Les mercenaires étaient prêts. Il y avait deux Bajorans, un homme et une femme. Ils étaient accompagnés d'un Andorien et d'un Tellarite. Ils portaient des vêtements de camouflage noirs et s'était fait téléporter dans le jardin de la maisonnette à la faveur de la nuit. Il n'y avait pas nuages dans le ciel et c'était une nuit sans lune. La maison était située dans une zone rurale, ce qui leur faciliterait la tâche. Il faisait sombre dans la petite cour entourée d'arbre. Ils avancèrent vers la porte. Elle était verrouillée. L'homme Bajoran sortit son tricordeur.

- Il y a un système de surveillance par ordinateur, mais rien d'autre.

- Ils sont fous ces humains, dit l'autre Bajoran.

Le Tellarite sortit un objet de sa poche et le colla sur la porte.

- C'est une bombe statique, ça neutralisera tout système informatique pour les dix prochaines minutes. Reculez.

L'objet émit un sifflement et fit un craquement. L'Andorien prit un phaseur et fit fondre la serrure.

- Un jeu d'enfant.

- Tu ne crois pas si bien dire, reprit la femme Bajoran en riant. Venez, notre cible est par là.

Ils entrèrent dans la pièce et se rendirent jusqu'à la chambre du fond. Dans la pénombre, ils apercevaient quand même le lit de bébé dans lequel une forme était allongée. Le Bajoran prit l'enfant qui s'agita et se mit à pleurer.

Un homme en pyjama surgit alors dans la pièce, armé d'un phaseur.

- Déposez-le dans son lit et sortez !

Le Bajoran mit le bébé devant lui.

- Sinon vous allez faire quoi ? Le tirer avec nous. Même à la puissance minimale, un phaseur peut tuer un enfant de cet âge.

- Que voulez-vous ? Une rançon ? Je ferai tout ce que vous voudrez. Ne prenez pas mon fils !

L'Andorien pointa la tête de l'enfant avec son phaseur.

- Déposez votre arme, sinon je ne réponds pas de moi.

L'homme hésita puis obéit. L'Andorien visa l'homme, mais le Tellarite l'arrêta.

- Le système informatique va repartir d'une seconde à l'autre. Un seul tir de phaseur à pleine puissance, et toute la sécurité de Starfleet se téléportera ici dans la minute.

- Ce n'est pas un modèle de Starfleet, je n'ai pas de fréquence pour assommer.

- On va prendre celui-ci, dit le Tellarite en se penchant vers le phaseur qui était par terre.

L'homme en profita pour lui balancer un coup de pied au visage et se tourna vers l'Andorien. Ce dernier sortit une dague et le poignarda. Une alarme retentit alors.

- Vite, il faut y aller, cria la Bajoran. Équipe au sol à la Chose, sortez-nous d'ici !

Le Bajoran, jeta un objet qui ressemblait à une puce informatique juste avant que le faisceau de téléportation ne les prenne.

Ils se matérialisèrent dans un petit vaisseau. Un Ferengi était assis sur un banc et opérait une console.

- Alors, dit-il en montrant ses canines ?

- Mission accomplit, dit le Bajoran et brandissant le bébé qui se remit à hurler.

Le Ferengi eut un sourire féroce.

- Vous avez bien gagné votre lathinium.

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Léa s'était installée avec son équipe dans un des plus petits laboratoires scientifiques de l'Enteprise. C'était celui qui était le mieux équipé pour son expérience. Dès son arrivée, elle avait déballée le matériel et avait examiné l'appareil avec son équipe. Tout était là, rien n'avait été endommagé dans le transport. Elle travaillait depuis des heures à recalculer toutes les variables de l'expérience, quand son communicateur beepa.

- Passerelle au docteur Roberge, dit une voix qu'elle ne reconnut pas. Vous avez un appel prioritaire de la Terre.

Elle se dirigea vers la console de communication, inquiète. Des appels prioritaires pouvaient souvent venir de Starfleet, mais si c'était de la Terre, ça voulait dire un appel personnel urgent et ce n'était jamais bon signe.

Elle alluma l'écran, le visage d'Amanda Tyler Roberge, sa mère adoptive, apparut. Elle avait les yeux bouffit et semblait bouleversée.

- Maman ? Que se passe-t-il, dit-elle en tentant de masquer son inquiétude ?

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Sur la passerelle, Jean-Luc Picard était assis sur son fauteuil avec son staff. Ils étaient en distorsions et se dirigeaient vers le lieu de l'expérience. Il n'y avait vraiment rien à signaler, ce qui amenait l'OPS à discuter avec le pilote, l'officier tactique avec l'officier à la console scientifique. Il les laissait faire mais n'avait pas le goût de discuter. Il pensait encore à l'expérience secrète de Léa et il n'aimait toujours pas l'idée. Dans le fond, ce n'était pas l'Enterprise qui courrait un risque, mais les fondements même de la Fédération. Cette technologie entre de mauvaises mains était trop dangereuse.

