Bonjour!

Bon, l'écriture as mit beaucoup plus de temps que prévu. Déjà parce que l'ordinateur s'est fait enlevé par tout le monde et ensuite parce que j'ai dû voyager un peu. Je suis désolée de tout le temps que ça a mit avant de venir, mais j'y pouvais pas grand chose... Pour une fois je n'ai pas grand chose à dire, alors...

Ces personnages ne sont toujours pas à moi, et heureusement pour eux, parce que vu comment je les torture...

Bonne lecture!

PS: Merci beaucoup pour ceux/celles qui m'ont laissé des reviews, c'est très encourageant!^^


-Mais qu'est-ce que tu fuis?-

Accroupie sur un banc, Naruto se mordillait le pouce, à deux doigts de le manger tout à fait, tellement la faim lui tiraillait le ventre. Il était toujours en colère. Mais contre lui. Plutôt que de partir comme un coup de vent sur un coup de tête, il aurait mieux fait de rester et de s'assurer un vrai petit-déjeuner. Son ventre criant famine approuva, lui arrachant une grimace. Depuis combien de temps n'avait-il pas mangé? Hier soir? C'était énorme, pour lui. Il repensa à Sasuke, le trouvant de plus en plus bizarre... Comment faisait-il pour ne boire qu'un peu de café? En plus un week-end, jour où on pouvait se lever tard et manger jusqu'à pas d'heure! Il soupira.

On était en Mai, un mois après la rentrée scolaire japonaise, et une vague de pluie et de mauvais temps s'était abattue sur la région, depuis le début de la semaine, à ce qu'il avait compris. C'était bien sa veine. Il aurait dût regarder la météo avant de venir, au moins il aurait une veste sur les épaules et une capuche sur la tête. Là, il faisait plus penser à un cocker mouillé qu'à un jeune homme. Et les cheveux dégoulinant devant ses yeux commençaient à l'irriter. Il ne savait plus trop quoi faire. En fait, Sasuke, qui devait être étudiant maintenant qu'il y repensait, avait été le plus gros coup de bol de sa vie. Enfin, peut-être pas de sa vie. Mais pas loin. Il n'avait pas plus envie que ça de retourner les voir et de revenir dans l'atmosphère stressante de d'habitude. Mais quel idiot il faisait!

Une ombre se plaça devant lui, le faisant relever la tête. Un jeune homme aux cheveux noirs et au regard méprisant bien familier lui faisait face.

-Sasuke! s'écria-t-il.

Le sourire hautain de l'autre s'élargit un peu plus.

-Je vois que tu te débrouille très bien tout seul, fit-il.

Il se détourna, faisant mine de s'en aller.

-Je peux te laisser, alors...

-Attends, Sasuke!

Pour manger quelque chose, il aurait été près à faire n'importe quoi, y comprit à flatter l'ego démesuré de celui qui l'avait à moitié foutu dehors. A moitié. Heureusement pour lui-même, il avait moins de fierté que l'autre, et un centre d'intérêt principalement axé sur son estomac.

-Non, je me débrouille pas du tout, je crève la dalle. Et je suis désolé. Je peux revenir, s'il te plait? C'était stupide, et puis j'ai nulle-part où aller... Enfin... Je crois que t'es le seul qui m'accueillera dans cette foutue ville. S'il te plait...J'suis désolé...

Totalement satisfait, le jeune homme revint sur ses pas et se campa devant le blond, le regardant de toute sa hauteur. Il l'observa pendant quelques secondes, admirant une fois de plus sa beauté incomparable et sauvage, puis répondit d'un air ennuyé:

-Je sais pas si je dois vraiment te laisser revenir... Après tout, tu t'es en allé de ton plein gré...

-Sasuke! le supplia-t-il.

L'ébène se tut quelques secondes. Jamais il n'aurait joué à un jeu pareil avec quelqu'un d'autre que Naruto, il en était certain. Il aurait laissé partir un autre inconnu. Mais il faut dire que cet inconnu aurait été beaucoup moins familier avec lui. On aurait dit deux amis de longue date, alors qu'ils ne se connaissaient que depuis quelques heures.

-D'accord. Tu peux revenir. Mais tu calme tes caprices.

Le visage du blond s'éclaira d'un grand sourire, et il dût se retenir pour ne pas lui sauter dans les bras.

-Merci! Merci, merci, merci!

