Chapitre II : Une soirée mouvementée

Rose entra dans la chambre de son frère.

« Salut frangin, tu fais quoi ? » demanda-t-elle en s'asseyant sur le lit.

« J'étudie... »

« Hugo, nous sommes en vacances ! V-A-C-A-N-C-E-S ! »

« Je sais comment on épelle vacances, merci Rose ! Mais tu sais bien que ça va être les B.U.S.E.S cette année, je veux mettre toutes les chances de mon côté »

Sa sœur leva les yeux au ciel. Elle aimait les études, mais pas comme sa mère ou son frère. Elle savait s'amuser quand il le fallait et qu'elle en avait l'occasion.

« C'est vrai que t'as un rencard ? »

Le visage de Hugo s'empourpra sous l'œil attendri et moqueur de sa sœur aînée.

« Comment tu sais ça ? » demanda-t-il finalement, essayant d'adopter un ton désinvolte.

« Maman. » fit-elle en se relevant. « C'est la petite McMillian ? Elle est mignonne, tu as du goût ! »

Elle lui fit un petit sourire et retourna dans sa chambre pour prendre son sac avant de descendre dans le séjour.

« Bon Maman, je vais chez Lily » fit-elle en arrivant devant ses parents.

« Très bien, à demain ma chérie. »

Rose sourit à sa mère, ignora superbement son père et entra dans la cheminée. Jetant la poudre de cheminette à ses pieds, elle s'exclama :

« Maison des Potter ! »

Puis elle disparut parmi les flammes vertes. Ron se tourna vers Hermione.

« Plus qu'à trouver où est cette fête, on ira lui faire une surprise là-bas. » fit-il avec un petit sourire victorieux.

« Et comment vas-tu faire ? Elle n'a rien dit »

« HUGO ! »

Quelques minutes plus tard, Hugo descendait dans le salon. Sa mère constata avec attendrissement qu'il s'était visiblement coiffé pour faire bonne impression à sa nouvelle petite-amie. Ses enfants grandissaient si vite ! Hugo, qui avait remarqué le regard de son père, sentit le mauvais coup se profiler à l'horizon.

« Hugo qu'est-ce que tu sais à propos d'une fête qui devrait se dérouler ce soir ? » demanda Ron à l'adresse de son fils.

Celui-ci hésita un peu avant de répondre :

« Une fête ? Non je sais pas... »

« Tu as intérêt à savoir si tu veux sortir ce soir. » assura son père avec un petit sourire.

« Ron ! » s'exclama Hermione, scandalisée. « C'est du chantage ! Je ne veux pas que... »

« Excuse-moi, amour. » dit-il à sa femme.

Il se tourna vers Hugo.

« Tu pourras sortir. Mais je sais que tu sais ce qu'elle va faire, et aussi que ce genre de fêtes ne sont pas très recommandables alors si tu peux nous aider, pour ta soeur... »

« Bon d'accord » accepta Hugo. « Mais ne lui dites pas que c'est moi qui vous l'ai dit. »

« Oui, oui. » assura Ron.

« Elle m'a parlé d'une fête qui commencerait un peu plus tard dans la soirée chez l'un de ces amis de classe, c'est tout ce que je sais. »

Autant dire le strict minimum.

« Tu ne sais pas lequel ? »

« Non.»

« De toute façon, elle est encore chez Harry. Laissons-lui le bénéfice du doute. Tout à l'heure nous irons chez Harry et Ginny pour vérifier si elles sont encore là-bas. » coupa Hermione.

S X R

Pendant ce temps, Rose discutait avec sa tante et sa cousine.

« Alors qu'est-ce que vous allez faire les filles ? » demanda Ginny.

« Oh tu sais bien maman... Ce qu'on fait d'habitude, on va essayer des vêtements, se maquiller et parler de garçons.» assura Lily d'une voix enjouée.

« Très bien, que vous voulez au dîner ? »

« Des sandwichs suffiront. »

« Je vous apporte ça tout de suite. »

« Ok merci maman, t'es la meilleure. » fit Lily avant de tirer Rose par sa manche pour l'emmener dans sa chambre.

« Ça ne te fait rien de mentir comme ça ? » s'étonna Rose, étonnée par le ton assuré de Lily quand elle mentait.

