Série : Les Chroniques de Narnia – Le Prince Caspian
Pairing : Peter Pevensie/Caspian X
Rating : de PG à R
Nombre de phrases : 20/50
Thèmes : #03 Religieux

11 – Ils étaient les Rois et Reines d'Antan, fils et filles d'Adam et Eve, créations d'un dieu unique disait-on, pourtant Caspian ne pouvait comprendre qu'une création divine puisse être aussi parfaite dans son imperfection, une beauté sans pareille, un soleil belligérant et passionné.

12 – Elle pleurait, il le savait ; elle venait toujours cacher son chagrin au creux des buissons de cette forêt ancestrale et pudique, telle la chasseresse en harmonie avec la douceur du vent qui dansait dans les feuilles chantantes des hauts arbres, et le grand-frère venait la rejoindre quand sa peine ne s'apaisait pas, mais aujourd'hui sa place était déjà occupée par le Prince Telmarin, la tête de sa sœur chérie sur son épaule et Peter ne sut pas s'il le haïssait plus que tout en cet instant car il venait de s'accaparer d'un être cher ou parce que lui, le Grand Roi, n'avait aucune épaule solide sur laquelle pleurer.

13 – Comment des yeux d'un bleu si paisible pouvaient-ils seulement prendre la teinte froide et la dureté de l'acier, Caspian n'aurait su le dire, mais ce qu'il savait c'est que son âme était en feu et qu'il aurait donné sa vie pour que ces perles couleur de ciel se posent sur lui avec la même douceur et la même dévotion qu'elles avaient pour les êtres chers.

14 – Il ne serait jamais rien d'autre que l'ombre fragile de ce Grand Roi : il avait combattu contre lui, pour lui, avec lui, mais il ne resterait qu'une pâle copie, cela serait sa sentence pour ne pas avoir été capable d'être un guerrier digne de ce nom, cela serait son fardeau pour ne pas avoir eu la force suffisante de voir Peter autrement qu'avec les yeux du cœur.

15 – C'était la toute première fois que ses yeux se posaient sur l'homme et non le roi, dans ces vêtements d'un blanc immaculé, d'une soie lumineuse, assis sur ce banc, seul, face à son royaume, il faisait si jeune, sa peau mordorée brillait sous un soleil de plomb et sa chevelure brillait tel un halot, une petite goutte de sueur brisa ce tableau idyllique en venant chatouiller la naissance de cette nuque royale, Caspian détourna pudiquement les yeux quand il comprit que la soif grandissante qui le torturait depuis des jours à présent ne pourrait être apaisée que dans le calice de ce cou envoûtant.

16 – C'était vers l'Est que se dirigeait leur fière armée, c'était vers l'Est qu'il retrouverait les siens, dans le sang, mais au lieu de se sentir rassuré par la présence du Roi d'Antan, il sentait une anxiété l'étouffer, une peur lui essouffler le cœur, ce roi aurait dû être son réconfort, un bras salvateur, mais il ne lui procurait que peur, peur de ne pas être à la hauteur à côté de lui, peur de ne pouvoir le regarder à nouveau dans les yeux, la crainte de ne pas être digne d'être Prince.

17 – Le professeur avait comparé un jour le Roi Peter à un Saint, Caspian ne pouvait nier que l'homme avait toutes les qualités requises, le sens du sacrifice pour autrui et ce don de faire le bien autour de lui, il avait même cette chevelure blonde qui semblait étreindre le moindre rayon de lumière et le sublimer en ce visage au dessin si parfait ; mais quand ce corps s'arquait, faisant glisser des muscles parfaits sur des draps en soie et que de ces lèvres pleines naissaient des mélodies envoûtantes, Caspian en doutait.

18 – Caspian aimait écouter toutes les histoires que la jeune Reine lui contait dans des sourires encore enfantins, elle le comparait à cet Hercule d'une mythologie ancienne de son monde et le jeune Prince était flatté d'être ainsi mis en valeur par une telle icône héroïque, quand elle compara Peter au dieu Apollon, à cet éphèbe d'une beauté que l'on disait parfaite, seul le roi blond sembla se fâcher, Caspian ne comprit pas pourquoi, car il n'avait jamais vu soleil plus lumineux que le jeune homme.

19 – Il avait perdu son épée, chose qui était tout à fait impensable, il était le Grand Roi, comment cela était-il tout simplement possible dans un duel ; toutefois, quand il se saisit de cette lourde pierre pour s'assurer que son ennemi n'aurait le dessus il ressentit une honte profonde, quand il découvrit le visage de ce dernier son cœur se serra douloureusement à la seule pensée d'avoir pu abîmer pareille beauté sauvage.

20 – La marche avait été longue, interminable et douloureuse et seules des larmes de souffrance et des pleurs pudiques les accueillirent au retour de leur assaut assassiné ; Caspian aurait pu accepter les cris, les injures, la haine, il aurait pu y faire face, mais pas le fiel venimeux de ce roi dont il n'avait voulu que la reconnaissance.