Chapitre 1
Il est des douleurs qui ne pleurent qu'à l'intérieur. Jean-Jacques Goldman
Quelques
jours plus tard, Mac n'avait toujours pas revu Claire. Pourtant, il
ne perdait pas espoir : elle n'avait pas pu l'abandonner comme
ça, elle allait revenir.
Tous les autres savaient que c'était
fini, mais Mac ne pouvait voir la vérité en face. Stella s'était
épuisée à la tâche, et elle avait transmis le flambeau à Don : à
lui de faire prendre conscience à Mac et à lui de l'aider à s'en
sortir.
- Mac, vous devriez rentrer chez vous pour dormir.
Une fois de plus, Don avait surpris Mac dans son bureau, les yeux rivés vers l'extérieur.
- Je dois rester
ici Don. Claire peut revenir à tout moment.
- Elle ne reviendra
pas Mac.
- Bien sûr que si. Vous ne la connaissez pas, alors que
moi si.
- Si vous la connaissiez si bien, pourquoi n'est-elle
pas déjà revenue ?
Don ne l'avait pas voulu, mais le ton était monté peu ç peu. Au moins, ça permettrait peut-être de débloquer la situation.
- Si elle n'est pas encore là, c'est parce qu'elle aide sur le site. Elle a un grand cœur vous savez, je suis sûre qu'elle a voulu se rendre utile.
Tout en parlant, Mac avait pris un cadre sur son bureau, cadre qu'il donna à Don. Claire était magnifique, Don pouvait au moins lui reconnaître ça. Mais il ne devait pas se laisser attendrir. Il fallait que Mac ouvre les yeux, il devrait faire son deuil.
-
Mac ouvrez les yeux nom de Dieu. Je suis allé là-bas, j'ai vu
tous les bénévoles, Claire n'y est pas.
- Vous avez quoi ?
-
Peu importe ce que j'ai fais Mac. Claire est morte. Admettez le.
Vous devez faire le deuil. Je sais que ça sera dur, mais je suis là,
nous sommes là.
- Elle ne peut pas être morte. Comment osez-vous
dire ça ?
- Je le dis parce que c'est la vérité. Arrêtez de
vous voiler la face. Merde. Vous ne voyez pas que tous vos amis sont
là ? On ne vous laissera pas tomber, mais encore faut-il que vous
ayez envie d'avancer.
- Pourquoi aurais-je besoin de ces amis ?
Hein, pourquoi Don ? Elle n'est pas morte. Claire. N'est. Pas.
Morte.
- Très bien, pensez ce que voulez. Mais ne vous étonnez
pas quand vous aurez ouvert les yeux et que vous serez seul.
Don sortit du bureau de Mac en claquant la porte, le laissant seul avec ses pensées.
- - -
Tourner
en rond. Il avait l'impression de ne faire que ça depuis quelques
jours. Dans son appartement, au poste, au labo. Il tournait en rond
comme un lion en cage. Il se faisait du souci pour Mac.
Don était
comme ça : toujours à s'inquiéter pour ses amis, parfois même
avant que pour sa propre vie.
Il avait peut-être été trop loin
avec Mac. Il avait besoin de soutien en ce moment, de réconfort.
Surtout pas de se faire engueuler.
En même temps, s'il n'était
pas aussi borné …
- Qui ne le serait pas dans cette situation ? Ça doit pas être très facile de se dire qu'on a perdu la femme de sa vie …. Je deviens cinglé moi maintenant, je parle tout seul.
Même s'il le porte allègrement dans son cœur, peut-être même plus qu'il ne croyait, Don ne peux pas tout excuser. Il comprend que Mac veuille encore y crois, mais de là à rejeter tous les amis qui veulent l'aider … Faut pas pousser non plus !! Vouloir garder espoir, OK. Se voiler la face pour cela, NON. Il fallait qu'il parle à Mac !
- Don, tu fais quoi là ?
-
Ah Danny, tu m'as fais peur. J't'avais pas vu arriver.
- Tu
me racontes ou je dois deviner tout seul comme un grand ?
- Ok je dois deviner. C'est pour Mac, c'est ça ?
- Oui.
Je sais pas comment l'aider.
- Tu t'inquiètes beaucoup pour
lui, peut-être même plus que les autres.
- Ça veut dire quoi ça
?
- Rien, rien du tout. T'énerves pas.
- Je m'énerve pas.
Je cherche juste un moyen de lui faire ouvrir les yeux.
- Emmène
le sur le site.
- Quoi ?
- Emmène le près des décombres. Il
verra les bénévoles et il pourra plus dire que Claire en fait
partir.
- T'es malade. T'imagines le chose s'il voit les
décombres de près ?
- Très bien. Alors fais comme tu veux, mais
viens pas demander de conseil.
Et merde, il avait encore fait
une connerie sur ce coup là. Et Danny ne lui avait pas laissé le
temps de répondre, il était déjà parti.
Finalement, l'idée
était pas si mal, Mac comprendrait enfin.
- … Allo
-
Dan', c'est Don. Ecoute excuse-moi, j'ai les nerfs à vif en ce
moment. J'aurai pas dû te parler comme ça.
- T'inquiètes je
sais. Mais fais gaffe, certains le prendront pas aussi bien.
-
Promis … Et merci pour l'idée.
- C'est normal … A toi de
la mettre en place !
Danny avait raison. Désormais c'était opération Ground Zero …
TBC ...
