WOW ! C'est le premier mot qui me vient là tout de suite !
Un bel engouement de votre part, je suis heureuse que ce début vous plaise, vraiment ! J'aime beaucoup cette histoire et je pense que ça fait un moment que je ne m'étais pas investie autant dans une fic.
Vous êtes géniaux, sérieusement, je sais pas ce que je ferais sans vous alors encore un énorme MERCI !
Bref, j'espère que vous serez toujours au rendez-vous pour ce chapitre ! N'hésitez pas à laisser vos impressions parce que pour le coup, vos avis comptent plus que jamais étant donné mon implication dans cette fic là.
Bref, un long chapitre ici avec quelques moments explosifs entre Regina et Emma mais aussi entre Henry et Evelyn !
ENJOY
Bienvenue à New-York
En tant que parent d'élève, Regina Mills se devait de faire une bonne impression et un bon accueil à la jeune femme. Elle l'invita alors à prendre un verre, ce que ne refusa pas Emma puis elle prirent place dans le petit salon.
De petit, il n'avait que le nom. Emma était émerveillée de voir au mur une immense bibliothèque recelant une centaines d'ouvrages. Des lustres toujours aussi brillants et des moulures, exactes reproductions de ce que l'on pouvait trouver dans des châteaux ou des musées.
« C'est drôlement grand chez vous ! » lança innocemment Emma en vacant son regard un peu partout.
Elle était assise sur un large canapé, son fils à coté, et devant eux, Regina et sa fille, exact réplique miniature de sa mère, pensa Emma amusée.
« Alors miss … Swan ? »
« Oh appelez-moi Emma ! » s'enjoua la jolie blonde
Regina haussa un sourcil « Donc, miss Swan … » Emma perdit son sourire « Vous êtes, vous et votre fils, nouveaux en ville. »
« Ouais, on débarque du Maine. Rien à voir avec la grandeur et la décadence de New-York ! » dit-elle entre 2 gorgées de coca
Regina aurait pu être offusquée d'une telle attitude dévergondée, jusqu'à ce qu'Emma leur dise qu'elle venait du Maine : tout s'expliquait donc.
« Oh du Maine, vraiment ? Et qu'y faisiez-vous ? »
« Oh j'étais assistante du shérif du patelin où on vivait. »
« Un shérif ? C'est intéressant. Et vous avez été mutée ici ? »
« Oh non, j'ai démissionné. Je suis serveuse dans un resto sur Time Square. »
La réaction de Regina fut aussi violente que si Emma avait sorti une série de gros mots : elle écarquilla ses grands yeux noisette et mit une main sur son cœur. Voyant la réaction virulente de la jolie brune, Emma se racla la gorge « Ouais enfin, c'est temporaire hein … Je compte bien reprendre quelque chose de plus sérieux. »
Henry et Evelyn n'avaient pas dit un mot de tout l'entretien. Ils se cantonnaient à se fixer, d'un visage neutre, même si Henry ne réussi pas à tenir le regard face à une Evelyn dont un rictus de dégout se dessinait peu à peu sur son visage, au fur et à mesure qu'Emma ouvrait la bouche.
Il n'avait jamais eu honte de sa mère, jamais eu honte de son parcours, de leur vie atypique et de leur manière assez légère de voir la vie. Mais pourtant, à ce moment précis, il aurait donné n'importe quoi pour que sa mère se taise. Et comme si elle avait lu dans les pensées de son fils, et sentant l'atmosphère peser un peu plus, Emma se leva, suivit immédiatement par son fils.
« Bon, c'est pas qu'on s'ennuie mais … On a des trucs à faire, hein Henry ? »
« Ouaip. »
« Bon, je vous laisse. Merci pour le verre … et merci pour les cours. » dit-elle en tendant la main vers Regina puis vers Evelyn
« Bienvenue à New-York, miss Swan. Au plaisir de vous revoir. »
« J'en suis sûre. » conclut Emma en un sourire qui en disait long avant de sortir de la maison, ainsi qu'Henry.
Quand la porte fut fermée, Regina se tourna vers sa fille « Je retire ce que je t'ai dis chérie. »
« Huh ? »
« Ce n'est pas charitable et altruiste de ta part … C'est une épreuve de force. »
Evelyn éclata de rire en voyant la tête de sa mère qui semblait avoir vu un fantôme.
« Eh bah … Quelle ambiance hein … »
A bord de leur coccinelle jaune, Emma et Henry avaient décidé de faire quelques courses pour remplir le frigo et s'offrir une pizza pour leur première soirée new-yorkaise.
Henry resta silencieux tout le trajet et pendant les courses. Une fois de retour à leur appart', Henry se vautra sur le canapé et alluma la télé. Une fois les courses rangées et les pizzas au four, Emma s'octroya enfin un moment avec son fils.
« Pas très bavard hein … C'est à cause de ce qu'il s'est passé chez les Mills ? »
« Non … »
« Tu me fais la gueule ? J'ai gaffé c'est ça … »
« Mais non … » lança Henry « C'est pas ça … J'ai rien contre toi. »
« Alors quoi ? »
Ses yeux furent attirés alors vers une pile de magazine sur la table basse. Au dessus de la pile trônait fièrement le magazine Elixir, ce qui tira une grimaça spontané d'Henry.
