Deuxième chapitre !

Kyona-sama : Ouais j'ai fait le grand saut ! Et il m'en a fallu du courage et un coup de pied dans le derrière de ma petite soeur XD

Moon Crysalide : Enchantée puisqu'apparemment on ne sait jamais causé avant ! Je n'envahis pas voyons, je m'incruste, me faufile, me glisse entre les mailles du filet, c'est quand même plus classe dit comme ça non ? Et vive les demi-louves de compagnie ! (J'étais morte de rire à ma fin)

NoaAH : Yo noa-chan ! Ou Franky-kun ? XD Merci de ton gentil commentaire et la suite... ici ou celle que tu n'as pas encore lu ? Pour le saut en terrain inconnu, je t'ai répondu dans ton commentaire tout récent sur "mon ami imaginaire" à moins que ce ne soit pas toi, c'est possible que je me trompe... Tête en l'air comme je suis !


Je fixais le hublot par lequel on pouvait régulièrement apercevoir des poissons de couleurs extravagantes. L'infirmerie dans laquelle je m'étais réveillée un peu plutôt était l'endroit que je considérais comme le plus sûr étant le seul lieu qui me donnait une impression familière. Raison pour laquelle je m'y cloîtrais J'avais bien essayé de faire le tour du vaisseau mais dans cette espace confiné, je perdais la notion des distances et mes repères. J'étais aussi déboussolée qu'un louveteau.

Les jambes ramenées près du corps, je me demandais ce que je devais faire. Certes l'irrésistible envie de mettre une dérouillée au capitaine me taraudait, mais tant que l'appareil resterait sous plusieurs tonnes d'eau salée, mieux valait faire profil bas. Je tentais de positiver ma situation en énumérant les bons cotés sur mes doigts.

Déjà la présence de Bepo, me dis-je en appuyant sur l'auriculaire. Les chances d'arriver à la prochaine île intacte avec ce vaisseau pirate étaient importantes, continuais-je en appuyant sur l'annulaire. Peu de chance d'affrontement avec la Marine, remarquais-je en appuyant sur le majeur. Et puis l'équipage, en excluant Law, avait l'air sympa, terminais-je en appuyant l'index. Rassurée par cette petite analyse, l'angoisse qui me tordait l'estomac s'estompa un peu. Mais les cotés négatifs restaient plus nombreux, dont la cohabitation avec ce foutu chirurgien.
J'allais être gentille tout le long du trajet, imaginais-je en me disant que j'éviterais de faire un carnage, puis quand je pourrais m'enfuir, je lui en décollerais une qui l'enverra voler une centaine de mètres plus loin ! Un plan très appréciable dont j'étais pressée d'atteindre la phase finale.

Quand la porte s'ouvrit, je bondis hors du lit, en position de combat. Je me détendis en voyant une tête d'ours dans l'entrebâillement de la porte. S'assurant que je ne lui sauterais pas dessus, il entra prudemment avec un désolé. Il se proposa comme guide pour visiter le sous-marin. J'acceptais volontiers, il était bien le seul auquel j'accordais ma confiance.

Une fois dans le couloir, il pointa une griffe à droite m'informant que la sortie du sous-marin se trouvait tout au bout, information que j'emmagasinais dans un coin de mon cerveau. Puis il se dirigea à gauche, nous longeâmes le couloir pendant un petit moment avant d'arriver dans une grande pièce aseptisée. Il y avait tout le matériel médical nécessaire ainsi que bon nombre d'appareils sophistiqués dans cette salle d'opération moderne. Stressée par l'environnement peu accueillant, j'empoignais un bout de la combinaison orange de mon ami pour lui faire comprendre que je ne voulais pas rester. Il m'invita ensuite dans le dortoir. Des lits superposés à trois étages de chaque coté de la pièce et des casiers contre le mur du fond pour ranger leurs affaires.

