Chapitre 2 Confidences
« I hope someday
We'll sit down together
And laugh with each other
About these days, these days
All our troubles
We'll lay to rest
And we'll wish we could come back to these days, these days. » M.
Si Audrey aurait pu s'enterrer et disparaître sous terre, elle l'aurait fait assurément. Elle n'avait jamais eu autant honte devant quelqu'un. Elle se sentait si misérable, si vulnérable.
Bob lui avait retiré tous ses vêtements et l'aidait à se laver. Elle se tenait assise, dos à lui et il s'affairait à lui appliquer du savon au creux des reins.
Elle se doutait bien que lui aussi était gêné et qu'il ne faisait pas ça pour la mater mais pour l'aider à se sentir mieux.
Ça n'empêchait pas que la situation était très gênante. Audrey sentait que Bob, malgré ses gestes doux, faisait de son mieux pour terminer au plus vite.
Au bout d'interminables minutes, et sans un mot, le jeune homme s'en alla pour qu'elle puisse se rincer. Audrey laissa l'eau couler longuement sur son corps meurtri. De toute façon, elle ne pouvait même pas se lever de sa chaise sans avoir la tête qui tourne et risquer le malaise. Dans le bac à douche, l'eau était marron. Se débarrasser de toute cette crasse était une libération malgré la sensation de brûlure qu'elle ressentait dans le rein droit.
Ravalant le peu de fierté qu'il lui restait, Audrey rappela Bob pour qu'il vienne l'aider à sortir. Elle tenta de cacher son intimité avec son bras valide. Le jeune homme l'enroula délicatement dans un drap de bain sans dire un mot, les yeux rivés sur le sol. L'atmosphère était lourde entre les deux jeunes gens, ils étaient aussi mal à l'aise l'un que l'autre.
Bob l'aida à regagner le lit. Audrey remarqua qu'il avait déposé du linge propre sur celui ci et cela la toucha énormément. Bob l'aida à s'habiller et à se recoucher.
« Le teeshirt est à moi, mais je t'ai trouvé un jean à ta taille dans une chambre à côté. »
« Merci. » Souffla la jeune femme quand il eut terminé. « Et désolée. J'ai tellement honte. »
Bob lui tendit un paquet de chips plein et alla s'assoir devant la fenêtre pour nettoyer l'arme de Mylan qu'il avait récupéré sur le holster d'Audrey.
« Tu devrais pas, tu es magnifique. »
La jeune femme se mit à nouveau à rougir comme une tomate. Le compliment de Bob était un peu déplacé mais elle en fût très touchée.
« Euh... Merci Bob... Mylan ne pourrait plus me surnommer Garfield maintenant ... » Ajouta-t-elle avec un léger sourire pour détendre l'atmosphère.
Le jeune homme se tourna vers elle en souriant.
« Il t'embêtait souvent avec ça, hein ? »
Audrey pinça les lèvres à l'évocation du souvenir de Mylan mais elle eut quand même un sourire attendri en repensant aux plaisanteries de son frère et de ses parents à propos de son poids.
« Avant, j'étais vraiment blessée par leurs moqueries mais maintenant je donnerai tout pour les retrouver ...»
Bob posa le chiffon qu'il tenait dans ses mains et fixa le sol devant lui.
« C'est vrai... Moi, j'ai jamais su ce qu'étaient devenus mes parents...»
Audrey observa son ami avec affection. Il avait l'air si malheureux. Finalement Bob n'avait pas eu la chance de rencontrer de nouvelles personnes sur qui compter. Elle se sentait si privilégiée face à lui d'être tombée sur Aaron, Éric, Rosita ...
Et Daryl.
Au souvenir du chasseur, la jeune femme eut à nouveau envie de pleurer. Elle ne supportait plus de rester coincée ici, dans l'antre de ce monstre qu'était Negan. Il fallait qu'ils s'en aillent au plus vite. Elle ne savait pas comment allaient ses amis et ce sentiment d'incertitude était terrible. Ils étaient peut-être morts, elle voulait en avoir le cœur net. Et puis visiblement, pour Bob aussi il devenait urgent de sortir de là.
« Je suis désolée pour tes parents, Bob. Je me souviens d'eux.»
