Chapitre II : Dans la Forêt
Ginny se tenait au milieu de la chambre et analysait sa situation. Il était pratiquement deux heure du matin et elle avait passé une journée pénible. Elle se trouvait dans la minuscule maison d'un membre éloignée de sa famille et elle n'avait nulle part où dormir, sauf le lit en face d'elle, le lit où se trouvait Harry.
Soupirant, elle se glissa vers la place libre du lit, regardant avec envie l'épais oreiller et les draps frais. Elle devait se pencher car le plafond pentu ne lui laisser qu'un étroit passage entre le lit et le mur. Se déplaçant de côté, essayant de ne pas réveiller Harry, elle se glissa sous les couvertures. « Nox » murmura-t-elle et elle déposa sa baguette sous son oreiller.
Elle prit une longue et relaxante inspiration et, somnolant, elle se dit qu'elle était contente qu'Harry soit un dormeur silencieux… Soudain, quelque chose de lourd tomba sur sa poitrine. Effrayée, sa première pensée alla vers une horrible créature, un énorme serpent par exemple, qui lui serait tombée dessus. Mais les serpents n'avaient pas d'os… ni de doigts. C'était le bras d'Harry, réalisa-t-elle. Il s'était tourné dans son sommeil et était maintenant sur son dos, ses bras étendu de part et d'autre.
Doucement, pour ne pas le réveiller, elle souleva le lourd bras détendu par le poignet et le déposa à côté de Harry sa respiration calme et lente si peu perturbée. Ginny se pelotonna et serra l'oreiller contre sa joue. Elle était pratiquement endormie lorsque le bras revint. Cette fois, elle le chassa d'un coup d'épaule. Pensant que c'était la fin de cet épisode, elle s'enfonça à nouveau dans son oreiller. Dix minutes plus tard, le bras atterrit sur son oreille.
Ce fut la goutte d'eau qui fit déborder le vase. Elle poussa violemment son bras, s'assit et observa dans l'obscurité son ennemi. Elle ne s'endormirait jamais si cet envahisseur de lit ne lui laissait que quinze centimètres de matelas. Elle posa donc une main sur son épaule et une main sur sa hanche et poussa. Quelque chose dû le déranger dans son sommeil car il grogna et roula vers l'autre côté du lit. Soupirant de soulagement, Ginny s'étendit de nouveau reprenant son souffle. Déplacer le poids mort d'Harry n'était pas une mince affaire. Elle s'endormait quand il retomba sur son dos et déposa son bras lourd au-dessus d'elle.
Ginny attrapa sa baguette sous son oreiller. Elle allait lui jeter un sort : elle commencerait par le sort du saucisson et finirait par le Sortilège de Chauve-Furie. Après toutes les révélations et les dangers de la journée, elle ne s'était jamais imaginé que la pire des horreurs serait le Bras Qui Ne Voulait Pas Dormir. Il marmonna quelque chose. Elle ne pouvait pas le voir, mais il semblait… triste. Elle reposa sa baguette. Ce n'était pas la faute d'Harry si son bras ne connaissait pas les bonnes manières.
Elle décida de s'étendre sur le dos, près de lui, et de coincer ce bras entre eux deux. Il ne peut aller nulle part à présent, pensa-t-elle avec satisfaction avant de s'endormir pour de bon.
Plus tard, elle entendit la pluie s'écraser sur la maison ainsi que la voix d'Harry ordonnant à la fenêtre de se fermer. Elle s'enfonça un peu plus dans son oreiller, se sentant en sécurité et satisfaite…
Lorsque Ginny ouvrit les yeux, la première chose qu'elle remarqua fut la disparition du bras, et de son propriétaire. Se demandant où était passé Harry, elle s'assit et vit que la lumière du matin était grise, présageant une journée nuageuse et de la bruine. La chambre était sombre, il n'y avait qu'une seule fenêtre et elle se trouvait derrière elle. Regardant par-dessus le cadre du lit, elle put observer la vue. On pouvait apercevoir les jardins et au loin les champs et les pâturages qui faisaient partie de la Propriété des Hathaway. Même par une journée sombre, c'était magnifique.
Ginny se disait qu'une grasse matinée lui ferait le plus grand bien, mais elle savait qu'elle n'arriverait jamais à se rendormir maintenant qu'elle se demandait ce que faisait sa famille et combien de temps elle resterait chez Tante Martha.
Alors qu'elle se dépêtrait de sa chemise de nuit trop longue, Harry entra. Il portait les mêmes vêtements que la veille et ses cheveux étaient encore plus en bataille que d'habitude. Sans ses lunettes, il avait l'air d'un petit garçon ébouriffé et encore endormi. Ginny aurait presque pu lui pardonner d'être le pire monopoliseur de lit. Presque.
