Hey !
Voici la deuxième partie de cette fic et ... Ben, voilà, quoi.
J'ai mal. Pas seulement mon corps, mon cœur aussi est brisé. Mais tout ça, c'est de sa faute. Si seulement papa n'avait pas perdu son travail, il y a maintenant quatre ans, peut-être qu'il n'aurait pas commencé à boire. S'il n'avait pas commencé à boire, il ne serait probablement pas de mauvaise humeur tout le temps. Et s'il n'était pas de mauvaise humeur tout le temps, il ne passerait pas son temps à nous crier dessus.
Je crois que le pire, c'est quand il est vraiment très saoul. Il ne faut pas l'ennuyer sinon, il devient violent. A ce moment là, je préfère rester dans ma chambre à jouer aux jeux vidéos que maman m'a offert. Au début, je me demandais pourquoi elle me disait "pardon" en me les offrant.
Mais maintenant, j'ai compris. Elle savait parfaitement ce que j'endurais. C'est pour ça qu'elle m'a donné ces jeux vidéos, pour m'occuper pendant que mon père boit comme un trou, pour être sûr que je n'aille pas près de lui, pour se rassurer en se disant que , pendant que je joue, je ne me ferai pas frapper. Ça serait peut-être encore le cas si elle ne nous avait pas laissés seuls avec lui.
Pourquoi être partie ? On ne valait pas assez à ses yeux pour la raccrocher à la vie, Mégane et moi ? De toute façon, maintenant, c'est trop tard, maman n'est plus là. Pour rappeler mon anniversaire à papa, par exemple. Ce matin, je lui ai dit :"Eh, papa, aujourd'hui, j'ai dix ans.". Il m'a répondu qu'il n'en avait rien à faire. Pourquoi ça m'étonne encore ? Mais le pire, c'est que quand l'étonnement est passé, la vraie douleur arrive. Celle qui vous déchire. Il n'en a rien à faire ? Très bien. Donc, il n'en aura rien à faire non plus quand je ne serai plus là. Si seulement il s'en rends compte...
Il fait nuit, donc tout le monde dort. Lentement, je passe la porte d'entrée. Cette porte qui me retenait prisonnier. Je pourrais me retourner, mais je ne lui ferai pas cet honneur. Et je commence à courir. Courir pour oublier ces quatre années insupportables. Je cours et je sens quelques larmes venir piquer mes yeux. Où est-ce que je vais ? Je ne sais pas. Au bout d'un moment, je m'arrête dans une petite rue sombre. Je n'ai plus de souffle et je ne sais pas où je suis.
J'attends un peu pour réfléchir par où je suis passé pour arriver ici. Et je commence à avoir froid. Je suis fatigué, aussi. Alors, je me roule en boule dans un coin. C'est la seule chose que je peux faire. J'attends que quelque chose se passe. Je commence à me demander si je ne devrais pas demander un peu d'aide à quelqu'un. Au pire, qu'est-ce que je risque à toquer à une porte ? Je sonne et j'attends un peu. Quelqu'un vient m'ouvrir. Une femme. Elle me regarde un moment et finit par me demander ce que je fais là. Je lui explique, elle réfléchit quelques secondes et me fait entrer.
-"Attends deux secondes dans le couloir, je reviens."
Je la regarde partir au fond du couloir et tourner à gauche. Je me demande ce qu'elle va faire. Quand elle reviens, quelques minutes après, elle me dit de la suivre. Elle ouvre la porte d'une pièce sombre et me demande de m'asseoir sur la chaise en face du bureau. C'est ce que je fais. Après quelques secondes, un homme entre à son tour. Il passe une main dans ses cheveux noirs plaqués en arrière avant de s'asseoir de l'autre côté du bureau en souriant.
-"Alors, petit, il parait que tu t'es enfuit de chez toi ?"
Je baisse les yeux.
-"Bon, je dois donc appeler la police."
Je relève la tête et je supplie pendant que mes yeux se remplissent de larmes.
-"S'il vous plait, je veux pas y retourner, laissez moi dormir ici juste une nuit. Après, je partirai, promis."
-"Écoute, tu comprends bien que je ne peux pas te laisser dormir ici gratuitement, et je doute fort que tu ai de quoi payer."
Je baisse à nouveau la tête. Une larme commence à couler.
-"Cela dit,j'ai peut-être un travail à te proposer."
-"Tout ce que vous voudrez !"
-"Il faut juste que je te prévienne : si tu accepte, tu ne pourras plus reculer. C'est tout ou rien."
Est-ce que c'est bien prudent d'accepter ? Que ça le soit ou non, je ne veux plus revivre le cauchemar de ces dernières années. Je suis prêt à tout faire pour ne plus le revivre.
-"D'accord, j'accepte."
Il sourit de nouveau. Mais cette fois ci, c'est beaucoup moins amical.
-"Très bien. En gros, Mélanie, la femme qui t'a ouvert, va t'apprendre... Bah, elle t'expliquera le moment venu. Si tu es doué et assidu, tu passe à la deuxième étape. Sinon, je te chargerai d'un autre boulot mais qui est beaucoup moins... agréable. Je te conseille donc d'y mettre du tien."
-"Et c'est quoi la deuxième étape ?"
-"Oh, tu devras à ton tour apprendre aux gamines ce que tu auras appris."
-"Gamines ?"
-"Oui, des filles de ton age, ne t'inquiète pas."
Je ne dis rien, je me contente de faire bouger ma tête d'avant en arrière pour dire oui.
-"Bon, va dormir, Mélanie va te montrer une chambre, et tu commencera demain."
Je descends de ma chaise et me dirige vers la porte. Juste avant que je ne la passe, il m'arrête.
-"Au fait, c'est quoi ton prénom ?"
-"Mathieu."
-"Très bien, moi c'est Gino. Allez, sors."
Il accompagne sa phrase par un geste de la main. Au moment où je ferme la porte, je sens une main se poser sur mon épaule.
-"Alors, qu'est ce qu'il a dit ?"
Je me retourne pour être face à Mélanie et je lui raconte tout. Elle soupire. Mais pas un soupire de soulagement, plus un soupir de tristesse. Elle passe une main dans mes cheveux en me regardant avec un léger sourire mais elle a quand même l'air triste. Elle me conduit dans une chambre, puis me dit, avant de sortir :
-"Demain matin, je viendrai te réveiller, je te ferai à manger et ensuite, on ira travailler."
-"On ne travaillera pas ici ?"
-"Non, ce n'est pas ici que je travaille habituellement, je ne viens ici que quand le chef a "besoin de mes services pour se détendre"."
Vous voyez arriver le changement radical de situation pour ce pauvre Mathieu ?
Sinon, vous avez peut-être remarqué que chaque partie (bon, il n'y en a que deux pour l'instant mais ça va venir) de cette fic, une des caractéristiques d'une de ses personnalités est en rapport avec cette périodes de sa vie c'était quoi le début de la phrase, déjà ?
Par exemple, pour ce chapitre-ci, j'ai essayé de faire ressortir le côté victime, mais surtout le côté naïf du Geek.
Alors, un avis sur la prochaine personnalité visée ?