Quand il eut terminé avec cet étage, nous montâmes en haut où se trouvait la salle des commandes qui permettait de diriger l'appareil. Je ne reconnus pas celui qui pilotait. Le plateau repas tassé dans un coin m'indiqua qu'il n'avait pas rejoint les autres dans la cuisine tout à l'heure. Les lumières clignotantes multicolores me perturbaient, ma tête tournait. Heureusement l'ours écourta la visite, sujet au même mal que moi.
Je pensais que nous avions fait le tour de toutes les pièces mais Bepo me prouva le contraire en me désignant des escaliers qui descendait. À chaque marche, la chaleur augmenta ainsi que le bruit métallique des machines C'était en quelque sorte le sous-sol, la salle des machines. Plusieurs personnes s'affairaient ici, quelque uns me firent un geste de la main en signe de salutation auquel je ne répondis pas. Le vacarme était insupportable ! Comment se faisait-il qu'on n'entendait rien à l'étage supérieur ?! Je remontais rapidement, les mains sur mes oreilles meurtries par ce boucan infernal.

Je me massais les tempes du bout des doigts, des piques de douleur me vrillaient la cervelle. Des fois, mes sens hyper-développés se retournaient contre moi. Bepo semblait déjà s'être remis, il devait avoir l'habitude ou être dur de la feuille. Nous étions revenus dans la cuisine qui servait de réfectoire et de salle commune. Mon regard se perdit sur le passage par lequel le capitaine était parti.

« Il y a quoi là-bas ? Demandais-je en désignant le couloir.

- La chambre du capitaine. »

Il ne semblait pas vouloir s'étendre sur le sujet pourtant j'insistais. Mais je ne découvris rien de plus. Rare était les occasions où mon ami avait pu se permettre de pénétrer dans le sanctuaire de son vénéré capitaine.

Je regardais la pendule, il était tard. Malgré ma très longue sieste à l'infirmerie, mes paupières s'alourdissaient. Je décidais de retourner à l'infirmerie pour me coucher mais quelqu'un se trouvait dans le couloir et me bouchait le passage avec sa silhouette fluette. Trafalgar Law me fixa un bon moment avant d'entrer dans l'infirmerie, laissant la porte ouverte derrière lui. Message très clair, je devais le suivre, mais bon pour ce genre de chose on avait inventé les mots… un « suis-moi » ça aurait été de trop ?

J'entrais à sa suite, prête à mordre s'il le fallait. Il s'était assis sur un tabouret et enfilait des gants en latex avec l'aisance de l'habitude. Voyant que je restais plantée debout dans l'antre de la porte, il tapota le lit dont le drap était encore pleinement imprégné de mon odeur. Encore une fois il s'abstenait de m'adresser la parole et bien que l'idée de communiquer avec lui m'hérisse les poils, ça m'énervait.

« Tu ressembles à un chiot apeuré. Constata Law. »

Je grognais devant l'allusion. Piquée dans ma fierté j'avançais d'un pas sûr vers lui et m'assis sur le rebord du lit, surveillant le moindre de ses mouvements. Il me saisit les poignets sans aucune délicatesse et défit les bandages d'un geste expert. Il arbora une expression stupéfaite qu'il remplaça presque aussitôt par une mine observatrice. Mes plaies étaient quasiment soignées. Il ne restait plus que de légères cicatrices rosâtres qui ne tarderaient pas à disparaître à leur tour. Je me régénérais très rapidement, je n'étais jamais restée au lit plus de deux jours et ceux dans le pire des cas.

« Pourquoi mon état de santé vous préoccupe autant ? Demandais-je dédaigneuse, gardant à l'esprit qu'il me considérait comme un animal de compagnie et agacée de l'avoir encore vouvoyé.

- Quand j'adopte un animal je m'assure qu'il reste en vie le plus longtemps possible. Répondit-il calmement en tâtant l'arrière de mon crâne.

- Je ne suis pas un chien ! Dis-je en insistant sur chaque syllabe. Et je ne compte pas rester ici indéfiniment. Le prévins-je avec un air de défi. »

Il ricana. Retenir mon envie de le frapper devenait un vrai supplice… il se leva et sortit de la pièce en me précisant que l'infirmerie n'était pas un dortoir et qu'il m'interdisait d'y rester. Je lui lançais un regard foudroyant à travers le mur de métal qu'il ne sentit évidement pas. Et ne sachant pas quoi faire je le suivis.