« Est-ce que je t'ai réveillée ? » dit-il s'arrêtant net en la voyant réveillée. « J'allais juste aux toilettes » marmonna-t-il.
« Non, tu ne m'as pas réveillée » dit Ginny, elle ne se sentait pas à son avantage dans la chemise de nuit de Tante Martha. Pensant que la meilleure défense était l'attaque, elle ajouta « Mais le Bras si ! »
Harry la regarda interloqué. « Le Bras ? Qu'est-ce que c'est que ça ? Est-ce que quelque chose nous a suivis jusqu'ici ? »
« Oui, ton bras nous a suivi sur le balai. Et il m'a embêté toute la nuit. »
« Ginny » dit-il se penchant pour faire le tour du lit et attraper ses lunettes sur la table de chevet. « J'ai mal dormi la nuit dernière, je ne vois pas où tu veux en venir. »
« Tu as mal dormi ? » s'exclama-t-elle, indignée. « Tu as monopolisé tout le lit ! »
Il s'assit sur le bord du lit et mit ses lunettes sur son nez. « Non, pas vraiment » il la regarda par-dessus son épaule. « Tu dormais pratiquement sur moi. »
Elle était abasourdie qu'il ne veuille pas admettre qu'il l'avait empêchée de dormir. « J'étais à deux doigts de te jeter un sort pendant que tu dormais, mais ça n'aurait pas été sport… » Elle s'arrêta quand elle le vit lever les yeux eu ciel. « Quoi ? »
« Ce n'est pas facile de dormir le visage recouvert de cheveux, tu sais. »
« Le visage plein de… » Elle se sentait étrangement blessée. « C'est la deuxième fois en deux jours que tu te plains de mes cheveux. Peut-être que je devrais les couper. »
Il était stupéfait. « Ne coupe pas tes cheveux. J'aime les regarder, pas les manger ! »
L'absurdité de cette phrase, ou tout simplement leur dispute, fit éclater Ginny de rire. « Ils sont parfaitement comestibles, j'ai utilisé un le shampoing 'Champs de Fraises' hier soir. »
« C'était ça cette odeur ? » dit-il en fronçant le nez. « Ca me faisait penser aux cours de Potions, pas étonnant que j'ai eu des cauchemars. »
« Les cours de Potions ! Qu'est-ce qui ne va pas chez toi ? Ca donne une odeur de fleur, c'est marqué sur l'étiquette, ils n'utilisent que des produits naturels. »
« Que des nettoyants de chaudrons naturels. »
« Toi ! » elle le frappa avec son oreiller. « Tu devrais essayer. Tes cheveux en auraient besoin ! »
Il attrapa l'oreiller qu'elle tenait et le tint en face de lui. « Je suppose que je n'ai aucune chance de retourner dormir ? »
« Tu supposes bien. »
Il soupira et se leva. « Lotty a déjà lavé nos vêtements. Les tiens sont dans le panier dans le couloir. »
Lorsque Ginny récupéra ses vêtements, elle entendit le tournesol demander à Harry où il avait poussé. Cela la fit sourire, ça et le souvenir d'Harry lui disant qu'il aimait regarder ses cheveux.
Elle s'habilla rapidement, heureuse de voir que Lotty avait réussi à nettoyer les tâches de sang sur son jean. Elle finissait de faire le lit lorsqu'Harry revint. Il était complètement habillé et avait encore les cheveux humides.
« Regarde » dit-il en lui montrant l'étiquette de la bouteille de shampoing qu'elle avait utilisé la veille. « Regarde la liste des ingrédients. »
Ginny prit la bouteille et lut « Ingrédients : Aloe Vera, romarin, jus de pâquerettes, et nettoyant pour chaudron. » Elle pouffa de rire. « Tu as changé ça ! »
« Non ! »
« Si du nettoyant pour chaudron peut faire ça à mes cheveux, quelle est l'excuse de Rogue ? »
Harry éclata de rire. « Il doit arrêter de le boire et le mettre dans ses cheveux. »
« Peut-être que c'est ça son problème » dit Ginny. « Indigestion chronique. »
Tante Martha les attendait, présidant la table du petit déjeuner. « C'est une triste matinée mais mon coude et Pamela » Elle désigna d'un signe de tête un chat tigré gris assis au milieu de la pièce « me disent que le temps va s'éclaircir cet après-midi. »
Lotty déposa une assiette remplie de saucisses et d'œufs devant Ginny et une autre devant Harry. Il y avait déjà sur la table une corbeille remplie de toasts, un pichet de jus de fruits et un autre de lait. Tout avait l'air délicieux.
« J'aurais aimé passer un peu de temps avec vous deux ce matin, mais j'ai rendez-vous avec mon comptable et mon notaire à Stratford et je ne peux pas rater ça. Le Domaine Hathaway est aussi un commerce et je prends mon rôle de gardienne de ces terres très sérieusement. Je veux aussi consulter Mr Biggs, mon contremaître. » Elle marqua une pause si longue que Ginny et Harry levèrent la tête de leur assiette.
