Sensuel

Petit mot de l'auteur

Merci à tous ceux qui ont mis des reviews c'était très encourageant. Je dois dire bravo à Lilou tu as bien deviné (j'espère quand même qu'il reste un peu de suspense !). Sinon pour toutes les autres questions ou remarques comme la période exacte de l'année, le pourquoi du comportement de rogue et les futures réactions d'Harry et ses amis, je ne peux que vous demander d'attendre car chaque chose arrivera en son temps. Mais n'hésitez pas à souligner les passages qui ne sont pas assez précis.

Pour ceux qui voulaient savoir, j'essayerais de poster au moins un chapitre toute les semaines mais bien entendu, comme tout le monde je pense, je vais partir en vacances et je ne pense pas pouvoir mettre en ligne quoique ce soit pendant cette période.

Bonne lecture !


Chapitre 2 : Le tatouage

Le dîner se passa distraitement pour Harry qui ne faisait que picorer dans son assiette sans vraiment la regarder. Les conversations qui l'entouraient ne l'intéressaient pas vraiment. A bien y réfléchir, ces derniers temps plus rien ne l'intéressait vraiment. Il lui était même arrivé de rester des heures à fixer un chaudron sans rien faire. La seule chose à laquelle son esprit voulait bien pensé était la meilleure manière de faire cessé pour de bon cette douleur et cette fatigue qui l'accablaient de plus en plus.

Harry ne semblait même plus se rendre compte qu'il songeait souvent au suicide sans trouver cette idée plus mauvaise qu'une autre. Il songeait juste à le faire sans douleur. Pas la peine d'aggraver son cas.

Tout à ses étranges réflexions, il ne remarqua pas les regards inquiets de ses camarades. Il n'y avait pas que Ron et Hermione qui s'était rendus compte de l'état complètement passif d'Harry. Même Draco avait froncé des sourcils fasse à l'absence de réaction de Potter suite à ses pires insultes, lui qui était pourtant habituellement si prompte à sortir des ses gongs. Le jeune Serpentar, définitivement émancipé durant l'été avec sa mère de la tyrannie de son père, avait quelque peu changé. Pas au point de devenir ami avec Potter mais il pouvait tout de même s'inquiéter de son état apathique.

A vrai dire il y avait une seule chose qui avait réussit à troubler Harry. Ce matin, alors qu'il frottait méthodiquement chaque parcelle de son corps, la marque qu'il pensait être un hématome persistant sur son poignet droit s'était avérée être un fin tatouage représentant un serpent noir racé, entourant possessivement le dit poignet. Il était resté un moment en admiration face à ce magnifique travail d'orfèvre sortit de nulle part puis comme pour tout le reste désormais, il ne s'y était plus intéressé que vaguement. Juste assez pour avoir la présence d'esprit de le cacher en rallongeant quelque peu ses manches.

HPHPHPHP

- Professeur ! Nous devons vous parler de quelque chose, appela Hermione à la sortie de la grande salle.

- Bien sûr Miss Granger. Veuillez me suivre dans mon bureau, répondit Dumbeldore souriant derrière ses lunettes en demi lune.

Une fois dans le bureau, les deux amis purent faire part de leur inquiétude face à l'attitude d'Harry. Le directeur comprit alors que les petits signes qu'il avait également remarqué, cachaient en fait une vérité beaucoup plus inquiétante. Il les pria, sans montrer aucun signe d'angoisse pour ne pas les alarmer, de demander à Harry de bien vouloir le rejoindre, tout en leur indiquant le mot de passe.

Alors que les deux jeunes gens venaient de quitter le bureau, quelqu'un frappa à la porte.

- Entrez, Severus. Je vous attendais, sourit Albus.

Le maître des potions entra, non sans qu'une pointe d'agacement ne vienne assombrir son visage.

- Prenez place, je vous en pris. Un peu de thé peut être ? Un bonbon au citron alors ? Proposa le directeur tout en voyant le professeur refuser.

- Non merci, Albus. Connaissez-vous la raison de ma visite ? Demanda Snape en prenant place, regrettant déjà sa démarche.

- J'espérais que vous ne veniez que pour la joie d'être en ma compagnie, répondit-il d'un air faussement déçut.

