Je ne répète pas le disclaimer, parce que je suis une grosse fainéante, j'assume.
Rating : K+... Et oui, certains chapitres seront pas rate pareil.
Guest : (Euhm... Qui es-tu ? 8D On se connait, non ? Ou bien je confonds ?) Merci pour ta review, ça me fait plaisir de savoir que tu aimes. J'attends si longtemps parce qu'il y a... beaucoup de suite. Enfin de morceau de suite. Une semaine, c'est ni trop ni pas assez à mon sens, voilà =D
D'ailleurs je me suis réveillée hier soir en me disant "Tiens, c'est ça fait combien de temps...? Ah ? Une semaine demain ? Déjà 8D ?"
- Pourquoi aurais-je été gêné ? -
A Dusk - le lycée - on avait le choix entre deux LV1 et cinq LV2. Moi j'avais prit Midgardien et Wutai. Parce que ça me semblait être assez à propos de savoir parler un minimum correctement ces deux langues. J'avais de la chance, M. Brhama, le prof de Wutai, était une personne sympathique. Strict, efficace, charismatique. Etant bon élève, j'aimais bien quand les professeurs faisaient se tenir la classe tranquille. Sora n'avait pas la même LV2 que moi, mais Xion, si. Xion, de prime abord, était une fille assez sombre, physiquement. Ses cheveux aussi noirs que les vêtements qu'elle portait, coupés en carré, lui donnaient un air sérieux, peut-être même froid, que son sourire, une fois qu'on lui avait parlé au moins 10 minutes, exorcisait totalement. Sérieuse, elle l'était, mais aussi très chaleureuse, incroyablement gentille. Elle connaissait tout le monde, mais jusque là n'avait été vraiment amie qu'avec Sora. Et jusqu'à il y avait peu, les fameux jumeaux Montague.
- Je les connais depuis très longtemps, a-t-elle commencé à me raconter, à la fin des cours, alors qu'on attendait Sora à la grille. Tout petits, on allait tous les trois chez la même nourrice. Ils ont un an de plus que moi, alors ils sont entrés en primaire un an plus tôt, et à chaque changement de cycle on a eu un an de battement, mais sinon, on était toujours ensemble, tous les trois. Milieu de l'an dernier, Riku Noroi s'est ajouté à notre bande. Il est plus là, parce que... Enfin, tu sais, Reno et Axel sont vraiment inséparables. Une année ils n'avaient pas été dans la même classe et Axel a refusé de venir en cours tant qu'il n'aurait pas été changé de groupe. Il a eu gain de cause. Quand on les voit de loin, on a l'impression qu'ils sont identiques mais Reno est beaucoup plus sarcastique, et Axel plus fourbe et plus agressif.
Je n'avais pas l'impression qu'elle faisait leur éloge, là.
- Au début de cette année, a-t-elle poursuivit, on a fait la connaissance de ton cousin, par le biais de Riku. Ça se passait bien, et puis… Riku a eu des problèmes avec le professeur de chimie, Xehanort, un vieil homme chauve un peu vouté, tu peux pas te tromper… Il l'aurait frappé, et c'est pour ça qu'il a été expulsé. Je n'y étais pas, mais Axel et Reno m'ont dit que M. Xehanort est homophobe, et qu'ils se sont plus ou moins tous mis sur la figure, enfin, je ne sais pas très bien… Axel et Reno on eu une expulsion provisoire mais Riku ne va probablement pas revenir. Sora n'a pas eu vent de toute cette histoire, alors il a tenu à s'éloigner des Montague, et même de Riku…
Il y en avait plus à dire, je le sentais, mais elle s'est arrêtée là. Moi, je n'avais retenu de façon percutante qu'une information.
- Xion… Les jumeaux Montague sont… homo ?
- Coucou ! A répondu la voix de Sora, de plus loin.
Je me suis détourné, rouge comme une pivoine. Enfin… Plus rose que d'habitude, mais pour qui savait le remarquer, c'était flagrant : j'étais gêné.
- On rentre ? m'a demandé mon cousin. Demyx est déjà sorti.
- Hum… Au revoir, Xion
Elle m'a fait un petit signe de la main. Elle souriait. J'aurais juré qu'elle m'avait vu rougir.
Mais pourquoi aurais-je été gêné ? Qu'est-ce que ça pouvait changer à ma vie qu'Axel Montague soit gay ? Absolument rien. Et c'était quoi cette façon de penser ? Fallait-il être homosexuel pour vouloir luter contre l'homophobie ? Je me suis senti mieux.
