Disclaimer : Le personnage principal, Cato, ainsi que l'univers appartiennent à Suzanne Collins. La douce Helena, elle, est ma propriété ! Mouahaha.
Note : Ce chapitre a été modifié une nouvelle fois, pour corriger les fautes, améliorer les dialogues, ce genre de trucs... Pourquoi je vous expose mes défauts, moi ? Je devrais dire que ce chapitre est né tel quel, magnifique. Héhé. Bon, il se fait tard, je vais me coucher. Merci de passer sur cette fanfiction !
Te rencontrer et te mépriser
Cato entra dans sa chambre. Une serviette rouge autour des hanches, il sortait tout juste de la douche. Tout en se passant une main dans ses cheveux humides, il chercha du regard les vêtements qu'il allait mettre pour ce soir. Un sourire éclaira son visage tandis qu'il repensait aux paroles de son père : ce soir, un des hommes les plus importants du District avait demandé à recevoir toutes les familles dont les garçons venaient d'atteindre l'âge fatidique de douze ans. Et cet âge, Cato venait justement de le fêter.
- Mais où... ?
Enfilant rapidement un short et un t-shirt, le jeune garçon se dépêcha de rejoindre l'escalier. Il descendit au salon en tapant rageusement des pieds. Énervé, il apostropha sa mère qui discutait avec une inconnue en souriant.
- Que fait la femme de ménage ?! cria-t-il en arrivant dans la pièce principale. Cette imbécile a...
Le jeune garçon se tut. Que faisait une gamine de son âge, vêtue de vêtements rapiécés, usés et troués, à côté de sa mère, cette femme si élégante et distinguée ?
- Voilà la nouvelle imbécile, Cato, rétorqua avec amusement sa mère tout en présentant d'un signe de la main l'enfant.
- Excusez-moi du tort que j'ai pu vous causer, monsieur, dit la jeune fille d'une voix fluette en s'inclinant, l'air craintif et malade.
Craignait-elle des représailles ? Un bleu s'étirait sur sa joue droite, comme si quelqu'un l'avait frappé. Cato ne répondit pas tout de suite. Sa colère était retombée, soufflée par la surprise. Leur ancienne femme de ménage était une très vieille dame, sa remplaçante ne devait pas avoir plus de douze ans. Que faisait-elle là ? La vieille était-elle donc enfin morte ? Cette pensée arracha un rictus sadique au garçon.
- On n'a pas les moyens d'employer autre chose qu'une souillon ? demanda-t-il en regardant de haut en bas sa nouvelle servante.
La fillette, avec ses vêtements troués, détonait vraiment au milieu du salon. Un instant, Cato pensa un instant que même la portion du sol sur laquelle elle se tenait semblait plus sale que le reste de la pièce. Ses cheveux, lâchés dans son dos, semblaient flotter autour de son corps mince. Maigre, presque. Cela fit froncer les sourcils du garçon. Le District Deux, bien que sanguinaire, n'était pas un lieu où l'on mourrait de faim. On pouvait y mourir, oui, jeune ou vieux, parce que l'on avait provoqué la mauvaise personne, mais pas par manque de nourriture. Sa mère reprit la parole à ce moment, arrachant Cato à son inspection.
- Mais il ne s'agit pas de n'importe quelle souillon, Cato. Celle-ci se nomme Helena Mismerra. C'est la fille de l'ancien Juge Mismerra, poursuivit l'hôtesse de maison en souriant d'avance. Tu sais, celui qu'on a...
Et elle fit le geste de se trancher la gorge. Avant d'éclater de rire.
Solène regarda presque affectueusement la fillette à ses côtés. Elle se réjouissait déjà de la surprise et de la jalousie qu'elle verrait se peindre sur le visage de ses voisines lorsque celles-ci découvriraient qui était sa nouvelle femme de ménage. Cette enfant allait lui apporter beaucoup de satisfaction, Solène le sentait. Elle se passa délicatement une main dans les cheveux, vérifiant que son chignon tenait toujours, puis elle adressa un signe de la main à sa servante.
