Merci à tous ceux qui m'ont laissé des commentaires... vraiment bienvenus et assez renversants !

Voici le deuxième chapitre, vraiment court, mais je ne voulais pas aller plus loin dans l'histoire dans ce chapitre.

Enjoy !

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Lanie attendait Esposito devant l'entrée de l'hôpital ; il avait insisté pour aller chercher la voiture et elle n'avait pas bataillé. Elle se sentait trop épuisée pour marcher jusqu'au parking : à la fatigue physique s'ajoutait un important épuisement nerveux. En tant que médecin, elle se devait de rester calme dans les moments les plus critiques, mais son implication émotionnelle dans ce cas précis était inévitable.

Elle s'assit sur un muret de pierres, ferma un instant les yeux et prit une profonde inspiration. C'était terminé ; Kate était hors de danger. Il fallait qu'elle surmonte la terreur qui la glaçait. Une larme roula sur sa joue lorsqu'elle réalisa qu'une partie de cette terreur ne la quitterait jamais vraiment. Elle avait trop d'amis dans le métier, trop de personnes chères à son cœur à la merci de tueurs de flics.

Le bruit des portes automatiques la fit ouvrir les yeux au moment où Castle les franchissait. Les traits de l'écrivain étaient un peu plus détendus qu'auparavant, mais l'inquiétude prédominait encore sur son visage. Il fit un faible sourire en la voyant et vint s'asseoir à côté d'elle.

- Dure journée, murmura-t-elle.

- Dure journée, confirma-t-il.

Il ferma les yeux, repensant à la dernière fois qu'il avait prononcé ces paroles. Il avait eu le même échange, exactement le même, avec Kate, lorsque la bombe sale avait failli souffler New York.

- J'ai parlé avec son chirurgien, dit Lanie. Ça va aller, maintenant. Elle a juste besoin de nous, de notre soutien...

Il acquiesça silencieusement, le regard fixe.

- Rick, reprit-elle. Il faut que vous arrêtiez ce petit jeu, tous les deux. Vous vous faites plus de mal qu'autre chose.

Les mâchoires de l'écrivain se contractèrent.

- Le problème, murmura-t-il, c'est que sur l'échiquier de la vie de Beckett, je suis la tour, pas le roi.

Lanie ouvrit la bouche pour répondre, mais fut interrompue par l'arrivée d'Esposito. Il fit un signe à Castle qui lui répondit vaguement. Lanie pressa gentiment le bras de l'écrivain.

- Ne croyez pas ça, dit-elle simplement avant de monter dans la voiture.

Il lui sourit et regarda le véhicule s'éloigner.

Il resta encore un moment assis sur le muret ; il lui était trop difficile de quitter l'hôpital, de la laisser. Il prit une profonde inspiration, se leva et partit à la recherche d'un taxi.

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Kate revenait peu à peu à elle. Elle sortait d'un monde sombre et brumeux qui ne lui avait laissé aucun souvenir.

Les yeux encore fermés, elle tentait de rassembler ses pensées.

Elle ressentit une douleur lancinante au niveau de la poitrine.

Un bip régulier se fit entendre dans le lointain, sans qu'elle ne parvienne cependant à en repérer l'origine.

Elle ouvrit doucement les yeux et battit plusieurs fois des paupières. Son regard parcourut la pièce et elle comprit qu'elle était à l'hôpital. En salle de réveil, apparemment. Elle ressentit, sans savoir pourquoi, un profond soulagement. Elle avait l'impression d'avoir été en grand danger et que maintenant, elle était en sécurité. Elle sentait au plus profond d'elle même un mélange de peur et de colère, mais elle ne parvenait pas à retrouver les circonstances exactes qui l'avaient menée à l'hôpital.

Elle tourna la tête vers la gauche au son de voix qui se rapprochaient.

- Le docteur Müller en a encore pour un quart d'heure. Il faut vérifier les constantes de monsieur Karowski et si tout est OK, tu le montes.

Elle tenta d'appeler les infirmiers mais elle n'émit qu'un grognement sourd. Ses paupières lui semblèrent de nouveau extrêmement lourdes et elle sombra dans un profond sommeil.

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- Dites-moi exactement ce que vous avez vu.

Richard Castle soupira et posa ses mains sur la table devant lui.

- J'ai déjà dit tout ça à vos collègues.

- Je sais, Monsieur Castle, mais le fait de relater un témoignage à diverses personnes permet parfois d'obtenir des informations plus complètes. Alors... je vous écoute.

Le détective Brodane fit mine d'avancer le micro vers Castle. Ce dernier leva les yeux au ciel et soupira. On l'avait convoqué, comme la plupart des témoins de la scène, pour tenter de récolter un maximum d'informations sur les circonstances exactes du tir et, dans le meilleur des cas, de dresser un portrait robot du tireur.

Il n'avait aucune envie d'être ici à cette heure-ci, mais avait-il le choix ? Décidant que plus vite il coopérerait, plus vite il sortirait, il répéta pour la troisième fois de la journée :

- Je me tenais cinq mètres à la droite de Beckett, légèrement en retrait. J'ai aperçu un reflet derrière une des pierres tombales et au moment où je réalisais qu'il s'agissait d'un viseur... elle s'effondrait.

- Avez-vous vu le visage du tueur ?

- Non.

- Ses vêtements ?

- Non.

- Un quelconque détail vous a frappé ? Une voiture garée à proximité par exemple ?

