Résumé : Atsumu rencontre son nouveau commandant.
Salut salut !
Voici le deuxième chapitre. Je retourne à une narration à la troisième personne car je compte écrire certains chapitres se focalisant sur d'autres personnages, donc je pense que c'est plus cohérent de cette façon.
Bonne lecture !
Chapitre 2 : Dans l'antre du renard
Si le Colonel Kita est surpris, il le dissimule bien. Atsumu essaie de ne pas se recroqueviller sur lui-même sous le regard impassible et calme de son commandant, qui l'examine et exhibe la figure autoritaire qu'il doit être. C'est particulièrement déstabilisant car Osamu n'est pas à ses côtés comme il l'est toujours, de ce fait Atsumu doit faire face à deux hommes qu'il ne connaît pas en évitant de passer pour un idiot – et pourquoi a-t-il été assigné à quelqu'un d'autre que celui qui l'a trouvé ? Cette situation échappe à son contrôle. Bon sang, il est nerveux.
— Miya Atsumu, c'est bien cela ? dit le Colonel Kita sur un ton neutre. J'ai entendu dire que tu n'avais que treize ans.
— Oui, mon Colonel, Atsumu répond le plus poliment possible.
— C'est inédit, l'homme à la peau foncée commente, en adressant un regard inquiet à Atsumu. Comment es-tu entré dans l'armée aussi jeune ? Et en tant qu'Alchimiste d'État, en plus de ça.
— Heu.
Peut-il parler à ces gens sans craindre d'être envoyé au parquet de justice pour un crime qu'il a commis deux fois ? Peut-il faire confiance au Colonel Kita pour garder un secret ? C'est beaucoup trop compliqué, pourquoi est-ce qu'Osamu n'est pas avec lui.
— J'ai été... recruté par... Oikawa ? Le Colonel Oikawa ?
— Le Flame Alchimiste, le Colonel Kita souffle. Intéressant. Je suppose que tu n'as pas été assigné à son équipe car il est un puissant alchimiste, et la mienne en est dépourvu.
Bon, une réponse d'obtenue.
— Le Colonel Oikawa est réputé pour sa charmante personnalité, l'autre homme déclare avec un demi-sourire, et Atsumu ne sait pas s'il est en train de blaguer ou non.
— Je vois.
Ce qui n'est pas le cas, mais il peut le prétendre.
— Mes excuses, voici le Capitaine Ojiro Aran. Il travaille à mes côtés depuis des années. Allons te présenter au reste de l'équipe.
Atsumu hoche la tête, puis se souvient tardivement qu'il aurait dû répondre vocalement avec un salut, mais le Colonel Kita et le Capitaine Ojiro se dirigent déjà vers le bâtiment, le Commandement d'East City. C'est un énorme bâtiment militaire, avec ses impressionnants hauts murs et sa couleur immaculée, mais Atsumu est certain que le Commandement de Central est encore plus grand.
Ils l'emmènent dans un bureau au troisième étage. Rien de bien spectaculaire ; tout ressemble à un bureau ordinaire meublé de tables et de plus de paperasse qu'ils ne peuvent remplir. Trois hommes sont en train de travailler à leur poste lorsqu'ils entrent – ils se lèvent immédiatement et saluent leur commandant, et le Colonel Kita leur ordonne de rompre les rangs tout aussi naturellement. Atsumu sait qu'essayer de se faire petit devant autant de paires d'yeux s'avère inutile, alors il opte pour sembler le plus posé et le plus à l'aise possible, malgré le fait que ses gigotements le trahissent très probablement.
— Je vous présente Miya Atsumu, le Fullmetal Alchimiste, le Colonel Kita annonce. Il travaillera sous mon commandement à partir d'aujourd'hui.
Il ne prête aucune attention aux regards incrédules de ses hommes, et se tourne vers Atsumu.
— Voici le Lieutenant Oonimi Ren, le Sous-Lieutenant Suna Rintarou, et le Sous-Lieutenant Ginjima Hitoshi.
Il désigne successivement un homme grand aux cheveux noirs et au visage fermé, un autre homme plus petit paraissant s'ennuyer, puis un homme aux cheveux gris qui semblait tout aussi intense que le Lieutenant Oonimi.
— Ravi de faire votre connaissance, dit Atsumu avec une légère révérence.
— Tu es un Alchimiste d'Etat, gamin ? le Lieutenant Oonimi demande, plutôt brusquement.
— Celui qui a fait de l'alchimie sans cercle, le Lieutenant Suna ajoute. Je suis pas un expert, mais je suis sûr que c'est impossible.
— Il semblerait que cette capacité est ce qui a convaincu le Führer de te faire rejoindre nos rangs, le Colonel Kita spécule. Mais dis-moi. Pourquoi t'es-tu engagé dans l'armée ?
Cette fois-ci, la voix du Colonel Kita est imposante, pas particulièrement terrifiante mais juste assez grave pour rendre sa demande indiscutable. Atsumu sait qu'il n'acceptera pas une moitié de réponse à cette question légitime que tout le monde se pose. Ça... l'étourdit. Il s'agit de son premier jour dans l'armée et il est déjà en train de risquer sa carrière ; honnêtement, il espère que le Colonel Kita est un homme compréhensif, qui ne va pas le mettre dehors parce qu'il ne veut pas d'ennuis.
— Je suis à la recherche de la Pierre Philosophale, Atsumu déclare fermement. Pour trouver un moyen de soigner mon frère.
— La Pierre Philosophale n'est-elle pas un mythe ? le Lieutenant Oonimi demande en fronçant les sourcils.
— Peut-être, peut-être pas, c'est pour ça que j'ai besoin de toutes les recherches disponibles pour la trouver. Central a des bibliothèques dont l'accès est réservé aux Alchimistes d'État.
— Ça me paraît logique, le Lieutenant Ginjima commente, hochant la tête.
Le Colonel Kita garde le silence, scrutant son nouveau subordonné avec l'œil d'un juge, et Atsumu reste parfaitement immobile, même s'il ne peut pas tout à fait regarder son supérieur dans les yeux. Il semble un peu pensif, un peu tendu, comme s'il ignorait quelle émotion afficher et laquelle dissimuler, mais il finit par reprendre l'image contrôlée du soldat.
— Je vois. Il s'agit effectivement d'un objectif requérant de précieuses ressources. Je te souhaite bonne chance, Commandant Miya, et bienvenu dans mon équipe.
Les épaules d'Atsumu s'affaissent en soulagement et il leur sourit à tous, malgré le fait que chacun d'entre eux lui ait montré un degré différent d'amabilité – cela lui suffit, pour le moment. Il a obtenu sa licence, il est dans une équipe, son commandant n'a pas trop l'air d'être un connard, et il peut enfin chercher un moyen de réparer son erreur.
