrisé, le jeune commandant atterrit sans problème sur le plancher de son propre navire. Il jeta son cylindre de carton dans un coin, puis décida de prendre les commandes. Dans l'immédiat, sauver la vie d'un être humain est plus important que le reste : c'était la résolution d'Ace aux Poings Ardents.

Mais ce qui devait arriver arriva, et le bateau en face d'eux se fendit en deux, ne pouvant plus supporter le poids de l'humain à bord. Celui-ci était très probablement tombé à l'eau... c'était arrivé si vite !

Merde ! Il ne fallait pas qu'il se noie ! S'il meurt maintenant... non !

― Sam... ! ordonna sans attendre le commandant.

Celui-ci lui lança un regard signifiant qu'il avait compris et se jeta à l'eau immédiatement. D'entre les quatre hommes, il était celui qui nageait le mieux, et le plus rapidement. Très sincèrement, il était le dernier espoir de ce type inconnu.

... oOo ...

Ah... C'était quoi ça ? Water Road s'est fendu en deux... et j'étais juste au milieu... je suis tombée ? Merde... je veux pas mourir comme ça ! Pas encore ! J'avais vraiment pas prévu que ça m'arriverait...

Je sens un truc dans ma main... Mais je ne peux pas voir, j'ai l'impression de ne plus avoir du tout de force... j'arrive à peine à respirer... C'est quoi alors ? Ah, c'est mon sac ! Je suis contente... de ne pas l'avoir perdu...

Bah, de toute façon, j'arrive plus à respirer... et j'ai l'impression de couler... non ! Je ne veux pas mourir ici !

Luttant de toutes mes forces, je tentai de remonter à la surface à la seule force de mes bras et mes jambes. Il fallait vraiment que je reprenne ma respiration je sentais que mes mouvements étaient de plus en plus faibles, c'était très mauvais signe. Enfin, je vis la surface à travers l'eau salée de la mer. Tendant un bras à l'air libre, je tentai de m'agripper à quelque chose de flottant, à des restes de Water Road...

Oui ! Je tiens une planche dans ma main gauche ! Usant des dernière forces qui me restait, je me hissai pour enfin pouvoir respirer.

La tête posée sur le bois mouillée, je respirai bruyamment, toussant parfois, inspirant de manière irrégulière. Mais les vagues causées par le naufrage de Water Road firent fracasser des planches entre elles, et m'expulsèrent une nouvelle fois dans l'eau salée. Je n'avais plus aucune force de lutter... je m'enfonçais dans l'abîme liquide sans pouvoir bouger le moindre muscle de mon corps.

Non... je ne veux pas mourir...

... oOo ...

Plus il s'avançait, plus Sam avait la volonté de sauver le type dont il ne connaissait même pas le visage. Mourir noyé était vraiment quelque chose d'horrible, il le savait. D'ailleurs, il ne souhaitait ça à personne. Sentir nos poumons comprimés, l'air s'échapper, l'impuissance nous gagner, c'est vraiment quelque chose qu'il n'espérerait même pas à son pire ennemi.

Se sentant assez proche du naufrage, le jeune homme s'enfonça entièrement dans l'eau, cherchant du regard une éventuelle silhouette humaine. Pour l'instant, il ne voyait pas grand chose. Juste des affaires qui coulaient à pic et de l'obscurité sous ses pieds.

Il cherchait encore et encore. Sam était un homme qui ne connaissait pas la définition du mot « abandonner ». Même mort, ce type devait bien être quelque part, non ?

Remontant brièvement à la surface pour reprendre son souffle, il replongea immédiatement. Après s'être enfoncé de quelques mètres sous la mer, il vit un peu plus loin une sorte de masse plus claire. Il ne la voyait pas distinctement, mais on aurait dit... un être humain.

Sans se poser plus de question, il se précipita à la force de ses jambes vers cette masse. Comme il le pensait, il reconnaissait un bras dressé vers la surface, et tout le corps qui suivait. C'était un être humain.