« C'est la façon dont elles ont agi, toutes les deux. Comme si ce qu'on est c'est pas suffisant pour elles. Avec leur grande maison, leur belle bagnole … »
« Tu sais, elles sont peut-être riches, mais j'te parie qu'elles sont pas aussi heureuses que nous. »
« Comment ça ? »
« On dit souvent que l'argent ne fait pas le bonheur … Mais qu'il y contribue quand même pas mal. »
« Ca c'est ce que disent les gens qui n'en n'ont pas … »
« Ouais, pt'être … En tout cas j'échangerais pas ma vie pour la leur. »
Henry sourit alors : il n'avait pas honte de sa mère, au contraire, il l'admirait. Sa vie n'avait pas été facile : elle avait eu une enfance heureuse aux cotés de ses parents, mais il avait suffit d'une rencontre avec le mauvais garçon pour l'entrainer dans une série de menus larcins et l'éloigner de ses parents pour aller vivre sa vie de bohême avec son petit ami.
Mais d'erreur en erreur, elle comprit qu'on était jamais mieux que chez soi. Et quand elle décida de rentrer chez elle, auprès des siens, elle ne revint pas seule : c'est avec un ventre bien arrondi, à seulement 18 ans, qu'Emma retourna dans le Maine.
Bien sur, rien ne fut simple et Emma, aidée de ses parents, avaient décidé de garder son enfant, malgré son manque de diplôme ou l'absence de travail. Alors, elle confia son fils à ses parents pendant qu'elle chercha du travail. Heureusement, Storybrooke était une petite ville où tout le monde se connaissait et où tout le monde s'entraidait. Si l'un d'entre eux avait des problèmes, la communauté se serrait les coudes.
Ainsi le shérif décida de prendre sa formation et de la prendre au sein de son bureau. Ainsi Emma pu économiser et se prendre un appart'. Elle décida de ne pas scolariser son fils et de lui faire la classe elle-même. Sa mère, professeur en école primaire, se chargea de son éducation jusqu'à son entrée en 6ième et même au-delà. Le garçon était en demande constante de savoir. Quand sa famille ne pouvait combler ses attentes, il trouvait ses réponses dans les livres. Voilà aussi la réponse pour laquelle il avait de l'avance sur le programme.
Quant à sa relation avec sa mère … Elle était basée sur la franchise et le respect. Emma avait toujours dit la vérité sur la paternité d'Henry : son père, en apprenant la grossesse d'Emma, avait délaissé la jeune femme et l'avait laissé se débrouiller toute seule. Il n'avait jamais demandé après son père, il n'en avait jamais ressenti le besoin.
Il était proche de sa mère, si proche qu'il représentait son point d'ancrage lorsqu'elle allait mal, il était la présence masculine de la maison et se comportait comme un père protecteur envers sa mère contre toute personne médisante. Et aujourd'hui, cette famille Mills avait été à la limite.
« Hey, tu sais, je me fous de ce qu'elles peuvent penser de moi … Mais j'ai pas envie que ça t'atteigne toi … »
« T'as pas de soucis à te faire, je suis grand, je sais me débrouiller tout seul. »
« Ouais sauf que je suis sensée être ta mère et prendre soin de toi, et pas l'inverse. »
« Je suis là pour ça. Et j'ai pas honte de qui nous sommes et ce que nous avons fait. Mais j'aime pas qu'on nous regarde et qu'on nous traite comme si on était moins bien qu'eux. »
Emma sourit alors : elle avait de la chance d'avoir son fils, la prunelle de ses yeux, avec elle. Elle lui ébouriffa les cheveux « Alors, pizzas devant une partie de Need For Speed ? »
« Prête à perdre … encore ? »
« Ah ! C'est ce qu'on verra ! »
Le lendemain offrit son lot de surprises à Henry : alors qu'il se dirigeait vers son casier, il vit Evelyn fouiller dans le sien.
« Hey salut ! » lança-t-il. Pour toute réponse, Evelyn referma sèchement son casier et le fixa d'un regard incrédule « Euh … Henry Swan, tu sais. Je suis venu hi… »
« … Je sais qui tu es. »
« Hey Evelyn, on te cherchait ! C'est qui lui ? Il te veut quoi ? »
Venait d'arriver en trombe 2 filles, une blonde et l'autre rousse, encerclant ainsi Evelyn « Oh lui … Un mec de ma classe, un nouveau, Harry. »
« Henry. » rectifia le jeune garçon mais les filles ne semblaient pas s'en soucier, étant déjà passées à un autre sujet, à savoir la prochaine fête donnée chez les Mills. Il haussa alors les épaules avant de retourner son attention vers son casier.
Quand les filles s'éloignèrent, c'est Arthur qui apparut « Salut ! Alors, les Mills ? »
Henry haussa un sourcil « Y'a que ça qui t'intéresse ? sérieux ? »
« Bah je voudrais bien savoir comment elle est dans l'intimité. »
« L'intimité ? »
« Tu m'as compris : sans qu'il y ait de gens autour pour qu'elle soit pas naturelle. »
« Bah tu seras pas surpris que je te dise qu'elle a été exécrable. »
« C'est Evelyn Mills après tout. » s'amusa Arthur
« Ouais, ça lui donne pas tous les droits. »
« C'est sur. C'est définitivement pas le grand amour entre vous deux huh … »
« Pas vraiment. » dit-il en voyant s'éloigner Evelyn et ses amies « Mais je suis du genre à me dire qu'il y a toujours du bon en chaque personne … »
« Tu crois au père Noel aussi nan ? » lança, amusé, Arthur
Sans répondre, Henry referma son casier : une nouvelle journée commençait.
Et si la matinée était passée dans un relatif calme, ce ne fut pas sans quelques regards de travers et des souffles d'exaspération de la jeune fille en voyant Henry s'asseoir à ses cotés pour les 3 cours de la matinée. Elle évita soigneusement ses regards et fit mine de ne pas entendre quand il lui posait une question, quelque chose qui le rendait hors de lui. Elle avait beau être la meilleure élève et être riche, ça ne lui donnait pas le droit de traiter les gens ainsi. Et au risque de devoir changer d'école dans les jours qui suivent, il était bien décidé à dire à Evelyn ce qu'il pensait d'elle.
