Bonjour bonjour !
Edit du 19/04/2019 : Chapitre revu et corrigé !
Les termes autremondiens et japonais sont suivi par un * et sont expliqués à la fin.
Disclaimer : One Piece appartient à Eichiiro Oda et Tara Duncan à Sophie Audouin Mamikonian
Lilith se sentait bien, bien mieux que les derniers jours. Elle avait agréablement chaud, mais elle ressentait un picotements aux poignets. Elle gémit, s'obligea à ouvrir les yeux. Elle fronça les sourcils en voyant un plafond en bois. Ça ne ressemblait pas à l'infirmerie du Château Vivant de son pays, ni à sa maison. Elle papillonna des cils, puis releva doucement la tête. Elle croisa alors un regard bleu qui ne pouvait appartenir à quelqu'un qu'elle connaissait. Paniquée, elle se dégagea des draps et se recula jusqu'à heurter un mur. Et slurk* ! Slurk, slurk, slurk ! Déjà, elle ignorait où cette foutue Porte* défectueuse l'avait emmené, si ce n'était pas chez elle, mais si en plus elle était à nouveau enfermée...
Enfin peut-être pas, puisque son vis-à-vis s'abaissa à sa hauteur les mains devant lui. Un signe universel pour dire qu'on ne voulait pas de mal. Il planta ses yeux dans les siens et elle le détailla rapidement. L'homme était musclé et plutôt grand, il faisait bien deux mètres. Un étrange tatouage ornait sa poitrine, visible avec sa chemise violette ouverte. Elle se tendit, sa partie demi-elfe lui criant de se méfier du blond, qui dégageait une forte aura, tandis que sa partie humaine lui hurlait qu'il ne lui ferait pas de mal. Son air endormi et ses cheveux blonds coiffés en ananas ou en palmier laissaient effectivement penser que l'étranger n'était pas dangereux, mais l'habit ne faisait pas le courtisan, elle ne le savait que trop bien. Il lui parla et Lilith ne comprit rien. Il n'y avait visiblement pas de Traductus ici.
C'est à ce moment-là que son estomac se mit à protester de la diète forcée qu'elle lui avait imposé durant son enfermement. Elle plaqua les mains sur son ventre en espérant le faire taire. Le blond lui posa une question, mais elle ne pouvait pas y répondre. Il fallait qu'elle s'occupe rapidement de ce problème de langage, sinon elle était dans les ennuis jusqu'au cou.
Un autre homme entra alors. Grand, musclé mais fin, la peau tannée par le soleil,il avait les cheveux bruns attachés en catogan. Il dégageait une aura comme celle de sa marraine, une aura de discrétion, celles des Voleurs*. Elle se plaqua encore plus contre le mur, retenant son souffle. Elle avait beau être à moitié elfe, elle se laissait plus souvent guider par sa partie humaine qui là, lui disait clairement de se cacher dans un trou et de ne plus en sortir. Le blond recula, lui laissant plus d'espace, et elle se remit à respirer. Le brun ressortit après un ordre du blond. Celui-ci prit plus de temps, se relevant peu à peu, avant de lui demander quelque chose et de refermer la porte.
Lilith se laissa glisser contre le sol, portant la main à son cœur qui battait la chamade. Elle ne savait pas où elle avait atterri et ça la terrifiait. Elle s'aperçut alors que ses poignets et ses chevilles avaient été soignés et qu'elle était habillée avec un t-shirt bleu trop grand qui lui faisait un genre de tunique, mais confortable. Elle vint se remettre sur le lit et se mit à réfléchir.
Elle ignorait si elle était sur Autremonde ou même sur Terre. Probablement plus sur Terre, un Autremondien aurait incanté un Traductus pour qu'elle le comprenne. Sans doute aussi était-elle tombée en plein milieu de nonsos*. Elle ne parlait pas le langage des gens d'ici et elle ignorait tout de l'endroit où elle avait atterri. En prime, elle ne savait pas non plus si elle pouvait utiliser sa magie ou pas. Il fallait qu'elle teste quelque chose de simple.
Elle regarda les draps, puis murmura une incantation. Les draps prirent une couleur bleue. Lilith eut un sourire rassuré et rendit sa blancheur au tissu. Maintenant elle devait savoir si elle pouvait utiliser la magie devant les inconnus ou s'ils ignoraient son existence. Pour cela elle incanta un Traductus sur elle-même, déplorant tout de même que bien qu'elle pourrait comprendre la langue de ces étrangers, elle ne pouvait pas parler puisqu'elle doutait sérieusement qu'ils parlent l'elfique ou le lancovien. Il faudrait qu'elle incante un Traductus sur tous ceux qu'elle croiserait... Non, bien trop difficile, elle allait faire comme si elle était muette, c'était pour le mieux.
