Par avance : Après une entrée en matière assez précise dans l'intrigue, voici un chapitre que je dis "dans le présent" car il se déroule selon une deuxième trame narrative plus récente. Mais elle est au passé. On y découvre une faction que j'ai inventé : les Ailes de la Liberté. C'est assez bidon comme nom, je l'accord, mais en anglais : Freedom's Wings, ça le fait beaucoup plus. Enfin bref. Pas de baston, eh non. Mais je promets, dans quelques chapitres, ce sera des grosses bastons. Mais faut me laisser le temps de mettre l'intrigue "psychologique" en place, quoi. Enjoy !
REBELLE (PRESENT)
Jared Felwood fut tiré de sa rêverie par son collègue. Il était de garde dans le bunker aménagé dans la montagne et fixait le magnifique paysage de canyons herbeux qui se dressait devant lui. Il se trouvait sur la planète Haltar, charmante planète sauvage assez éloignée du secteur de Koprulu. Ce secteur en question ne signifiait plus grand chose d'ailleurs. Avec la lutte entre les trois races, la colonisation avait désormais une envergure bien plus large. Haltar était délaissée dans ce domaine par toutes les races car il n'y avait pas de ressources à puiser.
En théorie donc, personne ne devait s'y trouver. Mais Jared était là, et son compagnon Samuel Miar le lui rappelait assez souvent par des :
« Y a vraiment pas un rat par ici ».
Pour le coup, il avait parlé d'autre chose et Jared n'hésita pas à sauter sur l'occasion. Coincés dans leur poste d'observation camouflé dans la montagne, les deux marines n'avaient pas grand chose à faire. Le moindre de sujet de conversation nouveau était donc le bienvenu.
« Tu sais ce qu'ils font en bas ? fit Samuel.
– Dans les labos tu veux dire ?
Samuel alluma un des cigares dont il ne pouvait pas se passer. Le cigare se fondait très bien avec la peau noire du vétéran.
– A ton avis ?
– J'en sais foutre rien. Déjà, je ne suis pas sûr de qui dirige, ici.
Samuel émit un rire rauque en expirant une bouffée de fumée.
– Tant qu'on se rebelle, peu importe qui dirige, c'est la joie, hein ?
– Je ne dirai pas ça. Mais disons que je préfère toujours ça à l'Empire Terran.
– Et pourquoi, p'tit gars ?
– M'appelle pas « p'tit gars » ! J'ai affronté les zergs comme les protoss ! Je ne suis plus un bleu !
– La cicatrice, Jared, la cicatrice…
– Ouais, ouais… Je sais…
Samuel, lorsqu'ils s'étaient débarrassés de leurs armures bioniques après chaque garde, ne manquait pas de montrer à Jared la large cicatrice qui lui barrait la poitrine et qui était l'œuvre d'une griffe d'Hydralisk. Même si Jared était agacé par l'arrogance que Samuel tirait de cette blessure de guerre, il devait avouer que Samuel avait eu du cran. Et de la chance.
– Et toi, tu as une idée de ce qu'ils font ? demanda Jared.
– Une idée, oui. Mais sans plus. Tu ne sais vraiment pas qui dirige ?
– Mmh… Je tenterai bien Chamberlain. Non ?
Samuel éclata de rire.
– Ca me ferait mal !
– Tu n'aimes pas Chamberlain ?
– Je n'aime aucun Fantôme, Jared.
– Allons, il est sympa !
– Ca reste quelqu'un qui pourrait te loger une balle dans la face sans même que tu vois le canon de son arme.
Il faillit jeter le mégot de son cigare par le trou de surveillance mais se retint et l'écrasa sous son pied.
– Je comprends, mais… Enfin bon… C'est qui alors ? Ce n'est quand même pas Lambert ?
– Je respecte Elyon Lambert, mais elle n'est qu'une scientifique, ça me ferait mal d'être dirigée par une fille qui n'a jamais tenu une arme.
