Réponses aux reviews:
- anonyme: je suis contente que ce premier chapitre te plaise ^^
- sucubei: pardonne-moi pour la Cadillac, par pitiéééé…Hum hum… en tout cas, contente que ça t'ai plus !
- aylora: et oui, Ron ne savait même pas ce qu'était du Bangers ! Tu te rend compte ? Rha la la. C'est une honte !
- asayo: je suis contente que tu te sois laissée tenter ! Après, pour l'éventuelle erreur que tu m'as signalé… et bien tu avait parfaitement raison ^^ Pourtant, quand j'ai écris mon texte, j'avais une idée bien précise de ce que je voulais mettre, mais bon… En tout cas, merci de me l'avoir signalé !
Pour les autres, il me semble y avoir répondu personnellement, mais je les remercies à nouveau ! Si vous avez d'autres questions, surtout n'hésitez pas !
Quelques petites précisions:
- Il s'agit d'une fic NON- SORCIERS.
- Malgré tout, il y aura présence de fantastique.
- Il s'agit d'un rating M, donc je préviens tout de suite qu'à un moment ou à un autre, il y aura présence de lemon plus ou moins détaillé.
- Je le précise tout de même (juste au coup où certains seraient tombés sur cette fic sans savoir où ils mettaient les pieds) que cette histoire contiendra des relations HOMOSEXUELLES entre hommes, alors par pitié ne venez pas vous plaindre par la suite.
- J'ai préféré classer cette fic en Harry/Voldemort, bien que ce pseudonyme n'apparaîtra pas souvent.
- Les pensées des personnages seront en italique gras (bien que je les mettrais rarement).
- S'il y a un terme souligné dans le texte, c'est qu'il y aura un commentaire ou une définition à la fin du chapitre.
Bonne Lecture…
Dans un minuscule village isolé du sud-ouest de l'Angleterre, situé au pied d'une énorme montagne, vivait une petite communauté qui atteignait à peine les deux-cent habitants. Toutes les maisons de ce petit hameau n'étaient faites que de briques ou de pierres, certaines datant de plusieurs siècles, d'autres à peine âgées de quelques décennies, ou quelques unes encore étant tombées en ruines voilà longtemps. La majorité des routes et des chemins avaient étés goudronnés, mais ils n'étaient pas rare de voir que les plus éloignés étaient toujours de simples chemins de terre, devenant boueux et glissant par les temps de pluie. Dans ce lieu où tout le monde connaissait tout le monde, où les commérages et les ragots étaient de mise et où rien ne restait secret bien longtemps, vivait une famille appréciée de tous: les Potter. Ces derniers, qui n'étaient composés que de quatre membres, étaient arrivés à Godric's Hollow en Juillet 1996, c'est-à-dire il y a un an et quatre mois.
Les Potter aimaient à vivre simplement. James et Lily, les parents, tenaient l'unique centre médical du coin, tandis que leurs deux enfants étaient encore scolarisés. La plus jeune, Annabelle, allait à l'école primaire, où elle s'amusait déjà a terrorisé son enseignante, tandis que le fils aîné, Harry, allait au lycée du coin. Cette famille était venue s'installer dans ce petit coin perdu suite à la mort d'une vieille parente éloignée de James, qui avait été désigné comme l'unique héritier de la vieille femme, lui léguant toute sa fortune ainsi que sa demeure. Le patriarche de la famille avait ignoré jusqu'à l'existence même de la femme âgée, et avait été des plus surprit en découvrant que Godric's Hollow avait abrité par le passé plusieurs générations de Potter.
Il était encore tôt en ce nouveau jour, et il n'était donc pas étonnant de ne trouver âme qui vive en dehors des maisons. La rosée du matin envahissait la végétation alentour, et si quelqu'un avait mit le bout de son nez dehors, il aurait alors pu entendre les derniers hululements des hiboux de la région et le magnifique chant des oiseaux. Oui, tout était d'un calme parfait. Et tandis que l'aube commençait à filtrer à travers les fenêtres, Harry Potter se réveilla en sursaut dans son lit. Durant de longues minutes, il resta immobile, en sueur, les yeux fixés au plafond, tentant de comprendre le pourquoi du comment d'un réveil aussi brutal. Oh bien sûr, Harry était comme tout le monde, il faisait aussi par moments des cauchemars. Mais à la différence de la plupart des gens, le jeune homme parvenait assez bien, en général, à se les remémorer. Or dans ce cas précis, c'était le noir le plus complet. Pourtant, Harry était sûr et certain d'avoir rêvé de quelque chose, mais impossible de se souvenir de quoi. Cela devait être plutôt angoissant pour que son cœur batte de façon aussi désordonné. Et pendant une seconde, une seule petite seconde, au moment même où il avait ouvert les yeux, Harry avait eu l'étrange sensation de se sentir observer. Mais rien. Il n'y avait rien ni personne dans sa chambre à part lui.