Une fois à la maison, j'ai du faire face l'exubérance de Demyx. Je suis plutôt comme Cloud, posé, taciturne, silencieux. Peut-être moins taciturne, c'est difficile de se juger soi-même. Quand j'étais petit, c'était lui l'homme de la maison, notre père… était une loque. Je suppose que j'ai pris modèle sur lui. Demyx et Sora étaient plus… brillants. Je veux dire par là qu'ils rayonnaient, comme des soleils autour desquels graviteraient tout un tas de personnes. D'ailleurs Sora était très populaire, comme j'avais pu le remarquer durant la journée. Je voyais assez mal comment Xion, Riku et les Montague avaient pu être ses amis à un moment : il n'avait que ça, des amis. On avait du manger en décalage ce midi pour n'être que tous les trois. Il devait y avoir des détails qui me manquaient. Après avoir salué ma tante et son fils ainé, je suis monté à l'étage et j'ai frappé à la porte de la chambre de ma mère. J'ai passé la tête comme elle ne répondait pas, et je n'ai vu, au milieu des cadavres de boites de chocolats et de pots de Nutella, de barquettes de pêche au sirop d'aubergine et de sachets de chamallow, aucun signe d'un quelconque alcool. J'ai donc refermé la porte et frappé à celle de Cloud.
- Hum, a fait sa voix depuis l'autre côté.
Je suis entré. Ses cartons vides et empilés dans un coin de la pièce en attendant d'être descendus le lendemain matin me faisaient penser que moi aussi, je devais déplier mes affaires et investir cette pièce voisine à celle de Cloud qui était désormais ma chambre. Cloud, justement, était à son bureau, penché sur des exercices de maths, un crayon à la main et ses lunettes à monture noire sur le nez. Et oui, ça casse le mythe, tout de suite. Chez les Strife on a des lunettes. La fragilité de nos yeux ne nous permet pas les lentilles. J'évite de porter les miennes durant la journée, et Cloud fait de même. Il n'y a que notre mère qui n'ait pas de complexe avec ça. Cloud a retiré les siennes et a fait pivoter son siège vers moi.
- Bien, ta journée ? m'a-t-il demandé très sobrement.
- Hum - (hochement de tête) - J'ai rencontré des personnes intéressantes.
Six mots, entre Cloud et moi, c'était une longue phrase. Il a hoché la tête à son tour. Bien sûr je faisais allusion aux rouquins, mais également à Xion et à M. Rhapsodos. Un peu moins. D'un léger mouvement de la tête je l'ai désigné, l'interrogeant du regard, et il a compris que je lui retournais la question. Il a hésité, cherché ses mots.
- J'ai rencontré… des personnes intéressantes.
Oh… Et oui. Une conversation anodine entre frères chez les Strife ça ressemblait à ça. Je ne ressentais pas l'envie de lui en dire plus et je supposais que lui non plus, alors avec un salut silencieux je l'ai laissé à son travail. Moi-même je devais préparer un exercice de littérature, une histoire de concours auquel se prêtait le lycée et que j'avais vaguement suivi, n'étant arrivé en classe qu'aujourd'hui. En entrant dans ma chambre je me suis senti partagé : devais-je d'abord ranger mes affaires ou commencer mes devoirs ? Finalement j'ai décidé de ranger. Je suis comme ça, j'aime quand chaque chose à une place et s'y trouve. Je ne dis pas que je suis ordonné, par exemple, dans mon ancienne chambre la place de mes clés était juste sous le radiateur. Mais elles s'y trouvaient toujours, à moins qu'elles ne fussent dans la poche de mon manteau. Toujours. De fait je ne perdais jamais rien. En y réfléchissant c'était quand même une forme d'ordre, finalement. Ma logique personnelle différait simplement de celle à laquelle on pouvait avoir l'habitude de se confronter, et il était vrai que parfois ça perturbait. J'ai plié mes vêtements et les ai posés par terre, dans le côté penderie de mon placard, sauf les pantalons que j'ai suspendus. Côté tiroirs, j'ai rangé mes affaires de classe en réserve, classeur de rechange, stylos et crayons 2H (impossible d'écrire ou de dessiner avec quelque chose de plus gras que ça), copies simples et doubles, bref, la totale. Ensuite les livres. J'ai mis les manuels et dictionnaires sous mon lit, alignés par ordre alphabétique la tête en bas pour que je puisse lire les tranches en étant dessus, et les romans, nouvelles et recueils de poèmes sur l'étagère qui surplombait ce même meuble. Sauf trois d'entre eux, la trilogie des Fabuleuses aventures d'Alcimæ et Lacertho, une saga qui m'avait beaucoup marqué.