– C'est le sexe ou l'arme qui te gêne ? fit Jared avec malice.
– L'arme, espèce de petit con. Quand tu auras mon âge, tu sauras qu'être macho ne sert strictement à rien.
– Pourtant tu ne te prives pas de faire des remarques à…
– Les apparences, Jared. Quand même, on est des marines. Vis à vis des autres, c'est toute une réputation. Mais entre nous, on peut s'en passer.
Jared sourit. Samuel pouvait être très irritant mais dans le fond c'était un homme exceptionnel. Et quelqu'un de très expérimenté.
– Alors c'est qui, en fin de compte ?
– Tu n'as jamais vu Visconti ?
– Euh… Le nom ne me dit rien.
– Yeux et cheveux violets.
Jared mit un temps à coller une image sur ce modèle.
– Ah oui, je vois. Quoi, c'est elle ?! Mais… Elle doit même pas avoir mon âge !
– Oh si… Je crois bien qu'elle a la trentaine.
– Elle ne les fait pas !
– Ouais, c'est vrai. Will Visconti… C'est notre chef.
– C'est un Fantôme… Ca ne te dérange pas ?
– Ca me dérangeait jusqu'au jour où un infiltré de l'Empire à failli l'assassiner mais qu'elle a pris un fusil Gauss qui traînait par là pour le défoncer.
– Un fusil Gauss ?! Sans armure ?
– Comme je te le dis. Bon, elle a eu visiblement mal au bras par la suite. Mais c'est pas juste un de ces lâches qui se terre dans l'invisibilité, incapable de faire face. C'est quelqu'un qui a du cran. Donc je la respecte.
– D'accord… Alors c'est elle qui dirige.
– Oui, et bien, en plus… Ah, et oublie le machisme devant elle. Elle pourrait te démonter la tronche.
– La vache !
– Ouais, crois-moi, on a de la chance que ce soit elle qui s'occupe de nous.
– Et Lambert et Chamberlain sont à ses ordres ?
– Chamberlain, c'est certain. Mais je crois que Lambert est simplement son amie.
– Amie ?
– Oui, c'est bizarre. Lambert dirige les opérations du labo.
– Et c'est quoi comme opérations ? Pas le même genre que l'Empire j'espère, genre toutes ces saloperies de manipulations génétiques…
– Je te rappelle qu'en premier lieu ils ont travaillé sur nos caboches, à l'Empire.
– Ouais, c'est vrai… Une raison de plus de les détester. Alors, qu'est-ce qu'ils foutent en bas ?
– A la base, je te posais la question. Donc je ne sais pas vraiment. Je crois qu'il s'agit de guérir d'un truc, mais je ne sais pas trop quoi.
Il y eut un court silence, puis une voix féminine enjouée répondit :
– Il s'agit de débarrasser les terrans infestés des germes zergs.
Les deux marines, par réflexe, pointèrent leurs fusils Gauss en direction de la voix. Ils n'avaient pas entendu la trappe de service s'ouvrir. Normalement c'était un ascenseur qui permettait d'accéder à l'observatoire.
Jared eut bien vite des sueurs froides. Il était en train de pointer de son arme sur une femme aux cheveux violet sombre mi-longs laissés libres et aux grands yeux eux aussi violets, mais d'un violet éclatant. Elle portait la tenue spéciale des Fantômes mais la fermeture éclair était ouverte en partie, laissant voir une agréable paire de seins remontés par la combinaison, que Jared ne manqua pas de mater avant de retirer de suite son arme, tout comme Samuel qui lui le fit en riant. Jared ne trouvait pas ça drôle. Menacer son chef…
– Pardon, chef !
– Oh, ce n'est rien, fit Will Visconti avec désinvolture. C'est même normal, je suis rassurée que vous ayez ce genre de réflexes. Tiens je vous connais, vous.
Elle regardait Samuel qui fit un bref salut militaire.
– Samuel Miar, à votre service, m'dame.
– Appelez-moi commandant, ça ira.