Agrippant cette main qui ne semblait attendre que ça, il la hissa vers le haut, puis, lorsque l'humain eut la bouche hors de l'eau, Sam le traina vers le navire où attendait son commandant et les deux autres. Il n'avait pas vraiment fait attention à qui était le type en question, ne se contentant que de nager vers l'avant.

― Il va bien ? demanda alors Ace quand il jugea que Sam était apte à répondre.

― J'en sais rien... Aidez-moi à le monter, il est complètement inconscient et il pèse une tonne !

Sans faire attendre davantage leur camarade, Ace et Royld attrapèrent chacun un bras du noyé et le hissa sur le pont tandis que Rey s'occupait toujours de la barre.

― Eh, fit alors Rey en regardant le nouveau. Vous allez rire, mais je crois... que c'est pas un mec...

Effectivement, à y regarder de plus près, la courbe de ses formes sous ses vêtements mouillés indiquait très clairement à quel genre appartenait le noyé – ou la noyée –. certes, elle avait des vêtements qui pouvaient porter à confusion : une simple chemise blanche, un pantacourt couleur couleur cendre... Ses longs cheveux châtains n'étaient pas vraiment une indication, il y a beaucoup d'hommes ces derniers temps qui aimaient se laisser pousser les cheveux. Mais bon, avec le recul, on voyait bien que l'eau de la mer avait rendu la chemise légèrement transparente et on pouvait voir par contraste la ligne de son soutien-gorge.

― Ben mon vieux, fit avec un grand sourire Royld en attrapant Sam avec le bras, t'es un sacré veinard ! Elle est super mignonne, cette nana !

― Mais de quoi tu parles ?

― Pour la secourir, t'as dû bien te coller à elle, non ?

― Je vois pas où tu veux en venir, je savais même pas que c'était une fille !

― Eh Sam, l'appela Ace avec un air plus sérieux. T'as rien vu à côté d'elle ? Quelque chose qui nous aiderait à savoir qui elle est, ça nous serait utile...

― Tiens, elle agrippait ce sac. répondit le sauveur en tendant le sac en cuir marron trempé. Elle voulait pas le lâcher, en plus.

Ouvrant le fameux sac à l'envers, le commandant fit ainsi tomber toutes les affaires qu'il contenait. Des vêtements, de la nourriture (maintenant immangeable), un couteau, quelques outils de bord... et un livre.

Ce dernier était assez étrange... il n'était pas abîmé par le sel de la mer, il était soigneusement emballé dans une sorte de film plastique. Parfaitement neuf, sans une goute d'eau, Ace s'en saisit et lut le titre à haute voix : Le Roi des Ronces. (NDA : j'ai repris le titre d'un film d'animation que j'ai franchement adoré ! Mais l'histoire que je raconte n'a aucun rapport avec le film).

― Jamais entendu parlé de cette histoire, commenta Royld.

Ace feuilleta le livre et le referma quelques secondes après.

― Moi non plus, répondit-il. Et ça nous aide toujours pas... Ah quelle galère !

― Eh commandant ! fit alors Sam avec un sourire aux lèvres. Elle se réveille !

Alerté, l'interpellé se retourna vers la jeune fille qui, bien qu'ayant gardé les yeux fermés – sans doute gênée par le Soleil – toussait légèrement pour expulser l'eau de ses poumons, puis bruyamment. Elle commençait à avoir une respiration assez irrégulière comme tout à l'heure, mais elle réussit à la stabiliser quelques instants après. C'est alors qu'elle tenta d'ouvrir ses yeux, qu'elle referma vite en mettant faiblement sa main gauche dessus. Et elle réessaya de manière plus lente, pour mieux s'habituer à la luminosité. Une fois les yeux entièrement ouverts, elle se releva d'un mouvement sec et regarda autour d'elle, désorientée.

― Eh toi. l'appela Ace d'un air un peu méfiant.

Elle se tourna, presque apeurée, vers la voix qu'elle venait d'entendre.

― J-Je... Moi... ? demanda-t-elle d'un ton faible.

― Dis-moi... Tu es qui ?