Nous passâmes devant le dortoir sans qu'il ne s'arrête. D'accord je n'avais pas vraiment envie de dormir dans une pièce sentant la sueur et autres effluves typiquement masculines mais je commençais à me demander sérieusement où j'allais dormir. Il m'emmena dans le réfectoire avant d'emprunter le couloir menant à sa cabine. Oh non pas bon ! Mais pas bon du tout là ! Une alarme silencieuse s'activa dans un coin de mon cerveau mais je ne savais pas à quoi m'attendre de la part d'un mec aussi tordu.

Je fus un peu surprise par ce que je vis. Agréable, confortable et bien rangé. Une fois la porte refermée derrière moi, la sensation d'être sous l'eau disparut totalement. Mon malaise quant à lui s'amplifia, être seule avec Trafalgar Law m'angoissait. La pièce était spacieuse, deux fois plus grande que le dortoir où s'entassait le reste de l'équipage. Il y avait un bureau massif en face de l'entrée et le mur de droite était parsemé d'étagères pleines à craquer de livres et d'outils de médecine. Cela devait être la partie bureau, puis plus à gauche, il y avait son lit, une table de chevet et une armoire.

Mais où allais-je dormir ? Il pointa un matelas installé à même le sol, au pied de son lit. Alors là pas question de dormir par terre ! Je n'étais pas un chien ! Ça n'avait pas changé en cinq minutes ! Il me prenait pour qui ?!

« C'est une blague n'est-ce pas ? Tentais-je calmement, les nerfs à fleur de peau.

- Je n'ais pas eu le temps de te faire une niche. Expliqua le médecin, d'un ton tel qu'il était impossible de savoir s'il plaisantait ou s'il était sincère. Mais tu veux peut-être dormir avec ton maître pour ta première nuit ? Proposa-t-il avec un sourire en coin. »

Sa dernière phrase était trop ambiguë pour en comprendre toutes les subtilités. Mais l'utilisation du mot « maître » pour se qualifier et l'idée de dormir à moins de vingt centimètres de lui, combiné ensemble, vinrent à bout du peu de self-Control que je possédais. Je lui décochais une droite dans la mâchoire. Il vola mais retomba sur ses pieds, accroupi. Et avant que je n'ais eu le temps de lui asséner un coup de pied, une sphère engloba la totalité de la pièce. Ses mains amorcèrent un mouvement étrange et la seconde d'après je me retrouvais à la place de l'armoire. Étant donné l'élan que j'avais pris, je percutais le mur de plein fouet.

Échouée sur le dos je sentais un liquide chaud dans mon nez, mais rien de cassé. Et avant que je ne tente quoi que ce soit, une lame glissa le long de ma gorge laissant une fine traînée sanglante. Je n'arrivais pas à croire que je venais de perdre. J'avais un peu trop sous-estimé les capacités mystérieuses des fruits du démon. J'entendis juste un « abandonnes ! » auquel je répondis par un « pas question ! ». La pression de son nodachi sur ma peau s'accentua. Je pestais devant ma faiblesse, me voilà dans la situation que j'avais toujours voulu éviter. Du coin de l'œil, je distinguais une fureur contenue sur son visage mais vite remplacé par son sourire habituel. Il n'aimait pas les rébellions.

« J'épargne ta vie si tu promets d'être sage… m'accorda-t-il me donnant l'impression d'avoir six ans et d'avoir fait une « grosse bêtise ».

- Je ne causerais plus de problèmes… Promis… Réussis-je à articuler malgré la rage qui me faisait serrer les dents. »

Il laissa sa lame encore un instant, s'assurant que ma parole valait quelque chose, puis la rangea dans son fourreau qu'il garda posé sur son épaule au cas où. Il me lança un regard plein de reproche tout en se frottant la joue. Eh oui mon grand je tape fort !

