Dix-sept-heures. Enfin…Je devrais recevoir une médaille pour survire à toutes ses heures de cours, en particulier celle qui me sont inutiles comme les matières scientifiques. En particulier les maths, très peu pour moi. Par contre, dès que nous avons français, je suis le premier à être devant la salle mais arrêtons de parler de cours ! Après tout j'ai fini ma journée ! Et comme nous l'avions promis, Rosalya et moi étions en route pour la supérette.
Moi : Maman t'a dit ce dont elle avait besoin ?
Rosalya : Oui ! Elle m'a tout envoyé en message !
Moi : Tant mieux.
Nous arrivons enfin à la supérette. Je pris un panier et ont pu s'aventurer dans les rayons. Objectif numéro un, le rayon fruit et légume.
Rosalya : Maman nous demande du chou-fleur…
Rosa et moi nous nous regardons dans les yeux pendant quelques instants et nous changeons vite de rayon sans prendre le légume du diable.
Moi : Y'en avais plus…
Rosalya : Compris…
Moi : Ensuite ?
Rosalya : Du vinaigre, du beurre, des yaourts aux chocolats et du jambon.
Moi : Je m'occupe du beurre et des yaourts et toi du reste, c'est presque le même rayon.
Rosalya : Oui chef !
Nous nous séparons pour aller chercher nos articles. Une fois la tâche terminée, nous nous rejoignions dans le rayon où nous nous étions séparés.
Moi : Tu m'avais pas dit que le Nutella et les cookies, c'était dans la liste.
Rosalya : C'est bon…On partagera…
Moi : Après tu insultes cette pauvre balance…C'est elle la victime !
Rosalya : Hey !
Moi : Allez on rentre la gourmande !
Rosalya gonfla les joues, joues qui étaient rouges. Quand elle fait cette tête-là, je la compare à une tomate. Bien sûr, je garde ça pour moi. Bref ! Nous étions partis en direction de la caisse pour payer nos articles et nous étions rentrés à la maison.
Moi / Rosalya : On est rentré !
Notre mère ne tarda pas à arriver vers nous.
Cristal : Bonsoir les enfants.
Rosalya : Coucou maman.
Moi : On a tes courses.
Cristal : Désolé de vous avoir embêté avec ça.
Moi : Pas grave.
Cristal : Vous avez tout ?
Rosalya : Oui !
Cristal : Même le chou-fleur ?
Moi /Rosalya : Y'en avait plus…
Cristal : Vraiment ?
Moi : Rosa…On n'avait pas des devoirs ?
Rosalya : Si, si…Beaucoup même…
Moi : Désoler Maman !
Rosa et moi étions presque partis en courant. L'escalier ne fit qu'un tout petit obstacle que l'on traversa en quatrième vitesse. Nous étions partis dans ma chambre pour effectivement « faire nos devoirs ». Une fois à deux, nous lâchons un grand soupir à l'unisson. Je me mis à fixer Rosa de façon insistante.
Moi : Je vois que tu n'as pas oublié ton kit de survie.
Rosalya : Pas la peine de me faire la morale, l'autre jour c'est toi qui as fini le pot de Nutella.
Moi : Avant que tu ne dévores le peu qui restais !
Un silence s'installa pendant quelques secondes avant que nous éclations de rires.
Moi : Ça me rappelle le temps où on se battait tous les deux contre papa pour savoir qui aurait le dernier Bueno.
Rosalya : Et à chaque fois ont pleuré pour le faire craquer !
Moi : Je suis sûr que ça marcherait encore.
Rosalya : Vu comment il est protecteur, y'a pas de doute.
Après s'être remémoré les bons souvenirs d'enfance, Rosa et moi nous nous asseyons par terre pour nous mettre à ma table basse.
Rosalya : On commence par quoi ?
Moi : Le français ? Si je le fais avec toi, ça sera rapide.
Rosalya : Alors d'accord.
Moi : Il faut une lecture analytique sur « Manon Lescaut ».
Rosalya : Tu as lu le livre ?
Moi : Oui.
Rosalya : C'est vrai…Pourquoi ai-je posé la question ? Vu la panoplie de vieux livre que tu as c'est normal.
Moi : Tu ne t'en pleins pas à ce que je sache ? Ça t'arrange quand tu as des devoirs en français que tu n'arrives pas à faire toute seule.
