Un bêta, ou plus que ça ? - 2
Je me suis endormi tôt ce jour-là, je ne m'attendais cependant pas à refaire un cauchemar, ça faisait longtemps que je n'en avais plus eu. Je revoyais mon père, me faisant du mal, dirigeant sa colère contre moi sans que je comprenne pourquoi, me m'enfermant dans ce truc immonde... Je me retrouvais, seul, dans le noir, dans cet espace confiné et j'avais de plus en plus de mal à respirer. J'aimerais que quelqu'un m'ouvre et me libère. Quelqu'un d'autre que mon sadique de père.
« - Isaac ! »
Je sentis ses mains chaudes m'attraper et me maintenir fortement contre le lit. Sans pour autant me faire mal. J'ouvris mes yeux devenus jaunes, toutes griffes dehors, visiblement, mes cris avaient dû alerter Derek.
« - Isaac, c'est moi. Calme-toi. »
Je grondais pour toute réponse, j'étais vraiment dans tous mes états et j'avais du mal à avoir les idées claires, la peur, la panique et la colère ayant pris le dessus. Mais quand il me montra ses yeux rouges, je commençais vraiment à me calmer, commençant par rentrer mes griffes et faire disparaître mes yeux de loup-garou.
Je respirais plus doucement, essayant de me calmer, je voulais lui dire de me laisser, que tout allait bien maintenant, que ce n'était qu'un cauchemar et qu'il n'y avait pas à s'inquiéter. Mais rien ne sortit et ma main restait agrippé à lui. Je fus finalement soulagé quand il m'amena contre lui et me caressa le dos pour me calmer doucement. Je pouvais entendre son cœur battre... Sentir sa chaleur... Je ne me suis jamais sentis aussi bien qu'à ce moment-là. Dans les bras de mon Alpha. Cependant, on redressa tout deux la tête en entendant la jeep de Stiles arriver. Et je vis le froncement de sourcil de Derek lorsqu'on entendit quelqu'un franchir la porte pour aller dehors, vraisemblablement, Peter. De là où on était, et surtout parce qu'on est des loup-garous, on entendit parfaitement les mots de Peter.
« - Tu n'aurais vraiment pas pu choisir moins bien ton moment, Isaac et Derek sont réveillés, là... »
On était déjà en train de se mettre à la fenêtre pour pouvoir les observer. Peter pouvait nous entendre mais pas nous voir... Normalement.
« - Tant pis, ils ne peuvent pas entendre ça ! »
Stiles s'approchait de lui, en vitesse, et l'attrapa par le col et l'attirer à lui pour l'embrasser. Franchement, d'ailleurs. Sous nos yeux stupéfaits. Je lançais un regard à Derek qui n'avait pas l'air plus au courant que moi, il ne semblait pas en colère ou jaloux, simplement extrêmement surpris.
Un léger grognement de contentement sortie des lèvres de Peter, passant un bras possessif autour des hanches de Stiles.
« - J'allais te proposer de discuter ailleurs, mais puisqu'on en est là... Enfin, je suppose qu'il fait trop froid pour qu'un petit humain reste dehors.
- ça dépend... Tu m'aurais réchauffé ? »
Peter eut un petit rire en l'entrainement finalement dans l'appartement. Bon. Visiblement, ça ne datait pas d'hier mais personne ne semblait au courant... Derek et moi n'échangions aucune parole, on s'assit contre le mur de la fenêtre, écoutant simplement la discussion instructive qui se passait en bas. Cependant, je ne tardais pas à somnoler et ma tête vint se poser contre l'épaule confortable de Derek avant que je me rendorme définitivement.
Le matin, je me réveillais dans le plus grand calme, entre mes couvertures et sur mon lit, il n'y avait plus de trace de Derek qui était sans doute repartis se coucher une fois que je me suis endormis. Peut-être avait-il suivis la conversation en bas jusqu'au bout, j'avais personnellement suivis jusqu'au moment où Peter proposait un chocolat chaud à Stiles.
Aussi, je ne fus pas vraiment surpris, une fois en bas, de les trouver endormis sur le canapé. Stiles, étalé sur Peter, le trouvant apparemment confortable. Si c'est pas mignon. Je vais dans la cuisine faire du café, et vais boire mon café sur le canapé en face d'eux. Les observant un moment en me demandant ce que Derek peut bien penser de tout ça, avant que Peter se réveille légèrement, me jette un coup d'œil avant de soupirer d'un air endormi.
« - Stiles, tu vas être en retard au lycée... »
à ces mots, Stiles ouvrit grand les yeux d'un coup et se leva avec une telle précipitation qu'il faillit tomber par terre.
« - Le lycée ! Ho non ! Je vais pas avoir le temps de passer chez moi !