D'un geste vif je remis bien droit mon nez légèrement écarté qui émit un craquement aussi douloureux qu'il en avait l'air. Un reniflement permit de dégager le sang qui obstruait mes narines, avant de passer mes doigts sur mon cou meurtri. Ce n'était qu'une éraflure, demain il n'y paraîtra plus mais il aurait très bien pu m'égorger. Je devais être deux fois plus prudente à l'avenir.

Assise en tailleur sur le sol je tâtais l'arête de mon nez pour m'assurer qu'il était droit, ce qui était apparemment le cas. Il n'était pas censé me garder en vie le plus longtemps possible ? C'était mal parti… mais j'avais promis de me tenir à carreau et je n'étais pas du genre à faire des promesses en l'air. À contre cœur, je me contentais d'un regard noir et d'un grondement sourd, pas plus clair comme message.

Plusieurs minutes s'écoulèrent durant lesquelles le capitaine pirate rangeait ses affaires, chutées durant notre petite altercation. Toujours assise par terre, je l'observais faire, mémorisant instinctivement tous ses gestes. Cela pourrait s'avérait utile dans un futur combat. Law retira son haut sans se soucier de ma présence. Pourquoi se soucier du regard d'un chien sur vous ? Mes yeux ne dévièrent pas, détaillant son corps sans aucune gêne. Son pull rendait sa silhouette maigre mais ainsi on pouvait voir que c'était faux : svelte, légèrement musclé, bel homme en général. Une insulte allait sortir lorsqu'il se faufila sous ses couvertures. Je regardais bêtement la masse cachée par le tissu.

Il se releva sur ses coudes et me fixa. Law ne comptait pas dormir tant que je restais au beau milieu de la pièce. La fatigue commençait à peser sur ma raison et ma fierté s'endormait elle aussi. Juste pour une nuit alors… mais pas à coté de ce taré. Je saisis le coin du matelas et le traîner à l'opposé de la pièce, le plus loin possible de son auguste personne. Allongée sur le coté, face au mur, j'entendis un froissement de drap. Le chirurgien de la mort venait de se coucher, pour de bon cette fois.

Dès les premières lueurs de l'aube, le sous-marin avançait tout près de la surface donc l'on pouvait distinguer la lumière du jour, je fuis la cabine. Dans la cuisine, plusieurs personnes étaient déjà installées à table mangeant leur petit déjeuner en discutant gaiment. À mon arrivée, ils se turent et me fixèrent étrangement ne semblant pas en croire leurs yeux. Apparemment ils ne s'attendaient pas à me voir en vie et entière qui plus est. J'avais très, très, mal dormi et n'étais pas d'humeur à plaisanter sur ma colocation avec le chirurgien. Ils durent le sentir car aucun n'osa commenter mon entrée.

« T'as faim ? Me demanda Shachi avec un grand sourire accueillant.

- Une faim de loup ! M'exclamais-je, l'atmosphère redevint détendue et joviale. »

Comme je l'avais précédemment remarqué, tout l'équipage, sauf Law, était sympa. Je m'installais et Penguin me servit une assiette de… bouillie non identifiée à l'odeur plus que douteuse. Ils n'avaient pas de cuisinier à bord ? Ma grimace de dégoût n'échappa pas aux garçons. Je reniflais une fois de plus le plat, mon estomac refusant d'encaisser l'ingurgitation de cette chose se calma.

« C'est quoi au juste ? M'inquiétais-je en piquant la substance avec ma fourchette.

- C'est Penguin qui est de corvée de cuisine cette semaine alors c'est à lui qu'il faut te plaindre. M'informa Shachi. Mais c'est pas aussi mauvais que ça en à l'air. »

Il avala une bouchée pour me convaincre, suivi du cuisiner temporaire. Mais la couleur grisâtre m'alarma un peu. Puis Bepo, prit son assiette à deux mains et la fourra sous son nez. Il en dévora le contenu en quelques bouchées et termina en léchant ce qu'il en restait. Son attitude me rassura et je portais une bouchée à ma bouche. La texture était pâteuse, difficile à avaler mais le goût était sucré et agréable. Mon plat fut rapidement vidé sous l'œil ravi de mes trois camarades.