Rosalya : D'un côté, tu as 20/20 de moyenne en français…Tu imagines ! Tu as battu Nathaniel !
Moi : Rosa…Les cours ne sont pas des compétitions…
Rosalya : Par contre en maths, tu es archi nul…
Moi : Tu sais bien que j'ai horreur de ça…
Rosalya : Moi aussi…
Quand il s'agissait de maths, nous étions désespérés, par chance notre père était une vraie calculatrice. Quand nous avons un problème, nous savons à qui nous adresser. Nous avons fini par nous y mettre. Avec moi, ça ne lui avait pas pris longtemps. De plus, j'avais déjà fait la moitié de mes devoirs au lycée donc j'avais pu l'aider au mieux. Nous avions fini vers 18h45. Après ça, Rosa était retourné dans sa chambre et moi j'étais parti à la douche. Puis se fit son tour. J'étais reparti dans ma chambre pour lire un peu. Il était 19h30, j'entendis ma mère nous appeler pour le diner. Quand je suis descendu pour aller dans la cuisine, je vis mon père.
Peter : Bonsoir mon grand.
Moi : Salut papa.
Cristal : Gaëlle, où est ta sœur ?
Moi : Je crois qu'elle se sèche les cheveux.
Peter : On en a toujours pour un petit moment avec vous deux.
Cristal : Ne revenons pas sur le sujet des cheveux des enfants mon chéri.
Peter : Oui…
Je me mis à rire discrètement. Soudain, on entendit quelque chose débouler dans les escaliers.
Rosalya : Je suis là !
Moi : Ne t'inquiète pas, on te reconnaît au bruit de tes pas.
Rosalya : Très marrant.
Cristal : Allez tout le monde, à table.
Nous nous étions donc tous mis à table sur ordre de la chef.
Cristal : Je n'avais plus de chou-fleur pour ce soir donc j'ai pris des épinards à la place.
Quand ma mère posa les épinards, j'eus un haut de cœur. Ces choses me dégoutaient… Je n'étais pas le seul dans ce cas-là. Rosa et mon père faisaient, eux aussi, une salle tête. Elle s'était bien vengé.
Cristal : Bon appétit !
Autant vous dire que j'avais failli vomir à table, moi qui ai l'estomac fragile. Par chance, ma mère n'avait pas fait que des épinards. Elle avait fait des pommes de terre sautées. Au désert, j'avais pris un yaourt puis j'étais retourné dans ma chambre. J'ai bien cru que j'allais être malade… Mais bon, le mal était passé. Pour me détendre, je décida d'aller sur mon ordinateur pour regarder où en était mon blog. A ce même moment, j'entendis toquer à ma porte. C'était Rosa.
Rosalya : Je te dérange ?
Moi : Non, non.
Rosalya : J'ai ramené quelque chose si ça t'intéresse.
Moi : Quoi ?
Rosalya : Ouvre la bouche !
J'haussa un sourcil. Je finis tout de même par le faire et d'un coup, j'eus quelque chose dans la bouche. Aussitôt, je reconnus un Oreo. J'eus du mal à le mâcher.
Rosalya : Merci qui ?
Moi : Pour avoir failli m'étouffer ?
Rosalya : Je te signale que maman a voulu nous empoisonner ce soir !
On toqua à la porte à nouveau. Cette fois, c'était notre père.
Peter : Qu'est-ce que vous faites les enfants ?
Rosalya : On essaie de survivre.
Notre père rentra dans ma chambre, prenant soin de bien fermer la porte. Il s'approcha de nous et sortit son téléphone portable.
Peter : A quoi la pizza ?
Moi : Maman va nous tuer si elle l'apprend.
Peter : Justement, tout le monde va devoir se montrer discret.
Rosalya : Moi je suis pour !
Moi : Estomac sur pattes…
Peter : Gaëlle ?
Moi : D'accord…
Peter : Jambon fromage ?
Moi / Rosalya : Ok.
Je sens que je me suis embarqué dans une salle histoire… Tout le monde finit par quitter ma chambre. J'étais enfin seul. Sans tarder, je me remis au travail. Je me mis à écrire la suite de mon histoire sur mon ordinateur. Je termina le premier chapitre et le corrigea puis, je le posta.
Moi : Et une bonne chose de faite.