Quand elle mentait à son père, elle ne ressentait aucun remord puisqu'il ne faisait jamais l'effort de comprendre mais la mère de Lily était quelqu'un de compréhensif. En plus c'était elle, avant Rose, qui avait subi les manies protectrices de Ron Weasley.

« Oh tu sais, c'est de notre âge, raconter ce genre de trucs pour s'amuser. Ils ont été jeunes, ils peuvent comprendre. » dit-elle en entrant dans la chambre.

La chambre de Lily était toujours dans un bazar hallucinant. Il y avait des magasines, des lettres, et des vêtements partout sur le sol au grand dam de sa mère. La jeune fille verrouilla la porte et se tourna vers Rose :

« Quand maman va venir avec les sandwichs on se donne trente minutes puis on va leur dire qu'on se couche. Il ne nous restera plus qu'à se faire la malle ! »

« Oui mais imagine que tante Ginny rentre vérifier si on dort vraiment ? »

« Normalement, ils ne devraient pas se soucier de nous. »

Devant le haussement interrogatif de sa cousine, elle ajouta :

« Comme je n'étais pas sûre qu'ils le feraient, j'ai acheté des herbes aphrodisiaques et j'en ai mis dans leur café ce matin. »

« Mais pour quoi faire ? » s'étonna Rose.

« Ben pour qu'ils s'envoient en l'air, pardi ! »

« Lily ! » s'écria la jeune Weasley, choquée.

« Quoi ? C'est bien comme ça qu'ils m'ont eu ! »

« Je sais mais quand même... »

« Alors tu vas t'habiller comment ? »

Rose prit son sac et sortit les vêtements qu'elle avait prévus pour la soirée. Lily déplia la robe pour la regarder et à l'expression qu'elle affichait, celle-ci n'était à son goût. Rose, elle, la trouvait très jolie. La robe était brune avec de fines bretelles dorées. Simple, mais élégante.

« Elle est pas bien ? »

« Elle est très jolie, mais pas assez courte ! »

« QUOI ! »

« Bon tu veux l'avoir ce mec ou pas ? »

« Oui mais...je ne veux pas que... » bredouilla la jeune fille.

« On va juste la raccourcir un peu d'accord ? »

Rose accepta à condition que la robe ne soit pas trop raccourcie.

« Ne t'inquiètes pas Rosie tu vas faire des ravages ! »

Elle prit ses accessoires de couture en soulignant qu'avec la magie, ce serait beaucoup plus simple et ça aurait un meilleur résultat.

« Je sais ça Lily, sauf que si le ministère... »

« Oui mais le ministère est juste capable de percevoir l'acte magique, et non celui qui l'a commit. Et puis il y a deux sorciers majeurs ! »

Rose hocha la tête. En plus de cela, le ministère ne viendrait pas chercher des problèmes avec la famille Potter. Elles sursautèrent quand on frappa à la porte.

« Voilà votre dîner. »

Rose alla ouvrir et remercia sa tante avant de refermer la porte avec soin. Elles passèrent la demi-heure qui suivit à se préparer. Lily s'extasia devant la robe de sa cousine.

« Tu es magnifique dedans ! Elle te va vraiment trop bien ! »

Il était vrai que Rose se trouvait plutôt jolie dans sa robe brune. Lily l'avait raccourcie de sorte qu'on voit ses genoux. Elle s'était maquillé simplement et avait discipliné ses cheveux, qui d'habitude, étaient légèrement hirsutes. Heureusement qu'elle n'avait pas hérité de la chevelure ébouriffée de sa mère. En fait à part son intelligence, elle n'avait rien de sa mère. Elle était aussi rousse que son père, avait les yeux bleus de son père et également le caractère têtu de celui-ci. Elle observa Lily qui terminait de se préparer. Elle portait une robe bustier noire piquée en sequin avec des talons hauts vernis et noirs. Ses cheveux rouges lui tombaient élégamment sur les épaules.

« J'ai pas pris de veste » se plaignit Rose tandis qu'elle regardait ses épaules nues devant le miroir.

« Tu n'auras qu'à lui faire remarquer, il voudra te réchauffer... »

« Ne dis pas de bêtises » fit Rose en levant les yeux au ciel bien qu'un petit sourire était apparu sur ses lèvres.

« Je plaisante ! C'est pas grave, je vais t'en prêter une. »

Une fois prêtes, Lily se tourna vers sa cousine.