- Non et non ! répondit encore Castle d'une voix forte. Pensez-vous vraiment que je pourrais omettre de vous dire des choses aussi importantes ?

- Monsieur Castle. Le choc émotionnel que vous avez subi a pu vous faire occulter certains éléments-clé.

- Je vous ai décrit tout ce que j'ai vu. Le tireur était caché derrière la pierre tombale. Entièrement.

Il se renversa contre le dossier de sa chaise.

- Je peux y aller ?

Brodane nota quelque chose dans son carnet, leva les yeux et lui sourit.

- Oui. Merci, Monsieur Castle.

L'écrivain se leva et sortit de la pièce en coup de vent. Moins de quinze minutes après, il franchissait les portes de l'hôpital.

Il marchait d'un pas pressé vers la chambre de Kate. La veille, seul son père avait eu le droit de la voir quelques minutes. Mais depuis ce matin, elle avait été transférée dans une chambre individuelle et les médecins avaient autorisé les visites. Et il avait fallu que les affaires internes choisissent précisément ce moment pour le convoquer.

En approchant de la chambre, il aperçut deux policiers en uniforme qui lui rappelèrent, s'il en était besoin, que la vie de Kate était toujours menacée. Il les connaissait et les salua en entrant dans la pièce ; il s'arrêta net dans l'embrasure de la porte en entendant la voix de Josh.

- ...eu si peur. Je suis venu dès que j'ai pu. Kate, j'aurais pu te perdre !

Il se tenait debout, à droite du lit, et tournait le dos à la porte. Castle sentit la colère monter en lui, mais il se maîtrisa. Josh avait le droit de lui dire ces mots ; il tenait à elle et avait certainement eu peur, lui aussi. Même si la vérité avait un goût amer, il admit qu'il n'avait pas le monopole de Kate. Il s'apprêtait à frapper quand il entendit les paroles de Josh :

- ... et c'est pour ça que je te demande aujourd'hui : veux-tu m'épouser ?

Castle voulut faire demi-tour. Trop tard ; sa main avait déjà frappé trois fois à la porte. Josh se redressa précipitamment et ferma l'écrin qu'il tenait.

- Oh, Richard, bonjour !

Castle remarqua qu'il parlait à voix basse ; c'est alors que son regard, jusqu'alors fixé sur l'écrin, glissa vers Kate. Elle avait les yeux fermés ; il pensa d'abord que c'était dû à l'émotion, mais il remarqua ensuite son air serein, sa respiration calme et régulière, et il réalisa qu'elle dormait.

Il regarda de nouveau Josh, qui posait l'écrin sur la table de chevet, et hocha la tête. Le chirurgien poursuivit, plus pour lui-même que pour Castle.

- Ça fait un moment que j'y pense, alors... étant donné les circonstances... Ce que vous avez vu, c'était... J'avais besoin de répéter avant... vous savez.

Castle hocha de nouveau la tête. Il n'était pas sûr de vouloir discuter avec Josh. Et il était certain de ne pas vouloir parler demande en mariage avec lui. Le bipper du chirurgien sonna ; il s'excusa et quitta la pièce.

Castle s'approcha du lit, s'assit dans le fauteuil et posa les yeux sur sa partenaire. Elle respirait. Elle vivait. C'est tout ce qu'il demandait.

Quelques minutes passèrent quand soudain, son regard fut attiré par l'écrin de velours noir qui était resté sur la table de chevet. Il le prit et le fit machinalement tourner entre ses doigts.

Il se demanda quelle serait la réponse de Kate lorsque Josh lui proposerait de l'épouser. Il grimaça en pensant qu'elle méritait une demande en mariage bien plus romantique. La phrase "Et c'est pour ça que je te demande aujourd'hui : veux-tu m'épouser ?" manquait cruellement d'originalité.

Il était sur le point d'ouvrir l'écrin pour se convaincre qu'en plus, le chirurgien ne connaissait rien aux goût de Beckett lorsqu'il perçut un mouvement dans le lit. Il reporta son attention sur Kate et vit qu'elle ouvrait les yeux. Il se leva et accrocha immédiatement son regard.

- Bonjour, murmura-t-il.

Elle sourit et Castle se sentit revivre.

- Bonjour, répondit-elle faiblement.

Elle grimaça. Le visage de Castle afficha un air inquiet.

- Ça va ?

Elle fit signe que oui, puis son regard se posa sur les mains de l'écrivain ou, plus précisément, sur l'objet qu'il tenait. Ses yeux s'arrondirent légèrement.

- Oh mon Dieu, Castle... murmura-t-elle.

Il fronça les sourcils et suivit son regard ; lorsqu'il comprit la méprise, il sourit franchement.

- Rassurez-vous, ce n'est pas ce que vous pensez.

Elle le regardait sans comprendre.

- Enfin, si, c'est exactement ce que vous pensez. Mais ça ne vient pas de moi.

Etait-ce de la déception qu'il venait de lire sur son visage ? Il reposa la petite boîte et préféra changer de sujet.

- Comment vous sentez-vous ?

- Cassée. Fatiguée... Fragile.

Elle fit une pause avant de reprendre.

- Mais vivante.

Elle le regarda s'asseoir de nouveau sur le fauteuil.

- Finalement, ça ne change pas vraiment de d'habitude, dit-elle d'un air qu'elle espérait espiègle. Vous, assis sur une chaise à côté de moi... Je n'échangerais ça pour rien au monde, ajouta-t-elle dans un murmure avant de sombrer de nouveau dans un profond sommeil.

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