auteurs: masaari et Hell

disclaimer : D-Gray Man ne nous appartient pas, ça se verrait sinon...

Sinon on a rien de très important à dire alors bonne lecture ^^ on espère que ça plaise.


Le moment s'annonçait parfait pour une grasse matinée bien méritée. Il était assez tard, pourtant,, il ne semblait pas y avoir un seul bruit à l'intérieur de l'ordre, tout ses habitants sûrement trop occupés à récupérer de la fête de la veille. Ladite fête avait été organisée afin de célébrer le retour des exorcistes d'une mission particulièrement périlleuse.

La seule chose que je n'arrivais pas à comprendre, moi, Miranda Lotto, c'était pourquoi je me réveillais avec l'envie de massacrer les oiseaux qui avaient commencé à chanter à l'extérieur. Je n'étais d'ordinaire pas hostile à ces adorable créatures et à leurs agaçantes sérénades matinales, mais aujourd'hui, il semblait qu'elles avaient mal choisie leur jour pour me faire une démonstration de leur talent vocale. La seule chose que ces piaffes m'inspiraient à l'instant était l'envie pressante de les étrangler jusqu'à ce que mort s'en suive... ou à la rigueur, jusqu'à obtenir leur mutisme définitif... Il semblait que le moindre son me fasse l'effet de million de cloche sonnant en même temps à l'intérieur de mon crâne, sensation, qui, aussi longtemps que je m'en souvienne, n'avait jamais été agréable. Cela s'ajoutant à une ribambelle d'autres symptômes qui caractérisait ce qu'on appelait subtilement gueule de bois...

Je n'étais pas une soularde, c'était clair, mais le temps d'une soirée, sous l'euphorie générale, et influencée par les autres convives, j'avais eu la faiblesse d'accepter un verre... vite suivie par de nombreux autres ...

C'est donc avec les idées embrumées et cet épuisant sentiment de porter le poids du monde sur mes épaules -dans le sens propre du terme- que j'ouvris difficilement les yeux, me rendant compte d'une sensation étrange derrière moi. Et si ce détail était déjà inquiétant, le fait que je ne reconnaisse pas la chambre dans laquelle j'étais l'était encore plus. J'essayais alors de bouger, mais me figeant immédiatement lorsque je sentis le mouvement d'un bras se resserrant autour de ma taille. Et le contact de la peau nue contre la mienne m'informait rapidement de la tenue dans laquelle j'étais, ou plutôt de l'absence de tenue, quelque qu'il soit... Je me crispais encore davantage en sentant un soufle léger et chaud sur ma nuque...

seigneur...je ne toucherais plus jamais à l'alcool de ma vie...

Je me rendais alors compte que mon dos était contre ce que je traduisais comme un torse musclé, ma taille étant entourée par un bras tout aussi musclé et dont la prise était ferme et assurée... Et si ces premiers détails me permettaient encore de douter du sexe de la personne derrière moi, ce que je sentais dans le bas de mon dos dispersait tout malentendu... Et ça c'était inquiétant ...

Plus jamais.

Tentant de ne pas céder à la panique, ce qui était presque impossible pour moi, je cherchais, sans savoir pourquoi, à découvrir l'identité potentielle de mon ... "amant"?... Cela me permettant peut-être dans un élan désespéré de réflexion, de m'échapper et de m'enfuir avant qu'il ne se réveille.

Je priais déjà pour que ce ne soit pas le maréchal Cross, ou quelque exorciste que ce soit, encore moins un membre du département scientifique ... en fait je priais pour que ce ne soit aucun homme de l'Ordre en générale... Mais bon, vu ce que j'avais remarqué toute seule, c'était improbable...

Pourquoi avais-je accepté ce verre... J'y pense, c'était le maréchal Cross et Lavi qui me l'avaient offert...

Ces deux-là, mettez-les dans la même pièce avec une bouteille de vodka et vous obtiendrez un remake de Sodome et Gomorrhe... Je les revois encore, dansant et chantant à tout casser, ladite bouteille de vodka dans la main, la moitié du département scientifique, visiblement contents de leur soirée, certains avec leur cravate attachée sur la tête, en train de faire la chenille autour des deux exorcistes... mais je m'éloigne de mon sujet premier donc...

Je me crispe de nouveau. l'intrus vient de bouger! Dans le cas présent, c'est moi l'intruse, mais ce n'est pas important pour le moment j-aaaah! Il se pelotonne encore plus contre moi, plonge son visage un peu plus dans mon cou, i-il-il...frissonne...?

...

Un sentiment horrible m'assaille alors... la culpabilité!

Pourquoi je culpabilisais ? Du fait de vouloir m'enfuir à tout prix et d'abandonner ce pauvre homme/garçon(?) à son sort dans le froid de sa solitude et de son lit (je souligne que nous étions sous une énorme couche de drap et de couverture...) raison totalement illégitime, j'en conviens, mais il n'en fallait pas moins pour me faire douter. Ma logique douteuse se montrait traître dans les pires moments de mon existence...

