Chapitre 1.

174 années se sont écoulées. Londres était toujours la même, mais en plus moderne et beaucoup nous avaient quittés. Bard, May Linn, Finny, Tanaka, Samuel, Frances, Soma, Agni, Lau, Ran Mao, La Reine, Randall, etc…L'Enfer, elle, n'avait pas changée…à un point d'exception. Une étrange créature avait eu lien domicile dans la forêt Abyss et s'amusait depuis de nombreuses années à faire du grabuge.

Cette étrange créature n'était en fait que…Angelika Phantomhive…ou ce qui restait d'elle physiquement.

Depuis l'abandon de Sébastian, elle s'était fait grandir jusqu'à ses dix-huit ans. Miraculeusement, elle avait réussi à survivre par elle-même. Elle vivait encore et toujours dans la misérable caverne. Mais l'abandon de Sébastian et sa première lapée de sang l'avait fait sombrer au fil des années un peu plus dans la démence et la folie, la rendant de plus en plus violente et sanguinaire. Elle n'était plus humaine, même plus démone. Elle était une bête sauvage. C'est à peine si Angelika n'avait pas oublié comment parler et marcher sur ces jambes. Ne pouvant trouver d'âmes humaines pour se sustenter, elle montait une fois par semaines sur Terre pour traquer un humain et dévorer férocement son âme. Sauf que, n'ayant jamais appris comment si prenaient les démons disons…un peu plus civilisés qu'elle, elle les tuait de manière brutale et extrêmement sanglante. Il en résultait qu'elle était tout le temps couverte de sang. Et pour passer le temps dans sa forêt, elle courait à quatre pattes après les animaux et les déchiquetait avec ces toutes nouvelles dents de fauves.

Toute cette violence gratuite lui avait fait presque oublier qui elle était autrefois. Et elle en avait quasiment oublié son amour pour Sébastian…mais pas sa haine et son mépris pour lui.

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En parlant de lui, il n'avait pas eu de nouveaux contrats depuis qu'il avait laissé sa bôchan à l'abandon puisque leur contrat était encore actif. Évidemment, il s'en voulait d'avoir agi de la sorte, mais il n'aurait pas pu supporter de vivre un amour à sens unique.

Il vivait toujours dans son petit cottage près de la forêt Abyss, sans parler à quiconque. Il n'avait d'ailleurs plus sourit. Il entendait à l'occasion des bruits de bottes martelant le sol dans le bois. Cette forêt était devenue au court des 174 dernières années, la plus dangereuse de tous les Enfers. À la rumeur qu'il y aurait le démon le plus violent et le plus sanguinaire qu'on ait jamais vu. Et cette histoire s'avérait être vrai car, Sébastian trouvait souvent des cadavres d'animaux à l'orée du bois, plus précisément à quelques dizaines de mètres de sa maison. Ils avaient tous été dépecés et démembrés, les organes en dehors, baignant dans leur sang et chaque parties du corps brutalement arrachés. Par déduction logique, le coupable ne pouvait être que le démon sauvage d'Abyss. Aucun autre animal n'aurait pu faire un travail aussi net.

Sébastian n'était pas vraiment surpris d'entendre parler de démons sauvages. Il y en avait toute une colonie au sud des Enfers. Quoiqu'il fût rare qu'un démon sauvage vive seul, étant donné qu'ils avaient l'habitude de vivre en groupe. En pensant à ça, Sébastian se rappela d'un détail.

- Angelika…je me demande ce que tu deviens, se dit-il. Vas-tu bien? Es-tu heureuse et confortable là où tu vis?

La connaissant, Sébastian se doutait que c'était le cas.

Tous ce qu'il espérait, c'était qu'elle se tienne loin de la Bête Sauvage, comme on l'avait surnommé.

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Un jour, alors que Sébastian était allé se promener à Londres pour voir comment la capital de l'Angleterre allait, il faut surprit de voir un attroupement de gens dans une rue. En s'approchant, il vit qu'il s'agissait des officiers de Scotland Yard. Leur nouveau chef était penché sur un cadavre. Et à première vue, il n'était pas très reluisant. Il était complètement défiguré. Les organes et le cerveau à l'air libre, les membres et toutes les parties du corps arrachées sans exceptions. Sébastian se dirigea vers le chef de police qui semblait vraisemblablement de plus agréable compagnie que Randall.

