Hey !

Quelle bonne surprise de constater que le premier chapitre vous a plutôt plu ! J'espère qu'il en sera de même pour la suite, et je vous remercie beaucoup pour les reviews auxquelles je réponds en bas de chapitre avec grand plaisir.

Sur ce, je vous souhaite une bonne lecture !


« Quatre numéros en une journée ! Tu te rends compte ? Quatre… »

« Numéros en une journée, je sais oui. Ça fait peut-être trente fois que tu m'le dis. »

« Sois pas jaloux Stiles… » répondit Scott avec un air faussement affligé, avant qu'un petit sourire moqueur illumine son visage. « Toi tu as une belle photo d'un parfait inconnu qui dois te prendre pour un malade mental maintenant ! »

Stiles fusilla son meilleur ami du regard mais il ne parvint qu'à le faire exploser de rire. Il n'aurait jamais dû lui raconter ses péripéties de la veille…

« Faux frère… » grommela Stiles en se replongeant dans son bol de céréales

« Sérieusement, qu'est-ce qui t'a pris ? » demanda Scott sans s'arrêter de rire

« Je te l'ai déjà dit…j'en sais rien, c'était…comme avec Lydia. »

Scott retrouva soudainement son sérieux, et il sembla cette fois sincèrement désolé.

« Non, ça, tu me l'avais pas dit. »

Stiles haussa les épaules, avala son café et se leva. Il n'avait aucune envie d'aborder le sujet, il s'était promis de tourner la page dès le moment où Lydia lui avait annoncé partir étudier à New-York.

« J'ai cours à onze heures, on se voit ce midi ? » dit-il comme si de rien n'était

« Euh…non, j'ai entraînement jusqu'à quinze heure. Désolé… »

« C'est bon Scottie, fais pas cette tête. Je peux survivre à une journée sans toi ! »

Un brossage de dents et un coiffage express plus tard, et Stiles était dans sa Jeep, en route pour l'université. Plus il s'en rapprochait, plus il se demandait ce qu'il faisait ici. Il ne pouvait pas s'empêcher de penser à son père, seul chez lui…d'accord, c'était justement lui qui l'avait poussé à suivre Scott dans une bonne université. Et puis, contrairement à son meilleur ami, ses talents de joueur de crosse n'avaient pas vraiment compté dans son dossier d'admission…il avait dû bosser comme un dingue pour être accepté.

Il avait réussi, vivait en colocation avec son frère de cœur et la douleur de la séparation avec Lydia commençait à s'atténuer. Il devrait se sentir bien, soulagé…

Pourtant, quand il se gara devant l'université, il ne put s'empêcher de pousser un long soupir désespéré. Bon…au moins, il n'avait pas littérature aujourd'hui. Espérons que le prof d'Histoire soit un peu moins barré qu'Hale…pensa-t-il en jetant un coup d'œil à son emploi du temps. Quand faut y aller…

Après dix minutes d'errance dans les couloirs de l'aile droite, il trouva finalement l'amphithéâtre dans lequel il devait avoir son premier cours magistral. Des dizaines de première année s'engouffraient déjà dans la salle, et il les y suivit avec appréhension.

Comme il le craignait, l'amphi était au moins assez grand pour accueillir six-cent personnes, et il devait y en avoir presque autant qui étaient y déjà installées. Il prit une légère inspiration et commença à monter les marches, balayant les rangées des yeux à la recherche d'une place.

Tout irait bien, ces gens n'étaient pas des animaux…juste des étudiants normaux, qui, comme lui, devaient être très impressionnés par l'université. Tout irait très b…

« Hé ! Tu veux t'asseoir ? »

Stiles manqua de peu de laisser s'échapper un hurlement, et il était à peu près certain d'avoir frôlé la crise cardiaque. Une jeune fille, qui jusqu'alors était tranquillement assise en bout de rangée, avait quitté sa place d'un bond pour se placer devant lui, et elle avait posé sa main sur son épaule avec une force très masculine.