« Je vais aller leur dire qu'on va se coucher d'accord ? » dit-elle en revêtant son peignoir par dessus sa robe et enleva ses chaussures.

Elle sortit de la pièce et revint quelques instants, enthousiaste.

« Je ne pensais pas que ces herbes fonctionneraient aussi bien ! Ils sont déjà en train de s'emballer sur le sofa. »

Elle soupira, enleva son peignoir et mis de l'ordre à ses cheveux et à sa tenue. Les deux jeunes filles placèrent quelques vêtements sous les couvertures puis Rose pointa sa baguette sur les deux lits. Les couvertures se mirent à bouger seules, comme si elles respiraient. Voilà qui ferait l'affaire, espéra Rose pendant que Lily éteignait les lumières de la pièce.

« Allons-y. » murmura cette dernière tandis qu'elles sortaient de la pièce, tentant de faire le moins de bruit possible. « On prend la cheminée de l'étage. »

Elles se dirigèrent en silence vers l'escalier et montèrent le plus discrètement possible. Malheureusement, une marche craqua sous le pied de Lily et les deux jeunes filles se figèrent quand deux voix provenant du living s'élevèrent :

« Harry...tu as entendu ? »

« Hmph non, qu'est ce qu'il y a ? »

« J'avais cru entendre... »

Mais le reste de la phrase fut enterrée par un gloussement. Les deux cousines se regardèrent et se forçant à ne pas éclater de rire. Elles grimpèrent le reste des marches discrètement. Lily alluma les feu de la cheminée et une fois qu'il devint ardent, jeta la poudre de cheminette dessus. Au contact de la poudre étincelante, les flammes devinrent vertes. Les deux adolescentes n'eurent plus qu'à entrer dans les flammes devenues inoffensives. Lily, d'une voix claire et forte :

« Manoir Malfoy. »

Elles furent emportées vers leur destination dans un tourbillon déchaîné.

En sortant de la cheminée, la première chose que Rose aperçut fut une pièce blanche assez vaste. Elle passa distraitement une main dans ses cheveux pour enlever les résidus de cendres de la cheminée. C'était manifestement un Hall. La pièce était très éclairée et les imprimés argent des tapisseries donnaient un aspect encore plus immense de la pièce. En face d'elle, des tableaux représentant des hommes de la famille Malfoy ayant possédés le Manoir étaient accrochés. Dans la pièce, il n'y avait que deux portes. L'une d'elles étaient une grande baie vitrée qui devait conduire au jardin de la propriété et la seconde était une porte en albâtre.

« Classe. » commenta Lily, à côté d'elle en jetant un regard circulaire à la pièce.

Avant que Rose ne puisse répondre, un homme – sûrement un majordome – arriva vers elle.

« Euh...bonsoir » commença Rose, qui ne savait pas trop quoi dire.

L'homme lui répondit par un haussement de la tête, puis d'une voix sèche leur intima de le suivre. Les deux jeunes filles espéraient qu'elles n'avaient pas été mal informés et que ce n'était pas l'une de ces soirées mondaines où les convives mangeaient avec une trentaine de couverts plus inutiles les uns que les autres. Le majordome les mena devant la porte en albâtre et dit :

« Les festivités se déroulent dans la pièce attenante à la prochaine porte » expliqua-t-il d'un ton formel. « Bonne soirée. »

Pas très enclines à rester une minute de plus avec cet homme froid, les deux filles ne se firent pas prier et ouvrirent une porte qui donnait sur un couloir.

« Tu entends ? » interrogea Lily en tendant l'oreille. « C'est de la musique, allez viens, c'est par là ! » s'exclama joyeusement Lily en tirant sa cousine par le bras, guidée par le bruit de la porte contiguë.

Elle poussa la porte et un bruit assourdissant explosa. La musique retentissait de toute part dans la pièce. Une petite centaine de personnes étaient déjà présente. Certains dansaient sur la piste, d'autres étaient assis au bar et une partie discutait aux tables. Mais ce qui impressionna encore plus la jeune fille dans la salle immense fut la scène à l'opposé ou se produisait les Wiz Toadus. Accessoirement, son groupe préféré.

« Rose ! Lily ! » s'écria quelqu'un en se précipitant vers elles.