En effet, Audrey les avaient rencontrés par hasard alors que Bob l'avait invitée déjeuner au parc d'Arlington la semaine qui précédait l'épidémie. Les parents de Bob étaient beaucoup plus âgés que les siens. Sa mère était malade. Malheureusement ils n'avaient sûrement pas du survivre longtemps dans ce monde.
Bob releva la tête et lui adressa un sourire triste.
« Je me rappelle de ce jour. »
« C'était une belle journée, je ne m'étais pas vraiment attendue à ce que tu viennes me chercher, je me souviens t'avoir ouvert la porte en pyjama, j'avais tellement honte.» Rit Audrey en avalant une grande poignée de chips.
Bob se mit à rire à son tour.
« Je vois encore la gueule de tes chaussons à tête de chat roses. » Plaisanta le jeune homme. « Sérieusement, t'es vraiment entrée dans un magasin pour acheter ces trucs ? »
« Arrête, Bob.» S'esclaffa Audrey. « Tu n'as pas vu ta tête quand ta mère nous a surpris tous les deux au parc et m'a demandé si j'étais la copine de son petit chéri ! »
Bob se cacha la tête dans les mains.
« Je me suis jamais senti aussi mal à l'aise. C'était un sacré numéro, ma mère, elle m'appelait quand j'étais en mission en Irak pour me demander si j'avais bu assez d'eau ou si je n'avais pas pris froid...»
« J'aurais adoré la connaître. Elle avait l'air si adorable ...»
« Ton père n'avait pas l'air commode par contre.» Lança Bob. « La première fois que je l'ai vu il m'a regardé de haut en bas et il m'a dit : Encore un merdeux de Seal, la ramène pas trop gamin.»
Audrey éclata de rire en essuyant quelques larmes qui perlaient à ses yeux.
« Je savais pas ! Il l'a très mal vécu quand Mylan lui a annoncé qu'il avait réussit le BUD/S, il n'y croyait pas !»
Les deux jeunes gens avaient un sourire scotché aux lèvres, ils fixaient le sol en se remémorant des souvenirs chacun de leur côté.
« Merci, Bob. Ça fait une éternité que je n'avais pas ri comme ça...»
« Pareil pour moi, ce n'était pas vraiment l'éclate ici... Crois moi.»
La dure réalité les rattrapa, Audrey se sentit coupable de plaisanter avec Bob alors que Daryl était peut-être mort à l'extérieur.
Elle ne s'était pas rendu compte que Bob la regardait depuis un bon moment.
« Ça te va tellement mieux de sourire.» Glissa-t-il.
« C'est grâce à toi...» Répondit Audrey timidement.
« Tu penses à lui, hein ?»
Audrey fronça les sourcils.
« À Daryl. » S'expliqua Bob.
Audrey se mordit la lèvre. Bob avait retrouvé son air triste.
« Faut sortir d'ici.» Fit la jeune femme.
Elle tenta à nouveau de bouger ses jambes. Le paquet de chips avait eut son effet, elle se sentait un peu mieux. Maintenant elle pouvait plier les genoux sans ressentir d'atroces fourmis douloureuses dans les jambes.
« Faut te reposer encore un peu puis on partira. Si on arrive à distraire les infectés, on pourra se frayer un chemin.» Répondit Bob en frottant énergiquement sur la crosse de l'arme.
Puis soudain il releva la tête, comme s'il venait de se souvenir de quelque chose.
« J'ai un truc pour toi.»
Le jeune homme alla fouiller dans son armoire, il balança des vêtements et des objets sur le sol jusqu'à ce qu'il ait trouvé ce qu'il cherchait : une grosse boîte à biscuits en métal un peu cabossée.
« Merci, Bob mais j'ai pas très envie d'un gâteau pour le moment, je me suis gavée de chips et j'ai mal au cœur.»
Mais le brun ne répondit pas, il lui tendit la boîte qu'elle posa sur ses jambes.
« Ouvre. J'ai réussi à le récupérer quand ils te l'ont volé.»
Audrey faillit s'étouffer lorsqu'elle souleva le couvercle de la boîte en fer. A l'intérieur, enroulé dans un chiffon, le Berretta 92FS de son père était intact. Elle l'avait perdu quelques mois auparavant lors de la mort de Denise.
La jeune femme releva les yeux vers Bob, émue.
« Mon Dieu...»
Bob s'assit le bord du lit, un grand sourire chaleureux aux lèvres.