« Oh oh, y a quelqu'un ? » demanda-t-elle, les sourcils froncés

« Je…euh, oui…on se connait ? » bafouilla-t-il

La jeune fille lui tendit la main avec un petit sourire et un regard espiègle. Avec une légère hésitation, Stiles la serra finalement dans la sienne.

« Je m'appelle Malia, et toi ? »

« Stiles. »

« Eh ben voilà, on se connait ! » dit-elle d'un ton enjoué

Malia lui fit signe de s'asseoir sur la deuxième chaise de la rangée, ce qu'il fit après une nouvelle hésitation – cette fille était quand même un peu bizarre, mais il n'y avait plus vraiment d'autres places, alors…

Elle s'installa ensuite à côté de lui et commença à mâchouiller son stylo tout en fixant le bas de l'amphithéâtre, où le professeur venait d'apparaître. C'était un asiatique d'une quarantaine année, il avait l'air tout à fait normal…Stiles en aurait soufflé de soulagement, si quelqu'un n'avait pas malencontreusement marché sur le sac de Malia – en même temps, il traînait sur les marches – et qu'elle ne s'était pas relevée avec un air furieux.

« Non mais tu peux pas faire gaffe ? Pauvre abruti ! » s'emporta-t-elle contre le pauvre étudiant

La victime de la jeune fille murmura un petit « je suis vraiment désolé », visiblement très impressionné par l'aura meurtrière qui émanait du corps pourtant fin et peu imposant.

Malia reprit sa place comme si elle ne l'avait jamais quittée, appuya son menton contre la paume de sa main et adressa un grand sourire à Stiles en haussant les épaules. Cette fille lui rappelait étonnement l'étudiante qui lui était rentrée dedans la veille et avait commencé à l'engueuler avant de croiser son regard. Elles s'entendraient bien, aussi impulsives…ouais, aussi tarées l'une que l'autre. Stiles pensa sérieusement à changer de place, mais quelque chose lui disait que cette Malia ne le prendrait pas si bien que ça, et qu'il ne fallait mieux pas l'irriter. De toute façon, le professeur d'Histoire venait de commencer son cours.

« Oh non… » chuchota Malia en lâchant son stylo. « Pas les relations internationales du dix-neuvième siècle ! Y en a que pour ces européens de m…ces européens. »

Une nationaliste xénophobe en plus. Il ne restait à Stiles qu'à espérer qu'elle ne voit pas son nom de famille bien polonais. Malia retourna son visage vers lui, attendant qu'il dise quelque chose.

« Euh…je…j'ai pas entendu. » mentit-il

« Je disais qu'il ferait mieux de parler d'un président américain. Comme Churchill, par exemple. »

« Churchill était An… » commença-t-il avant de se rappeler qu'il n'avait pas envie de la contredire. « Ouais, tu as raison, ça serait beaucoup plus intéressant. »

Malia lui sourit de nouveau et posa sa main sur son genoux, et, sans faire attention au fait que Stiles se soit soudainement tendu, elle la laissa glisser jusqu'à sa cuisse sans le quitter des yeux, le plus naturellement du monde. C'était lui, ou cette fille n'avait absolument pas intégré les règles de la vie en société ?

« Euh…Malia, ta main… » hésita Stiles, terriblement mal à l'aise mais toujours aussi peu enclin à vexer la jeune fille

« Je t'aime bien, Stiles ! » s'exclama-t-elle joyeusement

Ouais, ça, il avait cru le comprendre. Il ouvrit la bouche pour réessayer de plaider sa cause, enfin, celle de sa cuisse, quand la voix du professeur l'interrompit, plus forte que lorsqu'il faisait son cours et pour dire autre chose que le Congrès de Vienne, ça craint.