– Oho, bien, commandant.
Elle se tourna vers Jared qui plongea ses yeux dans l'océan violet du regard de Visconti.
– Et vous ?
Il n'arrivait pas à se détacher des yeux du commandant mais parvint à répondre :
– Jared Felwood, commandant Visconti.
– Bien… Je passais juste faire un tour du bâtiment dans son ensemble. Alors comme ça, vous vous intéressez à ce qu'on fait en sous-sol ? Ne vous en déplaise, on ne complote pas contre l'Empire. A vrai dire, l'Empire est le cadet de mes soucis.
– Si je puis permettre, commandant, fit Jared, Arcturus Ier a pour priorité de faire rentrer l'ensemble de l'humanité dans le rang. Il va vous coller aux basques.
Will croisa les bras et ricana en regardant dehors. Son regard peu à peu devint malsain, accompagné d'un rictus déplaisant, ce qui fit peur même à Samuel.
– Qu'il vienne, Arcturus. J'aurais deux-trois choses à lui dire et à lui faire.
Elle frôla un bouton sur sa tenue au niveau de la taille puis se rendit invisible.
– Croyez-moi, fit la voix de leur chef sans que les deux marines puissent exactement la localiser dans la salle bétonnée remplie de munitions, je pourrais mettre fin à la vie d'Arcturus Mengsk rapidement si je le cherchais vraiment.
Jared chercha autour de lui s'il voyait une déformation dans l'air, signe caractéristique de la présence d'un Fantôme. On le lui avait enseigné lorsqu'il était dans l'Empire. Car les Fantômes avaient tendance à se rebeller plus facilement que tous les reconditionnés faibles d'esprit qu'étaient les Marines. Mais il n'y avait pas de déformation. La capacité de camouflage de Will Visconti était tellement développée que rien ne filtrait. Finalement Jared senti un poids tomber sur son armure et Will reparut assise sur le casque de l'armure du soldat.
– Mais ce n'est pas ma priorité. Je crois que les zergs et la Reine de Pique sont bien plus dangereux que la flotte de l'empire. Car eux sont imprévisibles.
Il y eut un long silence puis Samuel après hésitation demanda :
– A propos, commandant, je peux vous poser une question ?
– Oui, mais il n'est pas dit que j'y réponde.
– Je me lance. On dit que vous avez rencontré la cheftaine des zergs en face à face… C'est bien vrai ?
Nouveau silence. Jared essayait de ne pas bouger pour de ne pas déstabiliser Will qui restait perchée sur son armure. Finalement elle répondit calmement :
– Oui, je me suis déjà retrouvée face à elle, plusieurs fois.
– Et vous vous en êtes sortie à chaque fois, chapeau ! Il paraît qu'elle viole les hommes qu'elle capture avant de les manger…
Will eut un petit rire.
– De ce que je sais c'est faux. Kerrigan ne ressent plus rien de sexuel il me semble, et elle tue froidement, elle ne mange pas ses ennemis. Enfin… C'est ce que j'en sais.
– Kerrigan ? demanda Jared interloqué.
– Oui, c'est son véritable nom. Quoi, vous ne connaissez pas l'histoire de Sarah Kerrigan ? Pourtant elle doit traîner de puis un temps dans les rangs des Ailes de la Liberté. Par ma faute.
– Ca vous dérangerait de nous raconter ? demanda Samuel.
– Pas le moins du monde. Asseyez-vous, Felwood, je crois que je vais rester sur votre tête pour raconter. Vous aussi Miar, je vois que vous n'êtes pas tous jeune. Je vais vous raconter la naissance de la reine des zergs. Et ne vous inquiétez pas pour la garde. Si quelqu'un approche, je le sentirai. C'est un de mes petits dons à moi. »
Will Visconti est un personnage dont le nom et le caractère viennent d'un autre écrit à moi complètement original. Mais se prêtant bien à la chose, je l'ai resprise. La suite dans le passé, si vous suivez.
