Chapitre 2 : Vérités cachées

Après avoir quitté Frau, Teito marchait de nouveau sous les arcades. La pluie tombait maintenant à grosses gouttes. "Dire que j'ai faillit pleurer devant cet idiot ! Pourquoi a-t-il fallut qu'il me parle de ça ? Comment je pourrais savoir si on se brouille dans une famille ou non ? J'ai tout oublié de la mienne..." Soudain, il s'arrêta. Il sentit qu'il n'était pas seul sous l'arcade. Il jeta un regard derrière lui et fut surprit d'apercevoir une silhouette assise sur l'un des bancs de pierre qui bordaient le chemin. Il était pourtant certain qu'il n'y avait personne assis là quand il était passé devant ce banc. La personne portait une longue cape noire qui la recouvrait entièrement. Il pouvait seulement voir quelques mèches de longs cheveux violets qui sortaient de la capuche cachant le visage de cette étrange personne. Soudain, il se rendit compte qu'il n'entendait plus le bruit de la pluie. L'air semblait s'être figé autour de lui. Plus un son ne lui parvenait, c'était comme si il était devenu sourd. Le temps semblait s'être figé. Soudain, la personne se leva pour se mettre face à lui.

- Je t'attendais.

C'était la voix d'une femme. Au moins il était sûr de ne pas avoir perdu l'ouïe.

- Qui...

- Qui je suis ? L'interrompit-elle. D'où je viens ? Cela n'a aucune importance. Mais toi, sais-tu seulement qui tu es ?

- Bien sûr. Je suis Teito Klein et je viens du royaume de Raggs.

- Teito Klein... Oui, c'est ainsi que t'a nommé l'armée. Mais je te parles de ton vrai nom. Celui que tes parents t'ont donné. Et puis, tu parles du royaume de Raggs, mais sais-tu à quoi il ressemble ?

Teito ne dit rien. Il ne s'en souvenait pas. Il savait seulement d'où il venait d'après une conversation qu'il avait surpris et qui lui avait apprit ses origines et le fait qu'il portait l'œil de Michael.

- Tu vois. Tu ignores tout de ton passé. Mais je peux y remédier.

- Comment ?

- Je pourrais réaliser tes trois plus grands vœux.

- Mes plus grands souhaits ?

- Oui. Je peux te rendre tes souvenirs perdus, te permettre d'avoir la force de sauver tout ceux qui auront besoin de ton aide, et même... te ramener auprès d'une personne de ta famille.

- C'est impossible...

- Faux. Rien ne m'est impossible. Pas tant que tu me fais confiance.

Lentement, elle s'approcha de lui.

- Confiance ? Mais qu'est-ce que vous attendez de moi en retour ?

- Rien du tout. Tu n'as qu'à me laisser faire. Tout ce que tu veux, je te le donnerai.

- Pourquoi ? Pourquoi moi ?

- Ne te poses pas autant de questions. Laisses moi juste t'aider.

Elle était maintenant tout prêt de lui. Teito ne s'était pas rendu compte qu'elle avait autant avancé. Malgré leur proximité, il n'arrivait toujours pas à voir son visage. Lentement elle leva la main vers lui et il eut un mouvement de recul.

- Tu dois me faire confiance, et tu auras tout ce que tu as toujours désiré.

Il sentit son esprit vagabonder, l'air était devenu si chaud qu'il avait du mal à respirer. Puis la femme posa sa main sur sa joue. La surprise lui fit prendre une grande bouffée d'air. La main de la femme était froide comme de la glace. Elle posa son autre main sur le torse de Teito. Soudain, il eut l'impression qu'un poids s'était posé sur son cœur. Puis elle se recula et se retourna pour partir. Teito mit du temps pour le réaliser.

- Attendez !

- Ne t'inquiète pas, nous nous reverrons bien assez tôt.