« Je ne suis pas sûre… » Une fois de plus, elle marqua une pause et pinça ses lèvres comme si elle avait peur d'annoncer une mauvaise nouvelle. « Il y a beaucoup de sorcières et de sorciers qui travaillent dans ce domaine. Je connais la plupart d'entre eux très bien car leurs familles vivent ici depuis des générations. Et je pourrais leur confier ma vie. Cependant, je ne leur confierais pas les vôtres tant que je n'aurais pas plus de certitudes. »
Ginny sentit un frisson la parcourir en entendant ces mots. Elle jeta un coup d'œil à Harry, il était devenu pâle.
« Harry ? Je peux t'appeler ainsi ? »
Harry approuva d'un signe de tête.
« Excellent. Tu peux m'appeler Tante Martha ou Martha si tu préfères. Je n'aime pas les titres, surtout dans ma propre maison. Je vais vous demander à tous les deux de rester dans les bois, mais n'allez pas dans les champs ou les prés où tout le monde pourra vous voir. »
Ils acquiescèrent.
Tante Martha soupira et commença à se lever. Mais Harry l'arrêta. « Il n'y avait qu'un seul lit dans la chambre d'amis » laissa-t-il échapper.
Ginny rougit. Elle aurait préféré qu'il n'aborde pas le sujet, parce que Tante Martha était vieux jeu et qu'ils allaient se faire sermonner.
Pourtant, Tante Martha pouffa de rire en regardant Harry. « Oh, non. J'avais oublié. Voyez-vous… » commença-t-elle à expliquer. « Pendant la guerre contre Grindelwald, le Domaine Hathaway servait de refuge pour les enfants magiques de Londres. Il y avait aussi une guerre dans le monde Moldu à cette époque et le Premier Ministre Moldu pensait que les enfants seraient plus en sécurité loin de la ville et de la violence. Nous avions des lits de camps installés dans toute la maison et ici aussi. Je pensais qu'ils étaient toujours dans la chambre d'amis. »
Un autre gloussement râpeux s'échappa de ses lèvres. « Ta mère va définitivement être en colère contre moi cette fois ? »
« Je crois que Ginny a mal dormi la nuit dernière » dit-il fermement. Harry ne rougissait pas, en fait, il avait l'air irrité. Ginny pensa avec un tiraillement qu'elle avait dû être aussi dérangeante qu'une couverture râpeuse ou qu'un chien hurlant toute la nuit. Plus une nuisance qu'une source d'embarras.
« Je suis désolée. » Tante Martha avait toujours l'air amusé, mais son ton était plus conciliant. « Je vais demander à Lotty de nettoyer la chambre du grenier pour toi. » Elle lança un coup d'œil à Harry. « Je pense qu'il vaut mieux qu'il prenne le lit. Tu es assez petite pour tenir dans le lit de camp là haut. »
Ginny approuva d'un signe de tête, sachant ce qui allait suivre.
« Ginny a peut-être la couleur de cheveux des Weasleys mais elle tient sa taille du côté de sa mère. » Tante Martha secoua la tête et se leva de table. « Les femmes Weasley ont toujours été grandes. »
Ginny gardait le regard fixé sur son assiette. Elle entendait ça depuis des années mais elle ne savait toujours pas comment répondre à un tel commentaire.
« Essayez de bien vous amuser aujourd'hui » dit Tante Martha avec une lueur d'amusement dans le regard. « Mais c'est mauvais signe si vous n'arrivez pas à vous entendre au lit. »
Avec un dernier caquètement, elle transplana.
Son visage rouge après cette dernière remarqua, Ginny retourna avidement à ses œufs. Elle ne voulait pas regarder Harry.
Il ne dit rien non plus, et l'insinuation de Tante Martha semblait planer entre eux. Maintenant Ginny se rappelait pourquoi elle n'avait jamais aimé venir ici. Tante Martha avait déjà fait des commentaires sur son aspect, bientôt elle ferait des projets matrimoniaux.