- Stiles... »
J'essayais d'obtenir son attention mais il était tellement paniqué qu'il se mettait à bouger un peu dans tous les sens en tentant de se rhabiller correctement.
« - Enfin, je suis obligé de toute façon, mes affaires de cours sont là-bas, il faut aussi que je passe un coup de fil à mon père pour qu'il-
- Stiles !
- Oui, je suis là, quoi ?
- On est samedi. »
Je le regarde avec un léger sourire amusé alors qu'il s'arrête net et me regarde. On entend un rire amusé venant de Peter qui se retourne sur le ventre, la tête dans l'oreiller, voulant visiblement se rendormir et Stiles qui rougit un peu. Amusant.
« - Tu le savais, je suis sûr ! » Fit-il à Peter avec une petite moue contrarié.
Il n'obtint pour toute réponse qu'un léger grognement qui ressemblait plus à un bâillement. Ce qui, de toute évidence, ne convenait pas à l'autre énergumène qui vint se remettre au dessus de lui quelques instants, juste le temps de lui mordre l'oreille avant de fuir hors de portée. Le plus âgé le regarda en se tenant l'oreille en question, grondant presque d'un air menaçant. Je dis bien presque parce qu'il est clair qu'il n'est pas sérieusement en train de le menacer. Heureusement, je n'avais pas envie de devoir me mettre entre lui et son petit protégé, qui lui souriait malicieusement avant de rejoindre la cuisine. J'observais juste en silence, au moins c'est divertissant le matin... Le hale se remet dans l'oreiller, ayant apparemment eut une nuit courte et je rejoins le plus jeune à la cuisine qui sort tout ce qu'il lui faut des placards. Je ne savais même pas qu'il pouvait y avoir ce genre de choses ici, comment lui, peut-il le savoir ?
« - ça dure depuis combien de temps ? » Lui demandais-je sans vouloir paraître trop curieux.
« - Heu hmm... Officiellement un mois. Je dirais. En fait, c'est assez compliqué, parce que ça n'a rien d'officiel, ça c'est juste fais comme ça.
- Et tu comptais nous en parler ou... ? » Il me regarde en mangeant ses céréales.
« - Je me suis que ça finirait par se savoir de toute façon, et je n'étais pas pressé, vu que je savais quelle genre de réactions j'obtiendrais. Mais Scott est au courant, depuis avant déjà en vérité, il m'a soutenu tout en me demandant de faire attention quand même... »
Je le fixais un peu avant d'acquiescer doucement, l'air entendu. Oui, ça ressemble bien à Scott de nous soutenir malgré ce qu'il peut entendre. Je n'en voulais pas à Stiles de n'avoir rien dis, ce n'est pas comme si je ne comprenais pas, et personnellement je n'ai rien contre Peter. Au contraire, parce que ça veut dire que le petit geek de la bande n'a aucune vue sur mon Alpha. C'est déjà un bon point, pas vrai ?
« - Tu peux emprunter la salle de bain, si tu veux. »
Il me sourit, sûrement content que je ne veuille pas en savoir plus sur le sujet, et posa son bol à moitié terminé pour rejoindre la salle de bain, je ne pense pas qu'il attendait ma permission pour ça de toute façon. Peu de temps après, j'entendis la porte d'entrée, Derek venait de revenir. Tiens, il était partis ? À peine avait-il posé un pied dans l'escalier que je pris la parole sans hausser la voix, quelque chose de pratique quand on est des loup-garous...
« - Stiles est dans la salle de bain. »
Je l'entendis un peu ronchonner et redescendre pour me rejoindre à la cuisine, déjà torse nu. Ce qui me surpris, je ne m'attendais pas à le voir soudainement dans cette tenue et je n'ai pas pu m'empêcher de détourner le regard. Ce qui est ridicule, ce n'était qu'un torse... Je repris doucement ma respiration et reporta mon regard sur lui, essayant de paraître le plus naturel possible.
« - Tu étais sortis ?
- Courir. »
Répondit-il sans plus de précisions. Il s'approcha de moi et dans un geste que je ne compris pas, qui me fit d'ailleurs prendre une légère teinte rougeâtre, il se pencha vers moi pour sentir mon odeur.
« - Derek ?
- Tu n'as plus fais de cauchemar, après ?
- Non... J'ai même plutôt bien dormis...
- Tu as mon odeur sur toi. »
à son ton, je n'avais aucune idée si c'était une mauvaise ou une bonne chose. Je n'avais même pas réalisé que j'avais son odeur sur moi, mais ça voulait dire qu'on avait dû passer plus de temps que je le pensais, l'un contre l'autre... Il se redressa finalement pour se servir lui aussi un café, alors que j'avais commencé à avoir chaud... Très chaud même...