- C'est à propos de Potter… lâcha Severus.

- Ah ! Oui ! Il exerce sur vous depuis la rentrée une étrange et à la fois fascinante attraction, n'est-ce pas ? Enonça Albus, une lueur d'amusement dans les yeux.

- Je ne l'aurais pas qualifié de cette manière mais en effet c'est cela. Et je crains de ne pouvoir me retenir plus longtemps, dit-il d'une voix glaciale, énervé par l'amusement du vieillard.

- Allons, allons, Severus. Peut être devriez-vous céder ? Albus semblait beaucoup s'amusé.

- C'est hors de quest…

Quelqu'un frappa à la porte. Le directeur, tout en jetant un discret coup d'œil à son invité, laissa entrer le nouveau venu.

- Entre Harry !

Il put apercevoir du coin de l'œil la soudaine crispation du maître des potions. Harry quant à lui, entra sans plus de cérémonie, ne semblant même pas remarquer la présence de son professeur si détesté. Il alla s'asseoir calmement dans le second siège, attrapant la tasse de thé qui lui était tendue. Mais alors qu'il étirait son bras pour attraper celle-ci, la peau de son poignet droit fut mise à nue, révélant l'étrange tatouage qui l'ornait.

A la vue du tatouage, les dernières résistances du professeur Snape s'effondrèrent et il ne put s'empêcher de le toucher. Ce fut comme si un courant magique passait entre eux. Harry lâcha la tasse et se releva, tandis que Severus le tirait à lui.

Plus rien ne comptait pour les deux hommes. Leur environnement avait disparu ne laissant que l'existence de l'autre. Harry, tiré par le poignet, atterrit directement sur les genoux de Snape. Celui-ci, comme en transe, guida le poignet tatoué jusqu'à sa bouche où l'on pouvait voir que d'impressionnants crocs de serpent apparaissaient. Dans un mouvement loin d'être brutale mais presque sensuel, l'homme mordit doucement la chair tendre du poignet, déversant dans les veines leur poison. Un peu de sang de sa victime mélangé au venin coula dans sa gorge, qu'il avala rapidement.

Tout en relâchant le poignet mais en gardant l'adolescent serré contre lui, Severus put savouré le début des effets du venin sur son organisme. C'était très agréable comme sensation. Jetant un regard au précieux paquet qu'il serrait contre lui, il put s'apercevoir que celui-ci semblait être en proies aux mêmes sensations. C'est alors que son esprit enregistra enfin qu'il maintenait contre lui le fils gâté et prétentieux de son pire ennemi.

Rejetant brutalement Potter, le maître des potions se tourna vers Albus qui semblait observer tranquillement la scène tout en sirotant son thé.

- Qu'avez-vous fait Albus ! S'écria t-il furieux d'être une fois de plus la victime des plans farfelus de son employeur.

-Mais rien Severus. Si vous voulez parler de la morsure, vous n'avez agis que par instinct, répondit celui-ci, calmement.

-Par instinct ! Mais quel instinct ? S'exclama le brun tout en voyant que Potter ne s'était toujours pas relevé de sa position à terre, le regard étrangement vide.

- Votre instinct Severus, celui de votre race. Auriez-vous oublié que vous appartenez à la race oubliée des Sen-su-Ell, les serpents mythiques.

- Ma race ? Demanda incrédule le professeur.

- Oh ! Severus je pensais que vous étiez au courant. Peut être que votre mère n'a pas eut le temps de vous prévenir ?

- Vous voulez parler des serpents magiques qui selon la légende pouvaient prendre forme humaine ? Ce n'est qu'un conte…

- Votre mère ne pouvait peut être pas vous en parler vraiment, à cause de votre père… commença, hésitant, le directeur. Mais je suis sûr que d'une manière ou d'une autre elle a dut vous faire parvenir les traditions et les secrets de votre race. Peut être en héritage…

- Mais c'est impossible ! Ce n'est qu'une légende tombée dans l'oubli ! S'exclama Snape en se levant, s'apprêtant à sortir.

Dumbeldore n'ajouta rien, sachant qu'il ne pourrait convaincre le professeur de cette façon. Même si ses connaissances étaient insuffisantes à propos des Sen-su-Ell, il savait que la confirmation n'allait pas tarder.