« Les deux amoureux au dixième rang, vous voulez bien attendre la fin de mon cours pour vous faire les yeux doux ? »

Stiles tourna la tête vers le professeur, priant pour qu'il s'adresse à quelqu'un d'autre. Mais le rire général qui s'éleva dans la salle et les regards qui se posèrent sur Malia et lui-même brisa ses minces espérances. Deuxième jour de cours, et il se faisait encore remarquer. Le pire, c'était peut-être que des étudiants allaient penser que lui, il était en couple avec elle. Et contrairement à ce qu'il aurait pensé – peut-être même préféré – Malia ne s'énerva pas mais hocha la tête avec un air ravi.

« Désolée. » lança-t-elle assez fort pour que le professeur l'entende. « On attendra la fin du cours. »

« Merci, mademoiselle. » répondit celui-ci. « En tant que responsable des premières années, je profite de cette petite interruption pour vous rappeler que mardi prochain, des intervenants viendront à l'université pour vous parler des différents moyens de contraception et de protection. Merci au petit couple du dixième rang de m'y avoir fait penser. »

Nouveaux éclats de rire général, auxquels Malia se joignit bruyamment, tandis que Stiles s'enfonça sur son siège. Je veux mourir…geignit-il intérieurement

Il supporta une heure entière les regards insistants de son étrange voisine, puis, quand le professeur annonça la fin du cours, il se leva brusquement et se glissa maladroitement derrière elle pour se ruer vers les sorties de l'amphithéâtre.

« Hé Stiles ! Où est-ce que tu vas ? Attends-moi ! » cria-t-elle

Il jeta un coup d'œil dernière son épaule, juste le temps d'apercevoir Malia qui lui courrait après. Non mais c'était quoi le problème de cette fille ?! Quelle idée de coller et de harceler des pauvres inconnus…

Heureusement, il parvint à se faufiler entre les étudiants et à quitter la salle. Il reprit une allure normale et défroissa ses vêtements d'un geste de la main en s'enfonçant dans les couloirs de l'université. Il allait peut-être enfin avoir un instant de tranquillité…

« Te voilà ! » lança une voix derrière lui

Eh bien non…Sans prendre la peine de se retourner – il avait reconnu Malia rien qu'au ton qu'elle avait employé – il se remit à accélérer la cadence, marchant d'abord vite, puis courant carrément pour être sûr de ne pas être rattrapé. Il avait une heure libre, si c'était aussi le cas de la jeune fille, ça voulait dire qu'il était bon pour se la coltiner.

Il commençait à nourrir l'espoir fou de la semer une bonne fois pour toute quand, au détour d'un couloir, il heurta quelqu'un de plein fouet et tomba majestueusement sur les fesses. Enfin, plus ridiculement, à en juger par les rires qui éclatèrent au-dessus de lui. Encore.

Le rouge aux joues, il leva la tête vers le petit groupe visiblement très amusé et croisa un regard – lui beaucoup moins joyeux, même carrément assassin – qu'il n'était pas prêt d'avoir oublié. Est-ce qu'il allait toujours se montrer sous son jour le plus pathétique à son coup de foudre artistique, ou aurait-il une chance un jour de passer pour autre chose que le dernier des abrutis ?

Comme il ne réagissait pas, perdu dans la contemplation de l'étudiant grognon, ce dernier l'empoigna par le t-shirt et l'obligea à se relever. Stiles suivit avec toute la maladresse dont il était capable, manquant de peu de tomber une nouvelle fois. Le jeune homme aux yeux clairs l'attira vers lui et colla son visage furieux à quelques centimètres du sien.

« La fac est pas assez grande pour que t'empiètes pas sur mon espace vital, gamin ? » lui dit-il d'un ton acerbe en le secouant légèrement

« Et toi t'avales pas assez de prozac pour sourire à la vie de temps en temps ? » répondit, ou plutôt s'entendit répondre Stiles

C'était sorti tout seul, et il n'était pas l'unique personne à être surprise à en juger par la tête du plus vieux et par la pause qu'avaient marquée ses amis avant de repartirent à rire – enfin, la jolie blonde, elle, tirait toujours la tronche.