Alcimæ et Lacertho étaient deux sœurs que tout opposait hormis leur affection mutuelle. L'une, Alcimæ était petite, brune et à la peau mate tandis que l'autre, Lacertho était très grande, blonde et pâle. Dans le premier tome, elles sillonnaient la surface du globe pour rétablir l'Equilibre Universel. Dans le second, elles découvraient qu'il existait d'autres mondes et comment s'y rendre. Elles décidaient alors d'en changer pour voir s'il fallait aussi agir dans d'autres. Et enfin, dans le troisième tome, elles devaient affronter la Perturbation, cette force qui faisait pencher du côté des ténèbres ou de la lumière la Balance de l'Equilibre Universel. Ce n'était pas exactement un livre pour enfant. Le premier tome, si, peut-être, mais ensuite ça devenait très complexe et il fallait s'accrocher. Et puis les deux sœurs mouraient d'ailleurs à la fin, en détruisant la Perturbation, parce que celle-ci faisait partie de l'Univers et que selon les lois de l'Equilibre lui-même, dans un combat contre une force il n'y avait aucun vainqueur.
C'était à la fois cette simplicité et cette complexité qui m'avaient totalement séduit, à tel point que je m'inspirais beaucoup de ce roman pour à peu près tout ce que je faisais. C'était d'ailleurs après l'avoir achevé que, sentant un terrible vide en moi, comme si on m'avait retiré mon cœur, j'avais cherché à en savoir plus sur l'auteure. Une femme anonyme qui, il y avait de cela un quart de siècle avait publié cette unique saga sous l'étrange nom de plume de Tallulah. Personne ne savait qui elle était, d'où elle venait, quel était son vrai nom, mais à force de recherches acharnée et d'une incroyable chance un spécialiste avait fini par dépoussiérer un manuscrit trouvé dans les ruines d'une minuscule maison perdue au milieu de la campagne, dont l'adresse était mentionnée comme fictive dans le roman. Signé de sa main, j'avais eu un moment l'espoir d'y trouver une autre histoire, mais il s'agissait en fait du brouillon d'Alcimæ et Lacertho.
C'était il y avait deux ans à présent, j'en avais alors 14 et je venais d'en voir s'écouler trois passés à remuer plus ou moins efficacement tout ce mystère. Sur le moment, ça avait fait pas mal de bruit, car les Fabuleuses Aventures d'Alcimæ et Lacertho étaient de renommée internationale. J'avais demandé à ce qu'on m'offre une des nombreuses copies du manuscrit qui avaient été alors commercialisées. Il s'agissait de trois énormes volumes en cuir épais, larges de 5cm environ, parcourus de gribouillis et de pattes de mouches et de ratures. J'avais un mal fou à les lire mais ça m'importait assez peu puisque je possédais la version imprimée. J'avais rangé les brouillons ailleurs, dans un carton saturé de papier bulle, et les en extirpant soigneusement, je les ai placés tous les six sur mon bureau, contre le mur. J'aimais pouvoir les regarder ou même les ouvrir quand ça me chantait, quand j'avais une panne d'inspiration pour un devoir, ou tout simplement un petit coup de mou.
Dans ma famille - et là je comptais aussi mon père - il n'y avait que Cloud qui comprenait mon intérêt, qui en réalité frisait presque l'obsession, pour cette trilogie, parce qu'il l'avait partagé à un moment. Il reconnaissait que c'était une histoire à plusieurs niveaux de compréhension, qui s'adressait à tous les âges et toutes les maturités, mais lui avait évolué dans une branche plus scientifique, plus mathématique, et un peu moins métaphysique que moi.
Je me suis reculé jusqu'à la porte et j'ai observé mon travail. Tout était en ordre, et les nouvelles places que j'avais attribuées à mes affaires me convenaient. J'ai donc tiré ma chaise et commencé mon exercice de litté. Il s'agissait d'écrire une histoire fictive en prose sur un thème qui m'était encore totalement inconnu. Les critères d'évaluations ne m'avaient pas été donnés, mais une indication dans les consignes précisait que ''les trois productions les plus originales seront publiées sous forme de nouvelles aux éditions Crépuscule''. Ça me semblait complexe, et d'ailleurs M. Rhapsodos avait semblé de mon avis ce matin quand il avait annoncé à la classe qu'il avait envoyé un mail aux organisateurs pour savoir s'il était autorisé de former des groupes pour écrire à plusieurs, et si oui, de combien de personnes. En théorie le travail était donc en stand-by jusqu'à ce qu'il ait la réponse, mais je n'aimais pas l'idée d'attendre pour faire mon travail, qui avait un arrière goût de prise de retard. Je partageais totalement l'opinion d'Epicure quant au plaisir obtenu par le travail et savourais toujours cette incroyable sérénité, les veilles de rendu, alors qu'autour de moi la panique saisissait tous ceux qui n'avaient pas encore commencé leur devoir.
Cela dit j'ai bien du admettre que d'entendre ma tante nous appeler, Cloud et moi, pour passer à table a soulagé mon cerveau en ébullition. Ma mère n'est pas descendue manger.
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