À ce moment, Léa surgit sur la passerelle, l'air troublée et nerveuse. Elle alla droit vers le capitaine Picard.

- Capitaine, dit-elle avec un certain empressement, il faut que je vous parle immédiatement !

- Lieutenant Roberge, dit Riker, il y a un protocole à respecter et…

La conseillère Troi lança un regard à Riker et fit non de la tête. Il se tut.

- Dans mon bureau, ordonna alors le capitaine !

Elle le suivit avec un empressement non dissimulé. Dès que la porte se referma, le capitaine se tourna vers elle.

- J'espère que c'est important, tu n'es pas sans savoir qu'il y a des protocoles…

- Papa, coupa-t-elle, Matt a été enlevé.

- Quoi ! Comment ?

- Nathan a été poignardé, il est au centre médical de Starfleet, mais il est tiré d'affaire.

Jean-Luc se rembrunit.

- Je vois, mais pour ton fils ?

- Les services de sécurité de Starfleet ont fait le ménage chez moi. Ils auraient apparemment trouvé un message des ravisseurs. Peut-être une demande de rançon, mais ils n'ont rien vient voulu dire à mes parents et Nathan est toujours inconscient.

Jean-Luc s'installa derrière son bureau et il se tourna vers son terminal.

- Je connais quelqu'un là-bas, expliqua-t-il. Ordinateur, contacte le commandeur Ted Williams des services de sécurité de Starfleet, appel prioritaire.

L'ordinateur beepa et le logo de Starfleet apparut à l'écran. L'instant suivant l'image d'un homme dans la cinquantaine et aux cheveux noirs apparut.

- Bonjour capitaine Picard, dit-il avec un accent britannique, j'allais justement vous appeler.

- J'imagine dans ce cas que vous savez pourquoi je vous appelle.

- Est-ce que le docteur Roberge est avec vous ?

- Je suis ici, confirma Léa.

- Docteur, je suis désolé pour ce qui arrivé à votre fils et je vous promets que nous faisons tout pour le retrouver.

- Je n'ai pas le temps pour ces formules vides. Je veux savoir ce que vous savez. Qu'est-ce que les ravisseurs ont laissé ?

- Le message qu'ils ont laissé est adressé au capitaine Picard. Il serait préférable que vous sortiez. La nature de ce message est plutôt inquiétante.

- Raison de plus pour que je l'écoute. Je vous en prie, n'essayez pas de me ménager.

Ted Williams soupira.

- Je vous aurai avertie, je vous envoie le message tout de suite.

L'image du commandeur disparut et fut remplacée par celle d'un Ferengi. En le voyant, Jean-Luc sentit un étau resserrer son estomac.

- Bok, dit-il dans un souffle.

- Bonjour Capitaine Picard, dit le Ferengi sur un ton cordial. J'espère que vous vous souvenez de moi. En tout cas, moi je ne vous ai jamais oublié. Depuis la mort de mon fils, je n'ai jamais cessé de pensé à vous. Je n'ai jamais cessé de faire des plans et j'ai été patient. J'ai su pour votre fille. Félicitation ! Dommage que ce ne soit pas un fils. Les filles se monnayent bien pour arranger des mariages et créer des alliances commerciales, mais ce sont les fils qui font la fierté de leur père: les fils et les petits-fils. Alors devinez ma joie quand j'ai appris la bonne nouvelle. Maintenant, j'ai ma vengeance. À la date stellaire 50942.1, à l'endroit où tout a commencé, Matthew René Elliott sera exécuté. J'espère que vous serez présent pour assister à ce grand moment. Sinon, je vous enverrai un petit souvenir.

Jean-Luc restait pantois devant l'écran, pendant que Léa fixait toujours l'écran avec les yeux humides, les mains crispées sur les accoudoirs de son siège.

- Je ne sais pas quoi dire, dit-il enfin, je suis désolé. C'est ma faute.

- Tu ne pouvais pas savoir, dit-elle avec une voix tremblante.

- Quand Matt est venu au monde, j'aurais dû y penser, j'aurais dû vérifier avec Ferenginar si Bok était toujours en prison. J'aurais dû vous faire protéger.

Il se leva soudaine, il était redevenu l'homme d'action qu'il avait l'habitude d'être.

- Nous allons tout faire pour le retrouver avant qu'il mette son plan à exécution. Ne t'inquiète pas. Avec mon vaisseau, avec mon équipage, nous allons le sortir de là!

- Dans ce cas, je me joins à vous.

- Tu devrais te reposer, tu as une mine affreuse.

- Comment veux-tu que je trouve le repos alors que mon bébé est entre les mains d'un malade qui veut le tuer!

- Tu as raison, dit-il après un moment de réflexion. Nous allons faire ça ensemble.

Il retourna sur la passerelle suivi de Léa.

- Navigateur, programmez une nouvelle destination vers le système de Maxia, distorsion maximale. Je veux tout le staff dans la salle de conférence tout de suite.