« Et m'appelle pas gamin, j'ai dix-huit ans. » ajouta Stiles, jugeant que tant qu'il y était, autant tout balancer

Le bel étudiant émit un sifflement dédaigneux et le lâcha. Stiles fit mine de remettre son t-shirt en place avec un air énervé, parce qu'il supposait que c'est ce qu'il ferait s'il était normal, c'est-à-dire pas étrangement heureux d'avoir heurté précisément cette personne-là.

« Alors arrête de te comporter comme si t'en avais douze, ça risque de m'énerver si j'ai la malchance de te recroiser. »

« Ouais, c'est ça. Je suis mort de peur. Comment est-ce que tu peux faire cet effet sur les gens ? Tu travailles ton regard de grand méchant loup dans le miroir ou c'est naturel ? »

Mais qu'est-ce qui lui avait pris de répondre ça ?! Il était maso ou quoi ? Tout ce qu'il voulait depuis l'instant où il l'avait aperçu, c'était pouvoir se rapprocher de lui. Et là, il arrivait juste à faire en sorte qu'il le déteste.

« J'ai même pas envie de perdre mon temps avec toi, pauvre abruti. » rétorqua l'étudiant avec une bonne dose de mépris dans la voix

Stiles, plus blessé que de raison compte-tenu du fait que l'insulte venait d'un parfait inconnu, le fusilla du regard. Sauf que voilà, dans ce cas précis, l'expression « parfait inconnu » prenait un tout autre sens pour lui. Son « coup de foudre artistique » passa à côté de lui en le bousculant d'un coup d'épaule, et partit, suivi de ses amis, à l'autre bout du couloir.

Il le regardait s'en aller quand une main se posa sur son épaule. Encore une fois, pas besoin de se retourner pour savoir de qui il s'agissait…

« Tu aurais pu m'attendre ! » le réprima Malia

« Désolé, j'étais pressé. Je devais…faire un truc. » mentit Stiles. Fuir la jeune fille était soudainement devenu une préoccupation bien secondaire… « Dis, Malia…tu sais qui c'est, le mec, là-bas ? »

Il désigna l'objet de ses tourments d'un signe de tête, même s'il avait peu d'espoirs qu'une première année le connaisse, encore plus une première année comme Malia.

« Ah, lui…ouais. » dit-elle pourtant

Stiles se tourna vivement vers elle, les yeux écarquillés, prêt à lui faire cracher son nom par tous les moyens, avant de se reprendre en main.

« Sérieux ? Tu sais comment il s'appelle ? » demanda-t-il simplement en essayant de cacher son impatience

« Derek. » lança-t-elle en hochant la tête, puis, fronçant les sourcils, elle ajouta « Un vrai con. »

Mais Stiles s'en était arrêté à « Derek ». Il pouvait enfin mettre un prénom sur son obsession.

« Pourquoi tu me demandes son nom ? Il t'a embêté ? Je vais aller lui parler, je vais lui dire ce que je pense de sa tête de pauvre petit… »

« Non, non, c'est bon. » l'interrompit Stiles. « Il ne m'a pas…euh…embêté, je voulais savoir, c'est tout. »

« Ouais, ben tu ferais mieux de rester loin de lui, en tout cas. Il fait son mystérieux, mais il est juste imbu de sa personne. En plus, il se prend pour un artiste à deux balles, ça m'énerve. Un jour, je vais lui faire bouffer ses pinceaux, j'te jure ! »

« Il peint ? »

« Ouais, des trucs moches. »

Stiles eut un petit rire amusé – cette Malia était définitivement bizarre, mais il ne pouvait pas lui enlever qu'elle était assez marrante. Elle avait aussi réussi à l'intriguer encore plus, si cela était possible, avec ses histoires de peinture. Il avait l'impression que plus il en apprendrait sur…Derek, donc, plus il mourrait d'envie de le connaître. Au lieu d'en être ravi, il avait envie de se donner des claques mentales.

« On va manger ? J'ai la dalle, je pourrais avaler une biche toute entière. »

Stiles haussa les sourcils, se demandant s'il avait bien entendu, et Malia lui donna une tape puissante dans le dos.