Une horloge sonna dans la pièce d'à côté. Puis une voix inquiète s'éleva. « Si la pluie ne s'arrête pas, nous ne pourrons pas couper la haie. »
Harry leva les yeux, alarmé. « Il y a quelqu'un d'autre ici ? »
Contente de changer de sujet, Ginny leva les yeux au ciel et répondit. « C'est l'Horloge Anxieuse de Tante Martha. Toutes les heures, elle a de nouvelles inquiétudes. »
Harry haussa les sourcils « C'est plaisant. »
« Tante Martha la trouve drôle. Elle dit qu'elle préfère que ce soit l'horloge qui s'inquiète. »
Il sourit. « Tu sais, je n'arrive pas à m'imaginer ta mère et Tante Martha bien s'entendre. »
« Toutes nos visites sont de véritables cauchemars. Papa n'a plus beaucoup de famille et il adorait venir ici petit garçon. Tante Martha est plutôt indulgente envers les garçons, tu sais. Mais elle taquine Maman et Maman ne sait jamais comment réagir. Maman est toujours très polie, mais dès qu'on est rentré à la maison… »
Harry éclata de rire. « J'imagine bien ce que Tante Martha peut dire à Ron. »
« Elle est contente qu'il soit grand, mais elle pense qu'il devrait avoir plus confiance en lui. » Ginny imita la voix tremblante de Tante Martha. « Une femme recherche un peu d'arrogance chez un homme, qui voudrait de ces faibles et sensibles garçons ? »
« Pauvre Ron. »
« Pauvre Ron, et pourquoi pas pauvre de moi ? Je suis la première fille Weasley depuis des générations. Je devrais déjà être fiancée à un prince au moins. »
« Fiancée ? Tu n'as que quinze ans. »
« Presque. Et je suis bizarre, et petite… »
« Ne t'inquiète pas, j'ai une Tante Marge » commença-t-il.
« Oh, c'est celle que tu as fais gonfler ? »
« Oui. »
Ginny ne put s'empêcher de rire en voyant son air penaud. « Et elle pensait que tu devais ressembler à ton cousin. »
Il semblait surpris qu'elle ait deviné. « Oui, mais elle disait aussi beaucoup de choses terribles à propos de ma mère et de mon père. »
Elle le regarda d'un air compatissant. Quelque fois, il n'y avait aucune parade contre les adultes qui voulaient vous mettre une étiquette. Elle s'était battue contre cela toute sa vie…
Lotty commença à débarrasser la table. « Je suppose que nous devrions commencer à écrire nos lettres » dit Harry. « Hedwige pourra prendre les tiennes aussi. »
Ginny écrivit à ses parents leur racontant comment ils s'étaient échappés du Terrier, elle écrivait comme s'il s'agissait d'une aventure qui serait arrivée à une fille nommée Ginny. D'une certaine manière, cela l'aida à prendre du recul.
Harry écrivait rapidement et sa plume faisait beaucoup de bruit alors qu'elle grattait plusieurs feuilles de parchemin. Il semblait écrire plusieurs lettres. Ginny se demandait ce qu'il manigançait, mais elle ne pensait pas qu'elle pouvait demander. Elle pouvait voir une lettre pour Hermione, une pour le Professeur Lupin et il devait y en avoir une autre pour Ron…
Il leva les yeux et la surprit en train d'observer sa pile de lettres. « On aura plus de chance d'obtenir des réponses sur Malefoy et Voldemort si je demande à un maximum de personnes. » Il ajouta sombrement : « Ils ont intérêt à me répondre, je ne te laisserai pas traverser ce que j'ai vécu cette année. »
La douleur et la colère dans sa voix étaient d'une intensité extrême et Ginny savait qu'il ne valait mieux pas tenter de le calmer. « Tu connais beaucoup de personnes à qui demander » observa-t-elle d'un ton neutre.
Il semblait surpris par sa remarque. « Oui, je suppose. » Il regarda l'unique lettre de Ginny. « C'est tout ? »
Elle se sentait un peu bête de n'avoir qu'une lettre. Mais elle n'avait pas envie de raconter à ses amis les derniers événements, du moins pas avant que tout ceci ne soit terminé et Maman montrerait sa lettre à toute la famille. « Je n'avais pas envie d'écrire plus. »
Quand Hedwige s'envola, il ne leur restait plus rien à faire à part explorer la petite maison. La seule pièce qu'Harry n'avait pas vue était le salon. Il occupait toute la longueur de la maison et était très lumineux et aéré, les nombreuses fenêtres donnant sur le parc de la maison principale. Pourtant Ginny n'avait jamais réussi à profiter de la vue en partie à cause de l'Horloge Anxieuse mais aussi à cause des figurines.
Tante Martha collectionnait les figurines, de bergères, de ballerines et de jeunes femmes en robes de bal. Il y avait même un mur recouvert de tasses en forme de tête. Ces tasses formaient une compagnie bien bruyante et semblaient constamment sortir du pub. Comme Tante Martha ne recevait pas beaucoup de visiteurs, elles écoutaient avidement toutes les conversations et en discutaient entre elles jusqu'au prochain Événement.
« C'est la nièce ! » s'exclama une tasse en forme de moine.
« Une année s'est déjà écoulée ? » demanda une demoiselle en porcelaine portant une robe violette. Elle agita son éventail. « Elle ne vient qu'une fois par an. »
« Martha nous prévient d'habitude lorsqu'il y a des visiteurs » râla depuis son étagère une tasse en forme de juge à perruque.