Et l'occasion lui fut donné à l'heure du midi. Plateau en main, cherchant désespérément une place assise, il se balada dans les allées, à la recherche d'un regard amical, comme celui d'Arthur, et alors qu'il venait de l'apercevoir, et que ce dernier l'invita à la rejoindre d'un signe de la main, il se heurta violemment à quelqu'un, renversant son verre de jus d'orange sur son plateau.
« Hey ! » Quand il releva le nez, il eut un frisson : devant lui, Evelyn, le fixant d'un regard noir et mauvais, et derrière elle, ses 2 copines, presque outrées.
« Hey quoi ? C'est toi qui ne regarde pas ou tu vas. » lança Evelyn acerbement
« Ca te viendrait pas à l'idée de te pousser au lieu de forcer le passage ?! »
Evelyn haussa un sourcil, amusée « Pourquoi me pousserais-je pour quelqu'un comme toi ? Ca serait plutôt l'inverse non ?! »
Derrière elle, ses deux copines gloussèrent comme des dindes, alors que quelques regards commençaient à être attirés par la joute verbale au milieu du réfectoire.
« T'es obligée d'être aussi méchante ? »
« Je ne suis pas méchante, je suis seulement réaliste. » lança-t-elle dans un rictus de fierté
Henry fronça son nez et tourna les talons en murmurant un « pimbêche » qui ne manqua pas aux oreilles de la jeune fille.
« Hey ! » l'alpagua-t-elle. Henry se retourna alors « Qu'est-ce que tu viens de dire là ? »
« Quoi ? Que tu étais une pimbêche ? »
Devant l'aplomb du garçon, Evelyn fut quelque peu déstabilisée. Jamais personne dans cette école n'avait osé se dresser contre elle. Elle avait toujours été celle que l'on admirait ou qu'on aimait même si, elle n'était pas idiote, cela ne revêtait qu'une hypocrisie et un intéressement égocentrique.
« Tu n'as aucun droit ! »
« Et qui va m'interdire de dire ce que je pense huh ? Toi ? Et tu vas m'en empêcher comment ? »
Dans un sursaut alors qu'Henry s'approchait d'elle, Evelyn renversa son lait aux fraises sur son débardeur. Le temps sembla alors s'arrêter et tous les regards fixés sur les deux ados.
Evelyn arbora un air surpris, bouche grande ouverte « Espèce de …. Regarde ce que tu as fais ! »
« J'ai absolument rien fais, c'est toi toute seule. » rigola Henry « On récolte que ce qu'on mérite. Si tu traitais les gens mieux que ça … »
« De quoi tu parles hein ? Tu ne sais rien de moi ! Tu débarques de ta campagne du Maine où tu as été élevé en petit sauvageon, hors du système scolaire ! Remarque, je comprends ta mère … Moi aussi si j'avais un fils comme toi, je n'oserais pas le montrer en le mettant à l'école. »
Un rire de masse s'éleva alors, Evelyn arborant un air plus fier encore. Henry grimaça avant de faire un pas de plus dans sa direction :
« Je préfère encore être ce que je suis plutôt qu'une garce égoïste et imbue d'elle-même, qui méprise tout et tout le monde. Tu n'as pas d'amis Evelyn, tu as juste des gens autour de toi qui se servent de toi, de ton argent. Non, définitivement, je préfère être ce que je suis plutôt qu'être 10% de ce que tu es. »
Devant le brouhaha s'élevant et les messes-basse avec, Evelyn sentit le sol s'effondrer sous ses pieds : comment un petit nouveau avait pu la déstabiliser ainsi et la discréditer aux yeux des autres, Ca ne se passerait pas ainsi ! Elle s'avança vers lui jusqu'à entrechoquer son plateau au sien « Tu n'as aucun droit … Tu es aussi rustre et mal élevé que ta mère. » A l'évocation de sa mère, Henry se tendit. Evelyn savait alors qu'elle venait de toucher une corde sensible. Elle esquissa un sourire mesquin alors « Enfin si on peut appeler ça une mère : elle a arrêté de grandir quand elle t'a eu … »
Henry serrant son plateau dans ses mains, se contenant comme il pu « Moi au moins j'ai pas un magazine en guise de mère ! »
« Petit bâtard ! »
« Sale pimbêche doublée d'une peste. »
Evelyn ne tint plus, elle s'empara de la première chose qu'elle trouva, à savoir une fourchette de purée, et lui balança sur le visage.
Une marée de « ohh » et de souffles retenus se fit entendre alors. Henry ne se démonta pas et attrapa une poignée de petits pois à pleine main et lui jeta en pleine figure. Après un quart de seconde de surprise, Evelyn prit son yaourt et lui renversa sur la tête.
Bientôt une voix dans la foule s'éleva « Bataille de bouffeeeeeeeeeeeeeeee » et en quelques secondes, la nourriture vola de part et d'autre, gommant toute trace de lutte entre Evelyn et Henry pour laisser place à un vaste capharnaüm dont les 2 ados étaient devenus les instigateurs malgré eux.
En quelques minutes, le réfectoire était un champ de guerre, et quand les surveillants arrivèrent enfin, le calme fut instauré avec mal. Quand ces derniers demandèrent ce qui s'était passé, tous désignèrent Evelyn et Henry comme ceux ayant lancé les hostilités.
Les 2 ados, couverts de nourriture se regardèrent alors d'un regard noir avant d'être conduits chez le directeur.
Regina Mills était la directrice de marketing la plus efficace de New-York. Elle était rapide, charismatique, polyvalente. Elle était crainte aussi car reconnue pour ne jamais mâcher ses mots. Certains la comparaient volontiers à Miranda Priestly dans « Le Diable s'habille en Prada ». Elle savait la peur et la crainte qu'elle inspirait et s'en servait pour instaurer son empire.