La porte s'ouvrit à nouveau sur le blond, qui portait un plateau. Et ça devait être de la nourriture, vu l'odeur plus qu'alléchante qui lui parvenait. Inconsciemment elle se lécha les lèvres, ce qui amusa le blond.
- Tu as vraiment l'air d'avoir faim, yoi.
Lilith rougit légèrement, mal à l'aise, mais contente quand même que son sort ait marché. C'était dans ces moments-là qu'elle détestait sa part humaine, beaucoup trop voyante. L'adulte posa le plateau devant elle et s'assit à côté du lit. Elle se contracta, sur la défensive, bien que son instinct lui dictait de faire confiance à l'inconnu. Il en avait de bonnes, son sixième sens, mais là elle aurait bien voulu manger dans le calme et la tranquillité, alors si en se montrant méfiante elle pouvait faire dégager l'homme elle se gênerait pas !
- Je m'appelle Marco et toi, yoi ?
Hein !? Il engageait la discussion ? Bon, elle allait devoir composer avec lui. Elle décida de l'ignorer et se concentra sur le repas. De la soupe, du pain, une part de tarte au citron qu'elle adorait et quatre... trucs. Non, franchement elle n'identifiait pas ce que ces choses étaient.
- C'est des sushis, yoi. Tu ne connais pas ?
Lilith se retourna vers le blond. Pourquoi, elle était sensée ? L'interrogation se lisait sur son visage et Marco lui expliqua ce que c'était. Elle regarda les sushis avec un air dubitatif, avant d'en prendre un et de le manger, prenant autant de précautions que lui quand il ouvrait un cadeau de Thatch. Elle mâcha puis déglutit, avant qu'un air de ravissement se peignit sur son visage.
- C'est bon, yoi ?
Elle acquiesça, avant d'entamer son repas beaucoup plus détendue. Marco la dévisageait, réfléchissant. La petite devait être muette, il ne l'avait pas entendue parler depuis qu'il l'avait repêchée. Enfin, elle était peut-être juste excessivement méfiante et il se demandait ce qui pouvait l'avoir rendue comme ça à son jeune âge. Il lui reposa la question pour son prénom et il la vit réfléchir intensément, avant qu'elle ne prenne le pain et modèle des lettres avec la mie, les posant sur le plateau avant de le tourner pour qu'il puisse lire. Marco déchiffra et demanda pour être sûr.
- Lilith, yoi ? Tu as quel âge ?
La petite fille acquiesça, puis elle montra dix doigts pour lui répondre.
- Dix ans yoi. Tu peux me dire ce que tu faisais en pleine mer yoi ?
Elle ne voulut pas répondre. Ou ne pouvait pas, Marco ayant eut la confirmation qu'elle était muette. Car sinon, elle ne se serait pas autant embêter pour communiquer son prénom et son âge.
- Écoute, il faudrait changer tes bandages, yoi. Accepterais-tu qu'une des nos infirmières le fasse ?
Lilith acquiesça. Elle savait que des blessures mal-soignées pouvaient être mortelles, ou devenir handicapantes. Marco s'apprêtait à partit quand Lilith sentit son cœur lui dicter de s'accrocher à lui. Elle ne savait pas pourquoi, mais instinctivement elle lui faisait confiance, elle ne voulait pas qu'il parte, qu'il la laisse seule. Elle devait être la demi-elfe la plus trouillarde existante, mais son foutu instinct lui disait qu'aucun mal ne lui serait fait tant que le blond serait avec elle. Elle avait beau être tendue en sa présence, elle se sentait en sécurité. Il se tourna vers elle et elle lui adressa le regard numéro un, le regard suppliant à la façon de son ami Cal.
Marco fixait les yeux cristallins de la petite fille et sentit son cœur fondre. Qui pourrait résister à une aussi jolie gamine ? Pas lui, en tout cas.
- Je vais simplement demander à une infirmière de venir, je resterais avec toi si ça peut te rassurer, yoi. D'accord ?
Lilith hocha avec hésitation la tête et Marco lui ébouriffa les cheveux. La petite fille lâcha sa chemise et il ressortit sur le pont, où Crystal lui sauta dessus.
- Bon sang commandant, qu'est-ce que vous faisiez ? Il faut que je change les bandages de la petite !
- Calme-toi Crystal, tu vas effrayer Lilith, si tu rentres dans l'infirmerie comme un taureau en rut, yoi.