« Hum, nous ne faisons que faire un tour » leur répondit Ginny. « Je suis sûre que Tante Martha vous expliquera tout dès qu'elle sera de retour. »
« Voilà donc ton fiancé ? » demanda la figurine d'une dame vendant des ballons.
« Non. » Ginny essayait de garder une voix neutre, mais entendre Harry rire doucement ne l'aidait pas.
« Je ne sais pas pourquoi elle n'est pas encore fiancée » dit d'un air songeur l'une des tasses. « Avec ces si jolies chevilles… »
C'en était trop pour Ginny. Elle se dirigea vers la porte, entraînant Harry par le bras. « C'est le salon de Tante Martha, et comme tu peux le constater, c'est un cauchemar. »
Harry riait gaiement. « Ce n'est pas la peine de se demander pourquoi tu n'aimes pas rendre visite à Tante Martha. »
« Toi, ne commence pas ! »
Il s'arrêta de rire immédiatement, Ginny se dit qu'elle avait été un peu dure avec lui. « On dirait qu'il a arrêté de pleuvoir » dit-elle d'un ton plus calme. « Peut-être qu'on pourrait aller faire un tour dehors. »
Lotty les arrêta juste avant qu'ils ne sortent et tendit à Harry un panier. Il se tourna vers Ginny impressionné. « Elle nous a préparé un pique-nique. »
Ginny ne trouvait pas l'idée de pique-niquer dans une forêt détrempée très excitante, mais au moins ils seraient dehors. Elle espérait que l'air frais la requinquerait. Elle était toujours fatiguée après la nuit éprouvante qu'ils avaient passée.
Alors qu'ils traversaient le jardin potager, Ginny crut entendre une voix aigue dire « Ce chat est un Animagus ! »
Elle s'arrêta et observa les choux qui dégoulinaient de pluie. « Ce chat est un Animagus ! » entendit-elle à nouveau.
« Par ici » dit Harry. Là, entre deux rangées de carottes, se trouvait un Chartier. La créature, qui ressemblait à un furet les observait d'un œil mauvais comme s'il les défiait de ne le contredire.
« Est-ce qu'il y a quelque chose ici qui ne parle pas ? » demanda Ginny, encore froissée par les figurines.
« L'elfe ne parle pas » fit remarquer Harry.
« C'est parce qu'elle ne peut pas en placer une » marmonna-t-elle.
Les Bois Hathaway étaient une vaste forêt enchantée qui s'étendait sur des kilomètres. Mais en ce jour maussade, elle semblait sombre et repoussante. « Il y a quelque chose là dedans qui pourrait nous inquiéter ? » demanda Harry.
« Je ne pense pas, non. Mais Maman nous forçait toujours à rester à l'intérieur et à discuter avec Tante Martha, donc je ne suis jamais entrée dans ces bois. » Elle lui jeta un coup d'œil inquiet. « Elle nous l'aurait dit s'il y avait quelque chose de dangereux, non ? »
« Ou le Chartier l'aurait fait. »
Les bois étaient sombres et l'odeur de la terre mouillée et des jeunes pousses prenante. Dans d'autres circonstances, Ginny aurait apprécié la balade, mais aujourd'hui l'air était lourd d'humidité, ce qui faisait friser ses cheveux. Elle ne voulait pas rester dehors par un temps pareil, mais elle n'avait nulle part où aller sauf s'il elle voulait subir le regard scrutateur de Tante Martha ou d'une pièce pleine de figurines. La chambre d'amis aurait pu être un sanctuaire mais Tante Martha l'avait donnée à Harry et elle devait attendre que la chambre dans le grenier soit prête…
Elle soupira. Le silence commençait à être pesant. Elle se sentait prise au piège, piégée dans le Domaine Hathaway, prise au piège de son statut de septième enfant et unique fille Weasley, piégée par sa propre nature. C'était pour cela qu'elle était pourchassée par les Mangemorts.
Elle lança un regard noir à Harry, transférant sur lui son énervement. De toutes les personnes avec qui être prise au piège, non, corrigea-t-elle, de toutes les personnes avec qui être prise au piège en étant de mauvaise humeur, il était la pire. Ses problèmes étaient dix fois plus importants que les siens. Il ne pourrait pas comprendre.
Ils continuèrent leur chemin, se frayant un passage à travers les arbres. Aucun chemin n'était distinct et Harry sortit sa baguette pour l'utiliser comme boussole. Il ne semblait n'y avoir rien d'intéressant. De temps à autre, une goutte d'eau venait s'écraser sur la tête de Ginny ou coulait le long de son coup, mais ils ne virent aucun animal et n'entendirent aucun bruit.
« Eh bien » dit Harry. « Je crois que nous avons trouvé le dernier endroit paisible de la planète. Hagrid détesterait cette forêt ! »
Ginny s'arrêta et regarda autours d'elle. Ils se trouvaient dans une clairière où tout était verdâtre, jusqu'à la lumière. Elle repoussa les cheveux de son visage, à son plus grand énervement ils tenaient pratiquement debout à cause de l'humidité. Elle soupira d'exaspération.