- Toi, dit-elle froidement, tu as intérêt à bien travailler. Et toi, mon cœur, sois prêt pour ce soir. Fais-toi beau !
Elle embrassa de loin son fils puis quitta la pièce. Cato eut une grimace. Il détestait lorsque sa mère l'appelait mon cœur. Et pourquoi pas mon ange, hein ? C'était ridicule.
- Alors t'es la fille de l'ancien juge ? grogna-t-il pour s'empêcher de penser à sa mère et à ses surnoms débiles.
La jeune fille hocha la tête, timidement. Son nouveau maître l'observa à nouveau, profitant de l'absence de sa mère, et intrigué par son comportement et le bleu qui s'étalait sur sa pommette. L'ecchymose était impressionnante. Sinon, hormis ce détail, elle était plutôt banale : des cheveux assez clairs, châtains, un peu sales, un visage ovale, démuni de toute graisse superflue, un corps mince. Pour autant, elle ne ressemblait pas aux filles de son District. Elle était trop maigre. Ce détail fit tiquer le jeune garçon une deuxième fois. Les filles de sa classe n'étaient pas toutes jolies, certaines étaient très discrètes, mais elles avaient des muscles, du gras, des formes ; pas uniquement de la peau et des os.
Cato commença à se détourner d'elle puis revint fixer son regard sur Helena. Immédiatement, elle regarda ailleurs.
- C'est légèrement agaçant, ta manie de détourner le regard, lança-t-il de but en blanc.
Elle sursauta et le dévisagea. Il constata alors pourquoi elle cachait ses yeux : ils étaient fous, torturés, habités de trop d'horreurs pour une si jeune vie. Elle le laissa s'absorber autant qu'il voulut dans ses pupilles noires et perdues, jusqu'à ce qu'il ne puisse plus supporter ce regard hanté. Au fond de lui, quelque chose se réveilla. Une boule de violence s'éveilla dans son ventre, explosant dans tout son corps, imprégnant sa tête d'images qu'il n'aurait pas du pouvoir imaginer. Cette fille... Elle n'était décidément pas comme les autres filles du District Deux. On vivait bien dans le District Deux, les gens ne se plaignaient pas. Cette fille ne disait rien mais ses yeux parlaient pour elle. Elle était la victime du Capitole, Cato le savait. Il suffisait de voir la réaction de sa mère, quelques instants plus tôt, et son rire. On se moquait de la fille Mismerra, on l'employait en se vantant de l'avoir à son service. Voilà le dernier objet à la mode, disait-on en la désignant.
- T'as pas de bol, ma fille. Tu t'en sortiras pas ici.
Helena sursauta une fois de plus. Elle semblait étonnée qu'il lui parle. Il eut l'impression, en voyant son expression éperdue de gratitude, qu'elle n'avait pas reçu de mots aimables depuis longtemps. Que lui avait-on fait ? Qu'avait-elle traversé pour que tant d'horreurs transparaissent dans son regard ?
- On t'as fait quoi ? demanda-t-il brusquement. Tu parlais tout à l'heure, maintenant tu ne dis plus rien. Je te fais peur ?
Son ton brusque ne l'effraya pas. Elle semblait avoir moins peur qu'à l'instant, lorsqu'il était descendu de sa chambre en la traitant d'imbécile. Était-ce parce qu'il donnait l'air de s'intéresser à elle ? Si c'était le cas, elle se méprenait. Le garçon ne s'intéressait à personne d'autre que lui.
- Je...
- Oh et puis non, je m'en fiche.
Et il la laissa là, dans le salon.
Helena Mismerra le regarda sortir avec une expression très douce, la tête penchée sur le côté, un vague début de sourire aux lèvres. Oui, voilà bien longtemps qu'elle n'avait pas reçu de mots aussi aimables. Et, malgré tout ce que Cato pensait d'elle, elle lui en était très reconnaissante.