Il fallu encore cinq bonnes minutes à Harry pour retrouver son calme. Ceci étant fait, il chercha à tâtons ses lunettes, et s'aperçu avec surprise qu'il n'était que cinq heures trente. C'était bien la première fois que le jeune homme se réveillait avec une heure et demi d'avance, lui qui était d'ordinaire si prompt à faire la grasse matinée. Il décida de paresser encore un peu au lit, sachant pertinemment qu'il ne pourrait plus se rendormir, et tenta encore une fois de se rappeler de son rêve. En vain. Rapidement, il laissa tomber, sachant pertinemment que plus il essaierait de se souvenir, moins il y arriverait. Un frisson lui traversa subitement le corps, et c'est en grommelant qu'il se leva, torse nu, pour aller fermer la fenêtre qu'il laissait chaque nuit ouverte. Le plus silencieusement possible, Harry sortit de sa chambre et pénétra dans la salle de bain. L'avantage de s'être levé aussi tôt était qu'au moins aujourd'hui, il aurait tout le temps qu'il voudrait pour prendre sa douche, et qu'il ne risquait pas, comme la veille, de manquer raté son bus.
Et après plus d'une demie-heure passé sous le jet d'eau , Harry regagna sa chambre, une serviette sur les hanches. Tranquillement, il se prépara, s'habillant d'un jean bleu délavé et d'un simple tee-shirt à manches courtes blanc. Car même s'ils étaient presque fin Octobre, le temps était encore étonnamment clément, ayant des températures qui oscillaient autour des vingt-trois degrés. Mais Harry, comme tous les autres, se doutait très bien que d'ici quelques semaines, voir quelques jours, les temps de pluie et de froid ne tarderaient plus à venir. Il pourrait alors dire au revoir aux tee-shirts et bonjour aux gros pulls et manteaux bien chauds.
Une heure plus tard, deux surprises accueillirent les parents Potter: la première était que non seulement leur fils était déjà levé et fin prêt, mais qu'en plus celui-ci avait préparé le petit-déjeuner. James et Lily Potter purent ainsi constater que trônaient sur la table de la cuisine pancakes, bacon frit, œufs brouillés servis avec des saucisses et des toasts, le tout accompagné de café et de thé. Harry n'était pas vraiment ce qu'on peut appeler un cordon bleu, mais il savait au moins préparer un bon petit-déjeuner lorsqu'il le souhaitait. Il savait à quel moment le reste de sa famille se levait, il n'avait donc eu qu'à tout préparer au moment adéquat pour que tout soit chaud à leur arrivée. Les parents furent bientôt rejoints par la petite Annabelle, toujours dans son pyjama rose à motifs de lapins, les yeux encore embués de sommeil. Comme ses parents, elle resta statufiée à l'entrée de la cuisine, comprenant bien vite que comme son père et sa mère venaient à l'instant de se réveiller, ce n'était pas eux qui avaient pus préparer ce festin. Dans ce cas, il ne restait plus qu'une seule et unique explication.
- " Harry !"
- " Oui ?"
La voix provenait du premier. Harry, après avoir fini de préparer le petit-déjeuner, était tout simplement remonté dans sa chambre finir un devoir qu'il était supposé avoir terminé la veille. Patiemment, le jeune homme expliqua que étant donné qu'il s'était levé plus tôt, il avait eu l'idée toute simple de faire la cuisine. La famille s'installa alors tranquillement à table, et ce n'est qu'une heure après que Harry partit de chez lui, d'une allure lente, ne voulant en aucun cas se presser comme il avait été obligé de le faire la veille.
Une fois dans le bus, il eu à peine le temps d'embrasser Ginny que Ron lui sautait presque dessus.
- " Harry, est-ce que je peux dormir chez toi ce soir ?"
- " Hein ? Euh… oui, bien sûr mais… tu m'explique ?"
- " Hier soir, maman a dit à Bill qu'elle ne voulait pas qu'il épouse cette fille, tu sais cette Fleur. Évidemment, Bill a protesté et ça c'est terminé en dispute. Ensuite, maman a demandé l'appuis de papa, mais au lieu d'être de son côté, il était de celui de Bill, en disant que s'il voulait se marier, il en avait parfaitement le droit, qu'il n'était plus un enfant, et qu'il savait ce qu'il faisait. J'ai vraiment crus que maman allait péter un câble quand elle a entendu ça. Enfin bref, ils se sont disputés toute la nuit, et ça fait que je n'ai pas pu fermé l'œil."