Puis elle disparut au coin du mur. Tout à coup, l'air devint plus léger. Les rayons du soleil inondèrent l'arcade. Il entendit des oiseaux chanter et des enfants rire non loin de là. Comme si le temps s'était remit en marche. C'est là qu'il se rendit compte de ce qui venait de se passer. Une inconnue était apparue devant lui, sortant de nul part, et il lui avait révélé son identité. Chose qu'il n'avait même pas dite à Frau ou aux deux autres évêques. "Et si elle avait été envoyée par Ayanami ?" Il venait de mettre en danger l'église et ses habitants.

- Teito ?

Il fut tellement surprit d'entendre la voix de Mikage, qu'il faillit faire une crise cardiaque.

- Qu'est-ce qui t'arrive ? Lui demanda-t-il. Tu étais tellement plongé dans tes pensées que tu ne m'as même pas vu arriver.

- Je... Mikage ! Est-ce que tu as croisé une femme en venant ?

- Une femme ? S'étonna Mikage en se tournant vers le coin de mur par où il était arrivé. Non, tu étais seul dans ce couloir.

- Vraiment... "J'ai peut-être rêvé... Cette femme ne devait pas être vraiment ici, sinon Mikage l'aurait forcément croisée"

- Tu vas bien ?

- Ou... oui. Je te cherchais.

- Moi aussi, ça fait des heures que je te cherche partout.

- Des heures ?

- Oui ! Où étais-tu passé ?

C'était impossible, il avait quitté Mikage il y avait à peine quinze minutes. Qu'est-ce qui avait bien pu lui arriver ?

- Je... je me promenais.

- Tu sais Teito, je voulais m'excuser. Ce n'étais pas à moi de te dire ce que tu dois faire ou pas... et je suis désolé d'avoir parlé de ma famille et de m'être autant avancé sur la tienne.

- Mikage... C'est moi qui m'excuse. J'ai vraiment réagit comme un idiot.

Il repensa à ce que lui avait dit Frau et il fit un sourire à son meilleur ami. Mikage en resta bouche-bée. Teito avait sourit ! Ça faisait si longtemps. Il le prit dans ses bras et le serra de toutes ses forces. Teito était si surprit qu'il ne réagit pas tout de suite.

- Hey ! Lâche-moi Mikage ! Lui ordonna-t-il en essayant de lui faire relâcher sa prise.

- Teito. N'oublie jamais que quel que soit ton passé, tu fais partie de ma famille. Quand j'ai dit que je voulais la protéger, ça t'incluait toi. Tu es comme mon frère.

Teito en resta muet. Mikage ne pouvait pas lui faire plus plaisir. Gêné, il lui demanda :

- Qu'est-ce que tu veux que je réponde à ça ? A part, pareil pour toi Mikage.

Mikage rougit sous le coup de la surprise. Jamais Teito ne lui avait dit une chose pareille. Il avait toujours espéré qu'ils resteraient les meilleurs amis du monde, soudés comme deux frères. Et Teito venait de confirmer ses espoirs. Il était si heureux qu'il aurait pu en pleurer. Mais il savait que cela ne ferait que gêner Teito. Soudain, il éclata de rire en prenant la tête de Teito sous son bras et il lui frotta la tête en lui ébouriffant les cheveux.

- Toi alors ! T'as pas fini de me surprendre !

- Arrête ! Lâche moi ! Je retire ce que je viens de dire, t'es pas mon ami !

En entendant cela, Mikage rit encore plus fort avant de le relâcher. Teito essaya de remettre de l'ordre dans ses cheveux. Tout à coup, les rires d'enfant qu'il avait entendu se rapprochèrent et un petit garçon brun qui ne devait pas avoir plus de cinq ans sortit de l'un des buissons. Il se cogna contre Teito dans sa course et faillit retomber en arrière. Heureusement, Teito le rattrapa de justesse. Il leva ses grands yeux bleus surpris vers lui.

- Fais attention, lui dit Teito. Tu aurais pu te faire mal.

Soudain, un autre garçon du même âge, les cheveux châtain clair et les yeux verts, sortit du même endroit en criant :

- Je t'ai trouvé Kora !

- C'est pas du jeu Yuta ! J'ai pas eu le temps de me cacher. Je suis tombé sur cet Oni-chan très gentil.