« Euh… Nous arrivons bientôt à la prochaine île ? Les interrogeais-je comme si je ne m'intéressais pas à la réponse.

- Pas avant une semaine minimum. M'avertit Bepo. Désolé.

- Arrêtes de t'excuser ! Se plaignirent les deux garçons en même temps, question d'habitude…

- Désolé… déprima l'ours. Mais on va bientôt remonter à la surface ! S'enthousiasma Bepo, comme moi, il devait se sentir mal à l'aise en profondeur. »

La simple idée de sentir le vent frais du large effleurer ma peau et caresser mon visage me rendit impatiente. Je n'avais qu'une hâte, c'était de revoir le ciel bleu et les nuages ainsi que l'horizon infini. Je n'étais pas faîte pour rester enfermer dans un espace clos. Joyeuse, je me liais d'amitié avec Shachi et Penguin tout en gardant une certaine réserve. Quant à Bepo, eh bien je m'entendais à merveille avec lui, j'étais même complètement dingue de cette peluche géante.

Quand nous eûmes terminé, je voulus prendre une bonne douche mais deux problèmes s'imposèrent à moi. Le premier, je n'avais pas de vêtements de rechange, le deuxième, pas question d'utiliser les douches communes jouxtant le dortoir des garçons. Alors que j'expliquais mon problème numéro un aux deux hommes, Law, réveillé, me lança quelque chose. Je dépliais le tissu pour me rendre compte qu'il s'agissait d'une combinaison blanche semblable à celle que portait les membres de l'équipage mais une taille en dessous.

« Je refuse de mettre cette horreur… dis-je sur le point de lui renvoyer à la figure.

- On verra plus rien capitaine. Se plaignit Shachi qui se reçut un coup de poing de ma part dans l'estomac la seconde suivante.

- Tu n'es pas obligée de le mettre, c'est à toi de voir… insinua Law.

- Complètement nue ! S'exclamèrent à l'unisson les deux humains en saignant du nez. »

Avais-je le choix ? Je dus me résigner à porter sans chose sans aucune classe jusqu'à pouvoir me procurer de nouveaux vêtements. De retour, pas de mon plein gré, dans la cabine du capitaine qui était aussi la mienne pour un temps indéfini. En effet, en plus d'avoir la chambre la plus agréable, il avait aussi une salle de bain personnelle. Plus tant que ça puisqu'il avait accepté de la partager avec « son chien ». Je me giflais mentalement pour m'être résignée, ne serait-ce qu'une microseconde, à l'idée d'être son animal de compagnie.

Je constatais qu'il n'y avait aucun verrou donc aucun moyen de m'assurer que personne n'entrerait pendant que je ferais ma toilette. Bon, optimisons, optimisons ! L'équipage n'était pas autorisé à entrer dans les quartiers du capitaine sans autorisation ce qui éliminait pas mal de pervers en herbe. Mais il restait quand même le plus gênant, Trafalgar Law. Je n'avais jamais été de nature très pudique, pour cause, les loups-garous étaient élevés le cul à l'air pendant une longue période de leur vie, mais ce sadique n'hésiterait pas à marquer sa supériorité à la moindre occasion. Je fouillais un peu partout, m'attendant à trouver à chaque placard un cadavre en décomposition, mais ça je l'aurais senti à l'odeur.

En parti rassurée, je me déshabillais et entrais dans la douche. L'eau d'abord froide se réchauffa rapidement. Je me laissais bercer par le clapotis des gouttes d'eau sur le carrelage blanc laiteux. Lentement je sombrais dans une brume opaque, ne voyant même plus la vapeur de l'eau devenue bouillante. Le bruit s'amplifia jusqu'à devenir une véritable pluie torrentielle, provenant d'un souvenir lointain.