« Est-ce que tu as faim ? On pourrait manger notre pique-nique » dit Harry, la regardant avec méfiance. « Peut-être que des fourmis pourraient se joindre à nous et animer les choses. »
Ginny eut la politesse de se sentir honteuse. Ce n'était pas de la faute de Harry si la promenade n'avait pas comblé leurs espérances. Elle se promit d'essayer d'être plus sociable.
Il déposa le panier sur un arbre tombé non loin de là. « Nous avons de tout, sauf à boire » dit-il après avoir fouillé le panier.
« Je peux trouver de l'eau » dit-elle, contente de pouvoir contribuer à quelque chose. Elle posa sa baguette en équilibre dans la paume de sa main. Au moment où elle la lâcha, la baguette se tourna, comme l'aiguille d'une boussole, et désigna un énorme chêne. Ginny s'approcha de l'arbre, s'arrêta et attendit que sa baguette bouge à nouveau.
« Quel sort utilises-tu ? » demanda Harry.
« Ce n'est pas un sort, tu dois avoir le don et la bonne baguette pour te diriger. Même certains Moldus peuvent le faire, ils appellent ces personnes des sourciers » dit-elle en haussant les épaules.
« Ta baguette est faite avec quel bois ? » demanda-t-il en la suivant.
Ginny détestait sa baguette, ou du moins, elle détestait combien elle était particulière. Elle soupira et lui répondit. « En rue[i »
« En rue, je croyais que c'était une herbe. On utilise ses feuilles en potions tout le temps. »
« C'est un buisson » répondit-elle brièvement.
« Oh » dit-il, un peu interloqué. « La rue est une plante très puissante en tout cas. »
« Oui, oui » coupa Ginny, espérant qu'il ne poserait pas d'autres questions.
« Ta baguette a l'air d'être très ancienne » observa-t-il. « Elle appartenait à quelqu'un de ta famille ? »
Elle sourit et continua à marcher. « Tu crois que la dernière fille Weasley l'avait en sa possession avant moi ? Non, Tante Martha ne m'a pas légué sa baguette. Maman et moi l'avons acheté chez Mr Ollivander pour ma première année. »
Il s'arrêta. « Le jour où tu t'es interposée entre Lucius Malfoy et moi. »
« Oh, Harry, c'était il y a longtemps. Je ne pense pas que Lucius Malfoy a fabriqué un Portoloin pour se venger de mon insolence. »
« Non, il s'est déjà vengé sur toute ta famille pour ça, pas vrai ? »
« Bon » sa baguette tremblait. Elle leva les yeux et vit une brillante lueur bleue au milieu d'un cercle d'arbres blancs. « Ca doit être là. »
« Quoi ? »
« Tu ne vois pas ? » dit-elle en montrant la lueur bleutée.
« Non. »
Ginny ne voyait pas d'eau, mais elle savait qu'il y en avait. Au milieu des arbres, une masse de fougère recouvrait un minuscule monticule qui avait dû être un puits à une autre époque. Il ne s'était sûrement pas asséché. Elle s'accroupit et écarta les feuilles, le sol était encore trempé.
Harry se tenait parfaitement immobile, il ne disait rien. Elle continuait à chercher entre les racines, ne sachant pas vraiment ce qu'elle cherchait. Enfin, elle découvrit une pierre. Elle donna un coup de baguette. Rien. Elle donna trois coups rapides.
Un grondement se fit entendre.
Elle se leva d'un bond et rejoint Harry près des arbres. Elle regarda un anneau de pierre écarter les fougères et se soulever du sol. Un jet d'eau sortit d'un seul coup, s'élevant au-dessus des arbres.
« Oh, oh » dit-elle. Et si elle inondait les bois et toute la propriété ?
Harry était bouche-bée devant la fontaine, il lui sourit « Assoiffée ? »
« Qu'est-ce que je vais faire ? » demanda-t-elle, toujours inquiète. L'eau ne sortait pas du cercle de pierre, c'était déjà ça.
« Éteint-la »
« Comment ? »
« Je ne sais pas. Tape sur la pierre encore une fois. »
« Je ne sais pas laquelle est la bonne. » Elle regarda le geyser. « Et puis, je vais être trempée. »
« Agite ta baguette et regarde ce qu'il se passe. On pourra toujours jeter un Sort Sécheur ou un truc dans le genre. »
Ginny prit sa baguette et observa la colonne d'eau sur toute sa hauteur, puis elle traça une ligne depuis le haut jusqu'au bas, comme si elle baissait la flamme d'une lanterne. Aussitôt, l'eau descendit et ne format plus qu'un petit gargouillement.