« Je plaisante, je suis pas un coyote. Je mange de la malbouffe, comme tout le monde. T'es un peu long à la détente, hein ? »

Il fallait dire que ses deux premiers jours à la fac étaient un peu plus mouvementés que ce qu'il avait prévu, et Malia parlait assez vite. Il accepta malgré tout de la suivre jusqu'à la cafétéria, ce qu'il n'aurait pas imaginé faire encore dix minutes plus tôt, mais bon, c'était toujours mieux que de manger seul.

Son plateau en main, la jeune fille s'installa en face de lui, un large sourire aux lèvres. Stiles se fit vaguement la réflexion d'avoir de la chance qu'elle l'apprécie, quelque part, vu la façon dont elle fusillait du regard tous ceux qu'elle croisait. Elle était quand même un peu effrayante, et il hésitait à aborder de nouveau le sujet de Derek…mais la curiosité était trop forte.

« Alors, Malia…d'où est-ce que tu connais Derek ? »

C'était très étrange de prononcer ce nom, Derek, comme s'il le connaissait. Ça lui rappelait un peu la façon dont il rabâchait à Scott à quel point Lydia était parfaite avant même de lui avoir parlé une seule fois.

« Tu veux vraiment parler de lui ? » grimaça Malia. « T'es sûr que vous ne vous êtes pas parlés ? »

« Evidemment. Je demandais juste comme ça. »

« On s'en fiche de lui, il aime personne de toute façon. »

C'est pas le seul…pensa Stiles sans se risquer à le dire à haute voix – il n'était pas suicidaire.

« Disons que je vis plus ou moins avec lui. » ajouta Malia en haussant les épaules

Si Stiles s'était attendu à une telle déclaration, il aurait sans doute choisi un autre moment pour boire. Il recracha la gorgée d'eau sur son plateau, s'attirant une nouvelle fois l'attention de tous les étudiants présents dans la cafétéria et quelques rires moqueurs, mais là, il s'en fichait complètement.

« Tu vis avec Derek ?! » s'écria-t-il

Malia se mit à rire et lui lança joyeusement un « t'es trop bizarre » avant de se replonger dans son sandwich comme si de rien n'était.

« M'ouais, ch'est mon cougin. Ch'est pour cha, crois-moi quand j'te dis que ch'est un con. » s'expliqua-t-elle sans arrêter de manger

Stiles resta sans voix quelques minutes, à regarder Malia avaler tout le contenu de son plateau d'une façon très masculine. Cette fille bizarre était…la cousine de son coup de foudre artistique ? Et elle vivait avec lui ? D'accord, Derek était également très bizarre, mais d'une toute autre façon.

« C'est pas vrai… » souffla Malia en levant les yeux au ciel. « Voilà sa sœur qui se ramène maintenant… »

« La sœur de qui ? »

« Ben, de Derek. Tu suis un peu, Stiles ? »

« Quoi ? Où ça ? »

Malia n'eut pas le temps de répondre qu'une jeune fille aux longs cheveux châtains foncés s'était assise à côté d'elle, gratifiant Stiles d'un grand sourire sans prêter attention à…sa cousine ?

« Enchantée, je m'appelle Cora. Et tu es… ? »

Stiles avait déjà vu cette fille quelque part…mais où ?

« Lui, c'est quelqu'un qui mange avec moi, tu vois. » répondit Malia à sa place

« Ferme-là Malia, c'est pas à toi que je parle. »

« Toi ferme-là ! »

Mais oui, cette fille l'avait bousculé la veille avant de partir en bafouillant des trucs incompréhensibles ! C'était donc la sœur de Derek…c'était une famille assez…particulière.

« Je le plains, le pauvre, tu le colles depuis longtemps ? »

« Tu veux pas te trouver d'autres amis Cora ? »

Stiles refit soudainement surface sur Terre, réalisant que non seulement les deux jeunes filles faisaient partie de la famille de Derek, mais qu'en plus, elles ne s'entendaient pas. La cafétéria allait finir par exploser. Il se redressa et tendit sa main à Cora, qui la serra dans la sienne avec un sourire satisfait, le tout sous le regard indigné de Malia.