Elle était partie de rien, avait refusé les brillantes études de Droits qu'elle avait entamées, ainsi qu'un poste de procureur généreusement offert par sa mère. Elle voulait faire ce dont elle rêvait : devenir rédactrice en chef d'un grand magazine féminin. Elle débarqua alors à New-York avec pour seuls bagages ses économies, ses croquis et ses idées.
Elle démarcha des dizaines de grands magazines afin d'y faire de multiples stages et monter en grade peu à peu. De part son sérieux, ses efforts, son dynamisme et ses idées brillantes, elle avait su s'imposer et imposer son style jusqu'à ce que ses ambitions deviennent trop grandes pour la boite qui l'embauchait. Forte de ses expériences, elle débuta dans un hangar désaffecté avant de construire son empire : Elixir.
Fière de sa réussite qu'elle ne devait qu'a elle-même, elle demandait le même effort et la même implication à ses employés. Certains la taxait de cruelle et froide, mais d'autres savaient reconnaitre que, derrière ce masque de patronne distante et ambitieuse, sommeillait une femme juste et bonne qui savait récompenser ses employés les plus actifs, et reconnaitre les efforts fournis.
Il était vraiment dur de bosser pour Regina Mills, mais être accepté dans la boite signifiait aussi avoir beaucoup d'avantages : des salaires plus que généreux, des congés payés doublés, des soirées libres ou encore une prise en charge médicale complète grâce à une mutuelle peu chère mais efficace. Oui, tous ceux qui travaillaient pour Regina Mills travaillaient dur, mais ils étaient récompensés à leur juste valeur.
Et c'est pour cela que l'entreprise Mills tournait aussi bien et que le magazine Elixir pouvait faire concurrence à ces grosses pointures comme Cosmopolitain, ELLE ou encore Vogue.
Il y avait pourtant un point noir à ce tableau idyllique que dressait Regina : sa famille. Son ambition et sa réussite avaient été au prix d'un éloignement du domicile. Eloignement qui eut raison de son couple quelques années auparavant, et qui détériorait ses relations avec sa fille.
Pourtant, elle aimait sa fille, plus que tout au monde, plus que son magazine lui-même. Mais n'ayant pas eu une enfance choyée et aimée elle-même, elle avait du mal à montrer à sa fille à quel point elle tenait à elle.
Pourtant, elle était fière de la réussite de sa fille : meilleure élève de son collège, musicienne de talent et cavalière de valeur, elle avait tout ce qu'une mère pouvait rêver d'avoir avec sa fille. Elle n'avait jamais eu à s'inquiéter d'une quelconque crise d'adolescence : sa fille n'avait jamais eu un caprice plus au que l'autre, elle ne l'avait jamais déçue, elle avait tout ce qu'elle demandait. Oui, tout ce qu'elle désirait, sa mère essayait de lui obtenir. Ne sachant pas vraiment montrer physiquement à quel point elle aimait sa fille, Regina préférait lui offrir tout ce dont elle rêvait pour combler ses attentes et démontrer à sa fille qu'elle ferait n'importe quoi pour elle.
Alors quand, en pleine réunion avec ses employés pour la prochaine couverture d'hiver, elle reçut un appel du collège lui intimant l'ordre de venir sur le champ, son cœur fit un bond dans sa poitrine. Il ne lui avait rien dit au téléphone si ce n'était qu'il y avait eu un problème avec Evelyn et qu'elle devait venir de suite.
Frustrée de ne pas avoir fini sa réunion à temps, elle roula en direction du collège de sa fille en ruminant sa colère.
« Voilà madame, une pizza 4 fromages pour vous. Et pour vous … Une salade cheddar. »
Emma servait sa 10ième table de la matinée et s'il y avait bien une chose qu'elle avait appris avec ce métier : c'est qu'elle avait des muscles qu'elle ne soupçonnait pas. Ses jambes, son dos … Tout lui faisait mal, sans parler de ses poignets, soutenant les plateaux souvent bien garnis des clients.
Mais pourtant, elle aimait ce job sans prise de tête. Evidemment il était bien loin de celui d'adjoint du shérif dans le Maine. Mais elle aimait le changement, elle était comme ça : la bougeotte à toujours vouloir voir ailleurs. Heureusement elle avait passé ce virus à son fils qui aimait lui aussi voir du pays. Alors quand il fut l'heure de quitter le Maine pour New-York, aucun des deux n'hésita, surtout après les derniers événements.
Emma avait perdu son père quelques années plus tôt. Sa mère avait eu du mal à s'en remettre, même quand Emma lui demanda d'instruire son fils, afin de la sortir de la morosité dans laquelle elle s'était enfermée. Mais après quelques années à lui enseigner son savoir, elle avait arrêté, prétextant qu'Henry en savait déjà bien plus qu'il ne devrait.
Finalement, sa mère mourut quelques temps pus tard, officiellement d'une crise cardiaque, mais Emma soupçonnait que sa mère s'était un peu aidée à coups de cachets. Bien sur, elle n'en avait rien dit à son fils et c'était avec cette ombre planant sur sa tête qu'elle avait finalement décidé de quitter Storybrooke, chargée de trop de souvenirs pour y vivre encore.
Elle espérait que New-York soit un nouveau départ pour elle et son fils. Elle était pleine de ressources, ainsi qu'Henry, et elle savait que tous les deux, ils s'en sortiraient. Henry était intelligent, fort et plein d'esprit, elle savait qu'il trouverait la force de rebondir.
Quant à elle, elle espérait sincèrement trouver quelque chose de plus consistant pour vivre. Elle avait pu s'acheter ce magnifique appartement grâce à l'héritage conséquent que lui avaient laissé ses parents. Elle savait que, plus tard, cet appartement reviendrait à son fils pour lui assurer un avenir qui ne serait pas sous les ponts.