Ils s'approchèrent du cercle de pierres et virent qu'il s'agissait bien d'un puits très profond. Sur le côté du puits, pendait une corne accrochée par une lanière de cuir.
« Tu penses qu'on peut l'utiliser pour boire » demanda Ginny en rinçant la corne dans l'eau avant de prendre une gorgée. L'eau était fraîche et sucrée. Se sentant mieux, elle tendit la corne à Harry.
« C'est une corne de licorne » dit-elle. « Elle purifie l'eau de tous poisons. »
« C'est vrai » dit-il, la regardant avec surprise. « J'avais oublié ça. Potions n'est pas mon point fort. » Il soupira et regarda au loin. Ginny pouvait dire qu'il boudait, probablement à cause de Rogue.
« A ton avis, qu'est-ce qu'on devrait faire ? » demanda-t-elle.
« A propos de quoi ? »
« Ce puits. » Elle se sentait stupide. « Est-ce qu'on doit le fermer ou le laisser comme ça ? »
Il sourit et secoua la tête. « Tu peux le fermer ? »
Elle haussa les épaules.
Il regarda le cercle de bouleaux entourant le puits. « Je crois que nous avons trouvé les blanches femmes du mot de passe, et ça, c'est le puits. Je ne crois pas que tu aies fait quelque chose de dangereux, c'est l'un des secrets d'un lieu magique, comme les passages secrets de Poudlard. Il va surement replonger dans le sol jusqu'à ce que quelqu'un d'autre le découvre. »
C'était tellement sensé que cela rassura Ginny. « D'accord. »
Harry marcha autours du puits, l'observant attentivement. Les pierres étaient polies, travaillées par l'eau. « C'est une bonne chose que le Ministère ait levé l'interdiction de magie pour les jeunes sorciers. Même dans un endroit comme celui là, je crois qu'ils l'auraient remarqué. »
Elle rit. « J'ai découvert une source un jour au Terrier, mais elle se contrôlait toute seule. » Elle se sentait de nouveau joyeuse, peut-être parce qu'elle avait réussi à faire quelque chose de bien pour une fois ou peut-être parce que les troncs blancs et les feuilles vertes éclairaient cette forêt si sombre. « On pourrait pique-niquer ici » suggéra-t-elle. « Une fois qu'on aura récupéré notre panier. »
Il approuva d'un signe de tête. « Heureusement que rien ne l'a mangé pendant qu'on n'était pas là. »
« Ha… » se moqua Ginny alors qu'ils faisaient le chemin inverse. « Il n'y a rien dans ces bois qui pourrait vouloir nos sandwiches. »
Mais elle se trompait. Une vache rouge avec des oreilles blanches avait la tête plongée à l'intérieur de leur panier et se délectait avec enthousiasme de leur déjeuner.
« Hé ! » cria Harry. « C'est à nous ! »
La vache sursauta et se recula, observant Harry de ses grands yeux marrons. Lorsque son regard croisa celui de Ginny, la créature se mit à trembler. Elle se retourna soudainement et sortit à toute vitesse de la clairière.
« Harry, est-ce que cette vache avait l'air surpris de me voir ? »
Il haussa les sourcils. « Je crois, oui. » Il l'observa une minute. « Suivons-la »
« La suivre ? »
« Cette vache est bizarre, et il n'y a plus rien à manger de toutes façons » dit-il en lui montrant le panier vide.
« D'accord, la chasse à la vache sauvage est ouverte » dit-elle en riant. Ils avaient enfin un objectif.
La vache était facile à suivre, sa robe rouge se détachant des arbres et des fourrés. Même lorsqu'ils la perdaient de vue, ils l'entendaient écraser les plus petits buissons. Ils réussirent à rester derrière elle jusqu'à l'orée de la forêt, une fois dans les vastes pâturages, la vache accéléra le pas.
« Héra ! Stupide animal… » Un sorcier sale et brûlé par le soleil sauta par-dessus le mur de pierres qui séparait les bois des prés. Il jeta un sort à la vache et continua ses remontrances « Ca fait deux fois aujourd'hui que tu t'enfuies ! Je n'ai pas que ça à faire ! Je ne sais pas pourquoi Lady Martha veut te garder… » Il dirigea la vache à l'aide de nombreux sorts. « Tellement vieille… Bonne à rien à part pour les ingrédients de potions. »
Heureusement, le fermier était tellement occupé à diriger la vache qu'il ne remarqua ni Ginny, ni Harry cachés derrières les arbres.
« Vache amère » dit Ginny. « Voilà le dénouement de notre intrigue. »
Harry haussa les épaules. « Au moins, on est sortit des bois. Tu crois qu'on devrait rentrer ? »
« Oui » dit-elle, reconnaissante. Elle mourrait de faim. « Le panier ! »
« Je ne retourne pas le chercher. »
« Essaie un sort d'attraction. »
« D'aussi loin ? »
« Je t'aiderai » répondit Ginny avec impatience. Elle avait vraiment faim.
