Titre : Lonely
Auteur : Miserea
Bêta : Lyly.u
Sujet : Harry Potter
Genre : T (cochonneries entres adultes majeurs et consentants) HPSS
Disclamer : Je n'ai ni le nom, ni la licence, ni le talent, ni les droits, ni le compte en banque de JKR. Par contre je suis blonde, ça compte un peu non ?
Déclaration de l'auteur : Pwick. Je m'autoproclame non-coupable pour ce qui va suivre. La faute aux 2NE1 qui viennent de sortir un single fantastique et presque pas déprimant du tout (visionable sur Youtube). Snape s'appelle Snape, pas Rogue, mais les autres noms seront Francisés (désolée si ça en perturbe certain(e)s). Je vais essayer de ne pas faire d'OOC, mais franchement, un SSHP, c'est en soi, très largement OOC.
Bande son: Lonely - 2NE1
Chapitre 2
Le dîner fut silencieux et solennel, en mémoire des disparus. Peu notèrent l'absence de Severus Snape et de son filleul, trop préoccupé par les retrouvailles. Harry mangea sans bruit, morne et renfermé. Quand les trois amis arrivèrent à la salle commune, Hermione le prit à part.
-Harry, tu n'as pas l'air bien, tu devrais prendre une potion pour dormir.
-Oui, il m'en reste un peu dans ma valise.
-Je crois qu'elle n'est plus très fraîche… Tu devrais t'en procurer une autre.
-Mais pas du tout !
-Harry, ne fais pas l'idiot. Tu ne vois pas où je te mène ?
-…
-Une potion, Harry, plus un tout petit mensonge pour dire qu'il n'y en a plus à l'infirmerie égal…
-… Une excuse pour aller voir Snape ?
-Et moi qui croyais que tu y penserais tout seul…
-Hermione, je ne sais pas ce que tu vas t'imaginer mais…
-Je n'imagine rien Harry. N'en fais pas tout un plat. Vas le voir ou non, c'est ton problème. Mais je vois bien comment tu le regardes et comment tu cherches sa présence. Tout ce que je te donne, c'est un coup de pouce au cas où tu n'y aies pas pensé.
-Mais qu'est ce que tu crois Hermione ? J'y pense ! J'y pense tout le temps. Beaucoup trop.
- Le courage ne se mesure pas qu'aux exploits, Harry… Je vais me coucher. Bonne nuit.
Le clin d'œil qu'elle ajouta sembla de trop au Survivant. Il calcula les options qu'il avait : 1) aller se coucher et ne pas réussir à s'endormir à force de penser à Snape, 2) se promener dans les couloirs en espérant croiser Snape, 3) aller frapper chez Snape pour lui demander une potion, 4) sauter de la Tour d'astronomie pour ne plus penser que tout tourne autour de Snape.
Soupirant, il décida qu'il était bien trop obnubilé par son professeur pour l'ignorer et suivit le conseil d'Hermione. D'un pas lent, comme pour retarder la confrontation, il se dirigea vers les cachots en regardant les tableaux à la recherche d'un signe pour rentrer dans son dortoir. Malheureusement, les personnages des toiles le saluèrent poliment ou l'ignorèrent royalement. Arrivant devant la salle de classe de Potions, il réalisa qu'il ne savait pas où exactement habitait Snape et se sentit infiniment stupide d'avoir cédé à cette pulsion sans réfléchir.
Dans les films moldus que Tante Pétunia regardait, c'était le moment où le héros faisait son apparition, prenant l'héroïne par surprise et lui déclarant son amour. Sauf que Poudlard n'avait rien de moldu, qu'Harry ne s'identifiait à aucune héroïne, et qu'il aurait bien plus tendance à fuir à toutes jambes si Snape lui déclarait son amour.
Secouant la tête pour se débarrasser de ses idées ridicules, Harry décida de rentrer à la salle commune. Il se surprit à se demander si Malefoy était dans la sienne et s'il n'était pas trop dévasté par la mort de son père. Harry entendit Hedwige huer (1) au dessus de lui. Etonné il leva la tête et se rendit compte qu'il était au pied des escaliers de la volière. Il grimpa les marches et caressa sa chouette qui le pinça pour se plaindre de la rareté de ses visites.