Faisant tout ce qui était en mon pouvoir pour ne pas faire de geste trop brusque, je me tournais doucement et lentement afin de faire face à mon destin... Lorsque je fus enfin face à lui, je ne vis d'abord pas son visage, mais la vision et la sensation de ses longs cheveux sur ma peau me fit tout de suite comprendre à qui j'avais à faire.

Alors, se retrouver dans la même pièce que le maréchal Sokaro était effrayant en soi, entendre le maréchal Cross vous faire des avances, c'était inquiétant. Allen en mode poker dans la même pièce que soit, c'était légèrement dérangeant. Mais se retrouver dans un lit, à peine vêtue, pour ne pas dire pas du tout, et complètement collé à Yuu Kanda, c'était carrément TERRIFIANT!

A cet instant, dire que j'étais dans de beaux draps était un jeu de mot stupide et un doux euphémisme...

J'étais dans la mer-

Sa respiration venait curieusement de changer. Il ne bougeait plus, et avait l'air crispé.

L'avais-je réveillé?

Un moment... L'AVAIS-JE RÉVEILLÉ ?

Si c'était le cas, je devais m'enfuir au plus vite! Ou plutôt faire semblant de dormir... Mais c'était impossible, je ne pouvais pas, après tout, Kanda était un exorciste entraîné, il pouvait détecter la présence de n'importe qui et n'importe quoi, je ne pourrais pas lui faire croire que je dors, et encore moins m'évader en douce de ses bras. D'ailleurs, il n'a toujours pas bougé. Est-ce qu'il est vraiment réveillé ? Je levais légèrement la tête pour vérifier, pour la baisser aussitôt. Il n'y avait aucun doute, il était réveillé. Ses yeux ouverts en témoignaient parfaitement. Mais pendant un certain moment, aucun d'entre nous n'osa bouger.

Et ça devenait sérieusement pesant.

Ne pouvant toujours pas me résoudre à faire quoi que ce soit, je me réhabituais petit à petit à la sensation de la peau de Kanda contre la mienne, me relaxant progressivement. Et c'est comme si le fait de me sentir relaxée rassurait Kanda, qui lui aussi se décrispait.

Même si aucun de nous ne regardait l'autre, le silence lourd et pesant avait été remplacé par quelque chose d'apaisant. La situation était particulièrement gênante, mais cela restait agréable. Il bougea subitement, se redressant au dessus de moi et me jetant un regard perplexe. Il semblait tout aussi étonné de me voir là. Il s'assit, passant ses main dans ses cheveux, et regardant dans le vide.

-Qu'est-ce que tu fais là ?

-h-huh...

Il ne se souvenait pas non plus de comment j'étais arrivé ici, et qui plus est, il semblait encore un peu dans les vappes... C'était plutôt bon pour moi, sinon je ne serais déjà plus de ce monde...

Il passa sa main sur son visage, agacé, et me reposa la même question, de façon plus agressive cette fois. Il émergeait, je fesais donc mieux de répondre avant qu'il ne se fache.

-J-Je ne sais pas, je ne me rappelle de rien...

Il se mit alors à sourire. Quoi que le fait de le voir sourire soit déjà quelque chose d'effrayant en soit, j'eus un léger frisson me passant sur le dos, anticipant ce qui allait arriver. Non, ce n'était un sourire adorable et sincère, un de ceux que l'on voyait sur Lenalee ou Allen, mais plutôt un sourire léger, carnassier, séduit, un qui sentait la luxure à des kilomètres, un de ceux qu'on voyait fréquemment sur le visage du maréchal Cross...

Oh.

...

en fait je me trompais, au moment où Kanda s'est penché au dessus de moi, ses mains des deux côtés du lit, et ce sourire flippant encore accroché aux lèvres, c'était là que j'étais vraiment dans la mer- d'accord, dans le caca... très profondément dans le caca... Parce que si je ne me souvenais pas de ce qui m'étais arrivé la veille, Kanda semblait absolument ravie de me le rappeler...

Je ne toucherais plus JAMAIS à l'alcool... JAMAIS!

oOoOoOoOo

Plus tard, nous étions hors de la chambre, moi, dans un état de gêne indéfinissable, et Kanda, étrangement de bonne humeur. Non pas que cette séance matinale de jambe en l'air improvisée ai été désagréable, je m'étais même surprise à apprécier, mais ça restait Kanda, qui était de cinq ans mon cadet. Et je ne voulais pas savoir ce que ferait le reste de l'ordre en découvrant ce petit écart de conduite, car nous étions pas sans savoir que ce genre de chose, entre exorciste ou autre, était proscrit. Il semblait que la flamboyante jeunesse de l'Ordre ne tenait pas rigueur de ce détail...

oOoOoOoOo

En une soirée, j'avais englouti assez de verre pour me jurer de ne plus jamais touché à une bouteille d'alcool, même pas au 90° utilisé à l'infirmerie. Et en une matinée, j'avais fait changé l'opinion de Kanda a mon sujet. Il semblait trouvé bon de se "tromper" de chambre de temps à autre (chose qui était impossible pou Yuu Kanda) et d'y passer un certain temps en ma compagnie...

oOoOoOoOo

Désormais, à la prochaine célébration, s'assurer que la seule chose se trouvant dans mon verre soit de l'eau... au risque de mourir d'épuisement physique le lendemain...