Elles reconnurent immédiatement la voix Evelyne Smith, une Poufsouffle de l'année de Rose. Cette dernière était la cousine de Scorpius. Sa mère,Daphné Greengrass, était la sœur aînée de la mère du d'Astoria Malfoy.

« Je ne vous attendais plus, vous en avez mis du temps ! » s'exclama la Poufsouffle avec enthousiasme. « Ça commence à être la folie par ici »

« Je vois ça » commenta Rose tandis qu'elle regardait un jeune homme se jeter par terre en s'esclaffant, visiblement ivre.

« Loris ! » appela soudain Lily en se précipitant dans la foule.

« Lily ! » s'exclama sa cousine en levant les yeux au ciel, excédée.

Loris Zabini était le petit-ami de sa cousine, et pour être honnête, Rose ne l'aimait pas. Il avait un an de plus que Lily et avait la fâcheuse tendance de reluquer les autres filles même quand sa petite-amie était à proximité. Rose tentait toujours de raisonner sa cousine et lui conseillait toujours de choisir un jeune homme respectable et non un Don Juan mais Lily et les mauvais garçons, c'était toute une histoire. Et puis Rose n'était pas en position de donner des leçons à qui que ce soit. Elle rougit.

« Pourquoi tu rougis Rose ? » demanda Evelyne, faisant sortir la rousse de sa torpeur.

« Pour rien... »

Essayant de prendre une voix dégagée et un air désinvolte, elle ajouta :

« Et...où est ton cousin ? »

Evelyne eut alors un grand sourire et d'un air entendu fit remarquer :

« Je ne sais pas, avec toutes ses filles qui sont venues spécialement pour lui je ne serais pas étonnée qu'il soit en train de danser avec l'une d'elle. »

Rose la fusilla du regard.

« Calme-toi ! Je vois que t'es toujours aussi accroc... » fit remarquer la jeune fille.

« Tu ne sais pas de quoi tu parles... »

Evelyne ricana, l'air moqueur.

« Va te faire voir ! » s'exclama Rose.

La Poufsouffle éclata de son rire communicatif et Rose, malgré sa contrariété, finit par sourire.

« Allez, viens ! » dit la jeune Smith en lui souriant.

Elle entraîna Rose dans la foule où cette dernière se fit interpeller par de diverses connaissances.

Mais quelqu'un attrapa son bras et elle se retourna, prête à rembarrer gentiment le type qui la tenait. Mais elle croisa deux yeux bleus qui l'observaient malicieusement. Ceux de Scorpius Malfoy.

« Tu es superbe. » commenta-t-il en la détaillant.

« Merci. » répondit-t-elle en rougissant. « Joyeux anniversaire au fait ! »

« Merci. Je ne t'attendais plus. J'ai cru que tu n'allais pas venir finalement. » dit-il avec un petit sourire.

« Qu'est-ce que tu crois, je suis demandée. » plaisanta-t-elle pour essayer de reprendre contenance.

« Je sais » répondit le jeune homme d'un ton sérieux qui la déstabilisa.

Il s'apprêtait à lui demander quelque chose quand il se fit appeler :

« Allez Scorpius ! Le gâteau maintenant ! » s'exclama une jeune fille blonde en arrivant à côté d'eux.

Elle se stoppa quand elle aperçut Rose et la dévisagea.

« Weasley, belle robe. » dit-elle d'une voix acerbe.

« Je te retourne le compliment Warrington. » répliqua Rose sur le même ton.

Alessandra Warrington était la meilleure amie de Scorpius et accessoirement, elle détestait cordialement Rose, ce que cette dernière lui rendait parfaitement bien. Elles se jaugèrent du regard et finalement, Warrington rompit le contact pour entraîner son meilleur ami qui n'avait apparemment rien capté de la tension entre les deux jeunes filles. Rose soupira d'agacement et retourna voir Evelyne qui s'était éloignée entre temps. Mais tous les jeunes présents se regroupèrent vers le centre de la pièce et Rose suivit le mouvement pour voir de quoi il s'agissait.

Elle comprit quand les Wiz Toadus se mirent à chanter une version rock de « Joyeux Anniversaire. ». Elle repéra Lily un peu plus loin et se dirigea vers elle.