«C'est vraiment un gamin...» s'étonna Sasuke.

Ce genre de comportement avait souvent le don de l'énerver. Il fallait croire que Naruto était l'exception qui confirmait la règle. Une question germa dans son esprit, pendant qu'ils marchaient sur le chemin du retour, profitant que la pluie s'était arrêtée pour quelques heures.

-Dis-moi... T'as quel âge, au juste?

Le blond le dévisagea avant de répondre:

-Moi? 21 ans!

Il faillit éclater de rire. Et s'il n'était pas un Uchiwa, il l'aurait sûrement fait. 21 ans? Non...C'était impossible... Un jeune adulte qui se comportait comme un enfant de 5 ans, aussi capricieux, irréfléchi et impétueux. C'était incroyable. Avisant le sourire de son voisin, Naruto se vexa un peu.

-Bah quoi? Qu'est-ce qu'il y a de drôle?

-Rien, rien...

-Toi, tu es encore étudiant, non?

-Tu es plus observateur que tu ne paraît... Oui, je suis encore au lycée. J'aurais 18 ans en Juillet.

Trois ans d'écart. Cette pensée fusa dans leurs deux esprits. Bientôt suivie par une autre. Qu'est-ce qu'ils pouvaient bien en avoir à faire? En quoi cela les intéressaient-ils? Un grand silence s'étendit, chacun perdu dans son esprit.

-D'où tu viens? demanda le plus jeune.

Il doutait que Naruto porta des lentilles et encore plus qu'il se soit teint les cheveux. Et tout cela ne ressemblait pas beaucoup aux gènes japonais.

-Je suis américain, fit son ainé. Je suis né pas loin de Los Angeles et San Diego. Mais ma mère est japonaise.

Sasuke ne fut pas du tout étonné. Le blond n'avait pas de traits asiatiques, mais il parlait très bien la langue, sans le moindre accent.

-Qu'est-ce que tu fais ici, alors? Tu rend visite à ta mère?

Naruto éclata d'un grand rire, qui lui parut pourtant teinté d'une pointe de tristesse.

-Ça va être dur... Elle est morte vers mes six ans. Comme je suis allé dans une école américaine, je n'ai pas appris à lire et écrire japonais, juste à parler. Ma mère n'a pas eu le temps de me l'apprendre.

L'ébène ne sut pas trop comment réagir. Il n'avait pas connu sa mère lui-même, et il ne savait pas quoi dire. Il préféra se taire et passer pour un insensible, plutôt qu'un imbécile. Entre les deux le choix était rapide. Sa propre famille n'avait jamais eu de liens très forts. Les conditions n'étaient pas vraiment favorables pour cela. Cette pensée fit naître un sourire sans joie sur ses lèvres.

-Alors pourquoi tu es au Japon?

Il sentit le blond se fermer comme une huître. Bon. Un sujet sensible de plus.

-Et je suppose que si je te demande pourquoi tu évite les endroits fréquentés, je recevrai la même réponse? demanda-t-il, railleur.

Il avait visiblement raison, le même silence s'installa.

-Ne t'en fais pas, je suis pas un criminel, ou quelque chose du genre...

Le brun sourit intérieurement. Il n'avait jamais douté de l'innocence totale du jeune homme, qui semblait bien trop puéril pour faire quoique ce soit de bien méchant.

-Je te crois, répondit-il simplement.

De retour dans la maison, Sasuke fouilla dans les affaires de sa chambre avant de lui tendre un porte-feuille.

-Tiens. La boulangerie est dans cette direction, tout droit. Tu peux pas te perdre. Prend ce que tu veux, mais à part si tu te sens capable de faire le trajet tous les jours, prévois-en pour après.

Naruto le regarda avec des yeux ronds, étonné.

-Tu me passe ton fric? Comme ça? Tout, en plus? Et ben...T'es encore plus bizarre que ce que j'croyais... Et si je te volais tout? T'aurais plus d'argent...

Le japonais éclata de rire. Lui, manquer d'argent? Impensable. Totalement impensable.

-Ne t'inquiète pas pour ça. Je ne suis pas si stupide. Même si, contrairement à toi, je prend de l'argent quand je sors, je ne me balade pas avec des fortunes. Comme tu as pu le voir, c'est pas vraiment un coin recommandé, par ici.

Le blond l'observa un moment, sceptique.

-Comme tu veux, fit-il en prenant le porte-monnaie.