« Accio ! » s'exclamèrent-ils ensemble en direction du bois avant d'attendre en silence. Harry regardait si leur sort avait fonctionné, mais Ginny admirait le paysage. Au loin, elle pouvait voir une rivière, un long ruban gris coupant les prés verts. Un petit pont de pierre la traversait mais il n'y avait pas de route. Ginny se demandait pourquoi il y avait un pont à cet endroit précis, elle s'avança pour avoir une meilleure vue. Le pont se terminait au pied d'une colline pentue. « Harry, tu vois ça ? » dit-elle en pointant le sommet de la colline.
« Un cercle de pierre » dit-il. « Je suis sûr qu'on peut voir à des kilomètres à la ronde de là haut. »
Le panier sortit en sifflant des bois. Harry l'attrapa. « Il ne s'est pas rempli en chemin ? » demanda-t-elle pleine d'espoir.
« J'aimerai connaître ce sort » dit-il.
Ils marchèrent le long du muret, regardant toujours dans les champs pour être sûrs de ne pas être vus. L'estomac de Ginny gargouilla.
« Qu'est-ce qu'il y a à l'intérieur de ta baguette ? » demanda Harry spontanément. Ginny se doutait qu'il pensait encore à ce qui s'était passé autours du puits.
Ginny continua à marcher, se demandant ce qu'il ferait si elle l'ignorait.
« Ginny ? »
Elle soupira, elle savait qu'elle n'arriverait pas à le snober. « Tu me promets de ne pas rigoler ? »
« Je ne rigolerai pas. Qu'est-ce qui pourrait bien être drôle ? »
« Eh bien… ma baguette est inhabituelle. »
« La mienne aussi. »
C'était vrai, Ginny réalisa. Harry était coincé avec une baguette jumelle à celle de Voldemort. « Ok, on ne rigole pas. C'est une plume. »
« D'accord. De quel oiseau ? »
« Un Vivet Doré »
Il éclata de rire.
Elle lui donna un coup sur le bras. « Tu as promis de ne pas rire. »
« Je suis désolé, ce n'est pas drôle, c'est juste… »
« Inhabituel. » Ginny soupira.
Il fronça les sourcils. « Je croyais que les Vivets Dorés étaient une espèce protégée. Comment Mr Ollivander a-t-il pu faire une baguette avec une de leurs plumes ? »
« Il ne l'a pas faite » répondit Ginny. « C'est son père qui l'a fabriquée. C'est une très vieille baguette. »
« Qui attendait juste la bonne personne » murmura Harry.
« Oui, la plus vieille baguette du magasin m'a choisie » dit sombrement Ginny. « Maman était tellement inquiète, elle pensait que Mr Ollivander allait nous faire payer plus cher. Mais ce n'était pas le cas. » Elle se rappelait comment le vieux sorcier l'avait observée, comme si elle était un animal de foire.
« Une plume de Vivet Doré ne doit pas être plus longue qu'un cil » remarqua Harry. Il lui jeta un coup d'œil. « Ca te va bien. »
Ginny fut blessée par ses mots. « Oh vraiment ? » demanda-t-elle froidement.
« Hey » dit-il inquiet. « Ca n'était pas une insulte. »
Elle s'arrêta et le regarda. « Qu'est-ce que tu voulais dire alors ? »Toute sa colère remontait à la surface. Elle en avait marre qu'on se moque de sa taille.
« Que la taille ne détermine pas la force. » Puis il ajouta rapidement « Fred a dit ça aussi. »
« Ah bon ? »
« Oui, Fred et George étaient très impressionnés par tes prouesses au Quidditch et par ton Sortilège Chauve-Furie. »
Elle sentit une douce chaleur l'envahir. Ses frères étaient fiers d'elle. « Oh. »
Harry semblait penser que c'était une réponse adéquate. Il reprit le panier et continua à marcher. Ginny le suivit, se demandant ce que la journée allait encore lui réserver.
Désolée de vous avoir fait attendre si longtemps, mais je dois avouer qu'entre les exams de fin d'années, la recherche de job d'été, la sortie du tome 7… Je n'ai pas eu beaucoup de tps !
En tout cas, merci d'avoir lu ce chapitre (il prend une tout autre signification après le tome 7 !) Une dernière chose, pour ceux qui ont lu le tome 7, ne mettez aucun spoilers dans les reviews, ça gâcherait le suspense pour les autres !
Le prochain chapitre s'appelle « La deuxième nuit », même si le titre ne révèle pas grand-chose, on découvre un peu mieux les personnages et les relations qui se construisent entre eux.
N'hésitez pas à me laisser un p'tit mot :o)
A bientôt !
[i http://fr. pour ceux qui voudrait en savoir plus sur la Rue.