Elle avait vraiment eu de la chance d'avoir Henry avec elle. Il était sa bouée de sauvetage, il n'avait cessé de l'être toutes ses années. C'était grâce à lui qu'elle avait su avancer et ne pas se terrer dans sa monotonie. Après que son compagnon l'ait laissé tombé avec pour seul bagage un bébé dans son ventre, elle avait décidé que, jamais plus, quelqu'un régnerait sur sa vie et déciderait pour elle. Elle était indépendante et n'avait besoin de personne si ce n'était de son fils.
Heureusement pour elle, ce qui aurait pu être un problème de plus à gérer pour elle n'était qu'une bénédiction : Henry n'avait pas vraiment connu encore cette crise d'ado caractéristique, il aidait sans ronchonner, il avait su prendre soin de lui lorsque sa mère faisait des heures supp au bureau du shérif. Il était bon élève et aspirait à devenir chevalier plus tard ! Du moins c'était son idée lorsqu'il avait 8 ans. Aujourd'hui, il aspirait à devenir vétérinaire, ce qui demandait un certain niveau d'études et une exigence de résultat qu'elle savait son fils capable d'avoir.
« Hey Jerry, un œuf au plat bacon et … » Elle fut interrompue par la vibration dans sa poche. Elle fronça les sourcils : qui pouvait bien l'appeler à cette heure-ci ? Peu de gens avec son numéro si ce n'était ses employeurs et … le collège.
Ne reconnaissant pas le numéro, elle mit quelques secondes à répondre « Allo ? Oui c'est moi. Oui c'est mon fils. Quoi ? Ok, j'arrive ! » Elle raccrocha et souffla « Hey Jerry, je dois y aller, y'a un problème avec mon fils au collège ! Je reviens dès que je peux. »
Elle enleva rapidement son tablier avant de prendre son sac et de monter dans sa voiture, direction l'école Roosevelt.
Quand Regina entra en trombe dans le bureau de la secrétaire, elle eut la surprise d'y retrouver une tête pas inconnue. Elle ne se souvenait plus de son nom, mais elle l'avait vu hier, c'était la mère de ce gamin dont sa fille donnait des cours de rattrapage. Quand cette dernière se retourna pour lui laisser la place, elle la fixa « Oh euh … On se connait non ? »
Pour toute réponse, Regina fronça le regard et se tourna vers la secrétaire « Le directeur m'a appelé. Regina Mills, ma fille est … »
« Oui je sais. C'est moi qui vous ais appelé. Asseyez-vous, je le préviens que vous êtes là. » Elle attrapa son téléphone et invita Regina à s'asseoir sur un des fauteuils, aux cotés d'Emma. Soudain l'atmosphère se fit plus lourde et Emma n'osait même pas regarder la jolie brune en face. En y regardant de plus près, son visage lui était familier. Elle ne savait pas comment ni pourquoi mais, il lui semblait l'avoir déjà vu avant hier. Alors qu'elle allait ouvrir la bouche, la porte du bureau du directeur s'ouvrit et les deux jeunes femmes se levèrent avant de se jeter mutuellement un coup d'œil.
« Je vous en prie, entrez. »
« Qui ? » lança en même temps les 2 jeunes femmes
« Vous deux. »
Regina haussa un sourcil alors qu'Emma esquissa une moue dubitative. Quand elles entrèrent, elles virent en même temps, leur enfant respectif, cheveux mouillés et habits de rechange sur le dos, assis sur des chaises en face du bureau du directeur.
Ce dernier s'installa et invita les jeunes femmes à prendre place aux cotés de leur enfant.
« Que se passe-t-il ? » demanda prestement Regina
« Voilà. Il y a eu un incident au réfectoire ce midi. »
« ? »
« Une … bataille de nourriture. »
Un rire contenu s'échappa des lèvres d'Emma, bien vite remise en place par les regards noirs de Regina et du directeur
« Il semblerait que vos enfants respectifs, Evelyn et Henry, en soient les instigateurs. »
Regina laissa échapper un hoquet de surprise et mit sa main sur sa poitrine « Comment ça ? Il doit y avoir une erreur. »
« Malheureusement non. Nous avons entendu plusieurs enfants, ainsi que le personnel de cantine qui a assisté à la scène. De plus, vos enfants ont avoué. »
Regina écarquilla les yeux de surprise avant de fixer sa fille qui rentra sa tête dans ses épaules, le regard baissé, fixant ses chaussures.
Emma, quant à elle, fixa son fils, incrédule « Explique. » Mais le jeune garçon resta silencieux
« Aucun des deux n'a voulu dire le pourquoi du comment. Ils ont juste admis avoir commencé la bataille. Ecoutez … Compte tenu du dossier irréprochable de miss Mills et du fait que monsieur Swan est nouveau, je ne mettrais qu'un avertissement verbal à vous deux. J'aimerais, pour l'heure, que chacune de vous parle à votre enfant afin d'éclaircir la situation. Je ne demanderais qu'une courte rédaction sur ce qu'ils ont fait, et leur ressentiment face à ça. »
« Entendu. » conclut Regina « Je veillerais à ce que tout cela ne se reproduise plus. »
Après avoir fait un signe de tête au directeur, elle se leva, ainsi que sa fille et sortit du bureau. Emma se leva alors à son tour et se racla la gorge « Moi aussi je … Je ferais ce qu'il faut. » Puis elle quitta le bureau, suivie d'Henry.