En effet, à peine quelques minutes après son départ, le professeur Snape du revenir très rapidement sur ses pas, haletant. Son corps le faisait atrocement souffrir et toute son âme n'aspirait qu'à revenir dans le bureau quitté un peu plus tôt. Une fois la porte franchit, la douleur fut moins forte, mais elle ne s'apaisa qu'une fois sa main en contact avec le corps de Harry toujours prostré à terre.

Snape, maintenant inquiet de l'état inhabituel du survivant, le redressa. Ses orbes noirs se teintèrent d'angoisse à la vue du regard sans vie que celui-ci affichait pourtant accompagné d'un fin sourire. L'homme se releva rapidement, l'adolescent dans ses bras.

- Albus, ce n'est pas normal. Le venin ne peut pas avoir un tel effet. Harry n'a plus aucune réaction.

Malgré toute sa répugnance, il ne put masquer l'inquiétude qui le taraudait. L'espion ne remarqua même pas qu'il avait utilisé le prénom du garçon. Le directeur s'en rendit compte, mais cette fois il ne souriait plus.

- Severus, je crois qu'il est arrivé quelque chose de grave avec Harry cet été. Son état remonte à bien plus loin que la morsure. De plus, normalement le tatouage du conjoint n'aurait du apparaître qu'à sa majorité magique. Tatouage du conjoint ? Pensa Snape, horrifié. Je vais essayer de me renseigner auprès de sa famille pour savoir si quelque chose d'inhabituel a eu lieu durant l'été. Il vous faudra prendre soin de lui et surtout chercher dans vos souvenirs ce que votre mère vous a laissé à propos de votre race. C'est très important.

- Très bien, je comprends, répondit-il, résigné.

Il avait trop de questions et pas assez de temps. L'état de Potter, bien que non mortel, était alarmant. Il décida qu'avant tout ils devaient passer faire un tour à l'infirmerie.

HPHPHPHP

Potter toujours dans ses bras, sans réaction, le professeur avançait d'un pas vif à travers les couloirs déserts du château. A cette heure les élèves avaient regagné leur dortoir. Ce qui était une bonne chose. Il préférait que cette situation humiliante ait le moins de témoin possible.

Toutefois son expérience de médicomage lui criait que l'état de Potter n'était pas normal du tout et que quelque chose de très important lui avait échappé. D'ailleurs, il s'étonnait ou plutôt s'alarmait de l'extrême légèreté du corps qu'il transportait. Pour un adolescent de cet âge c'était inquiétant, voir dangereux.

Arrivé à l'infirmerie, il appela Pomfresh sans toutefois lâcher son fardeau. Son instinct de protection était complètement exacerbé, probablement à cause du venin qui coulait dorénavant dans leurs veines. Celle-ci arriva rapidement comme à son habitude. Si elle fut surprise de l'étrange couple, elle ne fit aucune remarque, apercevant la mine sombre de son collègue.

- Déposez le là Severus, ordonna-t-elle en désignant un lit. Je vais l'examiner.

L'espion déposa le garçon sur le lit d'une blancheur immaculée sans toutefois rompre leur contact physique. Pour une durée encore indéterminée, ils allaient devoir rester en contact permanent sous peine d'atroces douleurs.

Agitant sa baguette, l'infirmière fit un rapide diagnostique de son patient. Celui-ci fut plus long que prévu et lorsqu'elle eut finit, elle affichait un air scandalisé.

Snape qui avait suivit son changement d'expression, demanda, inquiet :

- Qu'y a-t-il ?

- Je pense que vous devriez voir par vous-même, lui répondit-elle.

D'une formule, elle enleva la totalité des vêtements d'Harry, qui se retrouva nu sous le regard perçant de son professeur. Cependant, celui-ci fut tellement choqué qu'il ne lui vint même pas à l'idée de se servir de cet épisode pour humilier Potter plus tard.