Scotché par ces révélations, Harry remarqua qu'en effet, Ron arbora deux belles valises sous les yeux, ce qui contrastait grandement avec le teint rayonnant de Ginny. Lorsque le brun en demanda la raison, Ron haussa juste les épaules en disant simplement:
- " Elle a le sommeil lourd. Elle a dormie comme un bébé cette nuit."
A la fois amusé et désolé pour son meilleur ami, Harry essaya tant bien que mal de lui montré son soutien sans éclater de rire face à sa mine dépitée. Lorsqu'ils arrivèrent au lycée, les garçons partirent à la rencontre de Hermione, qui comme la veille, était assisse sur le même banc en train de réviser. Pour une fois, le rouquin ne lança pas de réflexion quant à la manière quasi obsessionnelle de la jeune fille de se plonger ainsi dans ses cours, ce qui étonna grandement cette dernière. Mais voyant le visage fatigué et la mine légèrement déconfite de Ron, elle s'abstint de poser toutes questions, qui pourtant lui brûlaient les lèvres.
Voilà presque sept ans que la jeune fille habitait Godric's Hollow. Hermione était doté d'un savoir et d'une soif de connaissances hors norme, ce qui lui avait value bien des railleries de la part des autres. A onze ans, lorsqu'elle était entrée pour la première fois à Poudlard, Ron avait été un des touts premiers élèves qu'elle ait rencontré. Et à vrai dire, cette rencontre ne restait pas une des meilleures pour la jeune fille, car à cette époque, seules les moqueries de Ron existaient entre eux. Le jeune Weasley n'avait jamais compris comment la jeune fille pouvait aimée les cours et les livres, ne cessant inlassablement de la traiter de « rat de bibliothèque ».Ce sujet avait crée énormément de disputes entre les deux, jusqu'à ce que le rouquin réalise que ses taquineries blessaient réellement la demoiselle. Etonnamment, c'est après cette constatation que les choses s'étaient améliorées entre eux deux, devenant progressivement de véritable amis, jusqu'à l'arrivée récente de Harry, qui avait en quelque sorte complété leur amitié. Ainsi était né le « trio d'or », comme aimaient à les appeler les 'hui, Hermione connaissait assez bien le garçon pour savoir quand il était bon de poser des questions et quand il fallait ce taire. Et dans cette situation, mieux valait ne rien demander. Du moins, jusqu'à un certain moment.
Je pourrais toujours demandé à Harry au besoin !
Au cours des années, elle n'avait pas vraiment changer sa façon de vivre ou d'étudier. C'est plutôt sa vision des autres qui avait évolué. Car si quelques années auparavant, la jeune fille ne jugeait les gens que sur leur culture et leur QI, elle avait appris au fil du temps que ce n'était pas grâce au savoir que l'on pouvait se faire des amis, mais grâce aux sentiments. C'est donc d'un accord informel que l'amitié d'Hermione et de Ron avait débuté, le garçon apprenant à la jeune fille à vivre en société, et celle-ci donnant au rouquin quelques cours de rattrapage, et ce au grand dam de ce dernier.
- " Venez sinon nous allons en retard."
Les paroles du brun sortirent la jeune fille des ses pensées. Mais quand elle se rappela quelles étaient leurs deux premières heures de cours, elle se dit que finalement, il aurait mieux fallut qu'elle y reste. Tout simplement car elle détestait purement et simplement le sport.
Harry était aux anges. Pour lui, la meilleur journée de la semaine restait incontestablement le mardi, et ce pour deux raisons bien précises: la première étant qu'ils avaient sport, la discipline dans laquelle il excellait, et la seconde étant que ce jour-là, sa classe terminait à midi. Bon, il est vrai qu'entre ces deux raisons, il y avait les deux heures de physique-chimie, mais même cela n'affectait en rien son moral. Ron aussi adorait le sport, bien que pour sa part, les deux heures suivantes avec Rogue arrivaient assez bien à le refroidir.
Les deux premières heures du mardi étaient assez spéciales, car comme l'établissement ne comptait qu'une soixantaines d'élèves, il avait été décidé que tous auraient sport en même temps. Ainsi, les étudiants avaient étés répartis selon deux groupe distinct: le premier était les onze - quatorze ans, et le second les quinze - dix-sept ans. De la sorte, chaque groupe avait un programme bien adapté, avec un sport par trimestre choisi par la majorité de chaque groupe. Après avoir traversés le lycée, puis la cour intérieur, la masse d'élèves se dirigea sans se presser vers le gymnase. C'est une fois à l'intérieur que tous se dispersèrent, chacun allant soit aux vestiaires, soit aux toilettes. Pour leur part, Harry et Ron filèrent directement se changer, pressés qu'ils étaient de jouer au basket. Après avoir enfilé leur survêtement, ils furent dans les premiers à arriver sur le terrain extérieur, là où attendaient quelques élèves, ainsi que le professeur Bibine.