Juste après, le premier commandant pensa qu'il n'aurait pas dû faire cette comparaison, parce que l'infirmière en chef le foudroya du regard, tandis que la plupart des pirates autour d'eux se retenaient de rire.
- Bon, maintenant vous pouvez retournez bosser, ne restez pas dans mes pattes, commandant.
Voyant qu'il n'avait pas l'intention de partir, elle décida d'être plus expéditive.
- Allez, du balais, ou je m'en vais dire à Oyaji* que vous me gênez dans mon travail.
- Ne te gêne pas Crystal, mais je doute que Lilith te laisse la soigner si je ne suis pas là, yoi.
L'infirmière en chef doutait de ses propos, mais elle lui fit quand même signe de venir, à contrecœur. Elle rentra dans la pièce et observa la blessée se raidir, puis se détendre quand elle vit Marco. Le blond se mit à côté de l'enfant, puis l'infirmière se mit à changer les bandages. Elle était mal à l'aise avec le regard de chat de sa patiente et ses nerfs étaient mis à rude épreuve par le silence qui régnait dans la pièce. D'habitude, tous les blessés parlaient, ne serait-ce que pour se plaindre, mais pas la gamine.
- Elle est muette, yoi, répondit Marco, comme s'il avait lu dans ses pensées.
Lilith se rapprocha de l'homme comme elle le pouvait. Elle sentait que l'infirmière était mal à l'aise avec elle et ça la blessait. Une fois qu'elle eut fini de changer les pansements, Lilith espérait qu'elle parte, mais elle s'installa sur un bureau plus loin, que la plus jeune n'avait pas remarqué. Marco prit le plateau et s'apprêtait à repartir quand la demi-elfe tira sur sa chemise. Elle voulait qu'il reste.
- Lilith, il faut que j'aille reposer ça à la cuisine et prévenir Oyaji que tu es réveillée, yoi.
Elle s'accrocha encore plus au bout de tissu violet et Marco avait du mal à comprendre pourquoi.
- Tu ne seras pas toute seule, il y a Crystal, yoi.
Lilith repensa à l'attitude de l'infirmière et secoua la tête. Le blond devina alors.
- Tu ne te sens pas à l'aise avec elle, ne ?
Elle hocha positivement la tête. Le premier commandant réfléchit rapidement, avant de demander à l'infirmière si Lilith pouvait sortir. Une fois l'autorisation obtenue, Marco fit signe à l'enfant de le suivre. Elle trottina derrière lui et quand il sortit sur le pont, il la sentit s'agripper à sa chemise. Il baissa la tête et il la vit émerveillée, avec une vrai sourire qui lui creusait des fossettes au coin des lèvres.
De l'eau, tout autour d'eux. Lilith n'avait jamais vu la mer avant, prenant toujours des Portes de transfert. C'était magnifique, le bleu des flots brillait comme des milliers de minuscules diamants sous l'éclat du soleil. Soudain, elle s'aperçut que tout un tas de gens la regardaient et elle se mit derrière Marco, méfiante et mal à l'aise. Elle les dévisagea et nota certains détails qui lui firent comprendre que l'endroit dans lequel elle avait atterri était cruel.
Tout d'abord, tous ceux qu'elle voyait étaient musclés et possédaient une à plusieurs armes. Son instinct d'elfe ressentait ces gens comme des combattants dangereux, il aurait aimé qu'elle les affronte malgré son faible niveau. Son côté humain, lui, voulait retourner à l'infirmerie et ne plus en ressortir. Pour une fois, Lilith n'écouta ni l'un ni l'autre et marcha derrière Marco. Elle était sûre qu'il ne lui arriverait rien tant qu'il la protégerait. Bon, s'il décidait entre-temps qu'elle était une menace à éliminer, elle n'y pourrait pas grand-chose.
Elle le suivit sur le pont, admirant le bateau. Elle savait que ça existait mais n'était jamais monté à bord et ça la fascinait. Néanmoins, elle songea qu'il y avait quelque chose d'étrange. Les navires sur Terre n'étaient plus en bois depuis longtemps et certaines personnes présentes étaient bien trop grandes pour des êtres humains. Il y avait quelque chose qui la dérangeait.
Marco sentait la petite sur la défensive et il nota qu'elle se déplaçait très silencieusement, avec une démarche souple, qui semblait naturelle chez elle. Encore quelque chose qui donnait à penser qu'elle était le résultat d'une expérience en plus de la découverte de l'océan. Si elle avait grandit sur une île, elle n'aurait pas été aussi impressionné. Il la mena vers Shirohige, notant ses yeux qui s'écarquillaient devant le géant.
