Quelle chance vous avez! Je n'aime pas laisser un premier chapitre tout seul... alors je publie le deuxième plus tôt que ce que j'avais prévu.
Merci à Puky et à Mea95Gryffondor, ce chapitre est pour vous! J'espère qu'il vous plaira, même s'il sert surtout à introduire les prochaines actions que d'autre chose...
Enfin, bonne lecture!
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James Potter était effectivement accueilli par sa grande tante, que Lily connaissait à cause de son chat. Elle le gardait généralement lorsque la vieille dame partait en vacances – ce qu'elle faisait au moins une fois par année. Lily avait toujours considéré la vieille tante comme étrange, à la limite de la démence, et elle comprenait désormais pourquoi : elle était sorcière. Les sorciers vivant comme des moldus avaient généralement l'habitude d'être considérés un peu fous par leurs voisins. Dire qu'elles s'étaient côtoyées durant toutes ces années sans savoir qu'elles étaient toutes deux sorcières! Il était vrai que Lily cachait bien son jeu, ayant vécu toute son enfance comme un simple moldue, mais tout de même…
Lorsqu'elle revint du parc où elle avait laissé James Potter, Lily passa devant la demeure de cette vieille dame qui, assise sur son perron, lui adressa la parole. Lily sursauta, tant elle était pensive.
-Savais-tu, petite, que mon petit neveu vient vivre chez moi jusqu'à la fin des vacances? Il a à peu près ton âge…
Lily feignit l'ignorance.
-Ah oui, vraiment? Et c'est une bonne nouvelle, je suppose? Nous savons toutes deux comment les adolescents peuvent être…
Elle craignit d'en avoir trop dit, mais le sourire de la vieille dame la rassura.
-Tu as l'air d'avoir bonne expérience en ce domaine! Mais je dois avouer que mon neveu est du type excité et tapageur, surtout qu'il vient avec son meilleur ami. Ensemble, ils sont incroyables – mais je les aime quand même.
-Je les croiserai peut-être, dans ce cas, et je pourrai certainement les reconnaître…
-Oh oui! s'exclama la vieille. Ils sont immanquables.
Sur ce, et après une petite grimace de la part de Lily, cette dernière prit congé et retourna chez elle, la tête pleine de James Potter. Pourquoi Merlin était-il si dur envers elle? N'était-ce pas déjà assez de revoir Potter à la rentrée, et de devoir le supporter pendant sa dernière année à Poudlard? S'il fallait en plus qu'il gâche toutes ses vacances… Lily n'en viendrait pas à bout.
Elle rentra chez elle les épaules basses. Elle avait chaud, malgré la sieste qu'elle avait faite et malgré toutes les crèmes glacées dont elle s'était empiffrée, et son moral ne pouvait pas être plus bas. Elle se jeta littéralement dans la douche et ouvrit l'eau froide.
De l'eau froide, bien froide.
Cela lui fit un bien fou, sans toutefois ôter de son esprit l'image d'un garçon aux cheveux noirs en bataille et aux yeux bruns, d'un brun riche et rieur. Elle se frotta le visage et les yeux. Rien à faire, l'image restait collée. Elle baissa la température de l'eau et retint de justesse un cri. Par Merlin, qu'est-ce que ce James Potter pouvait bien lui faire subir!
Lily sortit de la douche, s'habilla et s'affala devant la télé : rien de mieux pour oublier la réalité. Peu après, Pétunia rentra, seule. Elle était allée reconduire Vernon jusque chez lui. Au moins, elle n'aurait pas à supporter le couple! Mais Pétunia s'assit sur l'autre divan et entama la conversation :
-Tu as vraiment pris une douche glacée?
Elle rit un peu, puis continua dans sa lancée.
-Enfin, tu devais vraiment avoir besoin de te refroidir les idées! Ce ne serait pas à cause du petit neveu de l'autre vieille? Je l'ai vu, moi, et il a l'air a-do-ra-ble!
-T'as pas déjà un amoureux? dit Lily au bout d'un moment, après avoir repris contenance – la dernière phrase de Pétunia avait eu de l'effet sur elle.
-Ça n'empêche pas de regarder ailleurs, non?
Pétunia avait un sourire en coin, Lily avait une mine perplexe. Elle savait que Potter était populaire chez les filles de Poudlard, mais… était-il beau à ce point? Non, se dit Lily, bien sûr que non!
-En tout cas, reprit sa sœur, j'espère qu'on va le croiser souvent. On pourra faire plus ample connaissance…
Lily faillit s'étouffer. Qu'avaient-t-ils tous, aujourd'hui, avec ce James Potter? Lily en avait plus qu'assez d'entendre parler de lui – et de parler avec lui.