Dehors, l'air était doux, et le soleil commençait tout doucement à réchauffer les environs. Il fallu encore dix bonnes minutes pour que le reste des élèves, majoritairement des filles, arrivent sur le terrain.
- " Bonjour à tous. Comme d'habitude, je veux que vous commenciez par me faire vingt minutes d'échauffement. Immédiatement !"
C'est donc en grommelant dans leur barbe inexistante que les élèves se mirent au travail, lançant par moment quelques coups d'œil rancunier à leur professeur. Celle-ci était de grande taille, au corps élancé et au regard acéré. Tous savaient qu'il ne fallait absolument pas se fier à ses courts cheveux gris et aux quelques rides qui parcouraient son visage, car si quelqu'un avait le malheur de sous-estimé Renée Bibine, cette personne s'en mordrait les doigts, et ce jusqu'au poignet.
Chaque années avait lieu au mois de janvier plusieurs compétitions inter-lycées. Harry n'avait pas encore eu la chance de participer à l'une d'entres elles, cependant, lorsqu'il avait appris, début septembre, qu'il y en aurait une de football, il avait été un des premiers à s'y inscrire. Le jeune homme s'était révélé être un véritable prodige dans ce domaine, et c'est pour cette unique raison que Renée Bibine avait accepté Harry dans l'équipe. L'établissement n'était malheureusement pas assez grand pour posséder de club, et de ce fait, chaque membre de l'équipe se voyait obliger de s'entraîner par ses propres moyens. Bien sûr, il arrivait que plusieurs joueurs se réunissent ensemble et aillent s'exercer sur le terrain vague le plus proche, ou bien dans la clairière environnante. Toutefois, ce n'était pas là un véritable entraînement en soit, et ça les élèves le savaient parfaitement bien. Peut-être était-ce d'ailleurs pour cette raison que tous donnaient le meilleur d'eux-mêmes. Pour sa part, Ron participerait également à une compétition cette année, bien qu'elle ne soit pas sa première: la couse de relais.
Beaucoup trouvait étrange la prédilection des deux meilleurs amis pour leur discipline respective, car selon certains, Harry, du haut de son petit mètre soixante-cinq et à cause de son corps filiforme, aurait normalement dû avoir sa place dans la course de relais plutôt que dans le football. Même chose du côté de Ron, qui à l'instar de son meilleur ami, était grand et musclé. Au départ, personne n'avait crus le jeune Weasley lorsque celui-ci avait affirmer vouloir courir, et pourtant. Lorsqu'il habitait encore à Londres, Harry avait souvent été perçu comme un adolescent anorexique ou mal dans sa peau, alors qu'il n'en était absolument rien. Au contraire, il avait un très bon coup de fourchette, le seul hic étant qu'il ne prenait jamais un gramme, et ce à son grand désarroi.
Après l'échauffement, les élèves furent répartis en plusieurs petites équipes de cinq ou six, puis les match débutèrent. Le trio avait malheureusement été séparé, et si Hermione et Ron avaient eu la chance de se retrouver avec des amis ou des connaissances, Harry lui était tombé avec non seulement des personnes à qui il n'avait jamais adressé la parole, mais surtout il se retrouvait dans la même équipe que Malefoy. Toutefois, le blond semblait bien décidé à ignoré royalement le brun, ce qui convenait parfaitement au jeune Potter. Mentalement, ce dernier nota l'absence de Milicent Bulstrod, ce qui n'était pas non plus pour lui déplaire. La logique aurait voulut qu'il se sente désolé pour elle, surtout après l'humiliation qu'il lui avait infligé, mais Harry n'y arrivait tout simplement pas. Il savait qu'il avait été dur avec elle, mais impossible, il n'arrivait pas à s'en vouloir.
Tour à tour, Harry encouragea ses amis, et lorsque ce fut à son tour de jouer, il réalisa que son équipe devait affronter en premier celle de Ginny. C'est donc avec un sourire contrit à la rouquine que le match débuta. Et quel match ! Harry savait que sa petite-amie était une vraie teigne lorsqu'elle se trouvait sur le terrain, et c'est pour cette raison que dès le début, le garçon joua à fond. Et ce n'est qu'après une heure et demie à courir, suer, tomber, et à se donner divers coups que les élèves regagnèrent le lycée.