« Vas-tu me dire ce qu'il s'est passé ? » lança Regina sur un ton neutre, mais qui n'engageait rien de bon
« … »
« Miss Evelyn Serena Mills… J'attends un peu mieux de ta part. Tu as toujours été une bonne élève avec un comportement irréprochable. Que s'est-il passé aujourd'hui pour que tu sois embrigadée dans une bataille … De nourriture ! Vraiment ? » Evelyn se mordit la lèvre inférieure alors « Et regarde-moi quand je te parle. »
Evelyn leva alors le regard, les yeux embués de larmes. Regina n'avait vu que très rarement sa fille pleurer, y compris quand son père et elle avaient divorcé. Elle fut un peu déstabilisée mais se reprit, plus doucement. Elle lui caressa la joue « Evelyn, quelque chose ne va pas ? »
« Je … »
« Hey ! » Les deux brunettes se tournèrent alors pour voir Emma marcher rapidement dans leur direction, suivi, un peu plus loin et d'un pas plus lent, Henry. Une fois arrivée à leur hauteur, Emma se stoppa, inspirant et expirant bruyamment « Je … Je voulais vous dire que j'étais désolée. Je … Je sais pas ce qu'ils s'est passé entre eux mais … On devrait peut-être en parler non ? »
Regina haussa un sourcil « Pardon ? Si j'ai quelque chose à dire ou faire avec ma fille, ça ne regarde que moi. Et je doute qu'elle y soit réellement pour quelque chose. »
« Quoi ? »
« Je dis : ma fille n'a jamais eu aucun problème ici, aucune heure de colle, aucune punition depuis qu'elle a mis les pieds dans cet établissement. Et votre fils débarque et soudainement, à son deuxième jour de classe, ils sont convoqués dans le bureau du directeur. Vous n'allez tout de même pas me dire que c'est un malheureux hasard. »
« Je … On sait pas ce qu'il s'est passé et je vous rappelle que le directeur a dit qu'ils avaient avoué tous les deux. »
« Elle a certainement voulu supporter, dans un geste altruiste, son camarade. Mais je doute qu'elle ait initié la bataille. Tout au plus a-t-elle répliqué pour se défendre. »
« Se défendre ? Vous sous-entendez que c'est mon fils qui l'a attaqué ?! »
« Je ne dis rien, les faits parlent d'eux-mêmes. Ma fille n'est absolument pas de ce genre. »
« Quel genre ? »
Regina soupira, prenant un air supérieur « Votre fils n'a jamais mis les pieds à l'école avant. Il semblerait qu'il faille faire quelques ajustements de comportement pour vivre en collectivité scolaire avec d'autres camarades. Nous ne sommes plus à la campagne ici, nous avons des règles, et il faut les respecter. La prochaine fois, ma fille ne protègera plus votre fils contre son ignorance. »
Emma serra les poings alors, les 2 ados sentant que la situation dégénérait « Mon fils a pas été élevé dans la jungle non plus ! Et tant qu'aucun des enfants n'aura expliqué les faits, je prends pour acquis que mon fils n'est pas en tort. »
« Evidemment … » hoqueta amusée Regina
« Vous en avez pas marre de prendre les gens de façon hautaine ?! »
« Excusez-moi ? »
A ce moment là, Evelyn tira la manche de sa mère « Viens maman, je t'en pris. » Et Henry de faire la même chose avec Emma.
Bien malgré elles, les deux jeunes femmes se séparèrent, prêtes à se jeter l'une sur l'autre pour défendre l'honneur de la famille. Emma prit alors son fils par les épaules et partit en direction de sa voiture « Mais pour qui elle se prend celle-là ! Accuser mon fils de voyou ! »
Henry ne pipa mot, c'était inutile quand Emma était dans cet état. Il suffisait juste de la laisser grommeler toute seule et n'intervenir que lorsqu'elle aurait fini.
Quant à Regina, elle fixa la blonde partir au loin avant de s'autoriser à monter dans sa voiture en la maudissant, tandis qu'Evelyn monta à ses cotés, s'enfonçant un peu plus dans le siège.
Emma s'était tue. Dès qu'elle descendit de sa voiture, elle se mura dans le silence. Dans l'appartement, elle prépara en silence le repas tandis qu'Henry se réfugia dans la rédaction du devoir demandé par le directeur.
Ce n'est qu'au moment du repas qu'Emma prit de nouveau la parole « Alors … Tu n'as rien à me dire … » Henry mâchouilla mollement sa salade avant de faire tomber ses couverts et se redresser « Je t'ai laissé le temps de préparer ta défense. »
« C'est … Compliqué. »
« Ah non, pas de ça avec moi. Tu vaux mieux que ça. Alors ? il s'est passé quoi dans ce réfectoire ? Miss Mills a raison ? C'est toi qui a initié la bagarre ? »
« Non ! »
« Alors, dis-moi la vérité. »
Henry soupira : il n'avait jamais menti à sa mère, il n'avait jamais éprouvé le besoin de le faire. Emma était sa mère, mais aussi sa meilleure amie : personne ne le connaissait mieux qu'elle. Elle connaissait ses failles.
