Coucou à vous ! Désolée pour le long retard, quelques petits problèmes qui n'ont pas voulu me laisser m'enfuir gentiment. Voici la suite, qui répondras à peine à vos reviews, même si j'ai bien aimé vos hypothèses. Chapitre court, mais tout ceux de cette histoire le sont. Merci de me suivre et de me lire !


Ce n'est pas comme si les doutes et les certitudes d'une vie sont inébranlables

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Une semaine. Une putain de semaine. Bobby lui avait donné des jours de congé quand il avait remarqué que Dean ne dormait pratiquement plus et mangeait encore moins. L'homme barbu lui avait hurlé dessus pendant dix bonnes minutes, attirant l'attention de Jo et Karen, avant de le mettre à la porte. Il ne répondait plus aux messages de Sam, ce dernier l'appelait au moindre temps libre, laissant sur son répondeur autant de question et d'inquiétude que leur mère, le faisant encore plus culpabiliser de ne pas savoir passer outre ses rêves envahissants pour vivre sa vie avec eux. Quelque chose le retenait aujourd'hui de profiter pleinement de la chance d'avoir sa famille réunie et en vie, de pouvoir observer son frère embrasser sa fiancée en faisant des commentaires salaces avec Ash et Charlie.

Cela faisait une semaine qu'il se réveillait à chaque fois qu'il fermait un peu les yeux, épuisé de voir du sang versé, une violence qui n'avait pas été vécue dans son passé-ci. Pas dans cette vie là. C'était trop détaillé, trop véridique pour que ce ne soit qu'une invention de son esprit. Dans la vie qu'il vivait dans sa tête, il pourrait aujourd'hui être sous l'effet d'un génie ou d'un sort quelconque, certainement. Mais son être entier lui criait que ce n'était pas ça, pas encore, que bientôt il aurait la réponse et ses sentiments criaient à la trahison.

Puis il y avait Lui. Ses yeux bleus trop azuré pour être humain, son visage toujours mal rasé, ses sourcils froncés dans une expression d'incompréhension éternelle sous des cheveux bruns ébouriffés comme s'il sortait à peine du lit. Dean savait que cet homme ne comprenait pas les références humaines, qu'il avait appris avec peine à évoluer dans un corps mortel. Que c'était un ange. Son ange. Il portait perpétuellement un trench-coat comme si c'était sa marque de fabrique, ses sourires étaient rares, un peu tordu parfois et c'était un tueur plus implacable que lui et son frère. Dean se souvenait aussi que c'était lui qui l'avait tiré de l'enfer et également lui qui lui avait annoncé qu'il pourrait l'y remettre. Pourtant quand il se mettait devant son miroir à la recherche de cette marque de main sur son épaule gauche, il ne la trouvait pas.

Dean enrageait un peu de devoir tourner en rond dans son petit studio pas bien grand, seulement deux chambres et un salon qui faisait aussi cuisine, une salle d'eau à peine assez large pour une baignoire et des toilettes. C'était petit, mais c'était l'appartement où il voulait vivre pour longtemps, certainement le changerait-il lorsqu'il voudras un jour se caser et avoir des gosses. Lisa, la voisine de ses parents, était bien partie pour essayer de l'avoir dans sa vie, Anna aussi qui travaillait avec Jo au bar d'Helen. Cependant il se rendait aujourd'hui compte qu'il attendait quelqu'un et ce quelqu'un était un homme aux yeux céruléen qu'il pourrait ne jamais voir.

A un moment donné, ce fut son père qui débarqua chez lui, avec ses gros poings frappant à sa porte, il ne put décemment pas refuser à ce qu'il entre. Un silence gêné s'installa rapidement, l'homme, que Dean prenait pour son héros, assit sur le bord son canapé en tenant dans ses deux mains une bière qu'il regardait comme si elle portait toutes les réponses du monde et lui, lui qui était entrain d'essayer de fuir son paternel en commençant un semblant de rangement de la pièce qu'il avait nettoyé de fond en comble dans ses jours de congés. Demain il repartait travaillé, Bobby lui annonçant qu'il devait se bouger le cul.

- Ta mère s'inquiète beaucoup.

Dean se figea dans ses gestes, traduisant par cela "Je m''inquiète aussi pour toi". Il s'en voulut un peu plus et croisa le regard de son père qui l'avait relevé, lisant dans celui-ci tout ce qu'il avait toujours besoin. John lui avait dit plus d'une dizaine de fois qu'il était fier de ses enfants, que rien ne pourrait retirer cette fierté qu'il avait d'eux. Alors Dean ferma un instant les yeux, chassant ce qui le rongeait, après tout cette vie était la sienne.

- Il y a quelqu'un…

- Tu a rencontré une femme ?

- Il est partit.

- Oh.

Il ne savait même pas s'il était gay ! Pourtant cette information ne sembla pas plus le choquer que son père, celui-ci tapota la place à ses côtés pour lui signifier d'arrêter de maltraiter le chiffon entre ses mains pour se poser. Dean obéit, l'image fugace d'une crémation maison à l'honneur de son père fut rapidement chassé par son envie de s'appuyer sur quelqu'un de fort. John avait toujours été là pour le protéger, dans une vie comme dans l'autre.