Comme à l'accoutumé, les deux heures avec Rogue ne furent pas des plus réjouissantes. Harry et Ron, affalés sur leur table, tentaient vaillamment de trouver une occupation qui passerait inaperçue sous le nez crochu de Rogue. Inutilement. Tout ce qu'ils trouvèrent à faire fut cinq parties de morpion et six pendus. Ce n'est seulement que dix minutes avant la fin du cours que leur salut arriva sous la forme d'une boulette de papier. Discrètement, Harry jeta un rapide coup d'œil sur les autres élèves et s'aperçut, sans grande surprise, que l'envoyeur n'était autre que Seamus. Rapidement, Ron déplia le petit bout de papier et lu silencieusement en même temps que Harry:
Ca vous tente une virée au cimetière, ce soir ? Dean et Neville sont de la partie. On se donne rendez-vous à 23h devant l'église. Vous êtes ok ?
Les deux amis se regardèrent quelques secondes dans le blanc des yeux, chacun posant mentalement la même question à l'autre: est-ce que tu va y aller ?
Ce n'est qu'une minute après que Harry hocha furtivement la tête pour donner son accord à Seamus. Après tout, pourquoi pas ? La plupart des jeunes sortaient en boîte de nuit, allaient au cinéma ou bien encore faisaient une balade en voiture, mais là, ils étaient à Godric's Hollow. Outre les différentes fêtes qui étaient organisées occasionnellement dans le village, les seules animations qu'il pouvait bien y avoir était les disputes de voisinage. Et encore, celles-ci restaient très rares. Alors, que les jeunes décident d'aller se balader dans le cimetière n'avait en soit rien de bien choquant.
L'heure du midi sonna enfin et tranquillement, Harry, Ron et Hermione se dirigèrent chez la jeune fille, là où ils devaient déjeuner. Et c'est vingt minutes plus tard, alors qu'ils étaient attablés, que Ron demanda:
- " Harry, tu crois que Seamus était sérieux à propos d'aller au cimetière ce soir ?"
- " Quoi ? Comment ça aller au cimetière ce soir ? C'est quoi cette histoire ?"
Se rappelant qu'effectivement Hermione n'était pas encore au courant de leur future balade nocturne, Harry lui raconta brièvement l'idée de leur ami. Le jeune Potter savait qu'il était parfaitement inutile de mentir, ou même d'essayer de mentir à Hermione, car au final, la jeune fille finissait toujours par savoir. La preuve, plus tôt durant le cours de Bibine, alors que Ron était sur le terrain, elle avait réussi a tiré les vers du nez à Harry pour savoir pourquoi le rouquin avait l'air aussi maussade le matin même.
- " Non mais vous plaisantez, n'est-ce pas ?"
Avec un soupir résigné, Harry lui répondit calmement:
- " On ne fait rien de mal, Hermione. On va juste aller faire un petit tour et après on rentre."
- " Un petit tour ? Harry, je te rappelle que demain nous avons cours. Et avec les examens qui approchent, ce n'est absolument pas le moment d'aller traîner dans un cimetière la nuit !"
- " Oh, lâche-le un peu Hermione. On va juste se balader une heure ou deux, et après on rentre. Ce n'est pas comme si on allait y rester toute la nuit."
- " Peut-être, mais moi je trouve que c'est malsain d'aller se promener dans un cimetière en pleine nuit."
- " Tu n'aurais pas plutôt la trouille ?"
- " Harry Potter ! Je n'ai absolument pas la trouille. Ce n'est qu'un cimetière, ce n'est pas comme si les morts allaient sortir de leur tombe."
- " Alors dans ce cas, viens avec nous."
- " Oui ! Harry a raison. Comme ça, tu pourra constater de tes propres yeux qu'on ne fait rien de mal."
- " Mais s'il arrivait un accident, vous y avez pensé ?"
- " On sera prudent. Et puis, comme Ron l'a dit, tu pourra nous surveiller."
Voyant que ses amis avaient réponse à tout, Hermione chercha un autre argument qui serait plus à même de dissuader les deux garçons. Soudain, ses grands yeux marrons s'illuminèrent, et c'est d'une voix assurée qu'elle demanda:
- " Et les parents ? Qu'est-ce que vous allez leur dire ?"
La jeune fille se flagella mentalement pour ne pas y avoir pensé dès le départ. L'argument des parents était incontestablement le meilleur pour dissuader un adolescent de faire une ânerie pareille…
- " Rien du tout. Vu que ce soir je dors chez Harry, mes parents ne seront pas au courant. Quant à ceux de Harry, ce n'est pas comme si ils allaient remarquer notre absence pour deux heures maximum. Ils croiront simplement qu'on est dans sa chambre à regarder un film ou à jouer aux jeux vidéos."
… pour Hermione du moins. Jamais elle ne comprendrait comment fonctionnait le cerveau de Ron. Là où elle voyait sur un panneau écrit le mot « Danger » en lettres majuscules et en rouge sang, lui devait certainement voir écrit en multicolore « Vas-y mon pote, entre ». C'est donc avec un soupir à fendre l'âme qu'elle accepta de les accompagner, mais…
- " Uniquement pour vous empêcher de faire des bêtises."