- Excuse-moi Hedwige, j'ai été un peu occupé ces derniers temps et je n'ai plus grand monde à qui écrire.
La chouette blanche émit une longue plainte, comme si elle comprenait la solitude de son maître. Harry eut un petit sourire et lui gratta le ventre.
-Hedwige, si… euh… s'il devait m'arriver quelque chose, j'aimerai que tu restes avec Hagrid, tu veux bien ? Il prendra soin de toi. D'accord ?
Un hululement choqué lui répondit, comme s'il avait dit la pire des obscénités.
-C'est la guerre ma belle, on ne sait jamais…
Harry lui adressa un sourire rassurant, une dernière caresse sur le crâne et tourna les talons. Dans les corridors, son sang ne fit qu'un tour. Malefoy approchait, face à lui. Quand il arriva à son niveau, son ennemi lui lança un regard glacé et ses poings se serrèrent jusqu'à ce que ses phalanges blanchissent.
-Alors Potty, on se promène ? On n'a pas la conscience assez tranquille pour dormir ?
-Va te coucher Malefoy, je n'ai pas envie de me battre avec toi ce soir.
Draco le poussa contre le mur si fort que son épaule émit un craquement quand il le percuta.
-Je t'interdis d'avoir pitié de moi Potter ! Tu m'entends ? Snape m'a expliqué ce qui s'est passé dans la Tour. Crois-moi, tu vas regretter ce que tu as fait Potter. Je vengerais mon père ! Mais je ne peux pas te rendre la pareille, le tien n'était pas assez fort pour survivre assez longtemps ! Il était faible et…
Harry repoussa Malefoy sans ménagement. Il ne voulait pas en arriver là, mais cette sale fouine blonde lui cherchait des noises.
-Potter, dans mon bureau.
La voix suave et angoissante le fit sursauter. Il lâcha Malefoy, qu'il tenait par le col de sa chemise et baissa les yeux. Il suivit son professeur de Potions sous les gloussements de son ennemi.
-On a des ennuis Potty…
Harry serra la mâchoire et ne dit pas un mot jusqu'à ce que Snape s'arrête devant son bureau. Il ouvrit la porte et laissa son étudiant entrer en premier. Il n'osa pas s'asseoir et resta debout, se triturant les mains maladroitement.
-Votre compassion pour Monsieur Malefoy n'aura pas duré longtemps Potter.
-Il m'a cherché ! Il…
-Il est blessé Potter. Il donne le change pour ne pas craquer !
Harry repensa à ce que lui avait dit le blond. La fureur l'envahit. Il ignorait la façon dont Snape lui avait raconté les évènements de la soirée, mais visiblement, sa version différait un peu de la réalité.
-En parlant de Malefoy, qu'est ce que vous lui avez dit ? Il en a fait une affaire très personnelle contre moi !
-C'est de ce propos que je souhaite vous entretenir. Asseyez-vous.
-Je n'ai pas vraiment envie de m'asseoir ! Expliquez-vous !
Snape se tint l'arrête du nez entre son pouce et son index. En temps normal, il aurait imposé à Harry de changer de ton. Mais il savait très bien qu'il n'était pas en position de négocier.
-J'ai dû altérer légèrement les fais, pour des raisons que vous comprendrez.
-Quelles raisons ?
-Ma couverture, Potter ! Narcissa Malefoy a beaucoup de contacts parmi les Mangemorts. Si la nouvelle de ma trahison arrive aux oreilles du Seigneur des Ténèbres, l'Ordre n'aura plus d'espion. Sans parler du sort qui me sera réservé.
-Que lui avez-vous dit ?
-Que vous aviez dévié un de mes sorts qui vous étiez destiné et que Lucius en avait été victime. Je me suis innocenté mais j'ai fait passer ça pour un accident afin que les répercussions sur vous soient moindres.
-Malefoy a juré de se venger.
-C'est pourquoi je vous suivrai comme une ombre. Les autres professeurs en seront informés également. Il ne vous arrivera rien.
Harry leva les yeux au ciel. Sa protection était un travail à part entière pour son professeur depuis sa première année, et peut-être même plus.
-J'ai une question.
-Posez-la.
-Pourquoi viendrais-je, sans témoin, dans le bureau de l'homme qui aurait essayé de me tuer quelques heures auparavant ?
-Très pertinent Monsieur Potter. Je n'y ai pas encore pensé, pour être honnête. Des suggestions ?