« Qu'est-ce que j'aimerais un anniversaire comme ça. » s'extasia Lily quand sa cousine l'eut rejoint. « C'est magnifique ! »

En effet, un énorme gâteau, qui devait mesurer un mètre un mètre cinquante minimum apparut au dessus de la foule et commença à descendre progressivement.

« On voit rien ! » se plaignit Rose quand le gâteau eut terminé sa descente.

« On a plus qu'une seule solution. » déclara Lily en souriant.

« Laquelle ? »

« On bourre ! »

Elle attrapa la main de Rose et la traîna dans la foule, sans se préoccuper des gens qu'elle bousculait. Rose quant à elle, ne cessait de s'excuser devant ces regards noirs avec des « Désolée » « C'est important, pardon » Elles arrivèrent tout de même à trouver une bonne place et Rose eut alors tout le loisir d'observer Scorpius.

Grand, élancé, une posture nonchalante et snob digne de l'aristocrate qui l'était, des cheveux blonds qui lui tombaient sur le visage, des yeux bleus profonds et surtout ce petit sourire spécial qui lui appartenait. Quand il vous souriait de cette manière, vous ne saviez pas s'il était amusé ou que tout simplement, il se payait votre tête. Il souffla ses dix sept bougies avec un sourire sous les applaudissements de tous les invités. Une femme avec de longs cheveux bruns arriva vers lui et dit :

« Voilà ton cadeau. »

Elle se baissa, comme pour ramasser quelque chose, et remonta avec un long paquet fin. Un balai manifestement. Rose leva les yeux au ciel. Un balai ? Comme c'était banal ! Surtout de la part de la famille Malfoy, respectée et surtout, extrêmement fortunée. Scorpius commença à ouvrir son paquet et quand il finit, un grand sourire apparut son visage. Certaines personnes poussèrent des exclamations de surprise.

« Qu'est-ce qui se passe ? Ce n'est qu'un balai de Quidditch après tout ! » commenta Rose.

Lily se tourna vers elle et regarda sa cousine, visiblement choquée.

« Ce n'est qu'un balai ? Rosie, c'est l'avenir du Quidditch ! » répliqua la jeune fille, outrée.

« Quoi ? Qu'est-ce que tu racontes encore ? »

« C'est L'Éclat d'Argent ! Il ne sera commercialisé que dans cinq ans et il coûte 20 000 gallions ! »

Vingt mille gallions ? Pour un balai de Quidditch ?

« Je crois que la coupe va nous filer entre les doigts cette année. » continua Lily en secouant la tête.

« C'est le joueur qui compte, pas le balai ! »

« Rose, je t'adore vraiment tu sais mais je crois que le Quidditch ne sera définitivement jamais ton truc. » lança Lily, visiblement résignée. « Ce balai est déjà de l'autre côté du terrain avant que tu n'aies pu te rendre compte de ce qui vient de t'arriver. »

Rose n'était pas vraiment une grande fan de Quidditch – enfin un autre point commun avec sa mère- et toutes ces histoires de transferts, compétitions et balais que son père ne cessaient de rabâcher ne l'intéressaient pas vraiment.

Elle jeta un regard vers Scorpius et vit que Warrington l'étreignait avec vigueur. Elle tenta de se calmer et de d''ignorer le sentiment étrange qui s'était immiscé en elle. Le groupe se remit à jouer et la plupart des adolescents retournèrent danser.

Elle soupira et Lily lui proposa d'aller s'asseoir. Elle accepta vivement, encore agacée par cette mégère de Warrington.

« Tu vois cette fille ? » montra soudain Lily pointant du doigt quelqu'un.

Rose tourna la tête et failli s'étrangler quand elle vit une fille avec de longs cheveux noirs qui tirait Scorpius, visiblement pour lui proposer d'aller danser. Rose vit qu'il refusa distraitement, sans lui accorder un regard, occupé à remercier les gens qui s'étaient approchés de lui pour le féliciter et approcher son balai de plus près.

« C'est Maylin Corner, la fille de Cho Chang. » continua Lily

« Qui est Cho Chang ? » interrogea Rose.

« La première petite-amie de papa, maman la déteste. » acheva-t-elle, comme si cela réglait la question.

Rose suivit la fille du regard. Elle était plus âgée qu'elles, deux ou trois années de plus peut-être. Elle portait une robe à bretelle léopard et si ce n'était pas assez pour paraître vulgaire, elle dansait lascivement avec tous les mâles autour d'elle. Rose secoua la tête, dépassée. Les deux jeunes filles finirent par trouver un sofa tranquille.

