Encore un pas. Je tombe. Je me relève tant bien que mal et essaie de tenir sur mes jambes. Je serre les dents et je retiens mes larmes. Mes genoux me font mal, et mes mains, elles saignent, un peu comme mon cœur en fait.

Je me remets en marche. Je ne dois pas pleurer. Ni marquer un seul signe de faiblesse. Ou de tristesse.

Et pourtant, quelle délivrance ça serait … de m'écouler et de hurler, hurler si fort que, pour une fois, ils m'écouteraient.

La marche est longue et difficile, le chemin dangereux et sinueux. Ce chemin s'appelle la vie.

Je retombe encore et il me semble que je les entends rire derrière moi. Un rire méchant.

Les paumes de mes mains sont incrustées de gravier, et ma tête commence à tourner. Mais je sais que je n'ai pas droit a l'erreur, parce qu'a la moindre faiblesse, ils se jetteront sur moi. Comme des charognards.

J'ai peur de ne pas avoir assez de force pour les combattre, j'ai peur de tomber et de ne pas arriver jusqu'au bout. J'ai peur.

Je les entends derrière moi, ils rient, ils parlent, ils ont l'air si insouciants et si innocents …

En tournant la tête je n'ai pas vu l'obstacle arriver … et je m'écroule. Une fois de plus.

Je suis foutu. C'est ce que je pense. Je n'ai plus la force de me relever et je commence à sombrer … et puis une main se tend. Amie. Rassurante.

Je la prends. Je me relève. Plus forte que jamais. Pleine d'espoir.

Vivante.