- Oyaji, voici la jeune fille que j'ai repêchée, yoi. Elle s'appelle Lilith et elle est muette, yoi.
Lilith leva les yeux vers l'immense homme devant elle et sa bouche s'assécha. C'était un géant, ce n'était pas possible autrement d'être aussi grand ! Elle en avait déjà croisé dans le Château Vivant et elle se demanda s'il mangeait aussi des pierres, comme chez elle. Mais en tout cas, elle ne pouvait pas être sur Terre, pas avec un homme pareil. Et une idée s'insinua dans son esprit. Si elle n'était ni sur Terre, ni sur Autremonde, est-ce qu'elle avait... atterri sur une planète d'un autre système solaire ? Voire même d'un autre univers ? Elle songea que, si c'était le cas, les dragons n'avaient pas encore dû la découvrir.
Quant à Shirohige, il était intrigué par cette enfant qui avait ces yeux si particuliers. Il n'avait jamais croisé des pupilles fendues ainsi chez un être humain depuis le temps qu'il naviguait. Il la vit se rapprocher de son fils sous son examen visuel, visiblement mal à l'aise. Il fut étonné de voir à quel point elle semblait avoir confiance en Marco alors qu'elle ne le connaissait que depuis tout à l'heure. Le capitaine pirate aurait bien aimé lui poser des questions, mais si elle était dans l'incapacité de parler, il ne pourrait pas savoir grand chose sur elle. Il se résigna, elle allait être un mystère. Ce qui voulait dire aussi un danger potentiel.
- Lilith, j'aimerai que tu comprennes quelque chose. Tu as beau être une enfant, je ne peux pas t'accorder ma confiance comme ça, surtout en ignorant ce que tu es réellement.
La réaction de la môme fut déstabilisante. Elle ouvrit grand ses yeux, puis baissa la tête, mais il avait pu voir juste avant qu'elle était blessée par ses paroles.
Lilith serra les poings. Même ici il fallait qu'elle soit stigmatisée par son statut de demi-elfe. Pas assez humain ou pas assez elfe, elle était en équilibre sur une ligne entre les deux races. Ses congénères elfes la traitaient comme inférieure, et les hommes se méfiaient d'elle à cause de sa partie elfique. Mais qu'est-ce qu'elle avait fait dans une vie antérieure pour mériter ça ! Elle se mordit la lèvre inférieur pour ne pas pleurer.
- J'aimerai que tu restes toujours avec un commandant, si ça ne te déranges pas, reprit le capitaine.
L'enfant s'accrocha à nouveau à Marco, elle ne voulait pas aller avec quelqu'un d'inconnu. Elle releva les yeux vers le géant et le supplia du regard pour rester avec le blond. Si ce n'était pas un commandant... Elle ne voulait pas l'imaginer. Étonnamment, l'homme se mit à rire.
- Gurarara ! Bien sûr que tu peux rester avec Marco petite, je ne pense pas que te mettre avec un autre commandant alors que tu as l'air de faire confiance à mon fils te serait bénéfique !
Elle soupira de soulagement, puis sentit une main se poser sur sa tête. Elle tourna la tête vers Marco qui lui souriait, et elle eut un petit sourire timide.
- Je suppose qu'elle dormira avec moi Oyaji yoi ? demanda le blond à l'intention du géant.
- Si cela ne te dérange pas, mon fils.
- Non, Oyaji.
Il prit par la main la petite fille et l'emmena dans sa cabine. Curieuse, elle s'approcha du bureau, où se trouvait une carte incomplète. Elle regarda Marco, l'œil interrogateur.
- Je suis un navigateur et cartographe aussi, yoi. Il est donc possible qu'en cas de tempête, je passe ta responsabilité à quelqu'un d'autre, d'accord, yoi ?
Lilith hocha la tête, puis bâilla. Marco l'encouragea à se reposer et il rabattit la couverture sur elle quand elle se mit au lit. Il hésita une seconde, son phénix tentant de lui dire quelque chose, mais il finit par l'ignorer. Il ignorait encore qu'il allait le regretter...
Slurk : équivalent autremondien de merde
Porte : je parle ici des Portes crées par les sorceliers eux-mêmes, pas des Portes de Transferts avec les tapisseries.
Voleur : référence aux Voleurs Patentés
Nonsos : contraction de non-sortcelier, une personne qui n'a pas de magie.
Oyaji : Père
Voilà, j'espère que la suite vous plaît, et je vous encourage à laisser une review, s'il vous plaît *regard suppliant*