Le corps de l'adolescent était beaucoup trop maigre, laissant apercevoir la totalité de sa cage thoracique. Une ou peut être deux de ses côtes avaient été cassé et très mal ressoudé, sûrement en l'absence de soin. Son épaule gauche et son bassin formaient des angles anormaux, signe qu'ils étaient luxés donc extrêmement douloureux. Les os de son poignet gauche étaient brisés et des traces d'énormes hématomes, en particulier au niveau des cuisses et des bras, étaient encore visibles. Ils étaient du vraisemblablement à quelque chose qui avait maintenu trop fermement l'adolescent, peut être des mains mais les marques étaient très profondes. Non, le maître des potions penchait plutôt pour un matériau plus solide comme de l'acier.

Snape arracha son regard du corps meurtri pour lever les yeux vers sa collègue, un visage hésitant entre la fureur et l'incrédulité. L'infirmière lui confirma à sa manière.

- Ce n'est pas tout, Severus.

Elle agita une nouvelle fois sa baguette, et le hale artificiel disparut du visage blafard révélé. Celui-ci avait les pommettes bien trop creusées, il comportait également des traces de coups et de coupures mal soignés ou pas assez. Snape souleva et retourna délicatement le corps d'Harry pour le mettre sur le ventre. Celui-ci se laissa faire sans broncher. Le sourire qu'il abordait commençait à s'effacer. Mais la proximité et le contact de Snape ne le dérangeaient pas contrairement à ceux des autres. Il était le seul à pouvoir faire reculer la douleur.

Son dos arborait également des traces de coups, de coups de pieds semblait-il. Et sa nuque montrait les mêmes marques enserrant trop fortement son cou. Celles-ci avaient été caché par les cheveux bruns un peu plus longs sur la nuque.

Si Snape avait encore des doutes quant à la cause de tout ceci, la peau rougie d'un nettoyage trop prononcé et régulier au niveau de l'intimité du garçon y mit fin. Harry, son Harry, qu'il avait protégé au péril de sa vie de si nombreuses fois, avait été victime d'un viol particulièrement brutal et peut être aussi, au vu de l'ancienneté de certaines marques, de mauvais traitements.

Son image de l'adolescent à l'enfance honteusement gâtée et heureuse se brisa et il put enfin voir la vérité qui avait toujours été devant ses yeux mais qu'il refusait de voir au nom d'une haine injustifiée. Harry n'était pas un enfant gâté, bien au contraire. Sa constitution, maintenant révélée par sa nudité, prouvait à elle seule qu'il avait été victime de mauvais traitements et de malnutrition. Son regard sans vie exprimait tout le manque d'attention et d'amour dont il avait été entouré. Le survivant, prétentieux et arrogant Griffondor, était en fait un enfant battu et rejeté, qui avait vécu plus d'atrocité que personne n'osait l'imaginer.

Albus l'avait abandonné aux mains de ces infâmes moldus qui allaient payés chèrement leur crime. Mais pas avant qu'il n'ait eut une bonne discussion avec le principal concerné. De plus, lorsqu'il aura mit la main sur cet infâme violeur, Severus se jura de le faire souffrir comme jamais il n'avait fait souffrir quelqu'un.

N'obtenant plus de réaction de la part du maître des potions, profondément enfouit dans ses pensées dont on ne pouvait que voir la lueur de pure rage transpercer à travers ses prunelles, Pomfresh voulut retourner Harry sur le dos. Cependant celui-ci grogna, fuyant son contact et se rapprochant de son professeur qui l'entoura de ses bras, sans même y penser.

- Je vais m'en occuper Pom-Pom. Je ne pense pas que quiconque puisse le toucher, dit Severus tout en rhabillant le garçon. Pouvez-vous en informer le directeur ?

- Oui, ce sera fait. Demandez moi si vous avez besoin de quoique ce soit, répondit-elle, navrée de ne pouvoir faire plus et surtout de ne pas s'en être aperçue plus tôt.

- Nous serons dans mes appartements, ajouta Snape en soulevant Harry.

Il se dirigea ensuite vers les cachots, son fardeau dans ses bras. Il regrettait profondément d'avoir laisser le fils de Lily être traité ainsi. Le fait qu'il soit également le fils de James et que Sirius soit sont parrain n'excusait rien. Même si Severus approuvait la punition sévère et l'autorité intransigeante envers les enfants jamais il ne pourrait cautionner la maltraitance. Les parents en usant étaient des criminels à ces yeux. Lui-même en avait d'ailleurs fait les frais.