- O...oni-chan ? Balbutia Teito.

- Tu t'appelles comment oni-chan ? Lui demanda le garçon.

- Teito... mais...

- Teito ni-chan alors ?

- Non ne...

- C'est ça ! l'interrompit Mikage. Et moi je m'appelle Mikage. Vous vivez ici ?

- Oui ! Répondit Kora. Et Yuta est mon meilleur ami !

- C'est pareil pour moi et Teito ni-chan.

- Ne commence pas à m'appeler comme ça !

Soudain la cloche de l'église sonna, annonçant le repas du soir.

- Dites les enfants, vous pourriez nous montrer le chemin jusqu'à la salle à manger ? Teito ni-chan s'est perdu alors...

Le ni-chan en question lui donna un coup de poing sur l'épaule.

- Parle pour toi !

- Oui ! Suivez-nous ! s'exclama Kora.

Ils les conduisirent jusqu'à la salle à manger et s'assirent à la même table qu'eux. Ils ne voulaient plus les lâcher. Kora était d'un caractère curieux et énergique. Quant à Yuta, il était plus calme que son ami mais on sentait qu'il ne perdait pas une miette de la conversation. Mikage s'amusait avec eux, et il se servait d'eux pour se moquer de Teito. Celui-ci ne dit pas grand chose pendant tout le repas. Il avait arrêté de répondre aux questions de Kora, ce qui ne l'empêchait pas de revenir à la charge, et il espérait que Mikage arrêterait de se comporter comme un gamin. Mais la vérité c'est que ces deux enfants l'intriguaient. Depuis qu'il les avait rencontrés, un étrange sentiment de familiarité l'avait envahit. C'était comme si il les avait toujours connus. Comme si quelque chose les liait. Surtout Kora. Quand il l'avait touché, il avait ressentit comme une immense chaleur envahir son cœur. Le poids qu'il avait sentit quelques minutes plus tôt s'était allégé. Ce fut sur cette impression qu'il partit se coucher. Mais il n'arrivait pas à trouver le sommeil. La femme qu'il avait rencontré cet après-midi l'angoissait. Lentement, il se leva de son lit pour ne pas réveiller Mikage. Il marcha un moment avant de se retrouver devant le pont qui menait aux grilles d'entrée. De l'autre côté, Ayanami devait le chercher. Mikage avait raison, il finirait forcément par arriver jusqu'ici. Et si cette femme était vraiment une espionne, cela ne saurait tarder. "Peut-être devrais-je quitter l'église avant que ça n'arrive". Il fit un pas en avant.

- Alors ? On prend la fuite ?

Il se retourna d'un bond et se cogna de nouveau contre Frau.

- Aïe ! T'es aussi dur que de la pierre ! Se plaignit Teito en se massant le front.

- Je suis pas un gamin moi !

- Moi non plus !

Frau sourit en entendant cette phrase. Teito allait un peu mieux.

- Qu'est-ce que tu comptais faire ?

- Et toi ? Tu t'es vu ? Torse nu dehors en pleine nuit, qu'est-ce que tu fabriques ?

En effet, Frau ne portait qu'un pantalon et des gants noirs.

- C'est des affaires d'adultes.

Teito soupira. Il en avait marre. Il se retourna pour franchir le pont quand il se sentit tiré en arrière.

- Où tu crois aller comme ça ?

- T'es aveugle ? Je m'en vais. Le gamin commence à en avoir marre de tes réflexions.

- Et tu comptes abandonner ton meilleur ami ici pour une raison pareille ?

- C'est pas la seule raison.

- Ah oui ! La raison que tu ne peux pas m'expliquer.

- C'est ça, maintenant lâche-moi.

- Non.

- Je t'ai demandé de me lâcher !

Il saisit le bras de Frau pour essayer de lui faire lâcher prise. Mais lorsqu'il toucha sa peau, Teito resta cloué sur place, immobile. Frau se demanda d'abord ce qui lui arrivait. Puis quand il vit la main de Teito sur son bras, il se dégagea brusquement et recula d'un pas.