- Que s'est-il passer au juste monsieur?

- On a trouvé ce cadavre ce matin très tôt et dans cet état. Ce n'est pas la première d'ailleurs. Et toutes les précédentes victimes étaient elles aussi de la noblesse. Un mort par semaine. À ma connaissance, il s'agit du cas de meurtre le plus affreux qu'on ait jamais vu à Londres, d'après les registres des rapports des deux siècles passés que j'ai consulté. Bizarrement, les victimes suivent la pyramide de la noblesse. Le premier mort était un duc, le suivant un marquis, ensuite un comte et maintenant un vicomte. On suppose que la prochaine victime sera un baron…hé monsieur…MONSIEUR où êtes-vous?

Sébastian n'avait pas besoin d'en savoir plus. Il se doutait que les barons se fessaient un sang d'encre pour leurs vie aujourd'hui et qu'ils espéraient de toute leur âme (toujours là, chance pour eux) qu'ils ne soient pas la prochaine victime la semaine prochaine.

Le démon se souvint de la façon atroce que les nobles avaient étés tués et réalisa que cela avait été la même technique que pour les animaux du bois Abyss. Donc logiquement, le coupable ne pouvait être qu'un démon, mais un démon excessivement brutal et sans pitié. Il ne fallait pas être un Chat de la Reine à Sébastian pour qu'il ait deviné que le meurtrier était la Bête Sauvage d'Abyss.

Sauf que le cas des meurtres des nobles de la Terre n'était pas les affaires du diable et décida de le laisser aux agents de Scotland Yard.

Après tout…quelques humains de plus ou de moins, quel différence pour Sébastian. Leurs âmes n'auraient jamais été de la même exquise que celle de sa jeune maîtresse dont il n'arrêtait pas de penser.

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Un matin, de retour en Enfer, Sébastian commençait à en avoir comme plus que marre des bruits de bottes, de déchiquetage d'arbre et de ramasser des cadavres toute déchiquetés qui étaient de plus en plus nombreux chaque matin. Ennuyé, il décida d'aller voir ce qui se passait dans ce damné bois. D'après lui, Sébastian n'était allé que très rarement dans cette forêt et la dernière fois qu'il y était allé, c'était avant la séparation avec Angelika. Tous ce dont il se souvenait, c'était la petite caverne. Il décida donc de commencer ses recherches par là…après avoir fini son petit-déjeuner (Non j'déconne).

Arrivé à la caverne, il eut un sourire rien n'avait changé en tant d'années. Dans la clairière, il sentie une présence étrange. Une présence à la fois inconnue et familière, mais très calme qui parvenait de la caverne. Quelqu'un devait être à l'intérieur. Sébastian s'approcha donc et se glissa à l'intérieur. Il y découvrit une jeune femme en haillons profondément endormie sur un lit de fortune fait avec des fourrures, des feuilles mortes, de la paille séchée et de vieux bout de tissus bourgognes et noirs qui couvraient le sol au complet. Elle avait de longs cheveux en bataille châtain-caramel presque brun, des oreilles et une queue de chat. Elle était aussi habillée d'un débardeur gris cendre usé, d'un short court en jean noir déchiré à l'ourlet, de gants sans doigts et de bottines de cuir noir et de chaussettes de coton montants jusqu'aux cuisses gris foncé comportant quelques trous et déchirures. Tout son accoutrement avait des taches de sang caillé et de saleté.

En l'observant plus attentivement, Sébastian vit que ces ongles ressemblaient plus à de longues griffes noires qu'à des ongles et qu'elle portait une sorte de ruban d'un bleu profond au bout de la queue, mais en gros elle était d'une très grande beauté. Aussi belle que…

…et là Sébastian le vit clairement. La jeune démone fit un mouvement dans son sommeil et dégagea son épaule gauche de ses cheveux. La marque de la Bête au fer rouge. Cette jeune démone n'était autre que son ex-jeune maîtresse. Angelika Phantomhive…et à première vue, elle avait réussi à développer sa forme de démon qui était évidemment…un chat

À la voir, on aurait dit qu'elle avait complètement oublié sa vie passée. Bien qu'elle n'ait plus son élégance datant, Sébastian devait admettre qu'elle était devenue particulièrement belle en grandissant. D'après son apparence, elle s'était fait grandir jusqu'à ses dix-huit ans. Ces traits étaient fins, elle avait perdu ses rondeurs enfantines et sa blancheur contrastait parfaitement avec ces cheveux devenus plus foncés.