« On s'est disputé. »
« Sur quel sujet ? »
Il se mordit la lèvre « Sur moi, sur nous … Sur toi. »
Emma laissa son dos reposer sur le dossier de la chaise, commençant à y voir plus clair « Elle a dit quoi ? »
« … »
« Henry, tu m'as souvent répété que je ne devais pas avoir honte de ce que j'étais et que, toi-même, tu n'avais pas honte de qui nous étions. Alors, dis-moi, je le prendrais pas mal. »
Il inspira alors « Je … Sans le faire exprès, je l'ai heurté avec mon plateau, elle m'a dit alors de me pousser. Je lui ais demandé pourquoi elle était aussi méchante … Et c'est parti en sucette. »
« Et cette sucette ressemble à quoi ? »
« Elle m'a dit que … »
« Oui ? »
« Que j'étais aussi rustre et mal élevé que toi … »
« Oh je vois … »
« Alors j'ai répondu que je préférais être ce que je suis plutôt qu'une pimbêche et garce comme elle. »
« Houlà … Tu sais parler aux filles toi. »
« Ensuite … Elle m'a dit que tu avais arrêté de grandir quand tu m'as eu. J'ai rétorqué que je préférais ça plutôt qu'avoir un magazine pour mère. »
« Belle répartie … Attends, un magazine ? »
Pour toute réponse, Henry se leva et alla chercher un magazine sur la table basse. Il lui tendit « Sa mère c'est la patronne de ce magazine. »
Emma fixa la couverture où trônait une magnifique rousse portant un smoking et fumant le cigare avec en guise de titre « Le mythe de l'androgyne : tendance ? » Elle se frappa alors le front de la paume de sa main « Mais oui ! Voilà pourquoi elle me disait quelque chose ! J'ai vu une de ses interviews dans un magazine, y'avait sa photo ! »
« Super. » grommela-t-il
« Je comprends le palace dans lequel elle vit. »
« Ca me fait une belle jambe … »
« Et donc, tu lui as fais bouffer ta purée ? »
« C'est elle qui a commencé ! Elle m'a envoyé de la purée, j'ai rétorqué avec des petits pois. Elle a enchainé avec un yaourt. Ensuite, ça a été le bazar dans la cantine. Je crois que j'ai reçu aussi un jus d'orange, mais pas sûr de savoir d'où il venait. »
« Je vois … Tu sais que c'est mal n'est-ce pas ? »
« Elle a commencé ! J'allais pas me laisser insulter sans rien faire ! »
« Je sais. C'est pour ça que je ne vais pas te punir plus que le directeur. Je comprends que tu ais voulu nous défendre et que sans ses remarques, rien ne se serait passé. Mais je comprends pas : pourquoi tu ne l'as pas dis au directeur ? Il l'aurait puni elle et pas toi. »
« … »
« Attends … Me dis pas que t'en pince pour elle ? »
« Quoi ? Non ! »
« Oh ok … Parce que je me voyais mal avoir des repas de famille avec sa mère. » Henry esquissa un sourire « T'as fini ta rédaction ? »
« Ouaip. »
« Bon. Dessert et ensuite dans ta chambre. »
« Hey, t'avais dis pas de punition ! On devait se faire un donjon ce soir. »
« Gamin, je suis peut-être cool, mais faut pas pousser non plus. »
Elle lui envoya un clin d'œil et Henry ne pu que sourire. Il en voulait très rarement à sa mère, et quand c'était le cas, ça ne l'était jamais très longtemps. Il débarrassa la table alors et, comme convenu, se rendit dans sa chambre. Et au lieu de faire une partie avec sa mère, il se plongea dans la lecture d'un roman policier.
Le trajet n'avait été qu'une cascade de jurons et autres noms d'oiseaux à l'intention de la jolie blonde. Des reproches à n'en plus pouvoir, tant et si bien que Regina manqua de salive en arrivant chez elle. Elle conclut son récit par un « Ca ne se passera pas comme ça ! » avant qu'Evelyn, lasse, ne monte dans sa chambre et ne s'y enferme pour écrire sa rédaction.
Par où commencer ? Il était inutile de mentir, elle était certaine que, de son coté, Henry rédigerait la vérité. Et la vérité était que c'était elle qui avait initié les hostilités. Comment tourner cela sans qu'elle ne passe pour une garce patentée ?
Elle repensa alors aux paroles d'Henry … Tu es obligée d'être aussi méchante … Je préfère encore être ce que je suis plutôt qu'un garce égoïste et imbue d'elle-même, qui méprise tout et tout le monde. Tu n'as pas d'amis Evelyn, tu as juste des gens autour de toi qui se servent de toi, de ton argent.
Les larmes lui montèrent alors et bientôt elle ne pu apercevoir les lignes qu'elle écrivait tant sa vue était brouillée. Quand on toqua à sa porte, elle essuya rapidement ses larmes et reprit contenance. Son sourire se fana quand elle aperçut non pas sa mère mais Granny.
« Miss … Ta mère a du repartir à son bureau. »
« Je m'en doutais … » soupira Evelyn
« Elle m'a demandé de veiller à ce que tu fasses tes devoirs et que tu manges. »
« Bien. »
Et devant la petite mine de l'adolescente, Granny s'approcha « Quelque chose ne va pas ma chérie ? »
Evelyn sourit alors en sentant les lèvres de la vieille femme sur son front. Granny était ce qui ressemblait plus à une grand-mère, plus que n'importe qui. Sa vraie grand-mère, la mère de sa mère, était constamment en voyage. Ambassadrice des Etats-Unis à l'étranger, elle passait rarement pour voir sa fille et encore pus rarement sa petite-fille.
Parfois elle se demandait si sa mère avait ressenti ce qu'elle ressentait quand sa mère passait des journées, des week-end entiers à son travail sans la voir. A chaque fois qu'elle regardait un film où la grand-mère était une femme généreuse et aimante, elle zappait. Les seules marques d'affection que lui procurait sa grand-mère se bornaient à des chèques envoyés des 4 coins du monde pour son anniversaire et Noel.
En 12 ans de vie, Evelyn n'avait du voir sa grand-mère que 8 fois en tout et pour tout … et pas plus de 2 jours de suite.
Alors que Granny avait été la gouvernante de la famille depuis que sa mère, Regina, était petite. Elle gardait sa mère lorsque sa grand-mère était absente. Puis quand Regina tomba enceinte, elle demanda à Granny de venir travailler pour elle. Ce qui arrangeait la vieille femme qui n'avait pas une retraite épaisse et pouvait continuer de travail pour un salaire plus que généreux tout en étant logée et nourrie dans une belle demeure.