Le sourire de Sasuke à cet instant lui fit tourner la tête. Un peu égaré il sortit dans la rue sous le regard amusé et satisfait de son hôte.

-Ça promet...murmura celui-ci.

Le jeune homme pris son manteau, noir pour changer, son katana, qu'il fit passer dans son dos, et mis ses chaussures. Il hésita un instant avant d'hausser les épaules. Ça ne prendrai pas longtemps, pas la peine de laisser un message. Imaginant bien que Naruto prendrait minimum une demi-heure pour l'aller-retour, et qu'affamé comme il était il dévaliserait la boulangerie, il jugea qu'il aurait largement le temps. Ce qui risquait d'être le plus long, c'était de les trouver. Il sortit. Le temps c'était nettement calmé. Tant mieux, d'ailleurs. Il tourna à droite, reprenant dans le sens inverse la route de la veille, lorsqu'il était tombé sur Naruto. Il ne savait pas s'il irait jusqu'à leur repaire, et il espérait sincèrement que cela ne serait pas nécessaire.

Il n'eut pas à attendre. Au bout de cinq minutes de marche, il les trouva. Ils étaient une quinzaine. Un sourire sadique s'étira sur ses lèvres. Il allait bien s'amuser. Ils le remarquèrent immédiatement. Parmi eux, il reconnut les cinq de la veille avec un grand plaisir. Entourés par les autres, ils étaient maintenant sûrs d'eux, et ils ne reculèrent pas en le voyant. Prenant une allure provocante, les mains dans les poches et le poids du corps sur une jambe, la tête légèrement penchée sur le côté comme pour les juger, Sasuke attendit patiemment qu'ils le rejoignent. Des rires s'était élevé dans leurs rangs, moqueurs et méprisant.

-Tu es bien courageux de revenir, Sasuke-kun... D'après ce qu'on m'a dit, ce n'est pas pour reprendre le travail que tu nous rend visite... Quel dommage. Tu étais l'un des meilleurs. Et quelle stupidité. Crois-tu vraiment que tu fais le poids avec ton jouet?

C'était le chef de la petite bande, un homme à la peau extrêmement pâle et aux cheveux noirs très longs. Habituellement, ils étaient deux fois plus. Les autres devaient être sur un coup, ou trainaient quelque par. Ne se départissant pas de son sourire, Sasuke attrapa la garde de son katana et tira lentement la lame de son fourreau.

-Il me semble qu'hier vous avez emmerdé un bon ami à moi...

La pointe vers le bas, il fixa ses adversaires, qui ne furent pas longs à comprendre. Canifs et couteaux brillèrent, des battes à peine dissimulées apparurent, et d'autres armes encore disparates. Le meilleur spécimen était incontestablement les poings américain de leur chef. Rien de cet attirail dépareillé ne fit ciller le jeune homme. Ils les connaissait tous. Sans exception. Il connaissait leurs peurs, leurs point forts, leurs faiblesses, leurs caractère. Et pour beaucoup, leur vie, leur passé, leur nom, là où ils habitaient... Leur famille...

Ils n'avaient aucune chance.

Et aucun n'en était conscient.

Il se mit en garde, restant tout de même un peu prudent, et se concentra sur le premier arrivant. Il se décala sur le côté, évitant un coup maladroit, et frappa sur le poignet tendu, savourant le craquement sinistre qu'il produisit. Le second tenta un coup aux jambes. Évitant le bout de bois d'un bond en arrière, il para le suivant qui visait la tête et son poing partit s'écraser dans le ventre de son adversaire, qui tomba à terre. Le reste du combat se déroula sur le même ton. Par deux fois sa lame trancha la chair dans une blessure plus ou moins grave. Le chef regardait de loin, à l'écart, ne voulant pas se mêler au carnage de plus en plus sanglant qui se déroulait devant lui. Si au début il se contrôlait et tentait juste de mettre les voyous hors d'état de nuire, Sasuke avait fini par se déchainer, libérant une haine et une rancune trop longtemps bridées. Restant le dernier en lice, le chef sentit son tour arriver. Nullement impressionné par la performance, il se mit en garde, lui aussi.

-Orochimaru... Comme tu as dû le comprendre, je viens pour une vengeance. Ça fait vraiment plaisir de te revoir, fit ironiquement Sasuke, qui se calmait lentement.