Sébastian la regarda pendant dix bonnes minutes et finit par faire courir ces doigts dans les mèches tombantes d'Angelika.

Sébastian fut horrifié quand il la vit soudainement bouger. Elle s'était réveillée! Quand Angelika le vit, son regard alla de vague endormie à dément et coléreux. Sébastian eut aussi la confirmation qu'il s'agissait d'Angelika. Des yeux vairons verts et rouges avec la marque du pacte toujours présente, mais qui avait dû pâlir avec le temps et l'éloignement.

Et c'est un poussant un hurlement de lion qu'Angelika sauta sur Sébastian, toutes griffes dehors, tel un fauve à l'attaque. Sébastian remarque bien vite la nouvelle force d'Angelika. Quand elle fut juste au-dessus de lui, elle ne l'attaqua pas. Angelika se contenta d'enfoncer ses griffes dans son torse, déchirant son beau chandail en col en V noir préféré en même temps et de le fixer avec le plus mauvais regard qu'elle ne lui avait jamais jeté. Avec ça les lèvres retroussées où on pouvait voir de puissants crocs. La comtesse Phantomhive n'était plus qu'un animal. Elle ouvrit alors la bouche et dit.

- Qu'est-ce-que tu viens faire ici toi?! Tu n'as pas fait assez e dégâts il y a 174 ans?!

Au moins, elle avait gardé la notion du temps, mais sa voix était un peu renfermée comme si elle avait perdue l'habitude de parler. Sûrement plus habituée à pousser des grognements qu'à parler. Sauf que maintenant après tous ce temps, en la voyant, Sébastian ne pouvait s'empêcher de poser cette question, oubliant de la vouvoyer.

- Mais qu'est-ce qui t'es arrivée, Angelika?

- Tu n'as pas répondu à ma question! Je me répèterai qu'une seule fois! Que fais-tu ici?! Tu es venu pour me blesser davantage?!

- Et toi non plus tu n'as pas répondu. Que t'est-il arrivé? Comment as-tu pu en arriver là?

Le visage d'Angelika se fit encore plus dur. Vraisemblablement, ce n'était pas le fait que Sébastian l'avait tutoyé, ni celui de l'avoir appelée par son prénom qui la rendait furax, mais ça présence tout court. Elle se mit alors à hurler.

- TU VEUX VRAIMENT LE SAVOIR?! JE VAIS TE LE DIRE POURQUOI, MOI! C'EST LE FAIT QUE TU M'AIS ABANDONNER! QUE TU M'AIS BRISER LE CŒUR ET QUE TU EN AS FAIT DE LA PURÉE! JE SUIS DEVENUE COMME ÇA PARCE QUE TU N'ÉTAIS PLUS À MES CÔTÉS ALORS QUE TU AVAIS PROMIS DE NE JAMAIS ME QUITTER, DE NE JAMAIS ME TRAHIR! ET À CAUSE DE TOI, JE ME SUIS RENDUE COMPTE QUE JE NE POUVAIS FAIRE CONFIANCE À PERSONNE, PAS MÊME À CEUX QUI ÉTAIENT LE PLUS PROCHES DE MOI! VOILA POURQUOI!...CONTENT MAINTENANT?!

Le flot de colère et de ressentiments avait plaqué Sébastian au sol, bien qu'il le soit déjà. Il réalisa qu'elle avait entièrement raison. Sébastian lui avait effectivement promis d'être à ses côtés à jamais et de ne jamais lui mentir. Non seulement, il avait rompu sa promesse, mais il avait aussi violé son esthétique. Quel piètre démon il fessait!

- Excuse-moi.

- Des excuses ne réparons pas presque deux siècles de lâcheté!