Elle courut dans sa chambre, sous le regard amusé de Pétunia, et sortit son matériel pour écrire une longue lettre à Alice : elle en avait besoin. Affreusement besoin.
Alice,
J'espère que tout va bien de ton côté et que je ne te dérange pas. J'ai absolument besoin de ton oreille – ou de tes yeux, dans ce cas-ci – et de tes bons conseils! Je n'en peux plus… mes vacances sont gâchées. C'est triste à dire, je l'avoue, mais c'est la réalité, et il n'y a aucune possibilité de changement.
Je t'explique : je t'avais parlé de Vernon, le copain de Pétunia? Ils sont toujours ensemble, c'est à croire qu'ils sont collés l'un à l'autre avec de la colle perpétuelle. Enfin… en ce moment, il est sagement chez lui et elle ici, mais c'est bien la première fois de l'été que ça arrive! Je crois qu'il va la demander en mariage, bientôt. Horrible perspective. T'imagines les enfants que ça va donner?
En tout cas, je t'épargne les détails, ma chère Alice. Tu n'es encore qu'une enfant et il ne faut pas te pervertir… à moins que les choses aient avancées avec ce cher Frank?
Alors voilà, c'est dans ce climat intolérable qu'apparaît le dernier mais non le moindre… et j'ai nommé : je ne suis même pas capable de l'écrire! Ah! Je ne savais pas que c'était aussi grave… Je crois que je vais aller faire un tour à Sainte-Mangouste. Ils me donneront bien un philtre revivifiant, non? C'est vraiment ce dont j'ai besoin en ce moment… je suis complètement à plat!
Bon, bon, bon! D'accord, je ne te ferai pas attendre une minute de plus : James Potter. Maudit soit le jour où il est né! Oh…
Ses parents sont partis en voyage, et ils l'ont laissé, lui et son maudit chien de poche que j'ai nommé Black, aux bons soins de la grande tante… qui habite au coin de la rue. Comble du malheur! Je suis incapable de me sortir de cette situation, il me suit partout, partout! Et tout le monde m'en parle comme d'un garçon 'adorable' et beau comme un cœur. Mon œil!
Enfin, Alice, tu vois à quel point je suis désespérée. Sauve-moi, et vite!
Ton amie en détresse,
Lily.
Un peu soulagée, elle envoya sa chouette Charlotte porter le message.
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-Lily, chérie!
C'était sa mère. Malgré l'énervement qui courait dans les veines de Lily, elle se retourna et fit face à sa mère, en lui offrant un de ses plus jolis sourires.
-Tu as l'air en forme, aujourd'hui. Tu as fait quelque chose de spécial?
-Non… je suis allée chercher de la crème glacée avec Pétunia… et Vernon – autant dire que j'y suis allée seule.
Sa mère eut une moue désapprobatrice.
-Ne sois pas si sévère, Lily! Tu devrais être contente que ta sœur ait enfin trouvé l'âme sœur! Et puis, c'est un gentil garçon.
-Oui, oui, si tu veux, concéda la jeune fille. Ensuite, euh… je suis allée au parc cet j'ai dormi. Je suis rentrée, j'ai pris une douche bien froide et j'ai écrit une lettre à mon amie, Alice… tu sais, je t'en avais parlé.
-Oui, je m'en souviens, s'exclama joyeusement sa mère. Comment va-t-elle?
-Bien, je suppose… Elle est avec ce gars qu'elle aime, Frank Longdubat.
Lily en avait assez de cette conversation idiote, elle voulait aller se réfugier dans sa chambre, où elle pourrait en toute liberté extérioriser toutes ses idées noires. À propos de James Potter qui venait lui gâcher la vie. Il arrivait même à s'immiscer chez elle, dans les conversations! Ne manquerait plus que sa mère lui en parle…
-Oh Lily, si tu savais à quel point j'ai hâte que tu trouves, toi aussi, celui qui te rendra heureuse! Mrs Harvey accueille son petit neveu pour les vacances et il a ton âge, peut-être qu'il pourrait t'intéresser? Tu devrais aller lui parler, je suis certaine qu'il est adorable.
Lily ferma les yeux dès qu'elle sentit que sa mère approchait du sujet dangereux. Elle s'appliqua à respirer et à se calmer, mais dès que sa mère eut fini de parler, elle monta dans sa chambre en poussant un horrible cri de frustration qui surprit grandement sa mère. Depuis quand sa fille s'énervait-elle ainsi à cause d'une simple conversation? Il y avait certainement une raison particulière… elle essaierait de la découvrir, coûte que coûte. Et si cela avait un lien avec le petit neveu de la vieille Mrs Harvey?