-Mais tu sais bien que ce plaisir est partagé, Sasuke-kun... Viens donc me raconter ta peine...

Il s'élança.

Naruto revenait tranquillement de ses courses, des paquets plein les bras. Il avait déjà mangé trois croissants sur le chemin, plus peut-être un ou deux pains au chocolat, il ne s'en souvenait plus. Il ne restait quasiment rien dans le porte-monnaie de son hôte, mais il n'avait pas de remords pour autant. Si on lui disait «sers-toi», et ben, il se servait! Il se planta devant la porte d'entrée et poussa la porte, qui s'ouvrit docilement. Posant toute la nourriture sur la table, il regarda autour de lui, cherchant Sasuke. Il fit toutes les pièces de la maison en criant son nom, mais aucune trace de l'ébène.

Chose exceptionnelle, il décida d'utiliser son cerveau. Il avait pour habitude d'agir d'instinct, sans réfléchir, sans se poser de question, et la plupart du temps la méthode obtenait de bons résultats. Son entourage avait tendance à le croire un peu stupide, mais c'était surtout parce qu'il ne prenait pas le temps de considérer les choses avant de se lancer. Il s'assit par terre, tentant de trouver la raison pour laquelle le japonais était parti. Et où, surtout. Déjà, il ne pouvait pas être parti vers la boulangerie, Naruto l'aurait obligatoirement vu, croisé... Donc, c'était l'autre direction. Et pourquoi? S'il trouvait le jeune homme, il le saurait... Il sortit tout de suite, arrêtant sa réflexion sur le champ, et se mit à courir le long des petites maisons et des impasses sombres.

Parade. Coup. Esquive. Riposte.

Le temps se résumait à ces actions. La fatigue venait, ralentissant ses mouvements, émoussant ses réflexes, allongeant son temps de réaction. Depuis combien de temps résistait-il? Il avait perdu la notion de durée. Plus rien n'existait, sauf son combat. Il ne pensais pas qu'Orochimaru serait aussi fort. Il était sûr de lui. Mais quel imbécile! Quel crétin il était! Il était dans la merde. Il n'y avait pas d'autre mot. Il n'arriverait pas à tenir le rythme. C'était impossible, au dessus de ses capacités. Un profond désespoir le gagna. Il était mort, foutu. Pour l'instant, il pouvait encore éviter les coups, les dévier... Mais pour combien de temps? Il avait déjà quelques hématomes, une ou deux éraflures, et il sentait qu'à la moindre faiblesse le prochain coup lui casserai quelque chose.

Soudain, derrière l'épaule de son adversaire, il aperçut deux yeux bleus et une tignasse blonde qui lui réchauffèrent le cœur. Adressant un sourire inquiétant au chef de bande, il fit son maximum pour maintenir l'arrivant dans son dos, empêchant Orochimaru de le voir. Il avait gagné.

Ils étaient assis tous les deux dans la cuisine, soignant leurs blessures respectives, plus anciennes pour Naruto, et plus récentes pour Sasuke. Un silence gêné s'était installé entre eux dès qu'Orochimaru s'était effondré sur le sol, transpercé par le sabre de l'ébène. Aucun ne savait vraiment comment réagir. Ils étaient égaux: chacun avait sauvé, à sa manière, la vie de l'autre.

-Pourquoi tu es retourné là-bas? demanda Naruto.

-C'est personnel, fit Sasuke.

Ils avaient tous les deux des secrets, l'américain commençait juste à s'en rendre compte.

-T'as failli y passer, quand même! cria-t-il, l'énervement remplaçant l'inquiétude.

-Je te rappelle que toi aussi, tu as failli «y passer», hier! Alors fous-moi la paix!

Naruto accusa le coup, qui lui laissa un goût amer. La façon dont Sasuke pouvait changer d'humeur l'impressionnait. Quelques heures avant il l'avait repris chez lui en souriant, plein de gentillesse. Et maintenant il lui parlait comme à un étranger. Ce qu'il était, au fond.

-C'est pas la peine de t'énerver contre moi! J'te demande juste POURQUOI tu es allé chercher les noises à une bande de cons plus forts que toi!

-A ton avis? Je pensais avoir le niveau, je pensais être meilleur qu'eux, être plus puissant, être capable de les tuer en quelques minutes... Maintenant je sais que c'est faux, termina-t-il dans un souffle.

-Pourquoi tu voulais absolument les battre? Tu peux vivre sans te savoir supérieur à un groupe de voyous, non?