Il faisait sombre, le ciel grondait. Les nuages noirs grossissaient et se déformaient, la voûte céleste semblait se tordre de douleur et rugir des éclairs lumineux. Une peur incontrôlable s'était emparée de moi, j'étais terrifiée par ce qui se cachait dans l'ombre de la nuit… ça se rapprochait… encore…

Quelqu'un venait d'ouvrir la porte sans frapper me ramenant dans la réalité, le cœur battant encore la chamade. J'étais sûr qu'il me ferait le coup ! Mais pas question d'agir de manière exagérée. La porte transparente de la douche était recouverte de buée si bien que l'on ne distinguait que des formes floues à travers elle. Je me contentais de tourner le dos à la porte vitrée, me frottant les cheveux plein de mousse en faisant attention à ne pas en mettre dans mes oreilles par inadvertance.

Il n'y avait plus aucun bruit mais il était encore là, c'était certain. Que pouvait-il bien faire ?! Je tournais un peu la tête, juste assez pour apercevoir une forme jaune et bleu, avant de fixer à nouveau les petites dalles blanches. Qu'est-ce qu'il préparait ? De ce que j'avais vu, il était assis. Il m'attendait ? Je décidais de l'ignorer en frottant ma queue. Je me rinçais, mettant un temps fou à débarrasser ma fourrure du savon. L'eau cessa de couler, j'inspirais profondément avant de me retourner et de m'adresser au médecin à travers la porte embuée, la seule chose qui cachait un tant soi peu ma nudité.

« Eh le pervers ! Tu comptes rester là à mater encore longtemps ?! Dis-je fière de l'avoir tutoyé. »

Il ne répondit pas et ne comptait apparemment pas bouger de sa place. Il savait que je ne pouvais pas rester indéfiniment dans la douche. Il voulait m'humilier, sans aucun doute. Je n'allais pas me démonter. Même pas deux jours et il me menait déjà à la baguette ! J'allais lui montrer que PERSONNE ne pouvait me dompter !

J'ouvris brusquement la porte, délaissant le regard de Law sur moi, j'avançais sans gêne, les joues à peine rosies. J'enroulais une serviette, qui s'arrêtait juste sous les fesses, autour de mon corps trempé. J'en pris une autre pour m'essuyer la tête à la va vite puis l'appliquais soigneusement sur mes oreilles dans le sens du poil répétant l'opération pour ma queue. Puis quand je fus un peu près sèche, je lui fis face, les mains sur les hanches.

« Tu vas me dire ce que tu me veux ? Demandais-je agacée alors qu'il était adossé au mur les mains derrière la tête, son nodachi posé près de lui, il n'avait rien d'un voyeur comme ça… »

Il ouvrit un œil, se leva et sortit sans un mot. J'avais du louper un épisode là… supposais-je en voyant la porte de la salle de bain se refermer derrière lui. Je n'arrivais même pas à m'énerver contre son intrusion tellement son comportement imprévisible était perturbant. On n'utilisait souvent cet adjectif pour me qualifier mais lui, c'était le pompon.

Bon maintenant voyons voir ce que cette combinaison donnait sur moi. Je n'avais évidement rien en dessous mais je finirais bien par m'y habituer. Elle était trop large à la hauteur du bassin, ça me faisait des fesses d'hippopotame ! Et je n'arrivais même à compter le nombre de plis au niveau des chevilles et des poignets. Je remarquais enfin une ceinture en grise à l'endroit où était assis le chirurgien quelques minutes auparavant. Je la bouclais et réussis après maintes essais à affiner ma silhouette. Ajoutant une incision pour pouvoir sortir ma queue aisément. Bon rien de glamour mais je ne ressemblais pas à un clown au moins.

Je revins dans la pièce à vivre (ou la cuisine, cette pièce était multifonction.) à la recherche de mon ami animal. Ne le trouvant pas, je décidais d'aller le rejoindre dans le dortoir. Ne le trouvant pas non plus, je fis le tour du sous-marin pour le dénicher et avoir son avis sur ma tenue. Dans la salle d'opération, Bepo suppliait ses deux amis de remonter à la surface immédiatement. Qu'il avait besoin d'air. En dernier recours, il les serra contre lui, leur conférant sa chaleur plus qu'insoutenable vu les gouttelettes de sueur qui voltigeaient un peu partout. Ils cédèrent finalement pour mon plus grand plaisir.