« Où-est Loris ? » demanda soudain Lily en essayant d'apercevoir son petit-ami dans la foule.

Rose haussa les épaules et dit :

« J'en sais rien. »

Dans les minutes qui suivirent, elle se fit inviter à danser par plusieurs types, mais à chaque fois, elle refusait gentiment. Cependant l'un d'eux était coriace. Elle l'avait bien vite repéré sur la piste, ne cessant de lui jeter des sourires et des regards charmeurs. Elle avait alors détourné le regard pour lui signifier qu'elle n'était pas intéressée. Mais bien loin de se laisser démonter, il était venu s'asseoir à côté de la jeune fille.

« Salut...On n'est pas sorti ensemble déjà une ou deux fois ? » interrogea-t-il avec un regard de séducteur sans se gêner pour la détailler de la tête aux pieds.

« C'est possible une fois mais je ne fais jamais deux fois la même erreur. » répliqua-t-elle sèchement.

Il eut l'air de s'être prit un seau d'eau glacé en pleine figure. Lily avait éclaté de rire à côté d'eux et confus, il consentit à partir et à la laisser tranquille. Mais une fois sa place libre, quelqu'un s'y installa à nouveau. C'était une fille de Serpentard. Lily renifla.

« Tiens, il y a une odeur bizarre par ici. »

Rose renifla également.

« Ouais comme une odeur d'incruste. » fit-elle.

« Oui ça doit être ça. » acheva Lily, le plus sérieusement du monde.

La fille était devenue écarlate et leur jeta des regards noirs mais resta tout de même à sa place.

Quelques secondes plus tard, la piste sembla se vider et étrangement elle se retrouva déserte. Rose comprit immédiatement la raison lorsqu'elle entendit la musique douce que jouaient les Wiz Toadus. Pour les slows, à chaque fois, c'était la même chose. Si il n'y avait pas un couple pour commencer, personne de ne se levait.

« Scorpius. » fit alors la voix du chanteur du groupe. « Comme c'est ton anniversaire, tu as l'immense honneur d'aller inviter une jeune fille ou un mec c'est comme tu veux, à danser. »

Il eut quelques petits rires et exclamations moqueuses mais le blond accepta quand même son '' devoir ''. Il parut chercher quelqu'un du regard et quand il arriva devant elle, Rose ne se rendit pas compte tout de suite que c'était elle qu'il avait choisi.

« Vous dansez Miss ? » demanda-t-il en lui tendant une main.

Elle ne put que hocher la tête et accepta sa main tendue en se levant. Il l'entraîna au centre de la pièce et gênée, elle tenta de ne regarder personne. Tout le monde avait le regard rivé sur eux et les sifflements moqueurs et admiratifs la firent rougir furieusement. Scorpius lui prit la main droite dans sa main gauche, saisit sa taille de la main droite, pendant que la main gauche de Rose s'appuyait sur son épaule. Ils se mirent à danser. Rose ne savait pas ce qu'i la faisait rougir le plus, les regards des autres sur eux où le parfum envoûtant du jeune homme qui lui faisait tourner la tête. Heureusement, d'autres couples commencèrent à danser autour d'eux et ils ne furent plus très longtemps le centre de l'attention.

« Tu t'amuses ? » demanda-t-il.

Elle acquiesça.

« Et toi ? Content d'avoir eu ton éclair d'argent ? » interrogea-t-elle dans un sourire.

« Éclat d'Argent » rectifia le jeune homme.

« Roo, c'est la même chose ! » fit-elle.

Il eut un petit sourire et lâcha sa main pour nouer ses bras autour de la taille de Rose. Cette dernière entoura son cou de ses bras, et appuya sa tête sur son épaule. Ils étaient vraiment très proches à présent. Et malgré cela, elle se sentait un peu plus à l'aise.