- Frau... ta peau est glacée...

- C'est normal, on est en pleine nuit.

- Non, tu es aussi froid que de la glace.

Teito se souvint alors de la sensation qu'il avait eut quand la femme mystérieuse lui avait touché la joue. C'était la même. Qu'est-ce que ça voulait dire ?

- Qu'est-ce que tu veux que je te dise, dit Frau.

- Dis-moi pourquoi ta peau est si froide.

- Alors dis-moi, pourquoi tu t'en vas ?

Teito ne dit rien. Il s'était fait avoir. Maintenant il était curieux mais il ne pouvait pas parler de l'œil à Frau.

- Je ne suis pas un criminel, finit-il par dire.

- Ah non ?

- Ce que je veux dire, c'est que ce n'était pas la raison de mes chaînes. On me recherche.

- L'armée impériale ?

- Ouais... Et ils n'hésiteront pas à ravager l'église si ils découvrent que je suis ici.

- Oh ! Alors ton départ est un acte de bonté !

- J'ai pas le droit d'impliquer les gens qui vivent ici.

- Et ceux qui vivent dehors ?

Teito resta muet.

- Tu vois. Que tu restes ou que tu partes, le problème est toujours le même. Seulement si tu restes, on pourra t'aider à te protéger toi et ton secret. Par contre si tu pars, tu feras souffrir un ami. Qu'est-ce que tu choisis ?

Il jeta un regard vers les grilles. Cela fit douter Frau. Il avait l'impression que ce garçon était en proie à un cruel dilemme. "J'aurais pas dû lui donner le choix". De plus, même si Teito lui avait semblé aller mieux, il se rendait compte maintenant que ce n'était pas du tout le cas. Une ombre semblait avoir envahi son être, tout comme devant la fontaine quand il lui avait parlé de sa famille.

- Teito !

Celui-ci sursauta et se retourna vers lui. L'ombre était passée.

- Je n'abandonnerai pas Mikage.

Frau en soupira de soulagement. Il avait vraiment cru que Teito allait s'en aller.

- Dans ce cas retourne te coucher, dit-il en se retournant pour partir.

Soudain, il s'arrêta. Derrière lui, Teito n'avais pas bougé d'un pouce.

- Ben alors ? Qu'est-ce que tu fais ?

- Je t'ai donné mon explication. Maintenant à ton tour.

"Il perd pas le nord le gamin ! Moi qui m'inquiétais pour lui !"

- Désolé mais tu ne m'as pas tout dit. Alors le marché ne tient plus.

- Quoi ? Tu te fou de moi ? Tu en sais plus sur moi que n'importe qui dans cette église, à part Mikage.

- C'est vrai. C'est pourquoi je vais te dire une seule chose sur moi. Je n'ai pas toujours eu la peau aussi froide.

Après lui avoir laissé cette énigme, il commença à partir vers le hall de l'église.

- Qu'est-ce que ça veux dire ?

- Ya pas de sens caché.

- Alors soit plus clair.

- Je l'aurais déjà fait si je le pouvais.

- Très drôle... dit Teito en reconnaissant la phrase qu'il lui avait dite le matin même. Dis-moi au moins ce que tu faisais ici !

- Bonne nuit !

Teito se posa des questions pendant tout le retour vers la chambre. "Qu'est-ce que cet idiot de prêtre fabriquait ?". Lorsqu'il se recoucha, Mikage dormait toujours à poings fermés. "Il changera jamais celui-là". Allongé dans son lit, Teito leva la main devant lui. Il avait toujours l'impression de sentir la fraîcheur de la peau de Frau. Cet homme portait autant de secret que lui-même.

- Pffff... à cause de lui, marmonna-t-il, j'ai encore plus de mal à dormir.


Réponse aux reviews :

Brilou : *nouvelle joie* merci ! ouais il est dur et glacé... pourquoi ? ^^ tu ne connais pas le manga alors tu dois te poser des questions. n'hésite pas à me demander ;) bisous !