« Je m'appelle Stiles. Enchanté. » dit-il sans en faire trop, histoire de ne pas énerver Malia encore plus

« Oui voilà, Cora, Stiles, tout le monde est enchanté. Maintenant, Cora, tu te casses. » intervint Malia en les séparant

« Et si tu te cassais toi, plutôt ? » rétorqua Cora

« Je l'ai vu la première ! »

« Eh non, désolée ma vieille ! Je l'avais déjà repéré hier, tu vas devoir passer ton tour. »

« Euh, je suis encore là… » murmura Stiles sans oser se manifester davantage – il avait l'impression que ce serait comme se mettre entre deux lionnes enragées

« T'as aucune preuve, tu connaissais même pas son nom ! » s'énerva Malia en se levant vivement. « Si tu crois que je vais te le laisser… »

« Parce que tu penses avoir ta chance face à moi ? Et sérieusement Malia, regarde-le. Tu crois que c'est le genre de mec qui pourrait s'intéresser à toi ? »

C'était bien la première fois qu'on faisait passer Stiles pour le gars inaccessible, et même que deux filles se battaient pour lui. En même temps, ces deux-là n'étaient pas vraiment dans la norme…plus que flatteur, ça devenait complètement gênant, compte-tenu du fait que tous les regards étaient portés sur eux trois.

« Les filles… » essaya-t-il une nouvelle fois

Elles se prenaient bien la tête pour savoir laquelle des deux avait « priorité » sur lui, mais paradoxalement, elles semblaient ne plus y faire attention. C'était sans doute sa chance de se tirer de là, alors il ne la rata pas. Il attrapa son sac discrètement et recula de quelques pas, vérifiant qu'elles ne le remarqueraient pas, puis, comme elles continuaient à s'engueuler, et le sujet ayant dévié sur « et puis j'en ai marre que tu laisses des coquilles de cacahuètes partout dans le canapé », il fit volte-face et quitta la cafétéria.

Stiles rentra chez lui après une après-midi agréablement normale, son TD d'Histoire ayant été un peu plus calme que son CM sans la présence de Malia. Scott le rejoignit rapidement et s'affala dans le canapé à côté de lui, un large sourire sur le visage.

« Je te demande pas si ça va. T'as légèrement, mais vraiment juste légèrement, l'air d'un imbécile heureux. » se moqua gentiment Stiles

« Ah Stiles, si tu savais ! L'équipe de crosse est absolument géniale, et le matériel n'a rien à voir avec celui du lycée. On voit que c'est la spécialité d'East Bay, et que c'est une bonne université. En plus… »

« Laisse-moi deviner. En plus, il y a une fille. »

« Oui ! » s'exclama Scott en levant les bras au ciel. « Tellement belle, tellement drôle, tellement…bon, un peu maladroite, mais vraiment attendrissante. Elle s'appelle Kira. »

« Kira ? Drôle de nom. »

« C'est toi qui dit ça. » se vexa presque Scott. « C'est japonais. Son père est prof à la fac d'ailleurs. D'Histoire, il me semble… »

Stiles fit un lien – assez embarrassant – entre le prénom japonais de la sans doute future copine de son meilleur ami, et le nom de famille de son professeur d'Histoire, évidemment, qui l'avait déjà remarqué au milieu de centaines d'étudiants.

« C'est…super pour toi. »

« J'te l'fais pas dire ! Mais j'aurais le temps de tout te raconter tout à l'heure en mangeant. A toi de me dire maintenant…tu as revu ton bel inconnu ? »

Stiles envoya son poing frapper contre le torse de son meilleur ami – mais pas trop fort quand même parce qu'il ne voulait pas se casser deux doigts sur ses abdominaux – pour lui faire payer son sourire moqueur.