Pendant l'heure qui suivie, les garçons mirent tout en œuvre pour ne pas froisser la jeune fille, la caressant dans le sens du poil, et ne disant pas un mot plus haut que l'autre. Car bien que Hermione soit une amie fidèle qui ne les dénoncerait pas à la première occasion, Harry et Ron savaient aussi que si quelque chose venait à mal se passer lors de leur viré nocturne, leur amie n'hésiterait pas une seconde à aller voir leurs parents, et ce, peu importe leurs protestations.
- " Dites, ce n'est pas que je m'ennuie, mais il faudrait que je passe à la maison pour prendre des affaires de rechange."
C'est donc après avoir terminé de déjeuner que les trois amis se rendirent chez Ron, où ils leur faillurent presque une heure de marche pour y parvenir. La maison Weasley était située en retrait des autres habitations, n'ayant pour seuls voisins qu'un couple de personnes âgées vivant juste en face de chez eux, dans un vieux cottage. Les deux maisons n'étaient séparées que par un étroit chemin de terre, envahi de mauvaises herbes et de quelques fleurs sauvages. L'endroit en lui-même aurait pu être magnifique, si seulement il n'y avait pas eu tant de broussailles, de fourrés, de buissons et autres ronces, le tout d'un dessèchement presque total et sans vie.
Harry, Ron et Hermione quittèrent donc la petite route recouverte de bitume pour s'engager sur le chemin poussiéreux. Les Weasley vivaient dans une énorme bâtisse de deux étages, faite de pierres et qui était, par endroit, recouverte de mousse. Le toit n'était pas fait de tuile mais de chaume, ce qui dans le coin, était assez courant. La première fois que Harry avait vu la maison, il avait crut que celle-ci allait s'effondrer tant elle était penchée. Et pourtant, cela faisait des décennies que la demeure tenait debout. Personne n'avait jamais vraiment compris par quel miracle d'ailleurs, mais selon les rumeurs, c'est la forme de la maison Weasley qui avait donné le nom de « chemin de traverse » à cette étroite petite allée.
- " Maman, c'est moi !"
Aucune réponse.
- " Elle a dû sortir. Attendez-moi ici, je reviens dans deux minutes."
Précipitamment, Ron monta à l'étage préparer ses affaires de rechange, sans oublier les recommandations de Hermione, qui étaient « Surtout n'oublis pas de prendre tes cours pour demain ! ». C'est donc fin prêt qu'il redescendit tel un boulet de canon rejoindre ses amis, tenant deux sac à dos. Il griffonna à la hâte un petit message à l'attention de ses parents afin qu'ils ne s'inquiètent pas, et quittèrent finalement la maison. Toutefois, au lieu de prendre à gauche dès la porte d'entrée franchie, ce qui leur auraient permis de quitter le chemin de traverse, ils prirent à droite. Car tout au bout du long sentier poussiéreux se trouvait un terrain vague, que Ron considérait comme le meilleur de tout les environs. Les trois adolescents, surtout les deux garçons, avaient décidés un peu plus tôt d'y passer une bonne partie de l'après-midi afin de s'entraîner en vue des compétitions à venir.
Selon Harry, le fait que Poudlard ne possède pas de club pouvait se révéler être un avantage, car s'ils parvenaient à bouger aisément sur un terrain aussi difficile, plein de trous, de bosses, de pierres et de touffes d'herbes plus ou moins desséchées, alors ils parviendraient sans aucun problème majeur à se mouvoir plus facilement et avec plus de légèreté sur une piste de course ou sur un terrain de football. Ron avait très vite adhéré à l'hypothèse de son meilleur ami, et c'est ensemble qu'il avait commencé à s'entraîner sur leur terrain privé, à l'écart de tous.
Lorsqu'ils arrivèrent sur le terrain, Harry alla directement là où les fourrés étaient les plus épais, et récupéra son ballon. Il avait décidé, pour plus de facilité, qu'il serait plus pratique d'avoir directement le matériel sur place, juste au cas où il aurait eu envie de se défouler un peu. Hermione, pour sa part, alla s'installer à l'écart, un livre sous le bras, à l'orée d'un petit bois, contre le pied d'un arbre. Ce n'était pas vraiment un bois, il s'agissait juste de quelques arbres, une vingtaine en tout, éparpillés ci et là, tout autour du terrain.