« C'est celui que Mylan t'avait laissé je m'en souviens, il...»
Mais Bob dut se taire, Audrey lui avait sauté au cou pour l'enlacer. Ce n'était peut-être qu'une arme de poing mais elle avait une grande valeur sentimentale aux yeux de la brune. Puis elle s'était habituée à tirer avec et l'arme était devenue comme une vielle amie en qui elle pouvait avoir confiance.
« Merci... Merci...»
« Pas de quoi.» Souffla Bob dans son oreille. « Tu vas en avoir besoin.»
Audrey libéra Bob et lui offrit un grand sourire.
« Prends le MK25, c'est celui de Mylan, Daryl a le tien. Mon frère aurait voulu que ce soit toi qui l'ait, après tout, c'est toi qui lui avait offert.»
Bob lança un regard à l'arme qu'il avait abandonné près de la fenêtre.
« Avec des armes pareilles, on ne peut qu'avoir de la chance.»
« Ça c'est sûr !» Fit Audrey avec défi. « En attendant, tu devrais dormir un peu. T'es épuisé toi aussi.»
Bob étouffa un bâillement.
« T'as raison, si tu entends du bruit, réveille-moi.»
Le jeune homme alla s'allonger de l'autre côté du lit et s'endormit aussitot. Audrey sourit, Mylan faisait ça lui aussi, il arrivait à s'endormir instantanément dans n'importe quelle position. Cela était du à leur entraînement chez les Seals et finalement, c'était plutôt utile actuellement. Elle, ne parvenait pas à fermer l'œil. Trop de choses se bousculaient dans sa tête.
Son état physique était assez préoccupant, elle avait vraiment peur de ce qui pourrait lui arriver dehors. Elle ne pourrait pas courir ni éventuellement grimper ou escalader pendant un moment. Ce qui était quasiment fatal dans ce monde où d'une seconde à l'autre, tout pouvait basculer.
Mais d'un autre côté, rester ici, au Sanctuaire alors que Negan et ses hommes pouvaient les trouver à n'importe quel moment n'était en aucun cas une option. Bob et elle devaient regagner Alexandria et rejoindre ses amis. D'autant plus que rester dans une incertitude pareille quant à l'état de Daryl et des autres était insupportable pour Audrey. Elle ne tenait pas en place. La jeune femme était en colère entre son corps qui lui faisait un sale coup pareil dans un moment aussi important. Elle voulait se battre, punir les Sauveurs pour ce qu'ils avaient fait subir à Bob, Mylan, Sasha, Glenn, Abraham... La liste était longue.
Negan avait réussi à briser Daryl, le chasseur n'était plus le même depuis son retour du Sanctuaire. Sa captivité l'avait transformé en un homme avide de vengeance. Et personne ne pouvait lui en vouloir. Audrey le comprenait totalement.
La jeune femme se sentait un peu mieux, elle fit un essai pour se lever et réussit à marcher quelques pas sans problème. Bob s'était bien occupée d'elle, s'il n'avait pas été là elle serait morte, assurément.
Elle l'observa dormir. Même endormi, ses traits n'étaient pas détendu. Un pli barrait son front, ses sourcils étaient froncés et sa mâchoire serrée. Un élan d'affection pour le jeune homme l'envahit soudain. Il avait tout perdu. La seule personne sur qui il pouvait compter était morte alors elle comprenait qu'il ait eu besoin de se raccrocher à elle, elle était la seule personne de confiance qu'il connaissait et c'était pourquoi elle ne pouvait le laisser tomber.
Son attention de tout à l'heure lui avait fait énormément plaisir, retrouver son arme fétiche c'était comme retrouver un peu de son père et de son frère.
Audrey fit quelques pas chancelant vers la fenêtre. Elle entrouvrit le rideau de fortune qu'avait installé Bob avec prudence. Dehors, il faisait bientôt nuit mais les morts, toujours plus nombreux s'entassaient encore et encore autour du bâtiment. Fort heureusement, ils étaient en sécurité, mais complètement piégés. Le fait que Negan et ses acolytes l'étaient également la réconforta un peu, au moins, ils ne pouvaient pas sortir faire du mal à ses amis.