« On remonte à la surface ? M'assurais-je en essayant de contenir ma joie.

- Tu… tu es très jolie. Commenta Bepo. Désolé. S'inclina-t-il comme s'il avait dit une vacherie.

- Tu trouves ? Dis-je rougissante, tournoyant sur moi-même.

- On préférait avant… soupirèrent les deux garçons. »

Le compliment de l'ours polaire m'avait fait plus d'effet que d'être matée sous la douche par le capitaine. Constat affligeant…

Une secousse m'avertit que le submersible venait de faire surface. Bepo tel une fusée passa devant moi pour littéralement se jeter dehors. Je me précipitais à sa suite en ayant assez de ces éclairages artificiels, vive le soleil !

Il était là, adossé au mur, entre moi et la sortie de son satané sous-marin. Avec son foutu sourire affiché sur le visage, faisant tournoyer un collier en cuir noir pour chien autour de son index. Je ralentis l'allure, marchant calmement puis stoppais tout mouvement sans le quitter des yeux. La lumière du soleil illuminé une partie du couloir, baignant son visage d'ombres. Les bruits étouffés d'une discussion dehors et celui des vagues percutant les flancs de l'engin. Et moi coincée à l'intérieur à cause de cet homme.

« Pousses-toi ! Ordonnais-je tranchante.

- À une condition. Précisa Law en prenant le collier à pleine main.

- Même pas en rêve ! Dégage ! Rugis-je, toute mon attention étant porté vers l'extérieur.

- Alors tu es privée de sortie… soupira Law comme si ça l'ennuyait de me punir. »

Quoi ?! Mettre un collier et puis quoi encore ?! Et son sourire, comme s'il avait déjà gagné… détestable. D'un coup de main j'envoyais choir le morceau de cuir au sol. Un grondement sourd s'échappa de mes entrailles, un léger courant d'air fit voleter mes cheveux. L'air marin emplit mes poumons mais ce n'était pas suffisant. Mes doigts s'agrippèrent à son col pour brutalement le bloquer contre le mur. Ses pieds ne touchaient déjà plus le sol et pourtant il gardait son sang froid. Croyait-il que je n'irais pas plus loin ? J'avais promis de ne plus causer de problèmes mais personne ne se mettait entre moi et ma liberté sans en payer les conséquences.

Shachi et Penguin, ayant pleinement profité de cette pause au grand air, rentrèrent pour me voir en train d'essayer d'attenter à la vie de leur capitaine qui ne semblait pas vouloir se défendre. Limite s'il se retenait de rire. Agaçant ! Les deux hommes, apparemment doués au corps à corps comme l'ours, m'éloignèrent de Law. Mes poings se serrèrent, ils n'étaient que des obstacles à éliminer, me convainquais-je. Deux bras me prirent par la taille et me soulevèrent me plaquant contre une masse poilue très douce. Mes bras et mes jambes se balancèrent rageusement dans le vide jusqu'à que je reconnaisse la voix de Bepo. Franchement ces abrutis avaient de la chance d'avoir cet ours avec eux… quand je fus calmée, il me reposa. Dans la chambre du capitaine ? Pourquoi déjà ? Me demandais-je atterrée, tournée vers la porte close.

« Privée de sortie veut dire interdiction de sortir de la cabine jusqu'à nouvel ordre. M'informa le chirurgien derrière la porte blindée. »

Combien de temps comptait-il me laisser ici ? Il allait bientôt revenir hein ? Bien sûr c'était ça chambre ! Nouveau soupire. J'avais l'impression de ne faire plus que ça ces derniers temps.


Je tiens à mettre les choses au clair sur un point, pourquoi j'ai pas mis de commentaires dans le premier chapitre pour présenter ma fiction en quelques sortes. Je ne connais pas ce site et je ne pensais pas du tout qu'il fallait l'intégrer dans le texte et après j'avais la flemme de modifier ! C'est pas au loup qu'on apprend à hurler à la lune... je crois que je m'emmêle les pinceaux là XD