- Tu veux en parler, fiston ?

- Tu ne m'as plus appelé comme ça depuis mes quatorze ans.

- A ce moment-là tu me disais que tu étais trop grand pour que je continue à t'appeler ainsi.

- ça me manquais.

Ils eurent un sourire, Dean finit par ouvrir la bière qu'il s'était posée sur la table basse alors que son père reposait la sienne, à moitié vide. A moitié pleine.

- J'ai l'impression qu'on a vécu toute une vie l'un avec l'autre, pourtant je ne le connaissais pas tant que ça. Il avait ce tique de baisser la tête sur le côté quand il posait une question qui me paraissait aberrante. Je veux dire, tout le monde connait Star Wars ! Ou le Seigneur des Anneaux ! Mais pas lui.

John fixa son gamin qui s'extasiait à parler de cet homme qu'il ne connaissait pas, qu'il ne nommait pas, il nota surtout qu'il n'en parlait pas vraiment, simplement de ce qui pourrait certainement moins le choquer. Et il avait raison, Dean se ferait interner immédiatement s'il commençait à raconter l'apocalypse, les démons ou que les monstres sous le lit existaient. Et s'il parlait d'ange. Alors il parlait de son ange, de ce qu'il se souvenait de lui, tout en souffrant de ne pas comprendre pourquoi il n'était pas là quand tous l'étaient.

- Je ne sais pas si j'ai fais quelque chose de mal, il avait promis de toujours répondre quand je l'appelais. Et j'ai peur qu'il lui soit arrivé quelque chose, qu'il soit même mort ! C'est ridicule, non ?

- Tu dois vraiment l'aimer cet homme.

Cela arracha un sourire amer à son fils qui prit une nouvelle gorgée de bière, entamant à peine la bouteille de verre. Il aimait quelqu'un qu'il ne connaissait pas ? Sans aucun doute. Son père partit en le rassurant sur le fait que les peines de cœurs étaient nombreuses dans une vie et qu'il ait temps qu'il en ait vu son âge. Dean rit un peu, sachant pertinemment que son paternel s'inquiétait bien plus qu'il était rassuré, son fils se contenta de finir son semblant de ménage ensuite, essayant de se concentrer sur autre chose que le fait que tous ses amis allaient venir l'assaillir dès le lendemain pour plus de détails qu'il ne pourrait fournir et que son frère aurait cette bitch face célèbre sur le fait qu'il avait connu un homme sans lui en parler. Demain serait une dure journée.

Ou peut-être pas. Jo passa sont temps à lui caresser le bras ou tapoter son épaule avec compassion alors que Karen ne cessait de lui amener des mousses ou des fondants au chocolat, voir quelques tartes que là il ne put refuser. Bobby lui parlait doucement et à chaque fois qu'il faisait une erreur, l'homme barbu le rassurait en lui disant que ce n'était pas grave, qu'il n'avait qu'à recommencer. Cela lui rappela les premiers jours où il avait travaillé pour l'homme et c'était à la fois agaçant et à la fois apaisant. Ash passa aussi, apportant des bières qu'ils burent sans s'échanger un seul mot. Benny se ramena avec Charlie pendant un bon quart d'heure, essayant de deviner avec elle le physique de son ange et hurlant aussi fort que la rousse de se taire quand il voulait les contredire, ce fut plutôt amusant. Sam et Adam passèrent ensemble également, son cadet le serrant un instant dans ses bras alors que le benjamin annonçait, reprenant presque les paroles de leur père, qu'il était temps qu'il ait son premier cœur brisé.

Il avait une famille et des amis parfaits. C'est ce qu'il se disait en marchant le long du trottoir, voulant rejoindre le bar d'Helen pour y passer du temps, ne voulant pas rester seul ce soir. C'était une nuit particulièrement chaude, sa veste de cuir jetée négligemment sur son épaule, une main la retenant de tomber et l'autre main dans la poche, un air de vilain garçon car après tout il était né avec. Ce fut comme si quelqu'un le lui avait chuchoté à l'oreille, son corps se figea soudainement et ses yeux s'écarquillèrent alors que son visage se tournait vers une ruelle qu'il avait faillit dépasser sans s'arrêter. Il y avait un homme qui marchait avec hésitation, lançant des regards un peu partout, resserrant son trench-coat beige sur son corps comme s'il avait froid et des cheveux bruns un peu hirsutes. Il marchait dos à Dean, s'éloignant de celui-ci. Ce fut une apparition, elle disparut lorsqu'il cligna les yeux, le laissant perturbé au possible.

Renonçant à aller chez Helen, il s'engagea dans la ruelle, persuadé qu'il ne l'avait pas vu pour rien et découvrit qu'elle tournait sur la droite avant de s'engager dans une avenue et qu'il était là. Réellement là, qu'il allait rejoindre ce flot d'inconnus rentrant chez eux après une dure journée de travail, qu'il allait certainement disparaître de nouveau. Dean n'hésita pas une seconde de plus, abandonnant sa veste au sol, il se précipita pour attraper son bras, le forçant à se retourner vers lui. Un visage désespéré qui prit une expression surprise, un regard bleus profond se plongeant dans les siens, vert bouteille.

- Castiel…


And your whisper became my reality