S X R

Les aiguilles de l'horloge de la demeure Weasley avançaient lentement, Hugo était sorti et Hermione lisait un livre, confortablement installée contre son mari. Celui-ci déjà, s'agitait constamment depuis une bonne demi-heure et puis, n'y tenant plus, il se leva d'un bond et s'écria :

« Mais qu'est ce qu'on attend ! Je refuse de rester une minute de plus ici ! »

« Très bien Ronald, faisons ce que tu veux ! Mais jure-moi Ronald que, si tu as tords, je ne t'entendrait plus parler de cette histoire ? Me suis-je bien fait comprendre ? »

Il hocha la tête à regret mais confiant. Il était sûr de lui. Hermione l'observa s'affairer autour de la cheminée et quand il disparut dans les flammes vertes elle s'apprêta à faire de même quand son mari réapparut à l'intérieur.

« Qu'est ce qui s'est passé ? » s'étonna Hermione.

« Ils ont bloqués l'accès à leur cheminée ! »

« Tant mieux, on peux rester... »

« Tu rigoles ! On va transplaner ! »

« Mais tu sais bien qu'on ne pourra transplaner qu'à trois cent mètres de la maison ! » rappela Hermione en levant les yeux au ciel.

« Il ne nous reste qu'une solution dans ce cas. »

« Laquelle ? » interrogea Hermione, méfiante.

« On transplane et on marche ! »

Ce fut ainsi qu'après avoir transplaner aux bords du village de Godric's Hollow, Ron et Hermione commencèrent à marcher pour atteindre la maison des Potter. Ron marchait d'une manière si rapide et si enragée que sa femme dut presque courir derrière lui pour rester à sa hauteur. Dès qu'ils atteignirent l'entrée, il sonna. Aucune réponse. Une minute puis deux... Il frappa vigoureusement à la porte. Toujours aucune réponse.

« Mais qu'est-ce qu'ils font bon sang ! »

Cette fois-ci, la sonnette et la porte furent victimes de son impatience. Quelques secondes plus tard, la porte s'ouvrait à la volée, faisant apparaître Harry, la chemise à moitié ouverte et les cheveux encore plus en désordre qu'à leur habitude.

« Ron ? Hermione ? Qu'est-ce qui se passe ? » demanda-t-il en s'effaçant pour les laisser entrer.

« Qui s'était ? » demanda Ginny qui venait de descendre la dernière marche de l'escalier, vêtue d'un peignoir enfilé à la hâte.

Elle s'immobilisa en voyant sa belle soeur et l'air qu'affichait son frère.

« Qu'est-ce qui... » commença-t-elle.

« Où est Rose ? » coupa Ron tandis qu'Hermione levait les yeux au ciel.

« Dans la chambre de Lily, elles sont allées se coucher pourquoi ? » s'étonna la rouquine, qui ne comprenait pas.

« Va vérifier. » ordonna Ron un peu plus sèchement que d'habitude.

« Mais ça ne va pas ! Qui est-ce qui te permet de me parler comme ça ! » interrogea Ginny, outrée.

« Je suis ton grand frère ! » répliqua Ron du même ton.

Hermione et Harry se lancèrent des regards entendus. Ils se croyaient vingt ans plus tôt, lors d'une dispute entre les deux Weasley;

« Ron » temporisa Harry. « Si tu commençais par nous expliquer ce qui se passe. »

« J'avais interdit à Rose d'aller à une fête mais je crois qu'elle est venue ici uniquement dans le but de se faire la malle ! »

« Très bien, je vais voir. » dit Ginny en se dirigeant vers la chambre de sa benjamine, encore exaspérée.

Quand elle revint elle s'exclama :

« Elles n'y sont plus ! »

Devant les exclamations surprises des trois autres, elle ajouta :

« Leur couvertures bougeaient mais quand j'ai voulu vérifier, j'ai remarqué qu'il y avait des vêtements dessous ! »

« Qu'est-ce que je t'avais dit Hermione, j'en étais sûr ! »

« On ne sait toujours pas où elles sont. » répliqua celle-ci.

« A cette fichue fête ! »

« Mais chez qui elle est cette fête, d'ailleurs ? »

« Si on demandait à Albus, il doit savoir lui. » fit remarquer Harry en haussant les épaules.

« Bonne idée. » assura Ron « Ne perdons pas de temps. »

« Il est malade, je ne sais pas si il faut le réveiller. » commença Ginny.

« GINNY ! »

« Très bien ! Venez... »

Elle remonta les escaliers, suivie des autres et entra doucement dans la chambre du cadet de la famille. Celui-ci était allongé dans son lit, les couvertures remontées jusqu'à la poitrine et feuilletait distraitement une revue de Quidditch.