Les garçons commencèrent à s'échauffer avec les mêmes mouvements, en partant du cou, puis passant aux bras, aux poignets, au bassin, aux genoux et enfin aux chevilles. Et c'est d'une vitesse d'escargot que Ron commença à courir, sans se presser, faisant ainsi plusieurs fois le tour du terrain. Harry de son côté ne souhaitait pas débuter immédiatement son entraînement, préférant faire encore quelques étirements. Il fit donc quelques flexions, suivies d'une dizaine de pompes. Il fini son échauffement par une petite course à pied de cinq bonnes minutes au même rythme que Ron, avant de décider qu'il était temps de commencer.
Lorsque les deux garçons avaient décrétés faire de ce terrain vague leur terrain d'entraînement attitré, Harry pour sa part avait eu besoin de quelque aménagements spécifiques. C'est donc avec l'aide de Ron et de Hermione qu'ils avaient quelque peu réaménagés l'endroit, se servant ainsi de deux arbres en guise de poteaux de buts, séparés seulement de quatre mètres l'un de l'autre. Étant donné que Ron ne faisait que courir tout autour du terrain, qui possédait tout de même une grande surface, Harry pouvait aisément utilisé toute la place disponible au centre, ce qui lui avait permis de planter verticalement des bouts de bois d'une cinquantaine de centimètres, et ce afin de remplacer les plots dont il aurait normalement dû avoir besoin pour un entraînement. Le jeune homme avait choisi les morceaux dont le diamètre étaient aussi épais que son poing, et les avait ainsi enfoncés dans la terre les uns derrière les autres, en alternants droite et gauche, chacun séparés des autres d'un mètre environ. Ce travail était ce qui avait prit le plus de temps au trio, car non seulement ils avaient dû creuser pour que les morceaux de bois tiennent debout, mais la terre était d'une sécheresse épouvantable, ce qui n'avait pas facilité les choses.
Durant tout l'après-midi qui suivi, les deux garçons s'entraînèrent sans relâche, tombant un certain nombre de fois, s'écorchant ainsi les paumes et les genoux, mais se relevant toujours plus déterminés. Hermione, toujours installée au pied de son arbre, avait au départ relevé quelque fois les yeux de son livre pour voir comment ses amis avançaient, avant de tout simplement s'assoupir. Lorsqu'elle avait vu pour la première fois ce terrain sans vie et à l'abandon, elle avait d'abord craint que les garçons ne se blessent gravement, notamment à cause des quelques trous présents à ce moment-là. Elle avait été obligé de hurler sur Harry et Ron pour que ces derniers acceptent de reboucher les plus gros.
- " Alors Harry, qu'est-ce que ça donne pour toi ?"
Ron, essoufflé et suant comme jamais, alla rejoindre son meilleur ami, qui remettait tranquillement son ballon là où il l'avait prit.
- " Ca va de mieux en mieux. Et toi ?"
- " Pareil. Je ne suis tombé que huit fois seulement ! C'est mieux que la semaine dernière, quand je me suis retrouvé quinze fois face contre terre."
- " Oui, c'est sûr !"
Pliés de rire, ils rejoignirent leur meilleure amie, pour enfin s'apercevoir que la jeune fille dormait. Et c'est Ron, d'une manière assez bourrue, qui réveilla Hermione en la secouant par l'épaule, chose que ne sembla guère apprécier la jeune fille. Toutefois Harry, qui voyait déjà l'orage éclaté entre ses deux meilleurs amis, ne trouva rien d'autre à annoncer d'une voix forte que:
- " Vous avez vu l'heure ? Nous devrions rentrer avant que les parents ne s'inquiètent."
Clouant ainsi le bec aux deux autres, Harry s'élança sur le chemin de traverse, aussitôt rejoint par Ron et Hermione. En passant devant chez lui, le rouquin alla chercher son vélo, où plutôt sa vieille bicyclette, qui se trouvait sur le côté de la maison. Harry savait que le deux roues était passé entre les mains de tous les frères de Ron, avant que celui-ci n'entre en sa possession.
Intrigué par le comportement du roux, Hermione demanda:
- " Pourquoi tu emmènes ce vélo ?"
- " Pour ce soir. Tu ne crois tout de même pas que nous allons aller à l'église à pieds ? En partant de chez Harry, on en aurait pour au moins une heure !"
Abasourdis, la jeune fille fixa un instant son ami. Celui-ci, remarquant le changement d'attitude chez la brune, répliqua, mal à l'aise:
- " Qu… quoi ? Pourquoi tu me regardes comme ça ?"
- " Pour rien ! C'est juste que ça m'étonne venant de toi. Je ne te savais pas si prévoyant, c'est tout."
