-Molly ? Dit une voix faible, provenant du lit dans une chambre plongée dans l'obscurité, dérangée par un rai de lumière.
-Oui, ma chérie. Comment te sens-tu aujourd'hui Iséris ?
-Molly... il est temps...
-Que dis-tu ? Molly la regarda avec des yeux écarquillés.
-Aujourd'hui est mon dernier jour, souffla la jeune fille avant qu'une quinte de toux ne la coupe à nouveau.
Molly lui donna un verre d'eau sachant très bien que l'apaisement serait de courte durée.
Iséris souffrait depuis presque cinq mois. Depuis la fin de la guerre. Personne n'a jamais su quel mal la prenait. On aurait dit qu'elle se laissait dépérir et plus personne n'était là pour elle. Androméda la connaissait à peine et elle était très prise avec son petit-fils. Elle venait de temps en temps. Quant à Narcissa, elle était cloîtrée chez elle pour encore quelques mois et n'avait le droit d'héberger personne. Et même si elles avaient pu la prendre qu'auraient-elles fait de plus ? Aucun médicomage n'a pu établir de diagnostic précis et les potions ne faisaient pas vraiment effet. La jeune fille était clouée au lit depuis trois mois dans le noir sans avoir pu se lever assez pour sortir. Elle ne supportait pas la lumière intense et semblait toujours pire après avoir pris l'air.
-Ne dis pas de bêtise. Tu vas guérir...
-Non, Molly. Je ne vais pas guérir parce qu'il n'y a rien à guérir. J'ai perdu quelqu'un ce jour-là. Je veux juste la rejoindre. Vous n'y pouvez rien. Personne. Seule Cissy est au courant. Je vais vous raconter parce que je ne veux pas être enterrée loin d'elle. Vous ne comprendrez pas, vous n'accepterez pas mais s'il vous plaît faites cela et ne leur dîtes rien. Je vous en prie.
-Je...
-S'il vous plaît, pria Iséris. La pâleur de sa peau, les larmes dans ses yeux, la faiblesse de son être décidèrent Molly à accepter.
-Raconte-moi. Je t'écoute.