« Tu vas mieux Al ? » commença sa mère d'une voix douce.

Il acquiesça et regarda les adultes, étonné.

« Tu m'as dit que toi aussi tu comptais aller à une soirée ce soir ? » reprit Ginny. « Et se déroulait-elle ? »

« Chez Scorpius Malfoy » répondit Albus avec un toussotement.

S X R

Heureusement pour elle, Rose n'entendit pas le hurlement que son père venait de pousser quelques secondes plus tôt. Scorpius se détacha d'elle et l'entraîna vers le fauteuil où elle avait été assise plutôt.

« Je reviens, je vais nous cherchons des verres. »

Rose lui sourit et remarqua que la fille de Serpentard était toujours assise à côté d'elle. Elle jeta un regard vers la piste et faillit s'étrangler de rire quand elle vit Maylin Corner se faire chasser d'un regard noir par une Lily furieuse après que la brune ait collé de trop près son petit-ami durant une danse. Finalement, Scorpius revint vers elle et se planta devant la Serpentard.

« Tu danses ? » lui demanda-t-il.

Rose le regarda, outrée. Mais à quoi jouait cet imbécile ? La fille à côté d'elle était devenue rouge pivoine et elle se leva avec un grand soupire d'espoir. Surprenant alors les deux filles, il prit la place que l'adolescente venait de libérer. Avec un sourire, il dit :

« Vas-y, je te regarde. »

La fille eut l'air confuse mais finit par s'éloigner, honteuse.

« Salaud. » dit-elle dans un sourire en prenant le verre qu'il lui avait tendu.

« Je sais, je sais... »

Elle s'empêcha à grand peine de lever les yeux au ciel et porta son verre à ses lèvres. A la première gorgée, un picotement emplit sa gorge.

« C'est quoi ? » demanda-t-elle au jeune homme.

« Du punch »

« Il est alcoolisé ? »

« Humm, juste un peu... »

La rouquine le dévisagea quelques secondes et déclara :

« J'ai compris ton petit jeu, tu sais. »

« Vraiment ? » questionna Scorpius, avec un haussement de sourcil.

« Ouais, tu vas me saouler et abuser de moi ! » répondit-elle en le désignant du doigt.

Il eut un sourire en coin et le plus sérieusement du monde, il déclara :

« Je ne ferais jamais une chose pareille. »

Il la regarda dans les yeux. Elle ne bougea pas, aucun sursaut, aucun frisson. Juste un contact visuel avec ces iris, si semblables aux siens. Il détourna les yeux, lança un regard rapide autour d'eux et proposa :

« Je vais prendre l'air, tu viens ? »

Bien sûr qu'elle allait venir ! Il lui prit la main pour qu'elle se lève et posa un bras autour de sa taille en l'entraînant à l'extérieur. Dès qu'ils furent sortis, le vent fit frissonner la jeune fille. Elle avait oublié de prendre la veste de Lily.

« Tu as froid ? »

Ils venaient de s'asseoir sur un banc et Scorpius s'était mis à lui présenter un peu le manoir de sa famille pendant que la rousse tentait tant bien que mal de réchauffer ses bras nus. Elle hocha la tête et la température changea immédiatement quand elle sentit le bras du jeune homme se poser sur ses épaules et la tirer vers lui. Qu'est ce qu'elle devait faire ? Le laisser tenter quelque chose ? Il avait l'air assez pris dans ses explications et puis pourquoi les hommes devaient-t-ils toujours faire le premier pas ? Tentant de ne pas rougir, elle se redressa pour le regarder en face, intensément. Immédiatement il resserra son étreinte autour d'elle. Leurs visages étaient extrêmement proches l'un de l'autre. Doucement, sans la lâcher du regard il pencha la tête vers elle. Leurs lèvres s'effleurent à peine, mais suffisamment pour créer une sensation électrisante et réveiller ses sens.

« ROSE HELEN WEALSEY ! »

La jeune fille se tourna avec horreur et vit son père, sa mère, sa tante Ginny et son oncle Harry les regarder. A cet instant précis, elle aurait voulu être une petite créature et se jeter dans un trou pour y mourir. Elle eut la certitude que rentrée chez elle, elle passerait le plus mauvais quart d'heure de sa vie.

FIN DU CHAPITRE