Ses yeux bleus accrochèrent ceux de Sasuke qui s'y perdit un instant avant de répondre:

-Pour la vengeance.

Le blond pencha légèrement la tête sur le côté, demandant plus, voulant une réponse plus claire.

-Je les connais depuis longtemps, soupira l'ébène. Lorsque j'étais plus jeune, vers mes 16 ans, quand je suis venu habiter ici pour mes études, je les ai rencontré. On peut dire que ça a été le coup de foudre. En quelques jours je faisais parti de leur bande. J'ai tout de suite compris que c'était pas de simples petits voyous. Ils... Ils s'opposaient à... un groupe plus grand. Bien sûr, aucun des deux n'était recommandable. Mais je suis resté avec eux. Par esprit d'opposition, sans doute. Ils sont recherchés par la police depuis longtemps. Pour pas mal de délits. Et de crimes. Que ce soit des vols, du trafic de drogue, des viols et même des meurtres, on faisait tout et n'importe quoi. Au bout d'un mois je voulais déjà me barrer, j'en avais marre de faire tout ça. J'avais pas peur des flics, c'est pas pour rien qu'ils sont encore en liberté. Mais... j'avais pas la conscience tranquille. J'étais un peu l'élève de leur chef, Orochimaru, le gars de tout à l'heure. Il me formait, pour devenir un des meilleurs. C'est lorsqu'ils ont voulu que je viole une fille que j'ai dit non pour la première fois. Je pouvais pas faire ça. Alors j'ai essayé de me barrer. Ça a pas marché, ils m'ont rattrapé et j'ai fini à l'hosto. Lorsque je suis sortit, je suis retourné... près de ma famille. C'était...plus...sûr. Là, j'ai appris à me battre. D'où le katana. Je suis retourné vivre dans cette maison au début de l'année. Ça ne fait pas longtemps que je suis là, quoi... Et...quand je les ai revu... Et que j'ai vu qu'ils... te cassaient la gueule...J'ai eu envie de me tester. Tu as toute l'histoire.

Naruto resta silencieux plusieurs longues minutes, digérant le tout. Il savait que ce mec était bizarre, mais à ce point, c'était flippant.

-T'es en train de me dire que t'a fait partit de cette bande? demanda-t-il lentement.

Sasuke leva les yeux au ciel.

-C'est ce que je dis depuis tout à l'heure, crétin! Et...et puis... je... je sais même pas pourquoi je te raconte ça, moi!

Il se leva furieusement, renversant presque sa chaise, et partit s'enfermer dans sa chambre, claquant la porte.

Le reste du week-end fut morose, passé dans l'humeur la plus sombre. Sasuke ne pouvait pas se résoudre à mettre un fantasme sexuel ambulant à la porte, et Naruto ne voulait pas encore retourner les voir, surtout qu'il s'était bien attaché au jeune homme. Après tout, ils étaient liés d'une manière bien spéciale, maintenant. Chacun devait sa vie à l'autre. Le lundi arriva très rapidement, à leurs yeux. La veille au soir, Naruto demanda innocemment:

-Dans quelle genre d'école tu es?

L'intéressé lui jeta un regard froid avant de répondre:

-C'est un lycée normal, privé.

Le blond se remémora l'uniforme à la chemise blanche et au pantalon noir qu'il avait vu dans la chambre du jeune homme. Ses pensées dérivèrent sur ses propres années lycéennes en Amérique. Il avait arrêté avant, le système n'étant pas vraiment adapté à ses rêves. Il avait bien fini, en fin de compte. Mieux que beaucoup de ses camarades de classe, d'ailleurs. Il sourit doucement en repensant à son parcours.

-J'aimerai bien voir ton lycée.

Sasuke se figea, le fixant dans les yeux.

-Pourquoi?

-Comme ça, je sais pas, moi... Tu veux aller où, plus tard? T'as une idée?

-Non, répondit-il au bout d'un moment. Pas vraiment. Il n'y a rien qui m'intéresse. Et... Si tu veux, tu peux venir. Ça t'éviterai de rester toute la journée à l'intérieur sans rien faire. Le lycée accepte les visites de ce genre.

Il acquiesça, satisfait, et heureux que la tension entre eux ait disparue.

-Par contre... fit Sasuke. Demain... Réveil à six heures pile.

Le blond faillit s'évanouir. Six heures?