-Non. Je n'arrive plus à vous imaginer en méchant.
-Comme c'est touchant.
Le ton n'était pas attendri pour autant. Snape semblait irrité par quelque chose, et Harry voulait savoir par quoi.
-Désirez-vous que je parte Professeur ? Vous semblez fâché. Contre moi.
-Ne soyez pas ridicule Potter. Pourquoi serais-je plus fâché contre vous que d'habitude ?
-À cause de ce qui s'est passé dans les escaliers en descendant de la Tour ?
Snape se figea. Il détourna le regard et fixa un point sur le mur. Il espéra que Harry changerait de sujet et retint sa respiration quand il recommença à parler.
-Je… euh… Vous regrettez ?
Face au silence de son professeur, il se sentit mal. Mais il était lancé et il savait qu'il se sentirait mieux s'il se débarrassait de ce qui le tracassait.
-Vous m'avez demandé de vous dire ce qui n'allait pas plus tôt.
-Vous l'avez fait.
-Mais après… Vous m'avez appelé Harry, vous m'avez caressé la tête, vous vous êtes confié à moi, vous m'avez parlé gentiment… Je ne regrette pas. Je suis désolé si je vous gêne mais vous ne m'avez pas repoussé. Je ne regrette pas.
-Potter.
Le potioniste s'était rapproché et fixait à présent son étudiant dans le blanc des yeux.
-Il n'est pas question de regrets ici. Vous aviez besoin de réconfort. Ne croyez-pas que je sous-estime la pression que vous subissez.
-Et vous veniez de perdre un ami, donc vous étiez faible c'est ça ?
Snape posa sa main fermement sur son épaule et Harry frémit en grimaçant sous la douleur.
-Un problème Monsieur Potter ?
-Quand Malefoy m'a poussé contre le mur, j'ai entendu un craquement.
-Faisons une trêve cinq minutes. Votre épaule est surement démise. Ôtez votre chemise que je regarde ça.
Harry déglutit difficilement. Il aurait dû se sentir gêné. Il aurait dû être mal à l'aise, surtout après ce qu'il venait de dire. Mais il était juste impatient et exquisément fébrile. Ses mains tremblèrent quand il déboutonna sa chemise en commençant par le bas. À trois boutons du haut, son épaule le lança. Snape hésita un instant mais prit la relève. Il dénoua la cravate rouge et or et fit glisser la chemise sur les frêles épaules de son étudiant qui frissonna.
-Avez-vous froid Monsieur Potter ?
-Non Professeur.
-Avez-vous mal alors ?
-Un peu.
La bouche de Snape s'étira légèrement en un demi-sourire. Il frôla l'épaule de Harry.
-Ici ?
-Oui.
La voix de Harry n'était qu'un souffle. Les mains de Snape étaient chaudes. Rugueuses mais douces. Il sentit le rouge monter à ses joues pendant que son professeur auscultait sa clavicule et son omoplate du bout des doigts.
-Respirez Potter. Je ne vais pas vous faire mal.
-Je le sais Monsieur. Je n'ai pas peur.
-Bien.
La chaleur se retira de l'épaule d'Harry. Snape avait ouvert une porte qui liait son bureau et sa réserve. Il revint avec une fiole opaque.
-Ceci, Monsieur Potter, est du Replassos. Votre épaule est très légèrement démise, mais la remettre manuellement serait extrêmement douloureux. Cette potion vous anesthésiera et replacera l'os en douceur.
-En combien de temps ?
-Difficile à estimer avec précision. Il serait plus sage que vous restiez ici quelques temps.
Harry hocha la tête, extrêmement satisfait de la tournure des événements. Il se sentait néanmoins un peu ridicule, assis là, torse-nu, à attendre que la potion fasse effet. Il se tritura les mains, embarrassé de ne pas savoir quoi dire. Son professeur se méprit sur ses craintes et lui prit les mains en s'agenouillant devant lui. -N'ayez pas peur. Vous ne souffrirez pas.
-Pourriez-vous arrêter de me prendre pour un enfant ? Je n'ai pas peur.
La pression des mains de Snape sur celles de son étudiant se raffermit.
-Il semble évident que je ne comprends pas votre langage corporel Monsieur Potter. Mais croyez bien que je ne vous prends pas… plus… pour un enfant.