Soudainement, Angelika leva sa main, comme si elle allait frapper Sébastian pour ensuite y laisser quatre estafilades sanguinolentes sur le visage avec ces griffes. Sébastian ferma les yeux attendant le choc…mais il ne vint pas. Quand il les rouvrit, la main d'Angelika était toujours en l'air, mais son visage maintenant baissé n'avait plus une lueur démentielle. Il exprimait u mélange de douleurs et de tristesses. À ce qu'il pouvait voir, Angelika lui en voulait amèrement.

Elle finit par se lever, Sébastian l'imita. Angelika marcha lentement vers sa caverne, que Sébastian présuma maintenant comme la sienne, et y entrèrent tous les deux. Sébastian vit que le mur intérieur gauche était parsemé de petits tirets blancs groupés par cinq. Elle avait dû les graver au fur et à mesure que les années s'écoulaient, les autres murs étaient décorés de dessin et de motifs peints avec ce qui lui semblait à du sang. Quelque petits meubles grossièrement fabriqués étaient installés ici et là complétaient la décoration. Elle murmura dos à lui.

- Va-t'en. Je ne veux plus te voir.

- Écoute, dit le démon aux yeux carmin, je me suis mal exprimé. Ce n'était pas clair…

- C'est parfaitement clair!, répliqua-t-elle en se retournant vivement, fessant revoler ces longs cheveux autour d'elle. C'est cracher en plein visage!

- Impossible, car jamais je n'oserais te faire ça.

Angelika poussa un soupir de lassitude.

- Sois gentil Sébastian et dis-moi ce que tu me veux.

Sébastian vit tout de suite que juste prononcer le prénom qu'elle lui avait choisi lui coûtait un terrible effort de self-control surhumain. Il se dit que la franchise serait sûrement la meilleure méthode à employer pour éviter qu'elle ne lui arrache le cou.

- Au début, je voulais savoir quel était les bruits dans la forêt. Et pourquoi je trouvais des carcasses d'animaux devant l'entrée. J'avais décidé de commencer par ta caverne que je croyais jusqu' maintenant inhabitée. J'y suis parvenu, mais jamais je n'aurais cru t'y trouver, et encore moins en guenilles. À propos, es-tu au courant des rumeurs par rapport à la Bête Sauvage qui s'est installée dans la forêt Abyss?

Elle hocha la tête, un sourire amusé aux lèvres.

- Et il y a eu aussi eu un cas de quatre nobles tués à Londres au court du dernier mois. Un duc, un marquis, un comte et un vicomte. Et apparemment, le responsable de ses morts et celle des animaux de la forêt et le même vu les techniques de tuerie semblables. Il s'agirait de la Bête Sauvage elle-même…En passant, l'as-tu déjà vu car cela pourrait être important…?

Sébastian ne put continuer sa phrase car Angelika se mit à ricaner de manière inquiétante.

- Mon pauvre Sébastian, tu n'as toujours pas compris?

- Compris quoi?, demanda-t-il perplexe.

- Que c'est moi qui aie tué les animaux d'Abyss! Moi qui aie tué ses quatre aristocrates. JE suis la Bête Sauvage!

Tellement sous le choc, Sébastian recula de quelques pas maladroitement et se retrouva scotché contre une des parois.

- N…non…impos…impossible! Ce n'est pas vrai!

- Navrée de te décevoir Sébastian, mais c'est la vérité. D'où tu penses qu'il vient ce sang sur mes vêtements, dit-elle en levant les bras comme pour enlacer le monde entier. Le retour du regard dément, un sourire sadique sur les lèvres.

- Mais pourquoi as-tu fais ça? Toi qui ne tuais que pour les missions de la Reine Victoria. Tu avais toujours une raison de tuer?

- Elle n'existe plus cette comtesse! Elle est morte à présent! Partie! Disparue! Tu piges?!

- Mais quand même, pourquoi?

- Sincèrement, je ne sais pas, répondit-elle en relâchant ces bras et son visage de démon.

Sébastian ne savait plus quoi penser. Elle tuait des humains et n'en connaissait même pas la raison. Et sans même savoir pourquoi, il détourna et s'éloigna de la caverne sans un mot de plus vers son cottage et le regard dans le vague. La femme qu'il aimait était changée du tout au tout.

Mais Sébastian n'avait pas dit ces dernières paroles, il était dorénavant déterminé à la guider, à lui monter le bon chemin, et espérant de tout son cœur que ce chemin la mènerait dans ces bras.