D'ailleurs, même si Evelyn avait une tante, elle aimait a appelé la fille de Granny « tante Rub' » qui passait parfois chez elles les week-ends.
« Alors ? Tu me racontes ? »
« C'est compliqué Granny. »
« J'ai tout mon temps. »
Emma était allongée sur son canapé, zappant d'une chaine à une autre sans réel but. Elle ne cessait de penser à son fils et ses paroles. Il avait beau être fort, il n'en restait pas moins un petit garçon qui avait besoin d'une mère plutôt que d'une amie.
Son regard glissa doucement de l'écran à la pile de magazines sur la table basse. Elle soupira alors et prit le premier au dessus « Elixir ». Elle soupira avant de se redresser, d'attraper sa tablette et de tapoter sur l'écran « Regina Mills – Elixir »
Une vingtaine d'articles s'ouvrirent alors et Emma piocha l'un d'entre eux. Elle fixa alors la photo de la jolie brune. Car oui, elle avait beau être d'une arrogance sans non, il fallait bien reconnaitre que cette femme avait un charisme de fou et du chien.
Emma sourit alors et caressa du bout de l'index la photo, caressant les contours de son visage « Qui êtes vous miss Mills … » murmura-t-elle
Quand Regina revint à son domicile, le calme et la pénombre lui indiquèrent que tout le monde dormait. Il n'était pourtant pas si tard et elle avait fait de son mieux pour revenir assez tôt afin de parler avec sa fille de ce qu'il s'était passé à l'école.
Elle déposa ses affaires, se déchaussa avant de monter les marches la menant jusqu'à la chambre de sa fille. Elle soupira alors et ouvrit la porte doucement. Dans son lit king size, Evelyn semblait dormir. Regina s'approcha et s'assit au bord du lit, caressant les cheveux de sa fille. Elle avait l'air si paisible, si gentille … Elle aurait voulu savoir ce qu'il s'était vraiment passé ce midi, mais elle resta là, silencieuse, admirant sa fille qui, en grandissant, ressemblait de plus en plus à son père.
Elle se coucha alors près d'elle, elle ne l'avait pas fait depuis des siècles. Elle soupira d'aise en serrant sa fille dans ses bras, collée à son dos.
« C'est ma faute tu sais … » murmura la jeune fille.
Regina sursauta à peine « Vraiment ? »
« Je l'ai insulté maman. » Regina fronça les sourcils mais ne fit aucun commentaire « Je suis méchante. »
« Pourquoi dis-tu ça ? » lança doucement Regina
« Mais c'est vrai. Il a dit que j'étais méchante, pimbêche, garce et une vraie peste. »
Regina fulmina intérieurement : personne n'avait le droit de dire cela de sa fille. Ce morveux allait payer « Ce n'est absolu…. »
« … C'est vrai tu sais. Je suis vraiment méchante à l'école. »
Regina se figea alors … Elle ne comprenait plus. Sa fille avait toujours été la meilleure élève, la plus distinguée et, le pensait-elle, la plus choyée. Evelyn se retourna pour faire face à sa mère et Regina, dans la pénombre, distingua un mince filet brillant … Sa fille pleurait.
« Oh chérie … Dis-moi ce qui ne va pas. »
« Il a raison … Ce garçon, Henry. Il a dit que je n'avais pas d'amis, qu'ils me parlaient simplement parce que j'étais riche, qu'ils profitaient de moi. »
« C'est ce que ce gamin t'a dit ? Vraiment ? »
« Oui, et il a raison. Je le savais … Mais je préférais ne rien voir, et me mentir à moi-même. J'ai été méchante avec lui, comme je suis méchante avec beaucoup … Et c'est moi qui ait commencé avec la nourriture, il n'a fait que riposter. » Evelyn le savait, même dans le noir elle pouvait sentir le regard de sa mère sur elle « T'es fâchée ? »
Regina garda le silence un moment avant de resserrer son étreinte et coller sa fille contre elle « Je suis désolée ma chérie. Est-ce moi ? Est-ce parce que je suis trop absente que tu te venges à l'école ? »
« J'en sais rien … Mais je te promets de ne plus le faire, je te promets de changer. »
Regina avait les larmes aux yeux : elle était passée à coté de sa fille, totalement. En réalité, elle la connaissait que très peu. Son travail avait pris le pas sur le reste, elle pensait que sa fille comprenait, qu'elle ferait avec … Mais elle oubliait parfois que derrière ses airs de grandes filles, ce n'était encore qu'une petite fille de 12 assaillie par les responsabilités.
« Je te promets de changer aussi Evie … D'être plus présente, plus à l'écoute. Tu ne dois pas te sentir seule, plus maintenant. »
Et après un moment de silence et quelques sanglots, Evelyn murmura « Je vais être punie hein ? »
« Je ne serais pas une bonne mère si je ne le faisais pas. Je me demande juste … Pourquoi ? Pourquoi maintenant, si tu ressentais ça depuis un moment ? »
« C'est à cause de lui, ce garçon. Ca a été le premier, et le seul, à dire la vérité, à me mettre la réalité en face. Et tu sais, il m'a défendu devant le directeur. Quand je me suis dénoncée, il l'a fait aussi … »
« Je vois … » Soudain, elle eut une pensée pour la mère du jeune garçon, et la manière dont elle l'avait traité elle et son fils « Je téléphonerais à miss Swan demain pour m'excuser. »
Puis elles s'endormirent toutes les 2, espérant repartir sur de bonnes bases dès le lendemain, que se soit avec Henry, ou même Emma.
TBC
NEXT : De plates excuses, un rendez-vous manqué et un intéressant compromis ... Tout cela dans le prochain épisode :)