Je m'étira et quitta ma chaise de bureau. Je remarqua qu'il faisait nuit. J'aimais le ciel nocturne. Pour mieux l'admirer, j'ouvris ma fenêtre qui menait à un petit balcon. J'adorais cet endroit, j'avais une vue vraiment superbe. Il y avait les lumières de la ville mais aussi celles des étoiles et de la lune. J'alla chercher ma tablette et retourna sur le balcon, je pris une photo du ciel et la posta sur mon blog avec un petit commentaire « Le chat noir est de sortie ». Aussitôt, j'eus un message de celui que j'attendais, « The Lord of Night ». Il ne m'envoie que des messages, jamais de commentaire. Visiblement, il n'aime pas s'exposer.
The Lord of Night : Tu trouves ton inspiration en courant sur les toits ? Bonne idée puisque la beauté du ciel se retranscrit dans tes histoires.
Moi : Merci pour cette belle nuit Lord.
The Lord of Night : Je viens de lire ton premier chapitre. Simple mais efficace. L'héroïne à du charme, vas-tu partir sur une histoire d'héros ?
Moi : Oui, cela changera de mes fictions sur les mondes fantastiques.
The Lord of Night : Tu as raison. Le changement fait du bien à tout le monde, j'ai hâte de lire la suite. Bon courage.
Moi : Merci.
The Lord of Night : Chat noir.
Moi: Oui ?
The Lord of Night : … Oublie… Passe une bonne nuit…
Il se déconnecta… Au fond de moi, je savais que quelque chose n'allait pas ce soir. La conversation fut trop rapide à mon gout. Je soupira. Mon regard se porta de nouveau sur le ciel qui avait toujours cet éclat que j'admirais tant. C'est vrai que je passais toutes mes soirées à regarder ce spectacle si plaisant à mes yeux, peut-être qu'il avait raison en disant que c'était ça qui me donnait l'inspiration. Je sentis un courant d'air, il commençait à faire froid. Je décida de rentrer, je fermis la fenêtre et posa ma tablette sur mon bureau. A ce moment-là, Rosalya rentra discrètement dans ma chambre.
Rosalya : Tiens.
Rosalya me tendit une assiette avec la fameuse pizza.
Rosalya : Papa s'est déjà débarrassé du carton.
Moi : Que fait maman ?
Rosalya : Elle discute avec grand-mère au téléphone dans sa chambre.
Moi : Ça va alors, on a le temps…Où est papa ?
Rosalya : Il a eu deux minutes pour manger sa part avant que maman ne l'appelle.
Moi : J'espère juste qu'elle ne va rien voir.
Rosalya : Mais il a eu chaud quand même, j'ai juste eu le temps de lui retirer la goutte de sauce tomate qu'il avait dans la moustache.
Moi : Bon réflexe.
Rosalya : Merci qui ?
Moi : Merci Rosa…
Rosalya : Alors, tu as parlé avec ton mystérieux homme de la nuit ?
Moi : Oui.
Rosalya : Et ?
Moi : Il m'a dit que j'avais fait du bon travail.
Rosalya : C'est tout ?
Moi : Que veux-tu que l'ont se disent de plus ?
Rosalya : Comment s'est passé votre journée ? Comment vous allez ? De questions normales !
Moi : Rosa…Ce sont mes affaires…
Rosalya : Je sais mais…Bon…C'est vrai qu'il faudrait que j'arrête de me mêler de tes affaires…
Moi : Pas faux mais tu sais, ça me touche que tu t'inquiètes pour moi.
Rosalya : C'est vrai ?
Moi : Bien sûr, après tout c'est normal que nous nous inquiétions pour l'autre, nous sommes jumeaux.
Je posa l'assiette avant de m'approcher de Rosa pour la serrer dans mes bras.
Moi : Je t'aime sœurette, change rien chez toi.
D'un coup, Rosalya se mise à trembler et je sentis quelque chose de mouillé contre mon épaule. Je la regarda un peu mieux, elle était en larmes.
Moi : Pourquoi tu pleures ?
Rosalya : Pa…Parce que tu me dis pas souvent que tu m'aimes…
Je me mis à sourire et passa un doigt sous ses paupières pour essuyer ses larmes. Je l'embrassa sur le front.
Moi : Pleure pas pour ça idiote.
A suivre…