Harry fit pivoter ses paumes sous celles de son professeur et croisa leurs doigts. Il rencontra son regard mais ne put le déchiffrer.
-Je ne vois pas en quoi mon langage corporel n'est pas clair, Monsieur.
-Puis-je savoir à quoi vous jouez Potter ?
-Je ne joue pas. Comme je ne jouais pas dans les escaliers. Monsieur.
Snape détourna le regard mais contempla leurs doigts entrelacés et s'immobilisa.
-Auriez-vous encore besoin de réconfort ?
-Je n'en ai pas besoin. J'en ai envie.
-Fadaises.
-Ça me semble plutôt évident pourtant.
Harry se pencha en avant, s'arrêtant tout proche du visage de l'enseignant.
-Vous l'avez dit, je ne suis plus un enfant.
Les espoirs d'Harry se brisèrent quand Snape dégagea ses mains. Il baissa la tête et ferma les yeux un instant, vaincu. Le Maître des Potions restait immobile, toujours agenouillé devant lui. Harry sentit son épaule se remettre en place, tout en douceur. Il se massa lentement et ramassa sa chemise. Soudain, sa poitrine se mit à pétiller quand il sentit une douce chaleur cueillir ses joues. Les mains si douces étaient revenues sur lui. Elles lui avaient tant manqué.
-N'attendez pas de moi plus que du réconfort Harry.
-Je le sais.
-Nous avons donc un accord. Regardez-moi.
Harry se retint de lui dire que ce n'était pas nécessaire. Même les yeux fermés, il ne voyait que le visage de son Snape. Ne pouvant se résoudre à l'avouer, il obéit et se trouva absorbé par deux iris noirs le scrutant.
Lentement, très lentement, Snape se rapprocha, et, ses mains encadrant toujours le visage d'Harry posa ses lèvres sur les siennes. Le Survivant se sentit fébrile, excité et impatient. Il ne put s'empêcher de passer ses bras le long des flancs de son professeur.
Tout le temps que dura ce baiser, ils se collèrent l'un à l'autre, oubliant tout. Ils se réconfortèrent, peut-être s'aimèrent-ils ne serait-ce qu'un instant. Plus rien ne comptait, plus rien ne les angoissait. Ils savaient tous les deux que dès le lendemain, ils reprendraient leurs rôles, mais ils savaient aussi que ce souvenir qu'ils étaient en train de créer leur donnerait la force d'avancer encore un peu.
Les mains se glissèrent sous les vêtements et leur étreinte s'intensifia. Ils se donnèrent l'un à l'autre, en toute confiance, en toute connaissance de cause. Ils en avaient besoin, ils en avaient envie. Ils n'entendaient que les murmures et les gémissements de l'autre, s'engorgeant de cette mélodie sensuelle. Ils n'avaient pas honte d'avoir peur, ils se comprenaient. Ils n'étaient pas assez fous pour ne pas concevoir le danger qu'ils vivaient tous les deux au quotidien, mais ils ignoraient qui ils essayaient de réconforter : eux-mêmes ou l'autre. À cet instant ils comprirent qu'ils ne se quitteraient plus.
Et à chaque fois que l'un d'entre eux doutait ou craignait de ne pas voir l'aube suivante, ils se retrouvaient et partageaient en silence leur peur, scellant leurs confidences de baisers et de caresses. Avant que Snape ne parte en mission pour Voldemort, dès son retour, pendant la chasse aux Horcruxes, avant le combat final, ils partageaient l'initiative de leurs ébats.
Ils avaient depuis longtemps dépassé le stade du simple réconfort et en étaient conscients. D'un accord tacite, ils ne mirent jamais de mots sur ce qu'ils vécurent. Quand Snape succomba de la morsure de Nagini, leurs yeux baignés de larmes se comprirent et il partit en paix avec lui-même. Harry porta le deuil jusqu'à sa propre mort des années après, n'oubliant jamais la douceur de l'homme qui l'avait sauvé de l'enfer de la guerre. Il était sûr qu'il trouverait quelque chose pour demander du réconfort là où ils se retrouveraient.
*Fin*
Merci d'avoir lu cette histoire 3 N'hésitez pas à me faire part de vos impressions
Les chouettes ululent (aussi hululent), huent ou chuintent.