Dans les bâtiments délabrés qui bordaient le Sanctuaire, devaient se trouver quelques hommes de leur coalition, chargés de surveiller les éventuels fuyards. John devait en être, peut-être arriverait-elle à attirer son attention ? Mis à part le bruit des rôdeurs, les environs étaient calmes, comme si le monde était redevenu désert, uniquement peuplé par ces créatures monstrueuses. Audrey fut d'humeur philosophe. Finalement, Negan, Alexandria, ses amis, tous n'étaient rien et leur bataille ridicule comparée à l'immensité de la planète tombée en ruine. Le peu d'êtres humains vivants auraient du s'entraider au lieu de se déchirer de la sorte.
Les heures passaient, la brune contemplait le ciel. Elle se leva et traversa la pièce en se tenant aux meubles pour recouvrir Bob d'une couverture car il frissonnait. Son rein la faisait souffrir. Elle profita de ce temps de répit pour grignoter un deuxième paquet de chips, le placard de Bob en était plein.
Quand le soleil commença à faire son apparition, celui-ci s'étira et se redressa dans le lit. Ses yeux étaient encore fatigués mais son visage avait retrouvé un peu des couleurs.
« J'ai dormi longtemps ? » Demanda-t-il en baillant.
« Le temps de manger pas mal de paquets de chips. T'as braqué une usine ou quoi ? »
Le jeune homme étouffa un rire en se frottant les yeux. Puis il vint s'assoir près de la fenêtre et plongea sa main dans le paquet d'Audrey.
« T'as réussi à te lever. » Constata Bob en baillant une deuxième fois avant d'enfourner une poignée dans sa bouche.
« Je peux pas encore courir un marathon mais pour se barrer d'ici, ça ira. »
« Content de l'apprendre. » Sourit Bob.
Audrey se surprit à le trouver adorable avec ses yeux endormis et la marque d'oreiller sur son visage. Mais elle secoua la tête en pensant à Daryl.
« Comment va-t-on faire Premier-Maître ? » Demanda la jeune femme en croquant une chips.
« Il y en a moins de l'autre côté du bâtiment, si on arrive à créer une diversion on va pouvoir se frayer un passage. »
« Et une fois qu'on est sortis d'ici, on fonce à Alexandria. »
Bob ne répondit pas. Il se contenta de garder un sourire forcé aux lèvres. Il semblait préoccupé.
« Qu'est ce qu'il y a, Bob ?»
Le jeune homme prit une grande inspiration.
« Je vais t'aider à t'enfuir mais je ne viendrai pas avec toi à Alexandria.»
Audrey laissa retomber la poignée de chips qu'elle venait de prendre.
« Quoi ? Pourquoi ?!» S'indigna-t-elle. « Tu m'as sauvée la vie, et tu fais partie de ma famille. Je te laisserai pas seul, c'est hors de question. »
Bob lui adressa un regard empreint de tendresse mais son sourire gêné n'avait pas disparu.
« Tu oublies que j'ai été un Sauveur. Je ne suis pas sûr que tes amis soient d'accord avec toi. »
« Ne t'inquiète pas pour ça, je leur parlerai. Tu n'as rien à voir avec eux, Bob. Tu nous a aidés, Daryl et Rick sont au courant. Il n'est pas question que je te laisse dehors. »
Bob passa la main dans ses cheveux épais.
« Merci, Audrey. » Souffla-t-il. « Ce que tu dis me touche énormément. Mais je ne pourrai jamais m'empêcher de penser que je n'ai aucune légitimité à vivre avec vous. »
Audrey en eut mal au cœur, elle comprenait le raisonnement de Bob. Mais au fond de lui il n'avait jamais été un Sauveur comme Gavin ou Dwight l'avait été. Elle ne voyait pas Bob torturer physiquement ou psychologiquement quelqu'un. Elle le connaissait depuis suffisamment longtemps pour savoir qu'il était un homme bien.
« Je veux que tu restes avec nous. T'as vécu assez d'horreur comme ça... »
Bob releva la tête et lui lança un regard ému. Audrey ne put s'empêcher de plonger son regard dans ses magnifiques yeux noisettes. À nouveau elle du se forcer pour se ramener à la réalité. Il fallait bouger, Daryl l'attendait elle ne voulait pas le faire souffrir plus longtemps de la croire morte.
« On va sortir de là... » Se redressa Bob en retrouvant un début de détermination dans le regard.