De son côté, Lily fulminait. Depuis qu'elle avait rencontré James Potter, le monde entier lui rappelait ce mauvais souvenir. Ne pouvait-elle donc pas faire comme si rien ne s'était passé, comme s'il n'était pas venu la déranger dans sa retraite, dans son repaire? Pourquoi tout le monde s'entêtait-il à dire de lui qu'il était adorable? Lily était la seule qui le connaissait réellement, et elle pouvait affirmer avec certitude qu'il ne l'était pas du tout! Mais ça, Lily ne l'avouerait à personne, sauf en cas de nécessité. Que dirait sa famille si elle apprenait que James Potter allait à Poudlard et qu'il courtisait incessamment Lily? Sa mère était déjà excitée alors qu'elle le croyait inconnu, alors qu'en serait-il lorsqu'elle apprendrait la vérité? Ce serait horrible, hor-ri-ble!
Tout ce qu'il fallait faire pour que cette situation n'arrive jamais, c'était d'éviter autant que possible James Potter – et Sirius Black, qui devait être arrivé à cette heure tardive. Lily se fit donc une promesse, soit celle de faire tout son possible pour avoir le moins de raisons possibles de sortir de chez elle. Il fallait désormais déserter le parc, le centre commercial était une source potentielle de danger, et surtout, surtout, faire tout pour ne pas croiser Mrs Harvey. Elle adorait la vieille dame, mais elle avait l'habitude de l'inviter chez elle, ce dont Lily aurait été enchantée seulement la veille. Elle adorait l'ambiance de cette maison, de l'aura étrange qui s'en dégageait : Lily savait maintenant pourquoi, et tout était relié à la magie. Et, accessoirement, à James Potter.
Tout revenait sans cesse à James Potter. Et de cela, beaucoup plus que de n'importe quoi d'autre, Lily en avait assez.
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Il faisait nuit. Tout était calme dehors. La chaleur avait diminué avec le coucher du soleil, mais l'humidité était toujours aussi lourde. Les lampadaires projetaient une lumière jaunâtre sur la rue, où les lumières des maisons étaient toutes éteintes.
Dans l'une de ses maisons gisait Lily Evans. Elle n'arrivait pas à dormir et se retournait dans son lit depuis plus d'une heure, sans arriver à fermer l'œil.
Elle finit par se lever et, sur la pointe de ses pieds nus, se faufiler hors de la maison. Il n'y avait personne dehors, et Lily se sentait complètement libre – elle en vint même, un instant, à oublier James Potter. Elle était bien, en chemise de nuit légère et en leggins trois-quarts, et n'aurait rien souhaité d'autre. Lorsqu'elle passa sous le lampadaire, ses cheveux roux s'illuminèrent comme s'ils avaient pris feu. De cela, sans toutefois le dire à haute voix, Lily en était fière. Oui, elle aimait ses cheveux roux, et elle aimait sa peau blanche parsemée de taches de rousseur. Lorsqu'elle se regardait dans un miroir, Lily se trouvait belle, avec ses yeux verts étincelants de malice et de vie.
Il n'y avait personne dans les rues, aussi Lily en profita pour se diriger vers le parc, malgré l'interdit qu'elle y avait apposé moins de quatre heures auparavant. Le parc était beau, avec toute sa verdure, et l'air y était plus frais. Un petit cours d'eau en faisait le tour et parfois, les canards venaient s'y baigner. Lily adorait les regarder, et c'est ce qu'elle fit en cette magnifique nuit d'été, sans témoin apparent.
Mais il y avait, dans une chambre sombre du deuxième étage d'une maison donnant sur le parc, un jeune homme attentif aux moindres mouvements de Lily. Lorsqu'elle était passée sous le lampadaire, il l'avait observée. Ses cheveux avaient flamboyés d'un coup, et son pas était aussi léger qu'une danse. Elle flottait désormais à travers les arbres du parc, et s'arrêta sur le petit pont. Elle y resta plusieurs minutes, si bien que le jeune homme eu envie d'aller la rejoindre. Elle avait l'air si sereine, ainsi, comment aurait-elle pu l'insulter et le refuser une fois de plus? Il allait se diriger vers la porte de sa chambre lorsque surgit de l'ombre son meilleur ami. Il posa une main sur son bras, le retenant :
-Souviens-toi, Cornedrue. Il faut que tu lui laisse le temps de venir à toi.
-Et si elle ne vient pas? s'enquit gravement le dénommé Cornedrue.
-Elle viendra, j'en suis sûr. Ne t'en fais pas.
Et pourtant, un doute subsistait en lui. Mais il ne voulait que rassurer son ami, pour l'instant – et l'empêcher de commettre l'irréparable.