« Le bel inconnu n'en est plus un. Il a un nom ! » annonça-t-il fièrement

« Oh oh, voyez-vous c'la ! Et peut-on le connaître ? »

« Derek… » murmura Stiles, d'un seul coup moins enthousiaste

« Pourquoi tu fais cette tête alors que tu connais son nom ? Me dis pas que tu t'es encore ridiculisé ? »

Stiles soupira et il se résolut à tout raconter à son meilleur ami, de sa rencontre avec Malia à la bousculade et l'échange pas très courtois qu'il avait eu avec Derek, sans oublier le combat Malia versus Cora. A la fin de son petit récit, Scott marqua une courte pause, le regardant avec des yeux ronds, puis, comme s'il venait enfin de comprendre la situation, il éclata de rire.

« Merci de ton soutien… » râla Stiles en se renfonçant dans le canapé

« Tu peux pas m'en vouloir, c'est beaucoup trop drôle et…bizarre ! »

« Ouais, bizarre, c'est le mot que je me suis répété toute la journée. »

« Tu m'étonnes. Sérieusement, t'as un coup de foudre pour un gars qui peut déjà pas te voir, mais sa cousine tarée et sa sœur, elles, elles craquent complètement pour toi. »

Scott repartit dans un fou rire et Stiles soupira, désespéré.

« Coup de foudre artistique. » le rectifia-t-il

« Ouais, c'est ça. Tu veux tellement le prendre en photo que t'as pas dormi de la nuit et que tu tires une tronche de déterré. C'est bon, j'ai connu ça, Stiles. »

« Pitié, ne fais pas un lien entre Allison et Derek, parce que là, je vais chialer. »

« Pourquoi tu veux pas le reconnaître ? Ça arrive, c'est comme ça, y a pas de quoi pleurer. Au contraire, c'est cool que tu passes radicalement à autre chose. »

Stiles grimaça et passa une main lasse sur son visage. Scott avait raison sur un point : depuis à peine plus de vingt-quatre heures qu'il avait croisé le regard de Derek, il avait très peu pensé à Lydia, alors qu'il avait pris l'habitude de le faire non-stop depuis trois ans. Et oui, peut-être que ça avait commencé de la même façon, avec une envie irrépressible de la photographier, de la mettre en scène derrière son objectif…ET OUI, il avait accepté sa bisexualité depuis longtemps, même si jusqu'à maintenant son attirance pour les hommes s'était toujours limitée à des regards dans la rue, puisqu'il ne vivait que pour Lydia. Mais non, les coups de foudre comme dans les films, ça n'existaient pas. En tout cas pas pour lui.

« Ne me crois pas si tu ne veux pas, tu verras bien, de toute façon…en attendant, tu vois le mal partout alors que t'es un sacré chanceux. »

« Qu'est-ce que tu veux dire ? » demanda Stiles, piqué par la curiosité

« Sérieusement, tu ne vois pas ? La cousine et la sœur de Derek sont déjà dingues de toi. C'est un énorme avantage, sers toi s'en ! » expliqua-t-il, puis, voyant que son meilleur ami n'avait toujours pas l'air de comprendre, il explicita. « Si tu deviens proche de l'une ou de l'autre…ou des deux, sachant qu'elles vivent avec lui, tu vas forcément le voir plus souvent, dans un autre contexte que celui de la fac, sans ses amis… »

« T'es en train de me conseiller de jouer avec les sentiments d'une fille pour me rapprocher de Derek ? »

C'était aussi immoral que terriblement tentant…il ne savait pas s'il voulait blâmer Scott de lui avoir mis cette idée en tête, ou s'il se sentait plus le cœur de le serrer dans ses bras.