Le jeune homme se leva, il attrapa deux petits sacs à dos dans la penderie. Il les remplit avec quelques vêtements et des boîtes de munitions. Puis il alla remplir plusieurs bouteilles d'eau qu'il disposa dans le plus grand sac.
« Je vais t'enfiler ça. » Expliqua-t-il en montrant le sac le plus léger. « Au cas où on serait séparés tu auras de quoi tirer. Ça ira pour marcher ? »
Audrey prit une grande inspiration.
« Tes paquets de chips m'ont donné une forme d'enfer ! » Plaisanta la jeune femme. « En revanche, je ne serais pas contre une cigarette parce que je suis vraiment morte de trouille... »
Bob lui adressa un sourire rassurant.
« Ça ira. » Fit-il en posant sa main sur l'épaule d'Audrey. « Je ne t'ai pas encore vraiment vue à l'œuvre mais je suis sure que tu es douée. »
La jeune femme tenta de faire bonne figure mais se lancer parmi les morts avec un bras en moins et un rein en compote ne la rassurait pas vraiment. Elle pensa à Daryl et ses doutes se dissipèrent. Il fallait qu'elle le fasse.
Après avoir terminé de se vêtir, attaché leur holster et leur étuis à couteau, les deux amis se regardèrent avec défi.
Audrey leva sa main et Bob lui tapa dedans avec enthousiasme.
« C'est parti. » Soupira la brune.
—
Le couloir était sombre et effrayant mais il avait le mérite d'être désert.
Audrey et Bob prenaient tout de même soin de ne pas faire de bruit.
Son Sog du côté de son bras malade et le Beretta dans l'autre main, Audrey tentait se concentrer de toutes ses forces, calquant ses pas sur ceux de Bob devant elle.
Le Seal la conduisit jusqu'à une sortie située à l'opposé du bâtiment. En effet, derrière les grilles, les morts étaient plus dispersés que de l'autre côté mais il en restait tout de même beaucoup.
Audrey était tétanisée, elle revoyait Alexandria, le jour où la horde avait envahi la ville. Si seulement Daryl pouvait arriver avec son camion citerne et les sauver comme la dernière fois...
« On fait comment maintenant ? » Demanda-t-elle d'une voix tremblante.
Bob ne répondit pas, il réfléchissait. Puis soudain, sans prévenir, il attrapa brusquement le bras d'Audrey et la ramena contre le mur d'enceinte.
« Qu'est ce que ...?! »
Pour toute réponse, Bob posa un doigt sur ses lèvres, il indiqua le toit d'en face d'un signe de tête. En effet, en étant plus attentive, Audrey put distinguer le canon d'un sniper pointer sur le haut du bâtiment.
Bob l'entraîna derrière une voiture à moitié calcinée.
« Ce sont tes amis ? » Demanda-t-il.
Audrey se mordit la lèvre. Elle n'avait pas pensé que Bob étant un Sauveur, il risquait de se faire tirer dessus par John ou un autre des snipers que Rick avait placé tout autour du Sanctuaire.
« Oui... Ce doit-être John. Si j'arrive à me montrer il nous laissera passer. »
Bob passa une main sur son visage.
« Explique moi votre plan, Audrey. Je ne veux pas avoir d'autres surprises de ce genre, on risquerait d'y passer bêtement... »
« Rick a prévu de coincer les Sauveurs dans le Sanctuaire jusqu'à ce qu'ils manquent de vivres et qu'ils soient affamés. Il espérait que les travailleurs allaient se rebeller et foutre le bordel. Il voulait lancer un nouvel assaut dans une semaine. En attendant, il a placé des snipers pour éviter que certains s'enfuient. »
Bob se mordit la lèvre.
« Fais moi confiance. » Le rassura Audrey.
Mais la jeune femme n'eut pas le temps de faire quoi que ce soit. Un grand fracas se fit entendre de l'autre côté du bâtiment, comme une explosion suivie de nombreux coups de feu. Surprise, Audrey attrapa le poignet de Bob et le serra très fort.
Les cadavres avaient entendu eux aussi, la plupart d'entre eux se dirigèrent vers l'origine du bruit, leur dégageant un passage assez important pour qu'ils puissent en profiter.
« Allez ! » Fit soudain Bob. « C'est l'occasion ! Suis moi ! »
Merci a Miwakoko et Evilfaul pour vos retours :D