- " Comment ça, ça t'étonnes de moi ?…"
Harry soupira. Malheureusement, il n'arriverait jamais à empêcher ses amis de se prendre la tête pour des broutilles. Et c'est ainsi que durant tout le trajet jusque chez lui, il put entendre Ron clamer haut et fort à quel point il pouvait se montrer intelligent et prévoyant, pour que juste après ce soit au tour de Hermione d'affirmer qu'il n'avait eu là qu'une idée « pas mauvaise du tout »,mais que ce n'était certainement pas prêt de se reproduire.
C'est vingt minutes plus tard qu'ils arrivèrent chez les Potter, Harry rappelant à Hermione qu'ils devaient se rejoindre à l'église à vingt-trois heures. Le brun mit brièvement ses parents aux courant de la situation de son ami, sans pour autant entrer dans les détails, puis se dépêcha de monter à l'étage. Il n'avait pour le moment qu'une seule envie: prendre une douche. Lorsqu'il en sortit, un quart d'heure après, ce fut au tour de Ron d'aller se décrasser. Harry, en attendant son ami, se décida à faire ses devoirs, bien qu'il aurait mille fois souhaité se jeter sur le canapé et regarder la télé à la place. Mais il savait d'avance que s'il faisait ça, ses parents, et surtout sa mère, allaient lui tomber dessus.
A vingt heure, les garçons terminèrent enfin leurs devoirs de maths, non sans s'être copieusement aidé et donné les réponses l'un l'autre.
- " Les garçons, à table."
Ron, complètement affamé, se rua dans les escaliers et fut le premier à arriver dans la salle à manger, vite rejoint par Harry et le reste de la famille. Au fur et à mesure, plusieurs discussions animèrent la table, Ron et James discutant avec entrain de courses automobiles et autres évènements sportifs, tandis que Harry parlait tranquillement avec sa mère de ses entraînements de foot, le tout avec une petite Annabelle que se demandait quelle pourrait être sa prochaine farce.
Ce n'est qu'à la fin du dîner, après avoir aidé à débarrasser la table, que Harry et Ron montèrent dans la chambre du brun.
- " Qu'est-ce qu'on fait maintenant ?"
- " Mm… On a qu'a regarder un film. Il nous reste encore une bonne heure et demie, alors on a le temps."
- " Ca me va. Mais c'est moi qui choisis le film."
Et c'est après avoir mit en route Armageddon,toutes lumières éteintes, que les garçons s'installèrent sur le lit du brun, attendant l'heure prévue. Et si Ron était réellement captivé par le film, Harry lui ne le regardait que distraitement, promenant son regard entre l'écran et sa montre. Au cours de l'heure qui suivit, Lily ne vint les voir qu'une seule fois, afin de leur souhaité bonne nuit.
- " Dis Harry, ça ne te gênes pas de mentir à tes parents ?"
- " Tu peux parler toi. Et puis, ce n'est pas comme si je leur mentais, c'est juste que je ne leurs dis pas, nuance."
En vérité, Harry n'avait pas cesser d'y penser depuis qu'il avait lut le mot de Seamus. L'idée lui avait parut d'abord comme un bon moyen d'échapper à l'ennui qui régnait dans le village. Puis progressivement, cette bonne idée s'était transformé en gêne. Il n'avait pas l'habitude de mentir à ses parents, encore moins de leur cacher des choses. Toute la journée, il avait tenté de se persuader qu'il n'allait rien faire de mal. Après tout, il y avait des adolescents qui, à son âge, fumaient, buvaient, sortaient à pas d'heures, s'envoyaient en l'air avec le premier ou la première venu pour après se retrouver avec un enfant sur les bras, ou pire, se retrouver avec une MST, tandis que d'autres encore préféraient voler des voitures, vendre de la drogue ou en consommer, tout ça pour finir derrière les barreaux où dans un centre de désintoxication. Et Harry ne faisait pas partis de ces adolescents là. Oh bien sûr, il ne se croyait pas parfait, loin de là, mais il avait la conscience tranquille… Enfin, la majorité restait tranquille. Ce n'était donc pas une petite sortie nocturne, de deux heures grand maximum, qui devrait lui faire avoir honte !
Regardant l'heure, il s'aperçut qu'il était déjà vingt-deux heures cinquante. A présent, le reste de sa famille devait dormir, mais c'est tout de même dans un silence quasi-religieux qu'il ouvrit la fenêtre, tandis que Ron éteignait la télévision.
Et voilà le deuxième chapitre de finis ! Bon, pour ma part, je l'ai trouvé d'un ennui affligeant, mais au moins ça vous montre bien le contexte dans lequel vit Harry. Les choses commenceront à bouger dans le prochain chapitre !
Renée Bibine: Il y avait deux versions possibles pour le prénom du professeur Bibine. Rolanda (dans le version anglaise), et Renée (dans la version française). J'ai préféré prendre la française, même si ce détail ne changera en rien le déroulement de cette histoire ^^