« Tu n'es pas obligé d'aller trop loin. Ne sors pas avec l'une ou l'autre, fais juste croire que tu pourrais le faire. » répondit Scott en haussant les épaules

« Je suis choqué… » fit semblant de s'indigner Stiles. « Après des années d'amitié, je découvre seulement maintenant ton côté machiavélique. »

« C'est bon, admets que c'est une bonne idée et que tu en meurs d'envie. D'après ce que j'ai compris, t'es pas prêt de prendre ce gars en photo juste en le croisant de temps en temps à la fac. Mais si tu t'incrustes chez lui, là, ça change la donne. »

S'incruster chez Derek…l'idée était on ne peut plus alléchante. De toute façon, Malia et Cora n'étaient sans doute pas prêtes de le lâcher, et puis, il n'y avait rien de mal à s'aider pour le travail entre étudiants de première année…bien sûr, ils travailleraient chez elles…et donc chez Derek.

« Stiles ? Oh oh, Stiles, tu m'entends ? »

« Hein ? Quoi ? Tu m'parlais ? » demanda Stiles en secouant la tête, n'ayant pas réalisé qu'il était perdu dans ses pensées

« Ouais, je te disais d'arrêter de sourire comme ça, c'est flippant. Je sais pas à quoi tu penses, et je veux pas savoir, mais c'est flippant. »

Merde, pourquoi est-ce qu'il s'était mis à sourire ? D'accord, il avait peut-être trouvé un moyen d'arriver à ses fins. Mais quelles étaient ses fins exactement, d'ailleurs ? Il était pourtant sûr d'une chose : ce n'était qu'un coup de foudre artistique. Juste artistique.


Mini précisions avant de répondre aux reviews :

Je vais essayer de faire les personnages les moins OOC possible, mais il ne faut pas oublier que les loup-garous et autres créatures surnaturelles n'existent pas, ils ont donc eu une vie un peu moins difficile…

Deuxième chose, le système de fac américain est différent du français, puisqu'ils gardent les premières années plusieurs matières très différentes comme au lycée, et ils ne se spécialisent qu'après, vers la quatrième année. C'est pour ça que Stiles et les autres pourront avoir des cours de littérature (avec Peeeeeter), d'Histoire ou de maths…

Il y a des cours en amphi et en salle de classe comme en France, ils ne parlent pas de « CM » (cours magistral = en amphi) ni de TD (travaux dirigés = salle de classe) comme nous, mais bon, puisque j'écris en Français, je reprends nos appellations. Voili voilou ! (= ouais j'ai écrit ça)


Arm des McD : Merci pour cette toute première review ! J'aime beaucoup Peter dans la série, alors j'avais envie d'en faire un personnage assez sympa cette fois, j'espère qu'il te plaira encore par la suite :)

Irkyno : Eh bien j'espère que tu as dévoré la suite et que tu l'as appréciée ! Merci beaucoup ! :)

CoCo-Cannelle : Haha pas discret c'est le moins qu'on puisse dire ! Tu as dû voir avec ce chapitre que la famille Hale n'était pas discrète dans sa quasi-totalité… merci pour ta review :)

Selenhia : Merci ! J'espère qu'elle te branche toujours alors ! :D

Djahane Hale : Merci, c'est le genre de petits compliments qui font très plaisir^^

Brookedaviiis : J'ai publié aujourd'hui un nouveau chapitre de You've never been so wrong, ne t'en fais pas, j'écris selon mon temps et mon inspiration, mais je ne compte pas abandonner l'une ou l'autre :) Eh non pas de Steter, je devrais en écrire un, un de ces jours !

Sanga : J'avais envie d'écrire une fic beaucoup plus légère, avec des personnages un peu plus heureux et parfois décalés, j'espère que ça va donner quelque chose de sympa :) Merci beaucoup !

La Dictateuse : Roooh un coup de foudre c'est trop mignon, merci ! J'aimerais tellement avoir ce prof à la fac aussi ! ça serait peut-être un peu angoissant parfois, mais ça serait super cool…en attendant de tomber sur le prof de mes rêves, j'vais m'amuser un peu avec ce Peter, c'est toujours ça ! à bientôt )

Agathenoel51.02 : Merci à toi pour ta review toute mignonne ! :) J'espère que la suite t'a plu également^^